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Fable d’été : le loup n’avait pas tout compris 

Moi, Yuan Meng, panda né en exil au zoo de Beauval, je profite de la pause estivale pour m’immiscer sans complexe dans les fables de La Fontaine. C’est le temps des vacances, je me dépayse et te dédie cette fabulette écrite de ma propre patte pour te distraire un peu.

Feuilletant le grand livre qu’une amie très proche lisait lorsqu’elle était enfant (éditions Fabbri, illustrations de Cremonini), j’ai été submergé par l’idée un peu mégalo (faut bien le dire) de poursuivre l’œuvre du fameux fabuliste français en publiant, moi aussi, une fable, laquelle serait dotée d’une morale, comme il se doit, vois-tu… La voici donc. Elle s’intitule:

«Le loup, sa louve et ses petits»


Un loup, veillant sur sa louve et ses petits,

Songeait qu’il était ici chez lui.

Il y avait effectivement grandi…

Et ses ancêtres, estimait-il, peut-être aussi.

Un jour, il contemplait le décor de sa vie :

Une terre vallonée, un terrier et un ciel qui sourit.

Il passait là, en famille, ses jours et ses nuits.

Rien n’aurait dû perturber cette belle harmonie.

Ensemble, ils dormaient et mangeaient selon leurs envies.

On pouvait dire ainsi que coulait bien la vie

Comme un ruisseau tranquille entre les arbres et les buis.

Un funeste matin, toutefois, le loup énervé de son terrier est sorti.

Un insecte anonyme avait perturbé sa nuit.

« Quelle est donc cette bête venue me troubler ainsi ? »

Hurla le loup, maître chez lui.

Il réunit alors sa famille et lui dit :

« Repoussons de chez nous les girafes, insectes et autres ouistitis.

De la sorte nous vivrons heureux au terrier et même sur son parvis ».

Le loup, la louve et les petits ont tout chassé d’ici.

Tous les animaux, grands, gros ou plus petits

Ont donc préféré se sauver.  Ils ont fui.

Et le temps est venu où le loup, la louve et ses petits

Sont morts, morts de faim et d’ennui.

Il y a un détail que le loup avait omis :

Il vivait là dans un zoo, parfaitement conçu pour lui.

Par sa colère, bêtes et hommes sont partis.

Hôtes des forêts et des savanes de soleil normalement éblouis,

Visiteurs du zoo, gardiens et soigneurs gentils,

Tous le monde est parti

N’ayant plus rien à faire en cette terre appauvrie.

Morale :

Le loup apprit à ses dépens, aux frais de sa survie,

Qu’à détruire la vie fait que l’on meurt aussi.


Crédit : Sylvie Howlett

Yuan Meng

(Traduction de Denis PERRIN)

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