Paris : Journée culturelle burundaise, Quand il ne reste que la culture pour résister

[Par Elyse NGABIRE]

Le Rassemblement de la Diaspora Burundaise en France (RDBF) a réuni des Burundais pour commémorer le 54ème anniversaire de l’indépendance. Une occasion pour la diaspora de rendre hommage à la culture burundaise qui reste la seule arme de résistance.

Samedi, 2 juillet dans la salle des fêtes de la mairie du 20ème arrondissement à Paris. Nous sommes au lendemain de la commémoration de la fête de l’indépendance du Burundi qui est célébrée tous les 1er juillet.

Malgré la crise que traverse le pays suite au troisième mandat de Pierre Nkurunziza, la communauté burundaise s’est quand même mobilisée. Une centaine de Burundais étaient présents. La festivité a vu la participation des amis français, africains et même des élus de la ville de Paris.

« Malgré tout, nous sommes nés quelque part », lâche Gratien Rukindikiza, président du RDBF. « La plupart de nos enfants, renchérit Ancilla Nduwumwami, une des organisatrices de cette journée, sont nés en France et ne connaissent pas leur patrie, le Burundi, ce beau pays de l’Afrique de l’Est ».

Des fillettes accompagnées de leurs mamans : elles n’ont qu’entre 2 et 7 ans, mais elles portent la culture burundaise dans leurs cœurs (Source : Elyse Ngabire)

Des fillettes accompagnées de leurs mamans : elles n’ont qu’entre 2 et 7 ans, mais elles portent la culture burundaise dans leurs cœurs
(Source : Elyse Ngabire)

Vêtues en tenue traditionnelle appelée « Imvutano », des fillettes dont l’âge est compris entre deux et sept ans étaient fières de présenter leur numéro : un défilé, accompagnées de leurs mamans.

Des jeunes filles burundaises venues dans la région Hauts-de-France, plus précisément de Lille et de l’Île-de-France ont également agrémenté la fête par leurs danses traditionnelles : « Même si nous sommes loin, nous gardons et défendons notre culture. »

(Source : Elyse Ngabire)

Des danseuses burundaises venues des Hauts-de-France : « Nous sommes loin de notre pays mais nous gardons notre culture » (Source : Elyse Ngabire)

Des danseurs et danseuses rwandais s’étaient également joints aux Burundais pour partager leur joie.

Malgré la tension diplomatique qui règne entre le Burundi et le Rwanda, deux anciens pays-frères, le RDBF reconnaît que le gouvernement rwandais a quand même aidé à accueillir des centaines de milliers de réfugiés burundais.

Et ce n’est pas tout. Le Rwanda, selon Gratien Rukindikiza, accompagne ces réfugiés : « Tous les enfants en âge de scolarisation sont tous à l’école, des étudiants sont inscrits dans diverses universités rwandaises et des gens capables de travailler vaquent à leurs occupations au quotidien sans souci. »

Des femmes burundaises fières d’être nées dans ce beau pays de l’Afrique de l’Est (Source : Elyse Ngabire)

Des femmes burundaises fières d’être nées dans ce beau pays de l’Afrique de l’Est
(Source : Elyse Ngabire)

Résister à travers la culture

Selon Ancilla Nduwumwami, les nouvelles du pays ne sont pas de nature à rassurer la diaspora : « Il y a lieu même de déprimer mais nous avons choisi de résister à travers la richesse de notre culture. »

Pour restaurer et faire valoir les valeurs humaines, les libertés civiles, politiques, etc. perdues depuis la déclaration du troisième mandat, ajoute M. Rukindikiza, tout le monde doit se battre.

Des danseurs rwandais sont venus partager la joie des Burundais (Source : Elyse Ngabire)

Des danseurs rwandais sont venus partager la joie des Burundais
(Source : Elyse Ngabire)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Et dans cette lutte, il estime que la culture reste la seule armée pour résister : « Au-delà de nos différences, nous avons une culture qui unit les Bahutu, les Batutsi, les Batwa, les militants du Cndd-Fdd, de l’Uprona, du Fnl, etc. »

« Le président Nkurunziza a tout mangé, sauf l’espoir »

Mariam Thiam, représentante de Zang Mahamat Nezoun, président de l’Amical Panafricaine, est directe. Partant de l’histoire du roi Lion et du petit oiseau dans la jungle, une histoire tirée de la chanson de Salif Kéita, le Rossignol, elle appelle les Burundais à garder espoir : « L’espoir fait vivre. »

