Critique du film « Le Procès: L’Etat de Russie vs Oleg Sentsov »

Les chefs du monde sont Recep Tayyip Erdoğan, Donald Trump, Viktor Orbán, Vladimir Poutine… Leur rhétorique est si fanatique et si déséquilibré qu’on ne peut pas distinguer le vrai du faux. Conséquence en 2018, se souvenir d’être outragé peut être difficile. « Le Procès: L’Etat de Russie vs Oleg Sentsov » nous rappelle pourquoi ce combat est si important, si actuel. Cela nous rappelle ce qui pourrait se passer si nous permettons à la folie et aux mensonges de devenir la norme.

« Le Procès », c’est l’histoire d’une cinéaste originaire de Crimée qui s’appele Oleg Sentsov, devenu célèbre après la sortie en 2012 de son film Gamer. 

Il a aussi travaillé comme activiste pendant le mouvement de protestation ukrainien appelé « Euromaidan. » Le mouvement était contre l’annexion russe de la Crimée. Le gouvernement russe l’a arrêté et retenu pour actions terroristes le 11 mai 2014, un crime punissable de 20 ans de prison.

Sentsov et trois autres hommes étaient détenus en prison par le Service de Sécurité Fédéral de la Russie pendant trois semaines, avant d’être officiellement accusé. Un an plus tard, en juillet 2015, le procès d’Oleg Sentsov commence.

A Paris avec l'un des journalistes de la MDJ.

Genèse du film

Le film dirigé par le réalisateur ouzbeke Askold Kurov se compose de vieux clips vidéos des actualités russes et ukrainiennes ainsi que des clips vidéos du procès. Les vidéos sélectionnées sont simples mais effectives et résument un long procès.

Le procès est facile à comprendre car la corruption et l’absence de neutralité sautent aux yeux. 

Qui est Oleg Sentsov ?

Oleg Sentsov, le cinéaste ukrainien emprisonné en Russie, vient de se voir décerner le Prix Sakharov, qui récompense “la liberté de l'esprit”. Voici son portrait. ⬇️

Publiée par AJ+ français sur Jeudi 25 octobre 2018

Dans le film, Sentsov est montré en tenu dans une cellule de prison à l’intérieur de la salle d’audience. Il lui a été posé beaucoup de questions répétitives auxquelles il a souvent répondu avec un sourire narquois, soulignant ainsi le ridicule de sa situation.

A un certain moment dans le film, un de ses compagnons de lutte, Oleksandr Kolchenko, lui demande sa nationalité. Il lui répond, “Ukrainien? Russe? Je ne sais pas.” Ce compagnon insiste : “Tu dois choisir.”

Ce moment est complété par un clip vidéo montrant un panneau d’affichage en Crimée avec la phrase “Crimée. Russe. Pour Toujours” et une grande photo du visage de Vladimir Poutine.

Déclaré coupable, ses derniers mots avant le départ de la salle d’audience sont pour prévenir les citoyens Russes et Ukrainiens des dangers de la propagande.

Rappel : le prix à payer pour la liberté reste très chère

Ce n’est pas un chef-d’oeuvre cinématographique et ce n’était pas le but de ce le film car l’enjeu est pédagogique et sa chronologie est claire.

Les mots eux-mêmes sont puissants, donc ce film n’a pas besoin d’une édition chic afin de devenir un film significatif.

Son histoire constitue en elle-même le sens du film. A la fin du film, il reste beaucoup de questions sans réponse, mais peut-être était-ce volontaire ? Ou bien ces questions n’ont pas de réponse.  

Le Procès finit avec une bonne juxtaposition:  un clip vidéo effrayant de la prison sibérienne où Sentsov restera en prison jusqu’en 2034 et un autre clip vidéo plein d’espoir où Sentsov fait sa signature et le signe de la paix où il nous rappelle pourquoi il se bat.

Le mouvement pour libérer Oleg Sentsov et des autres prisonniers politiques ukrainiens a augmenté depuis la sortie du film Le Procès, le film a aidé à assurer que l’injustice contre Sentsov ne devienne pas oubliée ou ignorée.

L’Académie du Film européen a une campagne qui recueille des fonds pour couvrir des dépenses légales et supporter les deux petits enfants de Sentsov.

A la fin de projection du film lors du “Festival de Cinéma et Droits Humains” par Amnesty International,  il y a eu une discussion et une photo où nous avons tous levé nos mains avec des signes de paix, dans la solidarité avec Oleg Sentsov.

Il peut y avoir  beaucoup de questions sans réponse dans Le Procès, à commencer par l’avenir terrifiant de Sentsov en Russie. Lueur d’espoir, il n’est pas seul. Il a une armée de cinéastes, de cinéphiles et des activistes qui se battent pour lui. Et une chose est certaine: personne n’oubliera ce qu’est le prix de la liberté.

EN SAVOIR PLUS SUR CE THÈME

The New York Time’s Cartoon Suppression Sparks Worry

The news that shook the world’s largest daily newspaper, the New York Times International. After one month of controversy following an image deemed antisemitic, starting July 1st, there will no longer be political cartoons in the newspaper’s opinion section. This decision foreshadows a complicated future for newspaper cartoonists.


A single stroke of the pen was enough to unleash a worldwide controversy.


In the April 27th issue, there is an an image of the Israeli Prime Minister, Benjamin Netanyahu, depicted as a dog with a star of David around his neck. Behind him, the American president, Donald Trump, is shown blind holding the « dogs » leash with a yamaca on his head.

