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Centrafrique : 2 journalistes violemment interpellés dans le cadre de leur activité professionnelle

Samedi 15 juin, deux journalistes ont été violemment interpellés à Bangui en Centrafrique. C’est lors d’une manifestation de l’opposition interdite par les autorités, qu’ils se sont vu confisquer et détruire leur matériel. Charles Bouessel et Florent Vergnes, correspondants de l’AFP en Centrafrique accrédités, couvraient la manifestation de l’opposition à Bangui samedi 15 juin lorsqu’ils ont été interpellés.

 

« Avec Florent, nous tentons de partir (…). L’OCRB nous voit et semble furieux qu’on ait filmé la scène, ils foncent sur nous » a confié Charles Bouessel selon l’AFP. Flavien Mbata, ministre de la justice en Centrafrique a affirmé que les journalistes « ont été interpellés par la police, car ils étaient présents sur les lieux d’une manifestation interdite par la police« .

Retenus plus de six heures Ils ont déclaré, selon l’AFP, avoir été auditionnés trois fois et retenus plus de six heures par des membres de l’Office centrafricain de répression du banditisme (OCRB).


Ils [les journalistes de l’AFP] ont à leur tour tenté de partir lorsqu’ils ont « entendu des tirs à balles réelles ». L’OCRB a alors foncé sur eux car ils ont vu qu’ils filmaient la scène.


Récit de l’arrestation de ces deux journalistes

Charles Bouessel, confirmant la version de Florent Vergnes, a affirmé que tout se déroulait bien : les CRS (leur équivalent en Centrafrique) les laissaient filmer jusqu’à ce que les manifestants se dispersent. Ils ont à leur tour tenté de partir lorsqu’ils ont « entendu des tirs à balles réelles ». Mais l’OCRB a foncé sur eux lorsqu’ils ont vu qu’ils filmaient la scène.

 « l’un d’eux attrape ma caméra et la fracasse par terre. » raconte Charles Bouessel. Il ajoute  » je met les mains en l’air mais je me prend une première claque dans la tête. mon sac à dos où il y a mes papiers, passeport, carte bleue, accréditation presse,  est arraché et jeté par terre. je demande à le prendre, ainsi que les débris de mon appareil mais je reçoit seulement des coups ».

Le journaliste est « ceinturé à la gorge »

Florent Vergnes affirme, toujours selon l’AFP, avoir « été ceinturé à la gorge » et s’être « pris des beignes, des coups de crosse de Kalachnikov dans le dos ».

Il ajoute « ils m’ont arraché mon sac, mon appareil photo et mon téléphone ».

Ils ont été arrêtés aux alentours de 15H00 (14H00 GMT) et ont été libérés à 20H48 sans papiers, argent, ni téléphone.

Dimanche matin, Florent Vergnes a consulté un médecin à Bangui pour faire constater les blessures dues à son interpellation. Selon le certificat médical, « ce jour, il présente un volumineux hématome temporal droit, un hématome sur l’omoplate droite, un hématome sur la base du nez et une douleur sur l’articulation temporo-mandibulaire gauche et un trouble de l’articulé dentaire ».

Reporters sans frontières (RSF) n’a pas attendu pour condamner cette agression. L’ONG a notamment réagit sur Twitter en affirmant que « ces mauvais traitements ne doivent pas rester impunis « .

Ces agressions s’ajoutent au triple assassinat de journalistes Russes en juillet dernier et à l’assassinat de Camille Lepage journaliste française tué en 2014, prouvant l’insécurité journalistique qui règne en Centrafrique depuis quelques années maintenant.

Situation en Centrafrique

Le Centrafrique n’arrive pas à sortir de la guerre civile et des violences qui en découlent.

Les attaques contre les médias, les destructions de radios sont permanentes. La situation des journalistes est donc précaire selon Reporters sans frontières (RSF). L’Etat ne contrôle plus la majorité du territoire et les autorité tolèrent de moins en moins la critique par la presse. La censure s’exerce notamment en presse écrite.

Camille Lepage, journaliste Française de 26 ans avait été tué en République centrafricaine le 12 mai 2014. 

L’an dernier, au mois de juillet, 3 journalistes avaient été retrouvés tués.

L’insécurité pour les journalistes n’est pas récente. Il y a 5 ans, la Maison des journalistes accueillait un journaliste centrafricain victime de la répression : « Certains ont détruit ma maison et ont arrête mon petit frère afin d’obtenir des renseignements me concernant. Nous n’avons toujours pas de nouvelles de mon frère à l’heure qu’il est.« 

Il faut noter que la République Centrafricaine a perdu 33 places au classement mondial de la liberté de la presse en 2019 et se positionne au 145 ème rang mondial sur 180. 