Mariam Thiam, membre de l'Association Amical Panafricaine: "Pierre Nkurunziza a tout mangé sauf l'espoir des Burundais. Gardez votre djigui" (Source : Elyse Ngabire)

Mariam Thiam, membre de l’Association Amical Panafricaine: « Pierre Nkurunziza a tout mangé sauf l’espoir des Burundais. Gardez votre djigui »
(Source : Elyse Ngabire)

« C’était pendant la période de disette, raconte-t-elle, le roi lion était le plus fort de la jungle. Il a mangé tous les animaux mais un petit oiseau est resté caché sur un tronc d’un arbre. Un jour, le lion le découvre et lui demande de descendre pour qu’il le mange à son tour. L’oiseau dit non mais le lion insiste tout en promettant de ne pas toucher à son petit espoir de vivre. Craignant de le perdre, l’oiseau descend. Le lion qui avait juré de préserver son espoir, le laisse partir et lui dit :  Vas te multiplier et amène l’espoir dans le monde. »

Pour Mariam Thiam, tant qu’il y a un homme ou une femme burundaise qui se bat pour la liberté, le Burundi s’en sortira : « Gardez votre djigui (espoir dans la langue malinké, ndlr), combattez, allez chercher la liberté. Nous sommes ici pour vous soutenir. »

Soutien également d’un élu de la mairie du 20ème arrondissement : « Les résistants burundais dont la diaspora en France fait partie, ne sont pas seuls. » Au-delà du Burundi, signale-t-il, l’écho des cris du peuple est entendu par ceux qui sont farouchement attachés à la liberté et à la défense de l’humanité : « Nous serons toujours à vos côtés, avec toutes nos forces pour combattre ce pouvoir tyrannique de Bujumbura. »

 

 

L’oeil de l’exilé : quand le journal existait en version papier

Le journal L’Oeil de l’Exilé a été créé pour la première fois l’année de la création de la Maison des journalistes, en 2002. A l’époque, Internet était tout juste en phase de démocratisation.

L’Oeil de l’Exilé a existé version papier, et ce dans ses 5 premiers numéros. Nous avons retrouvé les archives du journal, qui sont à votre disposition ci-dessous en version PDF.

L'oeil de l'exilé, premier numéro - Novembre 2002

L’Oeil de l’exilé, n°1 – Novembre 2002

SOMMAIRE DU N°1

.VIE EN FRANCE
Les frustrations des journalistes étrangers……..2
Les Algériens face à l’asile territorial………………2
.REPORTAGE
Chateau Rouge,
l’autre France d’en bas…………………………………..3
.SORTIR
Victor Hugo ressuscité…………………………………..4

Editorial du numéro 1 – Novembre 2002.
« Bonne lecture!
Voici le n°1 de l’Oeil de l’exilé, le journal de la Maison des journalistes où résident, en attente de leur statut de réfugié politique, des confrères de sept pays.
Point commun de ces trajectoires toutes différentes : la passion du journalisme et la violence d’Etat qui les a contraints à fuir et à demander l’asile à la France.
L’Oeil de l’exilé travaille sur ce fil commun pour nous offrir, par-delà la diversité des histoires de chacun, un regard original sur la société française par des gens de plume qui ne sont là que depuis quelques mois.
Bonne lecture.
La Maison des journalistes »

L'Oeil de l'exilé, n°2 - avril 2003

L’Oeil de l’exilé, n°2 – avril 2003

SOMMAIRE DU N°2

. POINT DE VUE
La France serait-elle malade de son immigration…..2
. REPORTAGES
Homeless…………………………………………………………2
Les Africains ont peur de
la violence dans les écoles……………………………………3
. MORAL
Journalistes africains :
allo la JAFE ?………………………………………………….. ..4
. DEMENAGEMENT
La Maison des journalistes
migre à Paris………………………………………………………4

Editorial du numéro 2 – Avril 2003.
« Un étrange pays!
Tous journalistes, ils, elles, viennent de Birmanie, du Tchad, du Bangladesh, du Congo, d’Algérie ou du Cameroun. Arrivés en France depuis quelques semaines, quelques mois, il, elles, portent sur leur terre d’asile un regard surpris. L’Oeil de l’exilé, c’est la découverte d’une autre culture avant que les habitudes n’effacent les premières impressions.
La Maison des journalistes »

