En Mauritanie, les prisons destinées aux mineurs sont devenues des abattoirs où les enfants sont considérés comme des moyens d’obtenir de l’argent.

 

[par MBG]

C’est un véritable business. Des prisons, financées par l’Union européenne et par des ONG, sont des lieux où l’on maltraite les enfants. Ainsi, un centre d’accueil pour l’insertion des enfants en conflit avec la loi a été financé à hauteur d’1 million d’euros par l’Union européenne et l’ONG suisse Terre des Hommes. L’Etat mauritanien ayant octroyé le terrain. Le directeur du centre, Mohamed Vall Ould Youcef, est mis à l’index sur sa gestion de graves scandales sexuels et sur les traitements inhumains envers les enfants. Cette accusation est émise par une ONG des droits humains, l’Association mauritanienne des droits de l’homme – AMHD. Elle « exige l’accès à tous les lieux de détention pour permettre aux détenus de bénéficier des aides juridiques nécessaires ».

Le directeur du centre, Mohamed Vall Ould Youcef, nie en bloc toutes les accusations en s’appuyant sur d’autres rapports que ceux de l’ONG.

Des mineurs sans avenir

Cependant, l’ONG ne fait que reprendre les cris d’alerte des parents, qui constatent de nombreux actes « immoraux », des conditions de vie très précaires, des jugements à l’emporte-pièce…

Outre le fait que la justice mauritanienne est expéditive avec des prisons qui ne respectent pas les droits des détenus, des cellules pleines, des morts sans autopsie… Aujourd’hui, ses enfants sont privés de droit civil et de leur droit à l’éducation. Ces enfants sont détenus en prison sans jugement, sans voix pour les défendre, même les mesures d’accompagnement font défaut pour une seconde chance.  

Menacé d’arrestation et d’emprisonnement pour avoir exercé son travail de journaliste, voici l’avant-dernière interview en Mauritanie, d’un des journalistes résidents à la MDJ contraint à l’exil. Justement, il interviewait le directeur du centre, Mohamed Vall Ould Youcef. L’échange est très tendu.