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Genèse et risques journalistiques, avant l’odyssée vers l’exil

[TÉMOIGNAGE] « Ils ont confirmé hein. La marche politique aura lieu demain. Le communiqué vient de passer. » Oh! Je jubile. J’aime ce que je m’apprête à faire. Faire la couverture médiatique des marches politiques, j’adore. Alors je me mets presqu’à genoux pour demander à faire ce travail risqué. Aly accepte de me laisser y aller. De toutes les façons, les autres n’aiment pas ce genre de reportage.

En Mauritanie : une famille accuse la police de l’assassinat de leur fils

[MAURITANIE] Une mort masquée ? L’accusation est lourde : bavure policière ayant entrainée la mort. Selon la famille du défunt, c’est un assassinat. Enterré les personnes sans autopsie : cette pratique est monnaie courante en Mauritanie. Ne sachant pas les causes du décès, chacun peut donner libre cours à son imagination.

Belgique : des frontières trop ouvertes à la menace terroriste

[Par Mortaza BEHBOUDI]

Le jour même des attentats terroristes à Bruxelles les frontières du pays n’étaient pas fermées.

©policebelge.com

©policebelge.com

 

Le 22 mars, jour-même des attentats vers 17h, nous pouvions encore facilement aller de la France à la Belgique, sans aucun contrôle d’identité. Après une série d’attaques terroristes dans la capitale belge, Bruxelles, la Gare du Nord de Paris est elle-même passée un peu  plus tard dans un mode de sécurité renforcé et  tous les trains ont été annulés.

Il y a eu beaucoup de policiers à la Gare du Nord, mais il n’y a pas eu d’inspection des bagages. Nous avons pris le train de Paris pour aller à Lille et nous sommes entrés par la suite en Belgique, et ce via la ville de Roubaix et grâce aux transports publics. Nous sommes enfin arrivés au dernier arrêt de bus – à la gare belge de Mouscron.

Et ce sans vérification des documents ni d’inspection des bagages.

Notre voyage nous a montré que le terrorisme est une réelle menace en Europe, comme nous l’avons vu ici, tant les frontières ne sont pas contrôlées.

Les Congolais divisés en politique, unis par le ballon rond

[Par Jean MATI]

La sélection nationale congolaise de football a été sacrée, dimanche 7 février, championne d’Afrique, après sa victoire 3-0 en finale contre le Mali, de la 4e édition de CHAN (Championnat d’Afrique des Nations) 2016 qui vient de se terminer au Rwanda.

Déjà vainqueurs de la première édition qui s’est déroulée en 2009 en Côte d’Ivoire, les Congolais viennent d’inscrire à nouveau leur nom dans le palmarès du football africain. Avec deux trophées remportés en sept ans, la RDC devient ainsi la nation la plus titrée du Chan, cette compétition réservée essentiellement aux joueurs évoluant sur le Continent africain. Des scènes de liesses et de jubilation de tout le peuple congolais ont été observées à travers l’étendue de la République. La consécration des fauves congolais arrive au moment où le pays est en proie des débats politiques houleux. Prochainement, la République démocratique du Congo, devra normalement organiser les élections. Et le président sortant au pouvoir depuis 2001, Joseph Kabila dont le mandat s’achève cette année, n’a pas le droit de se représenter selon la Constitution qui prévoit deux mandats.

(Source: CYRIL NDEGEYA / AFP)

(Source: CYRIL NDEGEYA / AFP)

Si la victoire a pu faire la joie de toutes les factions politiques de la RDC, comme on a pu le remarquer sur les réseaux sociaux, où tant les politiciens de la majorité présidentielle mais aussi des opposants politiques postaient des messages de soutien aux footballeurs congolais, trop vite, les discordances sont apparues. La récupération politique est devenue monnaie courante en période d’élections. Les résultats sportifs influant beaucoup la population. Il faut se rappeler qu’après la victoire de la RDC en quart de finale contre le Rwanda, une partie du public congolais avait réclamé le départ du Président Kabila, tout en lui rappelant la fin prochaine de son mandat. Par contre, lors de la victoire des Congolais en demi-finale, contre la Guinée, une scène similaire s’est reproduite, mais cette fois-ci avec les deux camps, celui de l’opposition et de la majorité présidentielle.

Kabila Wumela vs Kabila Oyebela

Deux concepts ont été lancés : « Oyebela » (sois prévenu, fais attention, en lingala) par l’opposition, cette dernière avertit les dirigeants que leur main-mise sur le pouvoir est bientôt terminée. Par contre, les autorités parlent plutôt de « Wumela »  (Demeurer, rester) ». Ils réitèrent leur soutien au Chef de l’État. Pour eux, le Président en exercice peut rester éternellement au pouvoir tant qu’il fait des bonnes choses.

Émeutes à Kinshasa en janvier 2015 (Source: Papy Mulongo/AFP)

Émeutes à Kinshasa en janvier 2015
(Source: Papy Mulongo/AFP)

Les manifestations qui ont suivi la victoire de la RDC en finale, le week-end dernier, ont occasionné une série de bavures des hommes en uniforme. Durant les évènements ceux qui scandaient des slogans hostiles au pouvoir en place, ont été arrêtés. Le général de la police, Célestin Kanyama, qui a évoqué les mesures de « l’Ordre Public » a pu justifier longuement les arrestations arbitraires à l’antenne de la Télé nationale Congolaise. Curieusement, à la fin de son intervention, il s’est fait même applaudir par le journaliste ! Un beau moment d’intégrité journalistique, toutefois, il ne faut pas perdre l’information essentielle de vue : félicitations aux Léopards de la RDC.