L’Oeil de l’exilé, n°3 – août 2003

L’Oeil de l’exilé, n°3 – août 2003

Editorial du numéro 3 – Août 2003

« D’abord un toit!
Avant de monter la Maison des journalistes avec Philippe Spinau, nous avons interrogé des journalistes réfugiés pour savoir ce qui leur avait le plus manqué à leur arrivée en France. Et la réponse était toujours la même, d’abord un toit, ensuite parler, être écouté et entendu. Un toit c’est ce que nous avons voulu proposer à ces confrères arrivés sans bagages aussi divers que Cuba, la Birmanie, la Biélorussie ou le Congo. Quant à parler, cela s’est fait tout seul. Au sein de la Maison des journalistes, les histoires se racontent, les expériences s’échangent. C’est ce que veut montrer L’Oeil de l’Exilé. Ce travail en commun de journalistes dont le pays, la culture, l’histoire divergent mais qui ont deux points communs: la passion de leur métier et la nouvelle vie d’exilés qu’ils vont mener parmi nous. Au nom des résidents de la Maison des journalistes, merci aux médias qui ont cru en cette Maison et l’ont financée aux côtés du Fonds Européen pour les réfugiés, merci à la ville de Paris qui a mis à la disposition de la MDJ les locaux du 35 de la rue Cauchy, merci à tous ceux et notamment à la région Ile de France, qui ont contribué au financement des travaux et merci à Reporters sans frontières qui s’est impliqué sans hésiter dans cette nouvelle activité pour la défense de la liberté de la presse. »
Danièle Ohayon

 

L'Oeil de l'exilé n°4 - février 2004

L’Oeil de l’exilé, n°4 – février 2004

SOMMAIRE DU N°4

.REVES D’EXILES……………1,2 et 7
Ils viennent d’arriver. Sans statut, sans travail, leur vie est bien difficile. Et pourtant, ils rêvent…
.HISTOIRES REUSSIES…….3 – 6
Ils ont rêvé eux aussi. Aujourd’hui, ils ont construit leur vie en France. Portraits de quatre anciens réfugiés…
.POINTS DE VUE…………….8
Deux regards sur l’exil et les songes. Entre possible et impossible choix.

Editorial du numéro 4 – Février 2004

« Moi aussi, je rêve, ma parole!
« I have a dream ». Cette phrase prononcée il y a une trentaine d’années par Martin Luther King, apôtre noir américain de la non violence, trouve toute sa signification aujourd’hui encore. Surtout quand on sait que chacun, au plus profond de son être, nourrit des rêves, parfois utopiques, parfois chimériques.

L’important est d’avoir l’espoir de réussir un projet. Je fais un rêve moi aussi. Sans avoir l’espoir d’y accorder trop d’importance, je rêve quand même. Je dirais que mes rêves se mêlent à mes ambitions. Je rêve, ma parole!
J’ai longtemps rêvé d’une carrière au cinéma : être actrice, réaliser des films de fiction ou des documentaires. Ecrire un roman, être publiée et lue.
Une exilée face à son destin, caresse malgré tout le désir de réussir.
Loin d’être pessimiste, je suis pragmatique. Mais pour l’instant, l’essentiel est d’avoir un abri où être en sécurité. Et où je puisse laisser libre cours à mes rêves en hexagone. »
Maguy

L’Oeil de l’exilé, n°5 – mai 2004

SOMMAIRE DU N°5

.PARCOURS DU COMBATTANT……..4-5
Un contrat d’accueil et d’intégration est maintenant proposé aux réfugiés.
.CONNAITRE LA LOI……………………6-7
Asile intérieur, protection subsidiaire, étude de la nouvelle loi.
.LIBRE EXPRESSION……………………8
Ils sont journalistes mais aussi poète ou caricaturiste.

 

 CENSURE

De Rédouane ATTAOUI
Poète journaliste

La Liberté au regard morne
Vient saluer le catafalque
Les balles tuent à chaque borne
Et tout s’écrit sur papier calque

Glissez l’article entre les pages
Et signez les procès-verbaux
La Mort attend dans les virages
Pleurez, pleurez sur nos tombeaux !

Cachez-nous ces cartes de presse
Que nos tyrans ne sauraient voir !
Nos plumes que l’espoir caresse
Sont prohibés par le Pouvoir

La liberté et la terreur
Ne feront jamais bon ménage !
Avant d’aller chez l’imprimeur
Signez « Censure » en bas de page!

L’insécurité djihadiste ronge-t-elle la France ?

