Corruption et violation des Droits de l’Homme sanctionnés par les Etats-Unis

Le président et vice-président de la Commission Électorale Nationale Indépendante -CENI- sont interdits d’entrées aux Etats-Unis d’Amérique. Cette décision a été annoncée par les autorités américaines, le vendredi 22 Février.

Il s’agit de Corneille Nangaa Yobeluo et Norbert Basengezi Katintima.

Deux autres personnes: Marcellin Mukolo Basengezi, conseiller du président de la CENI ; Aubin Minaku Ndjalandjoku, ancien président de l’Assemblée nationale ; Benoît Lwamba Bindu, président de la cour constitutionnelle de la RDC, sont également concernés par cette décision.

Donc la Commission Électorale Nationale Indépendante censée faire respecter le bon déroulement des élections et un membre de la Cour Constitutionelle dont le rôle est de garantir le respect de la Constitution, sont accusés par les Etats-Unis de corruption et de graves violations au point d’être interdit de territoire américain. 

Corruption, violation des Droits de l’Homme et atteinte à la démocratie

Les autorités américaines évoquent l’implication de ces responsables politiques « dans une corruption importante, des violations des droits de l’homme, des abus et des atteintes à la démocratie ».

Ces personnes et les membres de leur famille ne peuvent entrer aux USA car elles se sont enrichies par la corruption ou ont dirigé et supervisé des actes de violence envers des citoyens qui exercent leur droit de réunion pacifique et leur liberté d’expression.

Ils agissaient en toute impunité aux dépens du peuple congolais et faisaient preuve d’un mépris flagrant pour les principes démocratiques et les droits de l’homme, précise un communiqué du département d’État des Etats Unis.

« Lorsque la presse congolaise critique et publie des articles sur le dysfonctionnement des institutions de la République et la mauvaise gestion de la Res publica (= la chose publique) notamment la CENI, la justice dans son ensemble (les cours et tribunaux), la présidence de la République, et le deux chambres du parlement etc…

Les autorités congolaises par le biais du parquet général de la République cherche à mettre les journalistes (auteurs de ces articles) hors d’état de nuire : ils s’attaquent à leur liberté d’expression et d’information.

En 18 ans de règne du président Joseph Kabila, aucun effort n’a été fait dans les différents gouvernements pour empêcher ou lutter contre l’impunité des atteintes à la liberté de la presse.

La critique de la gestion du pays par les professionnels de médias ne devrait pas non plus être considérée comme une injure, un outrage aux autorités ou une diffamation… » conseille Christian Nascimento journaliste congolais en exil.

Ceux qui disent aux observateurs qu’il en sera de même pour les nouveaux dirigeants de la République Démocratique du Congo lisent dans l’avenir.

Ils cherchent à faire une cohabitation avec les autorités dictateurs qualifiés d’imposteurs, cela se remarque par le plaidoyer des autorités de Kinshasa.

Ces autorités ne plaident que pour la levée des sanctions : ces officiels congolais ne supportent visiblement pas les sanctions de l’Union Européenne et des USA. Quelles sont leur impact ? La peur de ces sanctions s’invitera-t-elle dans les répressions liées aux Droits de l’Homme ?  À bon entendeur salut !

dans  par 

EN SAVOIR PLUS SUR CE THÈME

Mamadou Bhoye Bah en Guinée: une lutte contre la corruption (PORTRAIT 1/2)

Enfant calme et studieux, Mamadou Bhoye Bah débute dans le journalisme dès le lycée, au début des années 2000.

  •   Par. Clémence Papion, étudiante en droit international, stagiaire à la Maison des journalistes et Ange Fabre, étudiant en droit et science politique, stagiaire à L’oeil de la Maison des journalistes.

Enfant calme et studieux, Mamadou Bhoye Bah débute dans le journalisme dès le lycée, au début des années 2000. L’un de ses professeurs travaille dans une radio de la capitale guinéenne. Fasciné, Mamadou tente très vite de lui démontrer son intérêt pour le domaine, ce qui lui vaut un droit d’accès en tant qu’observateur plusieurs fois par mois dans les locaux de la radio. Mamadou en est persuadé, il a trouvé sa voie. Les perspectives sont claires, après le lycée, il s’inscrira dans une école de journalisme.

Toujours très lié à son professeur, qu’il avoue même considérer comme un « demi-dieu », il suit ses conseils et poursuit une licence en droit des affaires. « J’avais déjà le verbe, et il le savait. Mais une formation en droit serait un réel atout par rapport à d’autres journalistes ». Il obtient donc sa licence en 2012, et développe le projet d’enseigner. Le jeune guinéen en est persuadé, journalisme et enseignements sont liés. Il évolue dans le processus de formation et dans les concours afin d’obtenir son matricule d’enseignant.

Mamadou à la radio rurale de Pita

Mais alors qu’il obtient le concours avec brio, son nom ne figure pas sur la liste des étudiants intégrant la fonction publique. C’est là que débute le combat de Mamadou contre la corruption en Guinée : « Certaines personnes ont le bras long et quand tu as un bras dans l’administration on peut facilement te pistonner ».