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Rencontre Renvoyé Spécial PJJ, Romaric Kenzo Chembo : « N’arrêtez jamais de croire en vous »

[Par Clara LE QUELLEC]

Mercredi 19 octobre, la Maison des journalistes accueillait un groupe de jeunes et de professionnels de la Protection Judiciaire de la Jeunesse (PJJ) du Val d’Oise. Environ cinq adolescents, leurs éducateurs et la référente laïcité et citoyenneté de la structure val-d’oisienne, Odile Villard, ont pu découvrir la « Maison de la liberté d’expression » et échanger avec l’un de ses anciens pensionnaires, le journaliste centrafricain, Romaric Marciano Kenzo Chembo. Cet après-midi initiait la première rencontre du projet Renvoyé Spécial PJJ dont l’objectif vise à aider les jeunes à mieux s’informer, à les amener à s’ouvrir à d’autres mondes, et ainsi à prendre conscience des valeurs de la liberté de la presse et d’expression, de la tolérance et du vivre ensemble. 

Rencontre entre Romaric Marciano KENZO CHEMBO journaliste et les jeunes et professionnels de la PJJ – Val d’Oise, mercredi 19 octobre. (Crédits photo : Lisa Viola ROSSI)

Pendant plus d’une heure, les jeunes ont pu écouter le témoignage tant professionnel que personnel de Romaric Kenzo Chembo : sa lutte pour exercer son travail de journaliste librement, son enfance, les difficultés de l’exil, ses doutes et obstacles mais également ses réussites et ses espoirs… Une histoire qui a particulièrement fait écho dans la tête et le cœur de ces jeunes, tous passés par des étapes de vie douloureuses et difficiles.

« Un peuple qui n’a plus d’espoirs et de rêves est un peuple mort »

A trente-six ans, Romaric Marciano Kenzo Chembo revient de loin. Aujourd’hui en pleine résilience, il raconte avec un mélange de gravité et d’humour son enfance en Centrafrique. Le combat en faveur de la liberté d’expression semble avoir été en partie délaissé par la population de ce pays de quatre millions d’habitants « où tout est surveillé par le gouvernement ». « Si à la maison vous avez la chance de répondre avec respect à votre père, considérez-vous chanceux » note Romaric. Le ton est donné. La salle déjà captivée. Le quotidien de la majorité des enfants centrafricains est rythmé par la faim, les 15 km par jour à effectuer pour aller à l’école et le travail. « Il y a beaucoup d’enfants de rue chez moi – explique le journaliste – mais nous ne pouvons pas parler de ce sujet. Systématiquement, on nous traite d’opposants et on nous accuse de préparer un putsch ». Les enfants travaillent à partir de six ans et sont souvent recrutés par les armées rebelles. Romaric se souvient par exemple d’un enfant-soldat surnommé « Colonel » pour avoir eu beaucoup de morts à son actif. Les jeunes découvrent alors la dure réalité de ce pays où « les grenades se vendent à 1 euro, les kalachnikov à 10 euros et où il y a trois fois plus d’armes que de population ». « Vous voyez, un peuple qui n’a plus d’espoirs et de rêves est un peuple mort » déclare le journaliste.

Centrafrique : un adolescent de la rébellion Séléka pose avec une arme, le 25 mars 2013 à Bangui

Centrafrique : L’enfant-soldat de la rébellion Séléka, surnommé « Colonel »,  le 25 mars 2013 à Bangui (Crédits photo : Sia KAMBOU/AFP)

Du combat pour la libre parole aux menaces

Romaric Kenzo Chembo a travaillé de 2006 à 2012 à la Radio Ndeke Luka de la Fondation Hirondelle. Animateur d’une émission intitulée « À vous la parole », il n’avait qu’un seul leitmotiv : « Non à la censure ». Chaque jour, pendant une heure, l’émission donnait la voix aux citoyens, protégés par l’anonymat, sur différents thèmes d’actualité. Pour le journaliste, « tous les propos devaient être écoutés ». A partir de l’année 2010, il était de plus en plus difficile pour Romaric d’exercer son métier librement. « Chaque jour, il y avait une critique au vitriol. Il fallait me faire taire ». C’est alors qu’ont commencé les appels téléphoniques anonymes, les lettres de menaces et les agressions physiques. Pendant cette période, Romaric a perdu sa fiancée et sa famille. Sa mère est restée son seul soutien infaillible. « Quand ça commence à chauffer, tout le monde te laisse. Les gens privilégient leur propre intérêt car ils ont peur de la mort ». Émotion palpable dans la salle. Un jour, la radio entend parler d’une histoire avec le fils du Président de la République. Ce dernier aurait enterré une personne presque vivante pour une histoire amoureuse de jalousie. La radio charge le journaliste d’obtenir le scoop. Le lendemain, toute la ville était au courant et Romaric en danger de mort. Le journaliste quitte alors la capitale pour rejoindre le Cameroun afin de prendre l’avion. « J’ai marché 550 km à pied à travers la brousse ». « A pied ? » s’exclame un des jeunes.