[Par Jean-Jules LEMA LANDU]

Les 7 janvier et 13 novembre 2015 sont deux dates qui resteront dans les annales de la République française. En lettres de Sang. Elles rappellent, avec douleur, les noms de Charlie Hebdo, Hyper Casher, Bataclan…mais renvoient aussi au climat de peur et d’insécurité qui s’est installé sur la France. A preuve, les mesures de sécurité, tous azimuts, que le gouvernement a arrêtées à la veille et le jour de Noël.

©Photo: afp.com/BERTRAND GUAY

©Photo: afp.com/BERTRAND GUAY

Depuis les horreurs de janvier, la France était comme touchée dans ses tréfonds, autrement dit dans cette assurance enfouie, qui murmurait aux Français : « Allez-y, vous êtes en sécurité ». Assurance évanouie. Le carnage du 13 novembre en a rajouté une couche. Au point de bousculer certaines de leurs habitudes.

En cela, il y a ce qui est perceptible, sans appui des statistiques. C’est le cas, par exemple, de la notion de liberté de mouvement. Le Français, ce flâneur fieffé, joyeux à la rencontre de la poésie exprimant le bourdonnement de la vie en chantier, le jour, et le silence des étoiles, la nuit, le voici, brusquement, devenu casanier. Entrave djihadiste nouée au pied.

C’est le voisin de palier, désolé, qui en parle. C’est la personne assise à tes côtés dans le bus, qui le proclame. En guise d’exutoire. Ce sont des lamentations, partagées, que l’oreille enregistre, discrètement, dans un café. Enfin, c’est la présence permanente des militaires et policiers en armes, partout, qui te le rappelle. Renforcée par des mesures politiques d’exception, en vigueur, discutées à l’infini au niveau des médias.

En résumé, c’est la peur. Orchestrées par les islamistes, les tueries ont violé non seulement le « périmètre de sécurité » dans lequel les Français se croyaient vivre. Elles ont également affecté l’ « intimité de leur conscience ». De fait, va-t-on encore au concert, au cinéma, au café, sans arrière-pensée ? Voit-on encore les gens sans leur prêter un peu de suspicion ? Se sent-on encore en sécurité, partout… comme aux bons vieux jours, marqués par l’insouciance quasi absolue ?

Que nenni. La veille et le jour même de la fête de Noël en ont apporté une preuve supplémentaire. Auparavant, on allait à l’église, à sa commodité. Exit ce Noël. Les portails des églises (4 500) en France étaient gardés, par des bénévoles. Les fidèles contrôlés, jusqu’aux sacs de dames. Sous l’œil vigilant des militaires postés aux abords.

Face à la menace djihadiste, insidieuse, la parade, martiale, du gouvernement ! Normal. Il le faut (il le fallait) bien pour la protection des Français. Mais cela n’y va point sans « ronger » davantage le capital de joie et de confiance de ces derniers. Habitués à gambader, librement, dans le pré. A la recherche du plaisir et du bonheur. A moins que la guerre menée contre l’Etat Islamiste se solde par une victoire totale. Partout. Y compris en Afrique subsaharienne, où bourgeonnent déjà des ramifications.

Qui dit que la logique de métamorphose, qui a vu Al-Qaïda se muer en Daesh, ne finirait-t-elle pas par incarner un autre califat, celui de de Boko Haram, par exemple ?

 

Burundi-Diplomatie : Bujumbura de plus en plus isolée

[Par Diane HAKIZIMANA]

Le pouvoir Nkurunziza semble plus que jamais décidé à en découdre avec les anciens partenaires du Burundi. Les événements du deuxième week-end d’octobre l’attestent par excellence quand jeunes et cadres affiliés au parti au pouvoir ont manifesté devant les bureaux de l’ambassade du royaume de Belgique à Bujumbura et dans d’autres coins du Burundi pour, je cite, « lancer un message aux pays européens qui soutiennent ceux qui perturbent le pays ». Cela est intervenu 24 heures après que le gouvernement burundais a demandé à Bruxelles, par le biais d’une note verbale, le remplacement de son ambassadeur en poste à Bujumbura. Bruxelles a qualifié de son côté cette décision de « geste inamical ».