 Un combat contre l’injustice 

Seule la moitié des étudiants ayant réussi le concours a été engagée, et Mamadou n’en fait pas partie. Il ne compte pas se laisser faire et comprend très vite que ces places, sa place, ont été données à des individus haut placés, n’ayant jamais validé toutes les étapes nécessaires pour obtenir le matricule, en échange d’une somme d’argent versée au ministère. « Certains d’entre eux n’avaient même jamais mis un pied dans une école ». Un long travail d’investigation débute alors pour Mamadou. Il rencontre plusieurs personnes de l’administration, se présente en tant que journaliste, et demande à voir différentes listes : celle des admis au concours, celle des différents stages effectués par chacun, celle des recrutés à la fonction publique. Il finit, après avoir insisté pendant plusieurs jours, par les obtenir. Face à ces listes, Mamadou le sait, il doit garder des traces, commencer à collecter des preuves matérielles qu’il pourra montrer au grand public. « Avec l’administration, ce sont les actes qui parlent ». Dans un élan d’adrénaline et de courage, et alors qu’il est seul dans un bureau pour consulter ces listes, il court dans un autre bureau pour faire des photocopies des pages les plus importantes. Ces photocopies, il les cache dans sa veste. Il revient tranquillement dans le bureau, repose les originaux, et s’en va. C’est la première fois qu’il est confronté à un tel travail d’investigation.

Mamadou interviewe des femmes productrices de légumes dans la banlieue de Pita.

Il faut maintenant exploiter ces listes. « Quand je suis sorti il y avait aussi un travail en aval, il fallait avoir toute une équipe. Mener ce combat seul c’est compliqué. » Mais Mamadou n’est pas seul, comme lui, plus de trois cent autres personnes ont réussi le concours sans être finalement titularisées. Pour les connaître, un travail méticuleux a dû être réalisé. La liste des personnes titularisées est affichée en ville. Ainsi, Mamadou vient chaque jour et observe le comportement des gens qui passent devant. Chaque air étonné, déçu, chaque signe de colère ou d’incompréhension est un indice précieux pour identifier les personnes qui, comme lui, sont victimes de la corruption guinéenne. De cette manière, Mamadou recense plus de deux cents personnes, et les invite à rejoindre sa lutte. Communications, révélations, tout un travail se déclenche. Il reçoit alors ses premières menaces, notamment de la part du chef de l’enseignement pré-universitaire. Il n’est pas question d’abandonner, Mamadou poursuit sa lutte, continue à se rendre dans des émissions, à rédiger des articles. Il lance un appel à toutes les personnes étant dans la même situation, et organise un sitting devant le ministère. Manifester fait partie de ses droits, il le sait, tout comme les quatre-cent personnes qui l’accompagnent.

Article de D. Labboyah, en date de mai 2012, faisant état du sit-in.

Le sit-in a lieu le 2 mai 2012. Le climat est tendu, la menace est grande. « On se savait sous la menace mais j’estime que c’est un combat noble ». Mamadou est la figure de ce soulèvement, il est particulièrement recherché par les autorités. Après quelques minutes seulement, il est arrêté, passé à tabac. « L’arrestation était très brutale. J’ai reçu plusieurs coups de matraque, dont un sur la main. J’avais une bague à cet endroit, elle est rentrée dans ma peau. J’étais ouvert, on voyait mon os ». Il reste en garde à vue, sans recevoir de soins pour ses blessures, pendant plus de vingt-quatre heures. Le groupe a tout de même manifesté, mais sans son porte-parole. Mamadou est finalement relâché. 

Loin d’être intimidé, il poursuit sa lutte et rencontre de grandes personnalités politiques, directement dans leur cabinet : le ministre de l’éducation ou encore le ministre de la sécurité. « J’étais assis en face d’eux, et je ne mâchais pas mes mots. Je savais que je détenais des preuves tangibles ». Plusieurs tentent de le corrompre en lui proposant de grosses sommes d’argent. Hors de question pour Mamadou qui n’hésite pas à faire part aux médias de ces tentatives pour étouffer l’affaire. « Je suis resté intraitable durant toute ma lutte contre la corruption ». Les responsables politiques le comprennent, le mouvement ne s’étouffera pas. La lutte a été efficace puisque plus de deux cents trente personnes ont été rétablies dans leurs droits.

Une victoire la lutte continue

Mamadou fait partie des personnes qui ont finalement réussi à se faire entendre. Mais comme une sorte de punition, il est envoyé à plus de quatre cents kilomètres de la capitale, dans l’une des plus petites écoles du pays, coupé de tout. C’est un moyen de le faire taire, mais c’est mal connaître le jeune guinéen.

Il réussit à se rapprocher de la capitale grâce à une mutation et saisit donc un poste dans une autre école quelques mois plus tard. Il rejoint aussi une radio, pour poursuivre sa lutte contre la corruption. 

Article de Mamadou dans lequel il dénonce la destitution des délégués scolaires

Le combat sera encore long, il le sait. L’émission dans laquelle il figure est de plus en plus connue, et Mamadou s’intéresse désormais aux personnes déchues de leur poste en raison de leurs affinités politiques, ou de leur origine ethnique. Même si les Peuls constituent l’ethnie majoritaire en Guinée, ils n’ont pas le pouvoir politique et sont considérés comme des opposants. « La politique en Afrique a été ethnicisée. Aujourd’hui en Guinée, quand tu es de cette ethnie même si tu n’es pas politicien le pouvoir te voit comme un opposant ». Mamadou est Peul, et dans le cadre de sa lutte contre la corruption, il trouve cette situation inacceptable. Il mène plusieurs interviews à ce sujet, et se retrouve à nouveau sous le coup de menaces, principalement des coups de téléphone très virulents. « Une fois, alors que je cherchais à avoir de nouvelles informations auprès de l’administration, un employé m’a menacé d’appeler la police, et de me faire arrêter ». Il est finalement contraint de quitter la Guinée en 2017, alors que les menaces s’intensifient.