Une patrouille des Casques bleus à Bangui le 2 janvier 2016 (Crédits photo : Issouf SANOGO)

Une patrouille des Casques bleus à Bangui le 2 janvier 2016
(Crédits photo : Issouf SANOGO)

L’exil et l’arrivée en France

En septembre 2012, Romaric Kenzo Chembo débarque à l’aéroport Charles de Gaulle et est placé dans la zone d’attente de Roissy avec de nombreux autres étrangers. « Vous savez, ce fameux hôtel cinq étoiles » ironise t-il. Les autorités veulent le ramener en Afrique. Ils sont deux dans ce cas. « J’ai fait un scandale. Me ramener en Afrique, c’était comme signer mon arrêt de mort ! ». Attitude payante. Son compagnon d’infortune n’a malheureusement pas eu cette chance et a été renvoyé dans un avion. « Vous voyez, si je ne m’étais pas battu, j’aurais été raccompagné comme lui ». Croire en soi et ne jamais lâcher, tel est le message passé ici par le journaliste aux jeunes de la PJJ. Après avoir dormi à la Gare du Nord et dans les abribus, Romaric se laisse guider au plus profond de lui-même par une seule conviction : « Je dormais avec les SDF mais je me suis dit que ça allait changer ». Le journaliste entend alors parler par l’association France Terre d’Asile de la Maison des journalistes accueillant des professionnels de l’information en exil pour avoir exercé leur métier librement. Romaric y obtient une chambre et commence le long travail de reconstruction. Grâce à une formation, il est maintenant responsable de communication dans une grande entreprise de sécurité. « La France nous donne l’opportunité de refaire sa vie et d’obtenir une seconde chance ». « Vous voyez les amis, l’essentiel n’est pas de tomber mais bien de savoir se relever » conclut le journaliste, aujourd’hui en attente de rapatrier ses six enfants en France.

Arrive alors le temps des questions. « Vous allez repartir en Centrafrique ? » demande un des jeunes au 1er rang. « Peut-être un jour, j’aimerais y créer une station de radio ». « Où sont vos enfants ? » s’interroge un de ses camarades. « Ils sont réfugiés dans un pays voisin » répond Romaric. « Mais pourquoi vous n’avez pas arrêté ? » questionne un autre. « Car j’adore le journalisme. Si je ne m’étais pas battu, je ne serais pas fier de moi aujourd’hui ». La rencontre touche à sa fin. « J’ai beaucoup aimé ce témoignage – note un des jeunes du public – ce n’est pas un exemple de plus raconté par d’autres, c’est juste réel ». Une formidable leçon de combativité, de détermination et d’optimisme à partager donc sans modération et au plus grand nombre.  

 

Centrafrique : et la prise d’otages continue…

[Par Marciano Romaric KENZO CHEMBO]

Je ne comprends pas que les Centrafricains et la communauté internationale ne comprennent pas que depuis plus de deux décennies, en République Centrafricaine, l’histoire, tristement, se répète avec les mêmes acteurs, posant les mêmes actes, produisant les mêmes effets tels d’éternelles scènes de répétitions d’acteurs de troupes théâtrales.

Les anciens presidents Bozizé et Djotodja

Les anciens presidents Bozizé et Djotodja

Hélas! ici les scènes sont bien réelles, les conséquences toujours dramatiques et malheureusement les acteurs et les spectateurs ont tous des visions et des méninges enfumées qui les empêchent de voir la réalité, de s’imprégner du quotidien, de se souvenir du passé récent, de se remettre en cause afin de trouver d’efficaces remèdes aux maux qu’ils ont eux-mêmes créés, exploités, entretenus…et qui, au tournant de l’histoire les engloutissent, tel le sable mouvant, petitement, mais inéluctablement, entraînant dans leur décadence des vies innocentes.
Quand la conscience sera-t-elle une denrée partagée par ceux-là même qui nous gouvernent?
Quand les autorités centrafricaines de transition prendront-elles enfin leurs responsabilités en assumant pleinement les rôles qui sont les leurs par des prises de décisions efficaces et courageuses privilégiant et garantissant les intérêts supérieurs de la nation, sans diktat de l’extérieur et des lobbies mafieuses devant les hommes et devant l’histoire et quand la raison rallumera-t-elle la lanterne de la communauté internationale, au chevet de la République Centrafricaine depuis deux décennies ?
Nous nageons, il va sans dire, en pleine eau puante dans ce pays! Et les événements le démontrent à chaque fois!

