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La révolution syrienne vue par la chaîne Russia Today ou la nouvelle lutte de l’information

Avec plus de 1.400.000 vues, c’est la vidéo star de la chaîne YouTube du média russe. Pour la version allemande, c’est près de 1.800.000 et c’est plus de 4.500.000 pour la vidéo postée sur la page Facebook « In the NOW » qui appartient, sans que ce soit explicitement indiqué, à la rédaction de Russia Today. L’image est forte, le propos cinglant, le décor officiel onusien couronne le tout: « La jeune journaliste indépendante qui remet en cause un confrère mainstream ». En 3 minutes 30, elle y dénonce la propagande occidentale, la corruption de l’organisation de Défense Civile Syrienne et l’inexistence de source fiable. Pourtant la journaliste, Eva Bartlett, n’est pas tant indépendante que le précise le sous-titre, le décor siglé ONU, pas vraiment officiel, et le propos plutôt mensongé comme le décrypte le journal Libération.

Médias occidentalistes contre médias russes

La guerre civile syrienne trouve ses origines début 2011, dans le sillage des révolutions arabe du Maghreb. Dès 2012, la Russie offre un appuie logistique à son allié syrien. En septembre 2015, Vladimir Poutine annonce répondre à la demande de soutien militaire du chef d’État syrien. Au moins 5.000 soldats sont déployés ainsi que plusieurs sociétés militaires. Les bombardements débutent à la fin du mois sur les groupes djihadistes et rebelles.

RT recrute alors pour couvrir le conflit de nombreux indépendants qui partagent un point de vue pro-russe, voir pro-Bashar el-Assad. Toujours critique de l’ingérence occidentale, ainsi que son idéologie envahissante, la chaîne prend alors un angle souverainiste pour ‘expliquer’ les exactions du régime de Bashar el-Assad.

Plus problématique encore, les reportages entretiennent une confusion constante – et contraire à toute déontologie – entre les groupes salafistes djihadistes et les groupes rebelles de l’Armée syrienne libre.

Syrie : confessions d’enfants qui n’ont rien connu d’autre que la guerre


« Les combattants de Liwa al-Quds, c’est ce qui ressemble le plus à une famille pour Jamil. » Lizzie Phelan, reporter de Russia Today.


Le 13 décembre 2016, les rebelles de l’armée syrienne libre déposaient les armes à Alep. Ils avaient jusqu’alors tenu la ville face aux forces royalistes, tandis que dans les campagnes alentours, le régime faisaient également face au groupe État islamique.

Dans un reportage pour RT à Alep, trois jours plus tard, la journaliste britannique Lizzie Phelan accompagne une chabiha, une milice pro-gouvernementale, qui sauve des enfants de « la guerre » (La quoi ? Révolution ? Non, connais pas.)

On retrouve tout du long la rhétorique des civils utilisés comme bouclier humain et la journaliste entretien la confusion en parlant des « terroristes » pour nommer les groupes rebelles.

La bataille d’Alep a fait plus de 21.500 morts selon l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH). en grande partie à cause des frappes menées par le régime syrien et la Russie. Celles-ci ont parfois visé intentionnellement les populations civiles d’Alep – comme ceux-là mêmes interviewés dans le reportage de RT – avec l’utilisation d’armes chimiques, de barils explosifs largués par hélicoptère et d’armes à sous-munitions comme révélé par erreur dans un reportage de RT.

Dans une interview pour le New York Times en janvier 2012, la reporter de guerre de RT et de l’agence iranienne Press TV, Lizzie Phelan défend sa vision d’un journalisme souverainiste:

« Je me sens davantage en paix avec moi-même en travaillant pour le média d’un pays qui se défend d’une agression extérieur que pour un autre dont l’idéologie impérialiste justifie d’elle même le fait d’être imposé partout dans le monde et par tous les moyens nécessaires. (…) Le rôle de ces médias mainstream, BBC, France 24, Al Arabiya, Al Jazeera, est de créer un récit qui justifie une intervention en Syrie, en Libye. »

« Je pensais aller à Homs mais j’ai dû renoncer car c’était trop dangereux pour moi suite aux attaques de journalistes par la prétendu Armée syrienne libre. » explique la journaliste de RT, faisant allusion à la mort du cameraman Gilles Jacquier le même mois dans des circonstances incertaines. Mais un mois après, ce sont deux journalistes occidentaux (Marie Colvin et Rémi Ochlik) qui couvraient le conflit du côté des rebelles de Homs qui étaient tués, cette fois-ci directement visé par les forces du régime.

À l’ère de la post-vérité, l’objectivité n’a plus de sens et les massacres ne sont que des opinions

Une autre cible récurrente de la chaîne RT est la Défense civile syrienne ou Casques blancs accusés de tous les maux : enlèvement d’enfants, manipulations, voir même d’actes terroristes.