Si vous souhaitez en savoir plus sur le parcours de Mamadou, restez connectés. L’épisode 2 sera publié très prochainement et fera part du périlleux parcours de Mamadou lors de son arrivée en France.

D’autres articles 

HAÏTI – Les assassinats continuent alors que le président appelle à fêter Noël

Plus d’une trentaine d’actes d’assassinats, environ une vingtaine d’enlèvement contre rançon ont été recensés depuis le commencement de l’année 2020. Des cas de trafic d’organes ont été egalement constatés. Malgré ce carnage, le président d’Haiti Jovenel Moise invite la diaspora à venir fêter Noël avec leur proche.

L’année 2020 est un moment de deuil qui touche tous les secteurs de la vie nationale.

Le bâtonnier de l’ordre des avocats de Port-au-Prince, professeur et juriste, Me Monferrier Dorval, a été tué par deux projectiles à la poitrine le vendredi 28 août 2020 dans la rue Pomier, Pèlerin 5, non loin de la résidence privée du président de la République Jovenel Moïse. Cet assassinat interpelle la conscience collective sur le véritable problème d’insécurité en Haïti, sans compter plus d’une dizaine de policiers de différentes unités assassinées. Parmi eux, des commissaires du gouvernement.

Un escadron de la mort qui frappe fortement les écoliers et les universitaires

Evlyne Sincère est une jeune écolière de 22 ans. Elle a été kidnappée au dernier jour des examens de philosophie le jeudi 29 octobre 2020. Les ravisseurs ont exigé une somme de 100.000 dollars haitiens (l’équivalent de 7932 euros) avant d’accepter 15.000 dollars haitiens (soit 220 euros). Mais cela n’a pas empêché les ravisseurs d’assassiner et violer (probablement selon les constats). On a retrouvé son cadavre abandonné dans une décharge.

Il ne faut pas oublier également la mort de Jimmy Telson âgé de 17 ans après une tentative de kidnapping qui a mal tourné le mardi 17 novembre 2020. Il a été assassinée en sortant de l’école.

Grégory Saint-Hilaire, étudiant à l’École Normale Supérieure, a été tué le vendredi 2 octobre 2020 atteint au dos par un projectile d’un des agents de l’Unité de sécurité générale du Palais national. Cet assassinat a eu lieu au moment où un groupe d’étudiants tenaient un mouvement pour réclamer l’application d’un protocole d’accord signé avec le Ministère de l’Éducation nationale et de la formation professionnelle (MENFP) concernant leur stage et leur nomination dans différents établissements publics. Différentes sources fournies par d’autres étudiants protestataires confirment les faits.

En parrallèle de ces meurtres, les policiers ont incendié la bibliothèque de l’École Normale Supérieure.

Insouciance du chef de l’Etat et trafic d’organes

Pendant que le président continue à faire des promesses anodines et ferme les yeux sur le grave problème d’insécurité qui ravage le pays, le trafic d’organes commence à regagner du terrain.

Rappelons qu’un policier connu sous le nom de Wildophe appartenant à un gang opérant dans le kidnapping et dans le prélèvement d’organes a été arrêté en essayant d’enlever le coeur d’une jeune fille pendant qu’elle est encore vivante. « Si je suis encore vivante c’est parce que le coeur servira à rien si on me tue avant de l’enlever. » Heureusement, ces agresseurs n’ont pas eu le temps de le faire. Le policier a été arrêté et a fourni le nom de ses complices.

Le jeudi 12 novembre 2020, on a retrouvé le corps d’un hougan (prêtre vaudou) dans des toilettes. Son ou ses agresseurs l’avaient dépecé de son coeur, de ses bras, de son foie et d’autres organes. Il ont été retrouvés chez un dénommé Pikan qui semble être l’auteur de cet horrible meurtre.

Ce Noël nous prend tout et ne donne rien. Certe Noël arrive, mais cela ne change rien à la situation politique, économique et sociale du pays. Il y a un cas de kidnapping quasiment toute les douzes heures, ainsi que des assassinats. Le père Noël ferait mieux de passer ailleur s’il tient à sa vie car cette annee les cadeaux prennent la forme de projectiles.

D’autres articles

HAÏTI – La liberté d’informer n’existe pas, jouralistes en danger

En 2019, le sénateur haïtien Jean-Marie Ralph Fethière a tiré plusieurs coups de feu en direction d’un photojournaliste. Loin d’être des coups tirés en l’air, il a touché le photojournaliste au niveau de la mâchoire. Voilà un fait qui résumé la situation actuelle d’Haïti. Pour honorer la mémoire des journalistes assassinés dont les auteurs sont impunis, ainsi que le rôle des politiques, notre journaliste haïtien réfugié à la Maison des journalistes, nous livre cet article passionant.  

La liberté d’informer en Haïti a coûté la vie à plus d’une dizaine de journalistes depuis le début du siècle.