Rebelles Seleka

Rebelles Seleka

Dommage que seuls les aveugles sont aux commandes du navire Centrafrique qui chavire et les sourds appelés à son secours !!!
Des groupes rebelles et des milices « terroristes » qui prennent en otage toute une Nation, réclamant à cor et à cri la répartition de son territoire, qui décident de l’expatriation forcée d’une composante de sa population, qui instaurent comme mode de gestion la politique du totalitarisme et d’extermination de certaines de ses communautés, qui s’obstinent dans la négation volontaire de la reconnaissance des autorités légitimes et des valeurs républicaines en menaçant de mettre à feu et à sang le pays et qui assassinent des populations misérables, se voient dérouler le tapis rouge et reçus à bras ouverts, le sourire jusqu’aux oreilles et avec les honneurs de chef d’Etat digne de ce nom dans des pseudos conférences de négociations et pourparlers de paix fictive à n’en plus finir, qui au finish n’accouchent que de souris et dont les résolutions n’ont pour durée de vie que le temps de la tenue des dites assises .
La Honte!

Milice Anti-Balakas (source : la-croix.com)

Milice Anti-Balakas (source : la-croix.com)

Jusqu’à quand cette politique de terreur, d’intimidations, de menaces… va-t-elle continuer? Et quand enfin les uns et les autres qui se trompent en organisant ces incessantes messes comprendront-ils que cela n’apportera rien de concret tant que les pressions coercitives et les méthodes fortes n’entreront pas dans les principes du jeu? A quand l’application réelle et effective de la résolution 2127 adoptée par l’ONU le 05 décembre 2013 autorisant l’usage de la force pour « rétablir la sécurité et l’ordre public » en Centrafrique, restaurer l’autorité de l’Etat face à ceux qui n’ont pas intérêt à ce que la paix revienne, qui continuent de terroriser et de tuer des civils, aux regards des évènements du vendredi 05 Décembre 2014 à Bambari, ville du centre du pays, qui ont coûté la vie à trois soldats centrafricains de la garde rapprochée du président du Conseil National de Transition( parlement provisoire), Alexandre Ferdinand Nguéndet qui a failli être tué?
A quand la fin de l’Etat de siège imposé par des bandes armées de tout bord et la communauté internationale qui s’illustre par son mutisme et son inaction, aux Centrafricains?
Que se passe-t-il?
Les autorités de la transition et les Nations Unies, représentées par la Mission Intégrée et multidimensionnelle de Stabilisation de la Centrafrique (MINUSCA) appuyée par son bras armé, les casques bleus, seraient- ils des géants aux pieds d’argile, des « généraux d’opérette » face aux milices chrétiennes Anti-Balakas et aux rebelles musulmans de la coalition Séléka au point de négocier à tout bout de champ et de faire des concessions ne satisfaisant que les intérêts égoïstes, particuliers et partisans des uns et des autres au grand dam du peuple Centrafricain?
Ces bandits et « terroristes » qui sèment désolation, tristesse, mort sur leur passage… depuis plus de deux ans et continuent d’exécuter leurs machiavéliques politiques de destruction et d’aliénation de toute une Nation seraient-ils ainsi assez intouchables et vêtus de cuirasses d’impunité au point de disposer du Droit de vie ou de mort d’un peuple sans pouvoir s’inquiéter en déambulant fièrement avec leurs armes de guerre, arborant leurs galons opportunistes à la barbe de leurs propres victimes, le peuple, au vu et au su des forces internationales et du gouvernement avec qui ils se croisent et se partagent les tribunes des institutions républicaines, sur le sol centrafricain?
De qui se moque-t-on?
Cette politique de « bras ouverts » à sens unique et d’impunité n’octroie-t-elle pas une réputation de « poltrons », en traduisant une faiblesse du gouvernement centrafricain et de son alliée, la MISCA? Au point de favoriser la radicalisation des positions des belligérants, la redynamisation de leurs ambitions démesurées, leurs velléités politiques et le retour des principaux artificiers de la poudrière Centrafrique, les pyromanes et Seigneurs de guerre , les principaux dirigeants, financiers et pourfendeurs des groupes armés tels le général Koumtamadjim, alias Abdoulaye Miskine, libéré par les autorités camerounaises, puisque servi comme monnaie d’échange en contre partie des militaires camerounais retenus en otage par ses éléments, les anciens chef d’Etat Centrafricains, Michel Djotodja et le Général François Bozizé, pour ne citer que ces deux-là, dont les intentions …pour la reconquête du pouvoir ne sont plus à cacher.

