Mauritanie : les militaires et l’épreuve du brevet

Le concours du brevet s’est déroulé du 4 au 7 juin sur toute l’étendue du territoire national. A Nouakchott, le concours s’est déroulé sous haute surveillance des forces de l’ordre et les centres d’examen sont devenus des lieux d’intimidations envers les candidats.

Un avenir inquiétant pour la jeunesse mauritanienne

Dès les premières heures d’ouverture des centres d’examen , les forces de l’ordre s’y sont rendus en grand nombre comme dans les moments de troubles.

Ainsi, les candidats commencent leur examen la peur au ventre avant même de rentrer dans les salles. Dans ces conditions difficiles, les élèves perdent toute leur concentration devant les épreuves et sont pressés de sortir afin d’éviter d’être pris comme cible !

Il faut ajouter que les «surveillants» en  tenue rentrent dans les salles d’examen alors qu’ils sont censés rester devant les entrées. Or, certains échanges ont été violents.

Des violences absurdes émaillent une journée d’examen

Ce qui s’est passé dans le centre de Sebkha en est une parfaite illustration. Un garde a battu un élève à mort devant les autorités compétentes.

Dans la même journée, le contraire s’est produit quand le fils d’un colonel a giflé un homme en tenue militaire. Sa mère est venue en gendarme pour gifler le président du jury. Elle l’a accusé d’avoir malmené son enfant qui devait se concentrer pour réussir son brevet par tous les moyens.

Un parent d’élève s’insurge : «Nous  sommes  confrontés à de  multiples problèmes. Ils empêchent nos élèves  de faire correctement leur examen. Ils font tout pour les décourager avec des tracasseries ça et là. C’est inadmissible dans  un pays ou le taux de  réussite est très faible. Ces fuites d’informations, des sujets connus à l’avance via WhatsApp, l’ensemble a entaché considérablement le bon déroulement des examens. Je dis honte aux responsables de l’éducation qui favorisent certains candidats au détriment d’autres, la discrimination atteint son paroxysme à tous les niveaux, nous sommes dans une anarchie totale.»

Si en 2015, l’Etat avait décrété « l’année de l’éducation » et malgré plusieurs reformes, on n’est pas encore parvenu à solutionner les problèmes qui gangrènent l’éducation, pilier essentiel  pour le développement.  Si rien n’est fait dans ce secteur l’avenir des enfants est déjà compromis.