« Le journaliste exerce librement sa profession dans le cadre de la loi » stipule la constitution haitienne de 1989, article 28.1.

Le choix d’informer dans le cadre du métier de journaliste en Haïti a toujours été dangereux. Pourtant il y a eu un espoir après la chute du régime dictatorial des Duvalier (1957-1986) qui a causé la mort de plusieurs journalistes haïtiens et poussé bon nombres d’entre eux à l’exil après avoir été maltraités, emprisonnés et violés par les bras armés du régime qu’on appelait à l’époque “Tonton macoute”.

En effet, la fin de cette dictature en 1986 conjuguée à une nouvelle Constitution, celle de 1989 qui favorise la liberté de presse, donna de l’espoir à toute l’île. Les journalistes avaient alors l’ambition de faire leur travail en toute quiétude sans risquer leur vie et celle de leur proche.

Une période cauchemardesque et angoissante pour la presse haïtienne…

Le 3 avril 2000, Jean Dominique, journaliste, commentateur politique et grand défenseur de la démocratie, est assassiné dans la cour de la station radio Haïti Inter.

Cet assassinat n’est pas anodin car Jean Dominique était l’un des journalistes les plus célèbres du pays. Ce meurtre montre a quel point tous les journalistes sont menacés et à quel point ces crimes restent impunis. Est-ce parce que la démocratie haitienne est une dictature ?

3 décembre 2001 à Petit-Goâve, c’est au tour du journaliste Brignol Lindor de radio Echo 2000 d’être assassiné. Cette fois-ci, c’est à coups de hache et de machettes. Brignol Lindor s’était engagé pour la liberté de la presse au-delà de sa passion pour la culture. 

A qui le tour ? Au journaliste et poète Jacques Roche, le 14 juillet 2005 à Delmas. Après 4 jours de kidnapping, son corps gisait par terre, troué de balles, les bras menottés, en short, torse nu.  Son cadavre portait aussi des traces de coups et de brûlures. 

En 2007 tout s’accélère, trois journalistes sont tués :

  • Le photographe indépendant Jean-Rémy Badiau le 19 janvier à Port-au-Prince
  • Alix Joseph, le 16 mai aux Gonaïves
  • L’animateur de radio François Latour, enlevé et exécuté le 22 mai à Port-au-Prince, après une demande de rançon d’environ 100.000 dollars américains.

Journalistes tués, politiques complices

De 2007 à 2020, plus de 40 journalistes sont victimes de crimes impunis. Parmi eux, il y en a qui ont été assassinés, agressés, battus, dans le cadre de leur métier de journaliste.

En Haîti, c’est finalement rien de nouveau. Cela fait plus d’un demi siècle que les politiques organisent des répressions sur les journalistes et des caballes contre certains médias.

Espoir Emmanuel Cledanor est un ancien présentateur de radio en Haïti. Témoin oculaire du meurtre de son ami Brignol, il a accepté de nous parler de ce qui a précédé le crime. C’est toute une série de menaces auxquelles son ami faisait face et toutes ces menaces venaient du pouvoir en place.

Nulle surprise de savoir que des partisans du président Jean Bertrand Aristide, selon plusieurs sources, avait lors d’une conférence de presse une semaine avant l’assassinat de Brignol, lister les gens qu’ils allaient assassiner, liste dans laquelle le nom de ce dernier s’affichait.

Jean Oriel, ancien chef de sécurité de l’ex président Jean Bertrand Aristide, nous a laissé un témoignage posthume dans lequel il raconte comment le président Aristide a planifié avec ses proches l’assassinat du journaliste Jean Dominique.

Les rapports d’enquete ont poussé la justice a dressé des mandats a l’encontre de plusieurs proches du pouvoir mais sans suite.

Souvent les journalistes haïtiens font face à des menaces réelles qui viennent des politiques. Dès que les journalistes font leur travail d’analyse et d’information, ils sont menacés. Nous n’avons pas cités tous les journalistes tués, comme Rospide Pétion, assassiné le 10 Juin 2019 ou Néhémie Joseph assassiné le 10 octobre 2019, ou encore Vladimir Legagneur disparu le 4 mars 2018…

49ème en 2013, Haïti est tombé à la 62ème place au classement de la liberté de la presse en 2020. Bien que cette place soit relativement haute puisqu’il y a 179 pays dans ce classement, la vie des journalistes haitiens est menacée dès qu’ils enquêtent et qu’ils défendent la liberté d’informer.

D’autres articles

MADAGASCAR – Etat de la presse, les journalistes en danger

Abus des lois, menaces de mort, corruptions et salaires de misère, les journalistes malgaches peinent à faire leur métier dans de bonnes conditions malgré les interventions des ONG. Madagascar dispose d’un large éventail de médias, dont près de 250 stations de radio, une trentaine de chaînes de télévision, une vingtaine de quotidiens, une dizaine de magazines et une dizaine de sites web principaux et journaux en ligne.

Mais très peu de malgaches ont accès à la presse. Du a son faible taux d’alphabétisation et à sa précarité peu de malgache peuvent se permettre d’accéder à un journal papier ou télévisé. La radio reste la source d’information la plus accessible.

L’accès difficile à l’information

L’éloignement et le réseau de distribution qui dépendent du moyen de transport retardent d’un ou deux jours la livraison vers les kiosques des provinces.