L'armee française
Nonobstant, le peuple dont il a fait couler le sang, arborant son mépris du pays qu’il a dirigé tel un patrimoine familial et sans partage pendant une décennie, le général Bozize, quant à lui, est sorti de son silence ce 10 décembre 2014 dans une adresse faite au peuple Centrafricain pour dénoncer « le caractère inopérant de l’accord de cessation des hostilités », signé à Brazzaville en juillet, d’après ses propres expressions, mais surtout pour réaffirmer sa volonté de renouer avec la vie politique centrafricaine, ayant dans sa ligne de mire les échéances électorales de 2015 …
Il n’y a qu’en République Centrafricaine que le ridicule ne tue pas pas! Les gens ont la mémoire courte !
Mais rien ne nous étonne, telle est la conséquence logique de la passivité, de la « politique du ventre » et de distribution généreuse et gracieuse de l’argent des contribuables et des prêts contractés auprès des institutions de Bretton-Woods et des Bailleurs de fonds internationaux au nom du peuple, par les autorités. La transition, à ceux-là (rebelles, milices) même qui maltraitent, terrorisent et tuent le peuple. Comme si on les supplie de se calmer, de ne pas s’énerver. Comme quoi pour être « quelqu’un » en Centrafrique il faut être un terroriste et assassin! (1)

Scénario digne d’un film hollywoodien qui occuperait la première place du box-office américain! Car plus tu tues et excelles dans la rébellion, plus tu t’élèves dans la société, en Centrafrique. Pour devenir ministre, il suffit d’avoir quelques kalachnikovs, des munitions, réunir les siens, sa communauté, prendre une localité en otage, abattre quelques pauvres citoyens…et se voir bombarder X portefeuilles ministériels, direction générale, être véhiculé, logé, entretenu aux frais l’Etat avec la bénédiction de la communauté internationale…sans être inquiété de lendemains difficiles, ni d’une quelconque poursuite par les juridictions nationales ou internationales. Pauvre Centrafrique!
Nombreux sont ceux qui sont passés par ce tristement célèbre canal, qui ont fait piètre figure…évincés en un temps record, ils veulent encore revenir aux affaires, quitte à massacrer le peuple. Suivez mon regard!
Trop c’est trop!
Le peuple n’a que trop souffert de ces alliances macabres et des calculs politiciens! Et nous sommes en droit de nous poser cette question qui brûle toutes les lèvres: « A quel jeu joue la France et la force Onusienne en Centrafrique? »
Car, plus d’un an après le lancement de l’opération Sangaris et le déploiement des forces onusiennes le bilan est mitigé. La sécurisation du pays et la restauration de la paix sur l’ensemble du territoire sont loin d’être concrétisées.
Les Sélékas bloquent et occupent des villes entières de province avec armes en main, instaurent leur administration, elles font ce qu’elles veulent; les anti-Balakas divisent la capitale Bangui, érigent des barrières illégales et dictent leur loi, pillent, braquent…et Sangaris et force onusienne ne les inquiètent pas. C’est vraiment triste de constater cet amateurisme.
Pourquoi ce jeu??? Il a fallu moins de deux mois à la France de Hollande pour libérer le Mali des groupes rebelles d’Acqmi lourdement armés et de rétablir l’ordre républicain. (2)

La presidente Catherine Samba Panza

La presidente Catherine Samba Panza

Les centrafricains et l’opinion internationale doivent être vigilants. Le peuple demande juste la paix et la liberté ses ses mouvements, c’est à dire le désarmement équitable de toutes les milices (anti Balakas, Sélékas) et autres groupes rebelles, à l’instar du mouvement rebelle ougandais, la LRA, de Joseph Koni ( Sud-Ouest) qui pullulent le territoire centrafricain pour éviter que cet Etat soit le véritable sanctuaire des groupes rebelles et terroristes, car comme le déclarait l’ambassadeur de France en Centrafrique, Charles Malinas, en octobre dernier «Il est clair que le redressement de la situation en Centrafrique joue un rôle important dans la lutte contre le terrorisme. (3) Car si à l’inverse nous n’y parvenons pas, si la République centrafricaine devait glisser comme elle a glissé au mois de décembre 2013 dans des affrontements, naturellement cela formerait un terrain favorable pour les terroristes. Les forces internationales, les Nations unies, l’Union africaine, l’Union européenne, les Etats Unis, la France et les pays voisins de la Centrafrique sont unis pour lutter contre le terrorisme».
Alors il est temps que tout ce beau monde prenne ses responsabilités, afin que le peuple Centrafricain soit enfin libre!
Qui a des oreilles pour entendre, entende!

