L’échec de l’équité et de la réconciliation: retour des années de plomb?

Des centaines de victimes au Maroc ont pu témoigner sur les tortures et les disparitions forcées menées par Hassan II : où en est-on aujourd’hui ? Peut-on parler de réconciliation ?

Réinsertion scolaire des jeunes syriens : la force de l’ambition

Quand des jeunes syriens arrivent en France, ils sont confrontés à plusieurs difficultés comme tout réfugié. Entre autres et pas le moindre, la réinsertion scolaire qui impose la connaissance du français.

L’attente est une prison

Beraat est un journaliste turc en exil, menacé de représailles dans son pays d’origine. Il est en France depuis un an et demi. Hébergé à la Maison des Journalistes – MDJ – il nous raconte l’attente : du sentiment d’être prisonnier et de se battre pour s’en sortir.

La Lybie, l’esclave Noir et le siècle présent

L’esclavage en Libye a l’air de déjà-vu. C’est un fait historique qui remonte à la nuit des temps. Il a émergé avec la Révolution agricole quand l’homme commença à lier exploitation de la terre et richesse. Il a traversé les siècles, jusqu’à nos jours. La Libye aujourd’hui n’est que la partie visible de l’iceberg. C’est l’histoire éternelle du faible face au puissant. Elle a plusieurs facettes.

Droits de l’Homme Migrant : Paris relève le défi

Les femmes et les hommes de Paris ont toujours défendu ardemment la liberté, la justice, l’égalité, des valeurs qui ont porté au plus haut la cause de Droits de l’Homme. J’exprime ma profonde gratitude et vous demande – s’adresse Ra’ad Al Hussein à l’auditorium – de prendre à nouveau le flambeau d’un des plus important combat de notre Histoire, celui qui vise à offrir à chaque être humain un monde plus juste, libre, digne. Car les Droits de l’Homme sont inaliénables et ne peuvent pas être retirés légitimement par aucun gouvernement ni acteur.

TÉHÉRAN TABOU FAIT VALSER LA MORALE AU PAYS DES MOLLAHS 

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Film d’animation et premier long métrage du réalisateur germano-iranien, Ali Soozandeh, Téhéran Tabou livre une critique acerbe des faux-semblants de la morale islamique au sein de la société iranienne.  

Une séquence d’ouverture qui donne le ton. Dans une rue bruyante, un chauffeur de taxi en pleine affaire avec une prostituée aperçoit, fou de rage, sa fille sur le trottoir d’en face se promenant avec un jeune homme. Cette première scène plonge frontalement le spectateur au cœur de la dénonciation du climat schizophrénique de la société iranienne.  

 

Sexe, drogues et ayatollahs 

Le film part à la découverte du Téhéran underground, celui que la morale religieuse réprime. La ville est dépeinte en capitale du vice caché où les restrictions islamiques s’effacent peu à peu face à la réalité et aux petits arrangements du quotidien. Prostitution, corruption, avortements clandestins, adultère, consommation de drogues… les interdits juridiques et moraux sont au centre des destins croisés de plusieurs personnages. Tous tentent de survivre à l’oppression religieuse et patriarcale.  

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On y suit le parcours de cette prostituée souhaitant divorcer de son mari prisonnier et toxicomane. Elevant seule son enfant, elle sollicite l’aide du juge du tribunal islamique de la ville qui lui propose alors de devenir sa maîtresse… Une autre femme aspire à travailler mais se heurte au refus de son mari. Il y a aussi cette jeune fille cherchant à se refaire une virginité avant son mariage après avoir passé la nuit avec un jeune musicien. Ce dernier consommant de la drogue à ses heures perdues n’aspire lui qu’à une seule chose : fuir son pays afin de trouver la liberté de vivre.  

Ali Soozandeh signe ici une chronique sombre de son pays natal où le manque de liberté en particulier sur la sexualité pousse les individus à adopter une double morale.  

 

La rotoscopie : une esthétique visuelle au service d’un pamphlet politique  

Le film a été présenté au printemps dernier à la Semaine de la critique du Festival de Cannes. Si le cinéma iranien contemporain nous a habitué depuis plusieurs années à la dénonciation des paradoxes de la société persane, Téhéran Tabou est certainement le premier film du genre à attaquer les faux-semblants de manière aussi directe. Et le choix de l’animation n’y est pas étranger.  

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Ali Soozandeh, né à Shiraz en Iran et exilé en Allemagne depuis 22 ans a choisi de réaliser son film à partir du procédé de la rotoscopie. La méthode, aussi vieille que l’est le cinéma d’animation, consiste à filmer de vrais acteurs sur fond vert puis de les transformer en personnages et de les intégrer à des décors. Cette technique à l’esthétique ultra réaliste permet ici de mettre en scène des situations qui seraient impossibles à tourner dans l’Iran d’aujourd’hui. Une manière de plus pour Ali Soozandeh de porter au plus haut son désir de briser tous les tabous.  

 

Découvrez la bande annonce de Téhéran Tabou, actuellement en salle