Pour les villages les plus enclavés de la grande île, la livraison des journaux peut être retardée d’une semaine. Par exemple à Ambovombe, 24 journaux ne sont pas disponibles, d’après l’African Media Barometer (Le Baromètre des Médias Africains).

«Actuellement, nous basculons vers le système TNT (Télévision Numérique Terrestre) qui n’est pas encore à la portée de tous. Avec les opérateurs télécom, il y a des offres qui permettent d’avoir Facebook gratuit avec des coûts relativement moins chers. Et les journaux ne sont pas gratuits. La plupart des Malgaches préfèrent lire la Une dans la rue et partent sans en acheter» nous déclare Aina Bovel, journaliste radio au Studio Sifaka (radio fiancée par l’UNESCO).

La capitale Antananarivo est la ville la plus desservie en information et donc, la grande majorité des journalistes y travaillent.

Journaliste malgache, un métier mal payé

En 2010, selon RSF, le salaire d’un journaliste en presse écrite atteint environ 38 000 ariarys (soit 8,38 euros). Aujourd’hui, certains journalistes en radio sont payés moins de 150 000 ariarys (33 euros).

« C’est un salaire de misère« , s’exclame Mialisoa Randriamampiana, journaliste d’investigation et rédactrice en chef au réseau Malina un réseau de journalistes d’investigation spécialisé sur la corruption, la plupart d’entre eux travaille vraiment dans des conditions déplorables, avec très peu de matériel.

« Ils n’ont pas vraiment de protection. Beaucoup n’ont pas de contrat de travail.« 

Additionné à leur faible rémunération, ils sont poussés à la productivité. « Le journaliste doit produire tous les jours, avec une charge de travail qui est loin d’être équilibré comparé à leur salaire » ajoute la journaliste.

Beaucoup d’entre eux sont contraints de prendre un ou plusieurs emplois alimentaires pour subvenir à leur besoin. Cette précarité quasi-caractéristique de l’île, débouche sur des pratiques frauduleuses.

Mal payés donc corruptibles, des journalistes accrocs à la felaka

A Madagascar, la felaka est très popularisée au sein de la profession, voire quasi institutionnalisée. La felaka (qui signifie «gifle» en malgache) est une enveloppe de 10.000 à 15.000 ariares (l’équivalent de quatre à cinq euros) que reçoit un journaliste de la part d’une personnalité publique (politique, artiste, patron d’entreprise…) ou encore des ministères et des organisations.

Officiellement, il s’agit d’un dédommagement pour les frais de transport mais en réalité c’est une pratique pour «récompenser» et corrompre le journaliste afin d’offrir de la visibilité à sa campagne, son entreprise, son projet … Ils écrivent alors des articles dont le principal message n’est autre que la promotion l’événement.

Ces felakas, les journalistes les accumulent. Elles permettent d’arrondir les fins de mois et peuvent même doubler leur salaire. Certaines enveloppes sont même distribuées après la publication de leurs articles. Cette pratique est si ancrée que des journalistes acceptent cette enveloppe comme un acte banalisé. Ce qui est paradoxale, c’est que la plupart des journalistes qui prennent ces enveloppes, n’acceptent pas qu’il s’agit d’une corruption.

Si l’article plait aux «donneurs» de felakas, les journalistes peuvent espérer être réinvités et donc avoir l’opportunité d’être payés. Les directeurs de publications ou les rédacteurs en chef ferment les yeux sur cette pratique car, ils se partagent quelquefois les petits billets de l’enveloppe.

«Quand j’assiste à une conférence de presse et que je lis les journaux le lendemain. Je sais qu’il y a des exagérations et qu’il s’agit des conséquences de l’enveloppe» nous confie Mialisoa Randriamampiana.

Le problème avec la felaka c’est que le contenu est potentiellement biaisé ou alors les sujets ne sont pas d’intérêt public transformant alors leurs articles, en de la communication. On frôle la désinformation.

Une loi sur la cybercriminalité s’attaque à la liberté d’informer

La récente loi de cybercriminalité a soulevé aussi des désaccords de la part de la profession. La loi sur la Cybercriminalité modifiée par le nouveau code de la communication en 2016 (article 20).

Pour lutter contre la diffamation, catégorisée comme cybercriminalité, le ministère de la Communication et de la Culture (MCC) a décidé de mettre en place sa cellule de lutte contre la cybercriminalité (CLCC) au sein de son département.

Ce même ministère régie les journalistes. La diffamation dans cet article est surtout orientée pour protéger «les tribunaux», «les forces armées nationales ou de l’Etat» ou encore «les membres du gouvernement». Article 20 (nouveau).

Lutte contre la cybercriminalité – Article 20

L’injure ou la diffamation commise envers les Corps constitués, les Cours, les Tribunaux, les Forces Armées nationales ou d’un Etat, les Administrations publiques, les membres du Gouvernement ou de l’Assemblée parlementaire, les fonctionnaires publics, les dépositaires ou agents de l’autorité publique, (…) par les moyens de discours, cris ou menaces proférés dans les lieux ou réunions publics, soit par des écrits, imprimés, dessins, gravures, peintures, emblèmes, images ou tout autre support de l’écrit, de la parole ou de l’image vendus ou distribués, mis en vente ou exposés dans les lieux ou réunions publics, (…)soit par le biais d’un support informatique ou électronique, sera punie d’une peine d’amende de 2.000.000 Ariary à 100.000.000 Ariary.