 

(1) Depuis la mise en place du gouvernement centrafricain de transition, les bailleurs de fond traditionnels de la Centrafrique tels que la France, l’Union Européenne et les pays amis de la sous région à l’instar du Congo Brazzaville, de la Guinée Equatoriale, de l’Angola…ont accordé à la RCA d’importantes sommes d’argent pour la paiement de salaires, le relèvement du secteur économique, la subvention du budget de l’Etat…malheureusement une bonne partie de cet argent est détournée et alimente les comptes de certains chefs rebelles, leurs miliciens et politiciens centrafricains (NDLR affaire 10 millions de dollars octroyés par l’Angola, qui a défrayé la chronique il ya 2 mois).

(2) L’intervention française au Mali en Janvier était baptisée « Opération Serval « . Et il a fallu moins de 2 mois à la France pour « nettoyer » le territoire malien des djihadistes et les mettre en cavale.

(3) Le Sud-Est de la Centrafrique est occupée depuis 2009 par la rébellion ougandaise de la L.R.A (Armée de la résistance du Seigneur) de Joseph Koni et y est élue domicile en semant terreur et désolation dans cette localité sans être inquiétée. La semaine dernière elle a encore fait des malheurs.

 

Centrafrique : Amnesty plaide pour la protection des civils et la lutte contre l’impunité

[Par Makaila NGUEBLA]

La situation des droits de l’Homme, la protection des civils et la lutte contre l’impunité en République centrafricaine préoccupent Amnesty International (voir le récent rapport intitulé Les ravages de la haine ). Christian Mukosa, responsable de recherches au programme Afrique d’Amnesty International, de retour d’une mission de dix-neuf jours dans plusieurs localités, a fait face à la presse, ce jeudi 06 novembre 2014 au siège de l’organisation, au 76, Boulevard de la Villette à Paris.

(Source :amnesty.fr)

(Source :amnesty.fr)

Une équipe de chercheurs d’Amnesty International a sillonné Bangui, Bambari, Boda et d’autres régions de la République centrafricaine pour évaluer la situation des droits de l’Homme dans le pays.

Constat alarmant.

(Source : fr.africatime.com)

(Source : fr.africatime.com)

Selon Christian Mukosa, Amnesty International partage deux préoccupations au sujet de la situation en Centrafrique. Pour le chercheur, la protection des civils et la question de la sécurité sont des problèmes extrêmement inquiétants, malgré la présence des forces internationales déployées depuis le 15 septembre 2014: « des gens sont pillés, tués. », dit-il.
Au mois d’octobre dernier, les Anti-balaka ont attaqué à Bangui les hommes de la Séléka et des groupes musulmans armés, causant dix morts.
« Ces actes de violences se sont déroulés dans Bangui au nez et à la barbe de la communauté internationale. », a déclaré Christian Mukosa, avant de s’interroger : « Qu’en sera-t-il pour les gens des villages situés loin des regards extérieurs ? ».
Il y a également le cas des civils chrétiens tués par des Peuls armés.
La Séléka, important groupé armé, est désormais partagé entre Joseph Zindeko et Ali Darassa, qui se regardent en chiens de faïence dans Bambari. « Tout peut arriver. », redoute Christian Mukosa.
Devant cette situation, la question de l’impunité demeure préoccupante pour le chercheur, qui a rencontré les deux principaux chefs religieux et échangés avec les citoyens ordinaires. Il a estimé que l’arrestation des responsables des Anti-Balaka et de la Séléka ne provoquera pas la fin du monde.

