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En Mauritanie, Aziz berne le monde : la lutte contre le terrorisme excuse tout !

Le Président Mohamed Ould Abdel Aziz critique l’opposition et nie l’esclavage en Libye. Cette absence de volonté politique pour éradiquer ce fléau qu’est l’esclavage où selon nos sources 43.000 personnes sont réduites en esclavage, ce qui représente 1% de la population en Mauritanie selon Libération, est du à ses actions contre le terrorisme.

Lors d’un entretien sur la chaîne France 24, le Président Aziz s’est moqué ouvertement de l’opposition en réaffirmant qu’il ne briguera pas un troisième pour gifler ces détracteurs.

Dans le domaine de la justice

Selon l’homme fort de Nouakchott, la justice règne. C’est oublié un peu vite un jeune bloggeur qui est actuellement en Mauritanie où il est maintenu en résidence surveillée. Ou le cas de l’ex sénateur Oud Ghada détenu de manière arbitraire selon l’ONU.

La justice fait son travail clame le Président Aziz !

Selon ses opposants, le Président n’a pas encore digéré le refus des 33 sénateurs qui ont voté contre les reformes au sujet de la Constitution, la suppression du Sénat… Les sénateurs ont poussé le Président dans ses derniers retranchements, du coup cette loi est passée par voie référendaire malgré les critiques de l’opposition dite radicale.

Le Président Aziz de Mauritanie accuse la France d’avoir créé le chaos en Libye

De façon plus nuancer, le Rais accuse la France d’être à l’origine de la destruction de la Libye et d’être donc responsable de la situation qui favorise l’esclavage. Abordant la question sur la force commune autour du G5 au Sahel soutenu par le gouvernement français, il se dit allié pour éradiquer les djihadistes dans cette zone.

Le Président Aziz comme ses paires a demandé une importante aide financière pour maintenir les soldats dans ces zones à très fortes tensions. La communauté internationale est sous l’influence du Président de la Mauritanie puisque le monde est en guerre contre le terrorisme, ce qui excuse les formes d’autoritarisme que le pouvoir exerce.

Au Mali ou au Niger, les djihadistes ont frappé fort en faisant des morts et des blessés. Cette organisation sous régionale dépendante de  l’occident a du mal à faire face groupe islamique dans la zone Sahel.

Un Président Aziz très à l’aise

Le Président Aziz était très à l’aise dans ses réponses, il semble déjà prêt pour les échéances électorales en septembre en Mauritanie. La visite du Président Macron les 2 et 3 juillet en Mauritanie renforce cette impression de légitimité et d’être l’interlocuteur privilégié au vu de l’importance de la Mauritanie dans la lutte contre le terrorisme.

Comme l’ont dit nos confrères du magazine Jeune Afrique : « En marge du 31ème sommet de l’Union africaine, le chef de l’État français a entièrement axé sa visite officielle à Nouakchott, du 2 au 3 juillet, sur les questions sécuritaires. »

Avec l’organisation du Sommet Africain, la Mauritanie a une bonne image au niveau sous régionale et internationale. La visite de Macron renforce cette légitimité. Oui à la lutte contre le terrorisme même lorsque les graves violations des droits humains persistent encore en Mauritanie. Le général De Gaule avait raison de dire que « les pays n’ont pas d’amis, ils n’ont que des intérêts ». 

EN SAVOIR PLUS SUR CE THÈME

Liberté de la presse au Cameroun, entre « fake news » et antiterrorisme

Classé 131 place sur 180 au classement mondial de la liberté de la presse, la liberté de l’information au Cameroun ne va pas en s’améliorant. L’incarcération politique demeure courante et l’autocensure des travailleurs de l’information omniprésente. La liberté de l’information au Cameroun ne se distingue pas beaucoup de ses voisins, le Nigeria et le Tchad, où l’on retrouve les mêmes tabous sur les sujets politiques liés au terrorisme ou aux malversations financières des puissants, en particulier durant le déroulement des récentes élections dans ces trois pays.

Si le Cameroun n’a pas vu d’assassinat de journaliste depuis plusieurs années, ce n’est pas le cas de son voisin centrafricain où les assassinats de journalistes étrangers sont encore réguliers, comme la Française Camille Lepage en 2014, ou en août 2018 pour trois journalistes russes.