«Nous pouvons dire que c’est intimidant. Ce qui est difficile dans l’application de cet article, c’est l’interprétation ou l’appréciation de l’injure en question. Sur ce point, la loi ne le dit pas clairement» nous déclare Aina Bovel, journaliste pour la radio Studio Sifaka.

Deux journalistes malgaches attaquées par la justice de Madagascar

Depuis son adoption, la surveillance a été renforcée en particulier sur les réseaux sociaux. Pendant la crise sanitaire, deux journalistes en auront fait les frais. Le 4 avril 2020, Arphine Rahelisoa est emprisonnée en détention provisoire, le 4 avril 2020, dans la prison d’Antanimora. Elle est accusée d’incitation à la haine et diffamation contre le chef de l’État, Andry Rajoelina après la publication de la une du journal Valosoa (journal proche du principal candidat de l’opposition Marc Ravalomanana) sur Facebook dont le titre était «Covid-19, confinement, Andry Rajoelina, assassin».


La justice a rejeté les trois demandes de remise en liberté provisoire de la journaliste.


Le ministère de la Communication a insisté qu’il ne s’agissait pas d’une entrave à la liberté de la presse mais qu’il la poursuivait en tant qu’«administratrice de la page Facebook».

Arphine Rahelisoa s’est défendue en affirmant qu’elle n’était que la rédactrice en chef du journal. «Elle n’est pas l’administratrice de cette page Facebook», ont rétorqué ses avocats, précisant que cette page est gérée en France.

La justice a rejeté les trois demandes de remise en liberté provisoire de la journaliste.

La journaliste a rejoint la cellule d’une animatrice de télévision, Sabrina, qui a, elle, été attaqué en justice pour l’autre objet de hantise du gouvernement : la propagation de «fausses nouvelles» inscrit dans l’article 30 du code de la Communication.

Après la divulgation d’un de ces enregistrements vocaux annonçant l’existence de plusieurs cas de coronavirus dans le pays (alors que l’Etat en aurait annoncé aucun) a valu à Sabrina un avis de recherche à 5 millions d’ariary pour aider sa recherche puis sa détention provisoire à une des prisons les plus surpeuplées de Madagascar.

Code la communication – Article 30

–  La publication, la diffusion ou la production par quelque moyen que ce soit de fausses nouvelles, de pièces ou faits trafiqués, altérés, falsifiés ou mensongèrement attribués à des tiers et laquelle aura induit le public en erreur, troublé la paix publique ou aura été susceptible de la troubler, est punie d’une amende de 3.000.000 à 6.000.000 Ariary.

Un mois plus tard, lors d’une émission de télévision, Andry Rajoelina, n’a pas manqué la Journée mondiale de la liberté de la presse pour marquer un coup de communication après les nombreuses critiques de l’emprisonnement d’Arphine Rahelisoa.

Il a annoncé «des mesures pour la libération des journalistes qui sont en prison en ce moment».

Tous les journalistes ont été libérées après son annonce mais ils restent poursuivis. Le ministère de la Communication est censé préparer depuis 2019, une réforme du Code de la Communication à Madagascar. Cette réforme faisait partie des premières promesses de Lalatiana Rakotondrazafy, une ancienne journaliste, lorsqu’elle a pris les rênes du ministère au début de l’année.

Comme l’indique RSF, la pandémie «met en lumière et amplifie les crises multiples qui menacent le droit à une information libre, indépendante, pluraliste et fiable.» Car la liberté de la presse à Madagascar a été menacée à de nombreuses reprises à cause de la susceptibilité du gouvernement.

Fah Andriamanarivo, journaliste d’investigation et rédacteur en chef à Ma-TV, ne peut s’empêcher de constater: «Ce qui est flagrant, c’est que les politiciens en profitent pour faire de l’ambigüité de la loi leur terrain de jeu dans leur stratagème politique.»

Est-il possible de faire du journalisme d’investigation à Madagascar ? 

En 2014, Fah Andriamanarivo s’est engagé dans le journalisme d’investigation, depuis il fait l’objet de nombreuses pressions et de menaces.

En 2016, Fah a été traduit en justice pour avoir touché la corde sensible d’une affaire de kidnapping de journalistes organisée par les membres d’une entreprise de bois de rose dans l’Est de l’Île.

Poursuivis pour diffamation et propagations de «fausses nouvelles», ses deux directeurs de publication et lui ont été acquitté pour la diffusion de «fausses nouvelles», mais il a été le seul a écopé d’un mois d’emprisonnement avec sursis pour diffamation par voie de presse.

Alors que la loi en vigueur stipule qu’en cas de citation devant le tribunal, le directeur de publication et le rédacteur en chef sont les premiers responsables. Ce verdict a été prononcé quelques mois après que l’Assemblée Nationale ait voté la dépénalisation et le non-emprisonnement des journalistes pour un délit de presse.

En plus de sa législation nocive, le gouvernement met des freins aux journalistes lors de la recherche de sources et de documentations.

Les secrets d’Etat sont appliqués à tort et à travers limitant drastiquement l’accès aux informations. Les secrets des affaires publiques privent les citoyens des informations d’intérêt public et compromettent leur droit à l’information. Les procédures alourdissent l’accessibilité à certaines informations détenues par les agents de l’Etat et constituent un véritable obstacle au bon déroulement de l’enquête journalistique.