La communauté internationale interpellée.
Le chercheur a insisté sur le rôle de la communauté internationale, qui doit mettre un terme à l’impunité des crimes de guerre et crimes contre l’humanité commis par des acteurs clés de cette crise.
La communauté internationale doit venir appuyer les efforts locaux, non seulement pour limiter les dégâts, mais aussi afin d’aider à assainir l’espace politique, préparer les élections et protéger les civils à travers des stratégies cohérentes.
M. Christian Mukosa soutient que son organisation plaide en faveur de la sécurité des citoyens et d’un Etat de droit en RCA : « nous invitons la communauté internationale à assurer la sécurité des citoyens pour un Etat de droit. » a-t-il insisté.
Et le chercheur de conclure : « Amnesty International a encouragé la présence des forces internationales en Centrafrique. ». Toutefois, il ne nie pas les efforts de celles-ci en faveur du retour de la paix en Centrafrique.

Crimes contre l’Humanité : L’histoire du Rwanda jamais contée

[Par Sintius MALAIKAT]

La Journée des Nations Unies marque l’anniversaire de la fondation des Nations Unies, le 24 octobre 1945 à la suite de la Seconde Guerre mondiale. L’institution mondiale a été créée afin de préserver les générations futures du fléau de la guerre et des crimes contre l’humanité, comme le génocide dans le monde, de réaffirmer la foi des pays membres envers les droits fondamentaux de l’homme dans le monde, de favoriser le progrès social et d’ instaurer de meilleures conditions de vie pour une liberté plus grande et plus sécurisée pour tous.

La Journée des Nations Unies est aujourd’hui célébrée dans les 192 États membres des Nations Unies. Le drapeau des Nations Unies est arboré symboliquement dans les lieux publics. En cette journée, des rencontres et des débats sérieux sont organisés sur la place publique traitant de questions sur lesquelles travaillent les Nations Unies. Des propositions y sont également formulées quant à la façon de résoudre les problèmes mondiaux par la coopération internationale. La Journée des Nations Unies donne la possibilité aux groupes et aux particuliers de mieux connaître les activités et les réalisations des Nations Unies et de relever les défis auxquels tous les pays sont confrontés au 21e siècle.

Dans le documentaire, le chef de l'Etat Paul Kagame est accusé d'être le commanditaire de l’attentat contre l’avion de l’ex-président rwandais Juvénal Habyarimana (source : Rfi)

Dans le documentaire, le chef de l’Etat Paul Kagame est accusé d’être le commanditaire de l’attentat contre l’avion de l’ex-président rwandais Juvénal Habyarimana (source : Rfi)

Au Rwanda : En 1994, le pays a connu « le génocide », crime contre l’humanité. Lors de la 20ème commémoration du génocide, le Secrétaire Général de l’Onu, Ban Ki-Moon, présent à l’événement, a reconnu la faiblesse de la communauté internationale qui a « assisté » de loin à ce qui se passait. « Nous aurions pu faire beaucoup plus. Nous aurions dû faire beaucoup plus… »
Le 1er octobre, la BBC diffuse Rwanda’s untold story, « L’histoire du Rwanda jamais contée ». Un documentaire à charge contre le président rwandais Paul Kagame, l’accusant de crimes de guerre pendant le génocide, de massacres au Congo, d’assassinats politiques et d’être responsable de l’attaque contre l’avion du président Habyarimana. Dans ce film, Marie, jeune femme belgo-rwandaise hutu témoigne des atrocités commis par l’Armée Patriotique Rwandaise (APR) contre des réfugiés rwandais hutus qui étaient en République Démocratique du Congo entre 1996-1998. Très triste, en larmes, Marie condamne la communauté internationale qui n’a joué aucun rôle pour empêcher les crimes contre les hutus : « C’était l’apocalypse. C’était la fin du monde. Un jour je me suis demandée : si la Communauté Internationale existe, pourquoi sommes-nous en train de mourir comme ça sans aucune aide ? … il fallait tuer le plus grand nombre possible de réfugiés hutus …et on les tuait parce qu’ils étaient nombreux. » Aujourd’hui, le film documentaire a fait polémique ; des manifestations ont été organisées au Rwanda contre la BBC et le parlement rwandais demande la suspension de la diffusion des émissions de la BBC au Rwanda. Finalement, ce 24 Octobre, l’Agence Rwandaise de Régulation, RURA décide de suspendre toute émission de la BBC en langue nationale.

En Centrafrique : L’Amnesty international dénonce des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité commis par les deux parties en conflit.

