Fake News : des origines à nos jours

Les fake news existent depuis toujours, ou plutôt depuis que les informations existent. Parmi ces fake news, certains mensonges supposés vrais ont pris des proportions extraordinaires dans l’Histoire.

  1. Italie. Des communautés entières de Juifs ont été brûlées sur un bûcher. Ils étaient accusés de boire le sang d’un petit garçon perdu lors de la cérémonie de la Pâque juive. Malgré une accusation fragile, même la Papauté ne fut pas capable d’arrêter la diffusion des rumeurs et encore moins l’horreur qui a longtemps caricaturé les Juifs.
  1. New York. The New York Sunrevendique dans une série d’articles une nouvelle phénoménale : le célèbre astronome monsieur John Herschel avait découvert la vie sur la lune ! Avec les descriptions scientifiques détaillées de ces découvertes fantastiques, le récit de cette histoire aurait pu être réel. Bien sûr, on se rendit compte que l’information était fausse. Cependant,The New York Suna obtenu beaucoup de nouveaux abonnés durant cette controverse. Financièrement, cette fake news fut extrêmement rentable pour le journal.
  1. East London. Les informations sur le célèbre meurtrier Jack l’éventreur étaient toujours très attendues. La diffusion d’informations fausses sur le serial killer a été un moyen pour les journalistes de cultiver leurs carrières et pour des kiosques de vendre plus de journaux. Histoires fausses et bizarres ont fait des gros titres qui manquaient mystérieusement d’éléments factuels.

Depuis l’élection américaine de 2016, les fake news imposent leur modernité

Est-ce tiré par les cheveux d’affirmer un lien entre les « fake news » modernes et les événements cités ci-dessus ? Cela dépend de la définition et des connotations que l’on utilise pour l’expression « fake news ».

En revanche, il est clair que les « fake news » depuis 2016 sont redéfinies. Ce qui est considéré comme ‘fake news’ ce n’est pas seulement le mensonge ou l’inexactitude, mais le but recherché.

C’est dans une petite ville en Macédoine que la révolution actuelle des « fake news » est née. Le média Buzzfeed News a indiqué qu’avant l’élection américaine de 2016, la ville de Veles, en Macédoine, est devenue un centre pour la création de sites d’informations, comme les influents Worldpoliticus, USADailyPolitics.com ou encore USConservativeToday.com.

Ces sites ont posté des titres outranciers pour obtenir plus de « clickbait » et ainsi gagner de l’argent. La stratégie du clickbait est d’inciter les internautes à cliquer sur un lien.

Plus on clique sur le lien, plus la publicité sur la page est vue par des internautes. Or, chaque publicité vue rapporte de l’argent au site qui l’héberge. C’est l’un des principaux moteurs financiers du web depuis sa création.

Macédoniens, étudiants, entrepreneurs et influenceurs des élections américaines

Un étudiant macédonien anonyme a confié à Buzzfeed News : « Oui, les infos dans les blogs sont mauvaises et fausses, le fait d’induire en erreur est abusif mais le raisonnement est que si cela arrive,  les gens pourront s’en rendre compte ailleurs, ce qui compte c’est qu’ils cliquent ».

Ces entrepreneurs qui sont encore des adolescents, n’étaient pas les seuls à poster ce type d’informations. Et leur objectif politique consistant à diffuser ces fake news reste à prouver. En revanche, il y a des questions de sécurité nationale dès lors qu’il y a création d’une « fake news » avec des intentions politiques.

Des élections peuvent être corrompues quand l’opinion publique change à cause des « fake news ». La diffamation et la manipulation d’opinion publique créent un nouveau problème aux démocraties. Dès lors que le lecteur doit faire un exercice mental pour déterminer s’ils lisent la vérité, la manipulation à grande échelle est envisageable.

Nous étudierons dans un prochain article les différences législatives et judiciaires que proposent les gouvernements américains et français pour lutter contre ces nouvelles « fake news ». En France, les sites d’information comme RT France sont considérés comme de potentiels fake news par le gouvernement français, sans pour autant que la loi leur donne raison, ni que ce site soit interdit. 

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Cérémonie du « Bâillon d’or », une offensive contre la loi du secret des affaires

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Lancer une alerte à l’ère du numérique

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