Soit ces agents essaient d’éviter les journalistes en ajournant à plusieurs reprises le rendez-vous, soit ils refusent tout simplement de collaborer en évoquant leur soumission au droit de réserve et de la confidentialité.

«Généralement, les presses qui soutiennent le pouvoir en place arrivent toujours à obtenir ce qu’elles cherchent» nous confirme la journaliste Aina Bovel.

«Le journalisme qui veut se spécialiser contre la corruption n’est pas très développé. Surtout parce qu’on a un climat dans lequel les journalistes ne peuvent pas travailler librement et sortir les informations librement» dénonce la journaliste d’investigation Mialisoa Randriamampiana.

La grande majorité des organes de presse, tous types confondus, appartiennent ou, sont intimement liés, à des personnalités politiques, des hommes du pouvoir ou de patrons d’entreprise. La ligne éditoriale devient stricte et certains articles sont à bannir si le journaliste veut garder son poste. «On a une liberté de la presse. Mais cette liberté est limitée par la peur des représailles, la peur de perdre son emploi. A un moment les journalistes ont toujours un frein» déplore-t-elle.

Pour Mialisoa Randriamampiana, le financement du réseau Malina par l’UNESCO et la collaboration avec Transparency International est indispensable pour garder son indépendance et pouvoir publier des investigations que d’autres journalistes ne peuvent même pas se permettre de creuser.

Le développement des réseaux sociaux et l’émergence des médias financés par des ONG comme le magazine Tandraka est une aubaine pour les journalistes.

Malgré les menaces de mort et les pressions extérieurs qu’ils subissent, leurs articles sont publiés. Les initiatives se multiplient pour changer ce climat si hostile aux journalistes. De nombreuses conférences et ateliers naissent pour sensibiliser et enseigner aux nouveaux, comme aux anciens journalistes, à bien respecter une déontologie et défendre la liberté de la presse.

D’autres articles

CONGO – Démocrature et « Club de Brazzaville » sous fond de corruption

L’ordre émis par Isaïe (dans le plus grand best-seller) à dénoncer le mal trouve sa justification dans les clans régnant en Afrique. Ces clans prennent plaisir à piller les deniers du peuple qu’ils recyclent avec la complicité des Occidentaux, au grand dam de la population misérable. La transparence, les risques des pays (environnement réglementaire ou judiciaires garanties, climat des affaires ou économique propice, risques politiques et sociales), l’expertise, sont les piliers des investisseurs sauf, dans des «démocratures» tel le Congo où la «tricherie» est érigée en sport national.

Tenez! Pendant que toutes les agences de notation financières abaissent considérablement la note du Congo, un club dit de Brazzaville naît pour injecter 300 milliards de Fcfa dans les tuyaux: à défaut d’être un flou artistique, plus d’une personne pense que c’est «l’hôpital qui se moque de la charité».

Les textes, le siège, le capital et même un simple site internet de ce club sont introuvables. On ne sait pas si ce club s’occupe des créances commerciales ou publiques comme le font, respectivement, ceux de Londres et de Paris.

Il sied de relever que ces banques (Banque gabonaise, française et internationale -BGFI Bank-, Eco Banque, La Congolaise des Banque -LCB- la Banque Sino Congolaise pour l’Afrique -BSCA-) qui constituent le club de Brazzaville, a l’exception de la BSCA, sont plus ou moins performantes même quand celles-ci bénéficient d’un matelas solide, de la Banque des États de l’Afrique Centrale (BEAC) et des surliquidités des dépôts qui leur permettent de prêter.

Les dépôts ou l’épargne des clients ne peuvent constituer la taille d’une banque dans des pays instables ou, des troubles sont légions avec le risque de voir, des gens retirer leurs avoirs au même moment. C’est plutôt l’ensemble des produits vendus qui font la grandeur des banques. Or, les banques qui composent le club de Brazzaville ne vendent pratiquement rien pour obtenir assez des commissions.

Le club de Brazzaville interroge

S’il est vrai que ce club parle d’un financement destiné à soutenir les entreprises, cependant, plusieurs interrogations taraudent les esprits.

Pourquoi les contours de ce financement n’ont-ils pas été scrutés par les parlementaires?

Ce prêt, ne masque t-il pas un recyclage de fonds?

Qui ignore que, non seulement, la BGFI Bank est le prolongement de la Banque Française Intercontinentale (FIBA) de triste mémoire mais aussi, elle est au cœur des comptes de la société nationale des pétroles du Congo?

Qui ne sait pas que Paul Obambi qui refuse de céder la présidence de la chambre de commerce depuis des décennies, Henri Claude Oyimba et cohorte qui président ce club ont mauvaise presse?

La BSCA, malgré son capital social de cent millions de dollars n’est elle pas suspectée de blanchir l’argent depuis 2015?

Actuellement, elle serait chargée des adjudications des OAT. Pour un montant de 12 milliards qui sont souscrit à hauteur de 30 à 32 milliards, le coupant de 6% est détaché à l’émission et les OAT sont à échéance de 5 ans.

Plus d’une personne pense a une opération de blanchiment massive d’argent des dignitaires qui se passerait chaque mois. Ces dignitaires se retrouvent ainsi dans la position de créanciers privilégiés de l’État congolais.