Laurent Gbagbo (source : apricainfo.com)

Laurent Gbagbo (source : apricainfo.com)

En Côte d’Ivoire : La crise de 2010-2011 a commencé quand le président Laurent Gbagbo avait refusé de reconnaître sa défaite à l’élection présidentielle de 2010 face à l’actuel chef d’Etat, Alassane Ouattara.
Dans son mandat d’arrêt, la CPI estime qu’il est raisonnable de croire que cet ancien fer de lance des violentes manifestations antifrançaises en 2003 et 2004 recevait des instructions de la part de Laurent Gbagbo, qui comparaît également devant les juges de la CPI, dans le cadre d’un « plan commun », pensé par M. Gbagbo et son entourage. Il donnait des instructions directement aux jeunes qui étaient systématiquement recrutés, armés, formés et intégrés à la chaîne de commandement des Forces de défense et de sécurité ivoiriennes (FDS) et Il a été surnommé « général de la rue » ou encore « ministre de la rue » pour sa capacité de mobilisation.
La Cour a également émis un mandat d’arrêt contre son épouse Simone, mais Abidjan refuse de la transférer à La Haye, avec pour motif que la justice ivoirienne est désormais en capacité d’assurer équitablement son procès. Inculpée le 18 août 2011 pour atteinte à la défense nationale, attentat ou complot contre l’autorité de l’État, constitution de bandes armées, direction ou participation à un mouvement insurrectionnel, trouble à l’ordre public ou encore rébellion, elle a vu, en février 2012, les charges retenues contre elles s’étendre à des « faits de génocides ».
Plus de 90 pro-Gbagbo sont jugés à partir du 22 octobre. Ils sont poursuivis pour leur rôle dans la crise postélectorale de 2010-2011. Outre Simone Gbagbo, l’ex-première dame et plusieurs personnalités de haut rang sont concernées. Qui sont-ils et que leur reproche la justice ivoirienne ? Si certains devront un jour répondre des chefs de génocide ou de crimes économiques, le procès qui a démarré ne concernera que l’accusation d' »atteinte à la sûreté de l’État ».

Uhuru Kenyatta (source : telegraph.co.uk)

Uhuru Kenyatta (source : telegraph.co.uk)

Au Kenya: Le président kényan Uhuru Kenyatta a comparu devant la Cour pénale internationale (CPI) de La Haye, le 8 Octobre, où l’un de ses avocats a demandé l’abandon des poursuites pour crimes contre l’humanité à son encontre. « Ce n’est pas le moment d’affaiblir un pays et une région en renvoyant un président en justice » Le monde livre une terrible bataille contre des terroristes insurgés radicaux dont l’intention est de détruire notre mode de vie. La Corne de l’Afrique et l’Afrique de l’Est sont un théâtre crucial de cette même guerre.
Il y a un an, réunis en sommet extraordinaire à Addis-Abeba, les chefs d’Etat et de gouvernement de l’Union africaine avaient pareillement demandé le report du procès en s’inquiétant de voir la CPI pratiquer la règle du « deux poids, deux mesures » en concentrant ses procédures sur l’Afrique tout en ignorant les crimes commis dans d’autres régions du monde.
Elu à la présidence du Kenya en mars 2013, Uhuru Kenyatta est accusé d’avoir co-orchestré les violences à caractère ethnique qui ont fait 1.200 morts après l’élection présidentielle de décembre 2007, remportée par Mwai Kibaki.
Le crime contre l’humanité est sans doute le procès du siècle aujourd’hui, le genre d’événement qui tient tout un peuple en haleine. C’est pourquoi le monde aujourd’hui doit s’ unir contre les crimes contre l’humanité partout dans le monde : au Rwanda, au Congo, en République Centrafrique, en Côte d’Ivoire, au Soudan et contre la menace que font peser les groupes armés contre l’Afrique de l’Est, à commencer par les miliciens islamistes somaliens AL-Chabaab qui ont tué 67 personnes dans un centre commercial de Nairobi en septembre dernier.

Onze ans après sa création, la CPI n’a prononcé que deux condamnations contre deux ex-chefs de guerre de la République démocratique du Congo, Thomas Lubanga et Germain Katanga. D’autres procédures sont en cours, notamment contre Jean-Pierre Bemba du Congo Kinshasa et le président Soudanais Omar Hassan al Bachir et l’ex-président ivoirien Laurent Gbagbo, en attente de son procès. Des enquêtes sont ouvertes sur la situation au Mali ou bien encore en Centrafrique.
Le bureau du procureur effectue parallèlement des examens préliminaires dans un certain nombre de pays dont l’Afghanistan, la Géorgie, la Colombie, le Honduras et la Corée du Sud. Mais ils n’ont pas encore débouché sur des affaires.

Germain Katanga (afriqueredaction.com) et Thomas Lubanga (afriqinter.com)

Germain Katanga (afriqueredaction.com) et Thomas Lubanga (afriqinter.com)