Une manifestation anti-belge à Bujumbura devant l' Ambassade du Belgique (lalibre.be)

Une manifestation anti-belge à Bujumbura devant l’ Ambassade du Belgique
(lalibre.be)

Le plus visé de ces partenaires est l’ancienne colonie de la Belgique, le Burundi. Pour commencer, le pouvoir de Bujumbura retire l’agrément de l’ambassadeur de Belgique au Burundi et Bruxelles convoque l’ambassadeur du Burundi en Belgique pour une demande d’explications, c’était ce vendredi 9 octobre. Samedi 10 octobre, les principaux axes du centre-ville de Bujumbura étaient fermés par les forces de l’ordre pour couvrir les jeunes, ainsi que les cadres issus du parti au pouvoir CNDD-FDD qui manifestaient devant les bureaux de l’Union Européenne et de l’ambassade du royaume de Belgique.

Freddy Mbonimpa (crédit : youtube.com)

Freddy Mbonimpa (crédit : youtube.com)

Sur les affiches, on pouvait notamment lire « non au néocolonialisme ». Selon Freddy Mbonimpa, maire de la ville de Bujumbura, l’idée était de soutenir les forces de l’ordre qui ne cessent pas de ramener la paix dans le pays et dans ses missions à l’étranger. Mais surtout, de lancer un message à ces pays européens qui, selon ses dires « soutiennent ceux qui veulent perturber l’ordre dans le pays. » Avant ce passage à l’acte, Bujumbura avait tenté de renouer les relations avec ses partenaires de plus en plus réticents après les dernières élections.
Dans une plateforme d’échanges avec les membres du corps diplomatique occidental ce mercredi 7 octobre, le premier vice-président du Burundi a demandé à la communauté internationale de reconnaître les progrès réalisés par le gouvernement burundais, comme la mise en place des nouvelles institutions. Gaston Sindimwo, dans cet échange, a affirmé qu’ « en réalité, décider de suspendre la coopération avec le Burundi signifie apporter un soutien à peine voilé aux détracteurs des institutions démocratiquement élus». Sindimwo a estimé dommage le fait que le gouvernement fasse des efforts pour ramener la paix et que les pays amis du Burundi n’hésitent pas à prendre des sanctions.
Les manifestations de ce week-end traduisent-elles le mécontentement de Bujumbura ?

Pierre Nkurunziza  (crédit : afriqueinside.com)

Pierre Nkurunziza (crédit : afriqueinside.com)

Ces manifestations sont une réplique à la dernière déclaration de l’Union Européenne. Cette dernière dénonçait la spirale de violence qui affecte fortement la sécurité du Burundi après la réélection du président Pierre Nkurunziza. Plusieurs cas d’assassinats, de tortures et de détentions arbitraires sont enregistrés surtout dans les quartiers de Bujumbura qui se sont investis dans les manifestations contre le troisième mandat de Nkurunziza, jugé « anticonstitutionnel » par ses opposants.
« Il est impératif que la violence cesse et qu’il soit mis fin au climat d’impunité. Cela passe par l’ouverture urgente d’un dialogue inclusif, ouvert à toutes les forces politiques et prenant en compte les initiatives régionales en cours », a rappelé la mission locale de l’UE dans cette déclaration. L’Union Européenne a assuré que les responsables de ces cas de violations des Droits de l’Homme devront répondre de leurs actes. C’est dans ce sens que 4 des officiers burundais, reconnus comme ayant pris part dans ces actes, se sont vus retirer le droit de voyager dans l’espace Schengen et leurs biens gelés par l’Union Européenne.
De surcroît, l’UE, la Belgique en tête, a récemment suspendu plusieurs de ses projets de coopération avec le Burundi en attendant l’ouverture et l’issue des négociations entre l’Union Européenne et le Burundi dans le cadre de l’article 96 de l’Accord de Cotonou. Ce dernier met au cœur du partenariat le respect de tous les Droits de l’Homme, des libertés fondamentales et des principes démocratiques.
Ces manifestations traduisent-elles donc le mécontentement de Bujumbura ? Dans tous les cas, devant la représentation diplomatique de la Belgique, un des assistants du ministre de l’Intérieur burundais a lâché : « le gouvernement soutient les 4 officiers interdits de voyage dans l’espace Schengen et il est contre le gel de leurs avoirs ». Nous demandons à l’Union Européenne de suspendre ces sanctions et que les aides promises pour le développement soient déboursées dans les plus brefs délais ! ».