Au sud, la Guinée Équatorial présente un contexte plus obscur pour la liberté de l’information. Les médias privés sont inexistants, le contrôle du pouvoir sur les médias est total et la censure généralisée.

L’antiterrorisme au Cameroun comme moyen de répression des journalistes

Depuis l’apparition au Cameroun d’une nouvelle législation antiterroriste en 2014, les journalistes camerounais se trouvent directement menacés comme n’importe quel autre justiciable.

En juillet 2015, Ahmed Abba, correspondant sur place de RFI était incarcéré, pour avoir enquêté d’un peu trop près sur l’activité du groupe terroriste Boko Haram. Il fut libéré après 876 jours de détention, des reports successifs de son procès et la menace de peine de mort par un tribunal militaire.

« Nous sommes en état de guerre. Et tous les États du monde en état de guerre ont des lois antiterroristes. En cela, le Cameroun n’innove pas. En France, aux États-Unis, vous avez des lois antiterroristes. (…) Les journalistes peuvent dire ce qu’ils veulent pourvu que ce soit conforme à la défense de nos institutions, de notre État, de notre gouvernement qui est aujourd’hui en guerre.« 
Issa Tchiroma-Bakary, précédent ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement camerounais, cité dans les colonnes de RFI.

Depuis 2019, ce sont les journalistes traitant la politique camerounaise qui sont particulièrement visés. Après sa victoire aux élections d’octobre 2018, Paul Biya entame, dans un contexte social troublé entre le manque de transparence des élections et les manifestations de l’opposition, un septième mandat depuis 1982.

En janvier, deux journalistes, Théodore Tchopa et David Eyengue, pour le quotidien national Le Jour étaient arrêtés tandis qu’ils couvraient une réunion de représentants politique de l’opposition.

René Emmanuel Sadi, le nouveau ministre de la Communication camerounaise, avait souhaité s’exprimer sur l’incident dans les colonnes de RFI, celui qui aurait pu représenter un renouveau, une meilleure considération pour les travailleurs de la presse reprend finalement la rhétorique sécuritaire très similaire à son prédécesseur.

« Les journalistes ne sont pas au-dessus des lois. Les deux journalistes n’ont certes pas commis des délits de presse, mais ce sont des citoyens qui ont participé à des manifestations non autorisées. Je peux vous garantir qu’ils passeront également à l’audition, devant les juridictions compétentes. »
Propos recueilli lors d’une interview à RFI.

Les réseaux sociaux comme nouveau terrain de lutte

L’accès des citoyens à l’information au Cameroun représente également un problème majeur dans le pays. Si le pouvoir n’applique pas de blocage spécifique pour certains sites et services de communication ou de diffusion, le pays est coutumier des coupure totales des réseaux internet.

Ces coupures ont visé spécifiquement les régions anglophones du pays pour des durées qui ont pu atteindre 93 jours successifs en 2017.

Comme beaucoup de pays en développement du monde, les réseaux sociaux se sont imposés de façon brutale. Le Cameroun est un des pays d’Afrique à avoir connu un des plus forts taux de connectivité ces trois dernières années.

Le smartphone s’est démocratisé et les discours politiques ont trouver un écho nouveau via les réseaux sociaux. Une lutte de l’information s’est développé dans ce pays où les scandales politiques sont généralement étouffés par le pouvoir.

Dans le contexte de tension entre le pouvoir et la minorité anglophone du pays, le président Paul Biya a décidé de lancer une compagne de lutte contre les « fake news » sur Internet, justifiant encore une fois des persécutions de journalistes comme Mimi Mefo, arrêtée puis relâchée, en novembre 2018.

Le 27 juin, c’est un journaliste helvétique, Adrien Krause, qui a été agressé devant la résidence du président Biya en Suisse. Alors qu’il couvrait une manifestation d’opposants au président camerounais en séjour en Suisse, plusieurs individus appartenant au service d’ordre du président camerounais l’ont molesté et ont confisqué son matériel.

Adrien Krause put le récupérer sans perte de données, il a porté plainte par la suite mais avec peu d’espoir de suite juridique réelle, les gardes du corps présidentiel étant protégés, par l’immunité diplomatique.

Cependant, le président camerounais a dû écourter son séjour à Genève en raison des tensions avec Berne qui, par le biais de son ministre des affaires étrangères, a préféré lui conseiller le chemin du retour.

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