Des inquiétudes sur ce club de Brazzaville et ses fonds

L’inquiétude qui gagne le commun des mortels n’est pas due au fait que ce club veuille relancer l’économie. Mais, c’est d’entrer dans un cycle vicieux des dettes qui vont continuer à hypothéquer l’avenir des générations futures.

Le français Serge Berrebi et Cie qui ont élu domicile dans les couloirs des institutions financières internationales de Bretton Woods, dès juillet 2019, avaient sévèrement critiqué notre avis émis à Washington qui stipulait: «pour éviter des risques d’explosion et d’asphyxie du peuple, le FMI avec certaines conditions, a l’obligation d’aider le Congo».

Serge Berrebi et 16 élus américains qui demandaient de couler les pays trop endettés avec la Chine dont le Congo, semblent avoir raison. Rien ne justifie aujourd’hui que le Congo s’endette au club de Brazzaville. En effet, le FMI en décaissant la première tranche d’aide (au titre de la facilité élargie de crédit) avait exigé de payer la dette intérieure et encourager les entreprises à relancer l’économie.

Mais la direction prise par cette bagatelle et celle de la Task Force n’est connue que par le président du Congo Brazzaville monsieur Sassou Denis et ses ministres Gilbert Ondongo et Calixte Ganongo. De là, il n’y a qu’un pas à franchir pour les accuser de détournements. Sans gène, Gilbert Ondongo, indexés par des médias occidentaux et services de polices dans des affaires de corruption est venu en France, a quémandé des fonds et autres. Peine perdue ! Aucun média de la place de Paris n’a mentionné ce tourisme.

Le climat d’affaires ne favorise pas les investissements au Congo sauf pour des commerçants préfabriqués par le système Sassou et des Libanais qui sortent la tête de l’eau. M. Sassou et son gouvernement ne respectent aucun engagement, ils aiment entretenir le désordre et sont spécialistes du dénie.

La preuve, il y en a tellement que l’on peut s’y noyer:

  • les enseignants vacataires et les étudiants n’ont pas leurs émoluments depuis des mois;
  • les budgets des ministères des enseignements posent toujours problèmes;
  • les ex-combattants ne sont intégrés dans l’armée moins encore;
  • le statut de leur chef Ntumi n’est effectif nonobstant;
  • les accords de cessation des hostilités sont bafoués dans le département du Pool malgré la signature entre les parties.

Sur le plan judiciaire, économique et autre, le constat est le même. Le droit des manifestations n’est pas respecté. Des policiers avec leurs engins, a défaut de les voir se positionner devant les établissements scolaires et universitaires, etc, matent constamment les manifestants. Conséquences, plusieurs partenaires du Congo et chefs d’État se lassent et zappent ce petit pays riche mais si mal géré.

Emmanuel Macron, malgré le forcing et l’invitation du pouvoir de Brazzaville, n’assistera pas aux festivités de la célébration du 140ème anniversaire de Brazzaville et autres.

Idem pour Total E&P Congo qui a satisfait partiellement les désires de M. Sassou qui exigeait d’eux des centaines des millions d’euros pour rempiler son contrat d’exploitation pétrolier du Terminal de Djéno qui prendra fin le 18 novembre 2020;

Tout récemment, l’AFD, l’UNESCO et la Banque Mondiale ont refusé de se présenter a la grande réunion AUF-UNICEF. Les responsables de l’UNICEF que nous venons de contacter ont décidé d’être plus regardant sur le Congo.

Tracfin (service français de renseignement placé sous l’autorité du Ministère de l’Action et des Comptes publics qui concourt au développement d’une économie saine en luttant contre les circuits financiers clandestins, le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme) se penche actuellement sur l’origine des transactions financières de la société de Makosso (différent de Makosso le ministre) et de 29 personnalités congolaises.

Que faire pour le Congo Brazzaville ?

«Ne demande pas ce que ton pays peut faire pour toi, demande ce que tu peux faire pour ton pays», déclarait John Fitzgerald Kennedy.

Alpha Blondy dans «Journaliste en danger», rappelle aux peuples que la démocratie du plus fort est toujours la meilleure.

«Faire renaître le pays dans la liberté» nous conseille Abraham Lincoln dès novembre 1863.

Il n’est donc pas question de condamner l’activiste Faye Monama et autres qui prennent des initiatives face au déclin de la démocratie au Congo et devant des opposants qui bénéficient des présents de l’État.

Nombreux sont les congolais interrogés qui pensent qu’il est temps de se lever et de bâtir le Congo selon le modèle inspiré par Mahatma Gandhi, Jésus Christ et Martin Luther King pour le bien être et l’avenir harmonieux des générations futures.

Point n’est besoin de s’appuyer sur des opposants qui ne disent mot sur l’avenir des enfants, sur le bradage des mines et sur l’écocide que ce pays connaît.

Pour ces populations, participer à l’élection présidentielle de mars 2021 sans maîtriser les opérations électorales est synonyme d’être le cheval de Troie de Sassou Denis. 

Le groupe Total en signant avec le gouvournement congolais malgré le manque de transparence indique bel et bien que la FrançAfrique n’a pas encore disparu. Les intérêts des multinationales restent au-dessus de toute considération.

D’autres articles sur l’Afrique