 

 

Altermondes : Partenaire de la MDJ / L’œil de l’exilé

Altermondes : Conférence-débat Médias & Citoyens en images

[Photos de Muzaffar SALMAN, 15 septembre 2014]

Altermondes - Médias&Citoyens [Photo crédit : M. Salman]

Altermondes – Médias&Citoyens [Photo crédit : M. Salman]



larbigraineLe Front National et le vote immigré

[Chronique / L’œil de l’exilé / Par Larbi GRAINE : Altermondes n° 39 / Septembre 2014]

 

cherifdialloAntiijihad : La sécurité et la liberté

[Chronique / L’œil de l’exilé / Par Sékou Chérif  DIALLO : Altermondes n° 40 / Décembre 2014]

 

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Boko Haram : Non au silence !

[Chronique / L’œil de l’exilé / Par Marciano Romaric Kenzo Chembo : Altermondes n° 41 / Mars 2015]

 

MAprofil

Loi sur le renseignement Déception chez les réfugiés

[Chronique / L’œil de l’exilé / Par Marie Angélique Ingabire : Altermondes
n° 42 / Juin 2015]

 

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Daesh Menace sur l’Asie Centrale

[Chronique / L’œil de l’exilé / Par Sadegh Hamzeh :  Altermondes n°43 / Septembre 2015]

 

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Attentats de Paris: la compassion vis-à-vis de la France divise les Africains

[Chronique / L’œil de l’exilé / Par René Dassié :  Altermondes n°44 / Décembre 2015]

 

 

Elyse-NGABIREBurundi : Paroles, paroles de la Communauté Internationale ? 

[Chronique / L’œil de l’exilé / Par Elyse Ngabire :  Altermondes n°45 / Mars 2016]

 

 

Rebin RAHMANI

rebin

Activiste kurde iranien, Rebin a commencé son activité de journaliste en 2003, lorsqu’il était éditeur du journal des étudiants « Rojhalat » de l’Université de Birjand. Depuis le 2009, il collabore avec des nombreuses organisations humanitaires. A cause de son engagement, Rabin a été détenu de 2006 au 2008 dans la prison de Kermanshah. Une fois sorti de prison, il prend contact avec plusieurs organisations humanitaires en Iran. Intercepté et menacé par les services secrets de Sanadaj, de Kamyaran et de Kermanshah, il a été contraint de quitter le Pays en mars 2011.

Le plus : En 2005 il s’est engagé dans une longue recherche pour comprendre les origines du grand nombre de toxicomanes parmi les jeunes de Kermanshah. Rebin RAHMANI continue toujours ses activités de collaboration avec des organisations humanitaires. En juillet 2014, il crée avec d’autres militants des droits des kurdes, l’association Kurdistan Human Rights Network. 

Courriel : rebin.rahmani209@gmail.com

A Kurd Iranian activist, Rebin began his work as a journalist in 2003, when he was an editor of the student journal “Rojhanat” at Birjand University. Since 2009, he has collaborated with many humanitarian organizations. Because of his commitment, Rabin was detained from 2006 to 2008 in the Kermanshah prison. Once out of jail, he made contact with many humanitarian organizations in Iran. Intercepted and threatened by the secret service of Sanadaj, Kamyaran and Kermanshah, he was forced to leave the country in March 2011.

More: In 2005, he embarked on a long search to understand the origins of the large number of drug users among youth in Kermanshah. Rebin Rahmani continued his collaborative activities with humanitarian organizations. He is currently launching the creation of a Kurd humanitarian organization in France. In july 2014, he creates, with others Kurdish Human Rights activists, the organisation Kurdistan Human Rights Network.

Email: rebin.rahmani209@gmail.com

 

Larbi GRAÏNE

DAKOTA DUAL WIFI­Þ­ÞLarbi GRAÏNE, Journaliste algérien, ayant exercé dans plusieurs titres de la presse écrite en Algérie. Il est titulaire d’un DEA en littératures francophones et d’une maîtrise en Histoire et sciences sociales.

Le plus :

En 2010, Larbi GRAÏNE a publié chez l’Harmattan un livre sur le syndicalisme autonome en Algérie, intitulé Naufrage de la fonction publique et défi syndical. Accueilli par la Maison des Journalistes en 2014, il vit depuis en France.

Courriel : larbigra@gmail.com

 

Larbi GRAÏNE, Algerian journalist, having practiced in several titles of the written press in Algeria. He holds a DEA in French Literature and a Master’s degree in History and Social Sciences.

Most :

In 2010, Larbi GRAINE published a book on autonomous unionism in Algeria at the Harmattan, entitled « The Wreck of the Public Service and the Trade Union Challenge ». Welcomed by the House of Journalists in 2014, he lives since in France.


Email: larbigra@gmail.com