After public outcry, the New York Times appoliogized in a letter, calling it an « error of judgement ». A justification that convinced neither American not Israeli medias.

The Israeli ambassador to the United States addressed the journal and stated « Today, the New York Times has made these pages a dream for those who hate the Jewish State. » He declared in Washington on April 29th.

The journals publication director, A.G. Sulzberger, launched a disciplinary procedure against the editor who chose this image. He also decided to no longer use cartoons coming from an outside company. (The images deemed to be antisemitic came from an outside company.)

From the White House, Donald Trump was offended for not being cited in the newspapers letter of appology. Finally, the New York Times surrendered to social media pressure and announced the end of its cartoon pages

Is freedom of opinion being threatened?

New York Times International will only be remove cartoons from the opinion section. They will not remove cartoons from from the entire newspaper.

Press cartoons are bought, sometimes in an image bank like the image by Antonio Moriera  that started the controversy. Patrick Chappatte, artist from the New York Times expressed his disappointment on his blog following this announcement.

« In these past few years, some of the best newspaper cartoonists in the US (…) have lots their jobs because their editors found them too critical of Trump (…) Maybe we should start to worry. And revolt. The newspaper cartoonists were born with democracy and when these freedoms are threatened, they are too » he condemned on his blog.

Interviewed by France Inter, Plantu declared that he is « worried for the future of our democracies and for freedom of opinion. » The artists of the world are outraged to see a journal as prestigious as the New York Times succumb to pressure from social media. « If it is pleasing to all, the freedom of the artists is going to be reduced (but that is secondary), but it is freedom of journalists, freedom of citizens and freedom of opinion that is going to fall apart. »

For Terry Anderson, illustrator and general director of Cartoonist Rights Network International, « It is undeniable that the decision from the New York Times is apart of a worldwide trend and continues to reduce the public space for cartoonists. […] This is why we whole-heartedly condemn it.

Antonio Moreira Antunes

Freedom of expression has already been previously attacked.

Antonio Moriera Antunes, author of controversial cartoon has been regularly published in Portuguese magazines and journals since 1975. This is not the artist’s first controversy, in 1992, he published a cartoon in Expresso (Portugese newspaper) that became famous and hotly contested: Pope Jean-Paul II represented with a condom on this nose. This image was put on a petition signed by 15,000 of the Portugese demanding for censorship of this cartoonist.

Charlie Hebdo

Known for its provocative images & its quirky and satirical humor, Charlie Hebdo provoked many national controversies regarding freedom of the press and opinion. In 2006, Charlie Hebdo published Danish cartoons (from the Jyllands-Posten Journal) of the prophet Muhammad. The Union of Islamic Organizations of France and The Grand Mosque of Paris started a penalty procedure against Charlie Hebdo for « slander published against a group of people due to their religion. »

Charlie Hebdo became the target of numerous amounts of threats from radical Islamists following this controversy. On January 7th, 2015, the editoral board was targeted with an attack killing 12 people, including some of the most famous artists: Cabu, Charb, Wolinsky and Tignous.

Alex

Most recently, the newspaper cartoonist, Alex was a received of death threats following the January publication of a cartoon  in « Le Courrier Picard ». The image mocked Eric Drouet, a controversial figure from the Yellow Vest Movement, caricatured as a small yellow bird being hunted by Jean-Luc Mélenchon (a French politician from the National Assembly).

« There are people, journalists but other also who knock and demolish » recalled Alex, who is worried about both the current social climate in France and the anti-media hate that has been proliferating.

Les censures politiques de Facebook 

{CENSURE] Un mois avant les élections de mi-mandat aux États-Unis, la plate-forme sociale a supprimé plus de 800 pages et comptes, affirmant qu’ils affichaient systématiquement «du spam et un comportement inauthentique». Les 559 pages et 251 comptes à orientation politique étaient tous américains. Nation In Distress, Right Wings News, Reasonable People Unite et The Resistance sont quelques une des pages bloquées.

Critique du film « Le Procès: L’Etat de Russie vs Oleg Sentsov »

[FILM] Le Procès c’est l’histoire d’une cinéaste originaire de Crimée qui s’appele Oleg Sentsov, un directeur qui est devenu célèbre après la sortie en 2012 de son film Gamer. Il a aussi travaillé comme un activiste pendant le mouvement de protestation ukrainien appelé « Euromaidan. » Le mouvement était contre l’annexion russe de la Crimée. Le gouvernement russe l’a arrêté et retenu pour les activités te

L’impunité des crimes commis contre des journalistes

[RAPPORT UNESCO] Ces 12 dernières années, l’UNESCO a enregistré, dans le monde, 1 010 meurtres, dont 115 seulement ont été suivis d’une procédure judiciaire qui a abouti à la condamnation d’un ou plusieurs auteurs. Plusieurs éléments peuvent attirer notre attention. Le plus surprenant est le nombre de journalistes tués en dehors des zones de conflit armé. La majorité des meurtres commis en 2017 (55 %) ont été recensés dans des pays qui ne sont pas en conflit.

Manifestation contre l’esclavage en Mauritanie violemment réprimée

[LUTTE CONTRE L’ESCLAVAGE] « Aujourdhui plusieurs militants ont été gravement blessés, battus sauvagement par des policiers armés jusqu’aux dents et ayant pour ordre de casser les militants pacifiques. Des blessés graves, victimes de tabassage violent à coups de matraques, de godasses sur toutes les parties du corps. »