Cette organisation humanitaire est présente depuis le début du conflit au côté des groupes révolutionnaires. 4.000 volontaires sont présent dans l’ensemble du pays pour évacuer des décombres les victimes et prodiguer les premiers soins.

Très présente sur les réseaux sociaux, l’organisation syrienne a reçu dès 2013 un soutien financier des États-Unis et de l’Europe, et un appui logistique de l’ONG Britannique Mayday Rescue. Les installations des Casques blancs souvent ciblées par les frappes russes et loyalistes, c’est plus de 260 volontaires qui ont perdu la vie depuis le début du conflit. Les bombardements visant les zones rebelles sont souvent doublés pour atteindre, quelques minutes après la première salve, les secouristes occupés dans les décombres.

Recherge YouTube "Casques blancs" : Revoilà Lizzie Phelan qui nous ''réinforme'' cette fois-ci sur les Casques blancs

Le 7 avril 2018 à Douma, la chaîne RT prétend que les 3 bonbonnes de gaz chloré, qui ont fait près d’une centaine de victimes civiles avérées, ont été déposés par les rebelles. Mais très vite les images des bonbonnes cabossées par la chute, voir passées à travers un plafond pour l’une, contredisent cette version.

Le fait que les bonbonnes ait été larguées incrimine directement le régime qui a le contrôle total, avec les forces russes, du ciel syrien. Quelques jours après, une vidéo montrant la frénésie dans un hôpital de Douma a été reprise par le média russe qui sous entend une manipulation de la Défense civile syrienne .

Pourtant aucun casque blanc n’apparaît pas dans la vidéo originale, et pour cause celui-ci est complétement indépendant de l’organisation. On peut trouver comme source première de cette vidéo le groupe Facebook Douma.Revolution et la chaîne YouTube du potentiel auteur de la vidéo.

« Toute l’information selon des sources contradictoires »

Robert Fisk sur Russia Today (Capture d’écran, 2012)

Dans les journalistes cités par RT France sur cette attaque on retrouve également le grand reporter britannique Robert Fisk (The Independent) qui couvre le conflit syrien en compagnie des forces russes et syriennes.

Mais depuis le début du conflit, Fisk fait l’objet de nombreuses critiques de ses confrères pour ses positions pro-Bashar. Le site Conspiracy Watch affirme que Fisk a « quasiment perdu toute crédibilité auprès de la communauté des grands reporters, et plus généralement de la presse occidentale ».

Sur l’attaque chimique de Douma du 7 avril, le journaliste a rapporté le témoignage d’un médecin qui contredit la version occidentale et remet la faute sur un casque blanc qui aurait provoqué volontairement la vague de panique. Par la suite, Fisk a été très critiqué, car le médecin cité n’était pas présent ce jour là et il n’aurait pas pris la peine, pourtant présent dans les premiers à Douma, de rencontrer les médecins de garde ce jour là.

Et finalement, si c’était plutôt la Russie qui essaierait grâce à ses médias de justifier son intervention en Syrie ? Non, à la MDJ on ne tombera pas dans le complotisme…​

Derrière la propagande pour les régimes syriens et russes diffusée par la chaîne, il est surtout reproché à RT une couverture inégale du conflit, ignorant la réalité de la révolution syrienne.

Le 23 novembre 2018 à Kafranbel, le journaliste et militant révolutionnaire Raed Fares, sous la menace constante des groupes djihadistes, était abattu en pleine rue par un commando de trois hommes armés. Tandis que les médias occidentaux traiteront l’information en rendant hommage à l’homme et son combat pour la révolution, RT et l’ensemble des médias russes n’en diront pas un mot.

Derrière cette guerre de l’information et les intérêts géopolitiques de chacun dans la région, la couverture de RT du conflit syrien a pourtant un effet bien réel. En ajoutant à une situation chaotique la chape de plomb d’une désinformation propagandiste, RT permet d’abord et avant tout de cacher les crimes de guerre et assassinats politiques d’un boucher de Damas.

« Osez questionner » – Slogan de la chaîne RT

Lancée en 2005 en langue anglaise sous le nom RT International, au départ basé à Moscou , la chaîne internationale russe, Russia Today s’est rapidement déclinée en arabe et en espagnol et a ouvert des bureaux internationaux.

La branche française de RT est lancée en décembre 2017 et fait face très tôt à une opposition ferme du gouvernement français.

Le Syndicat national des journalistes dénonce dans un communiqué le 12 juillet 2018, la fermeté de l’État envers la chaîne qui s’est fait interdir pendant la campagne présidentiel l’entrée de tous les meeting du partie présidentiel En Marche, puis perdait ses accréditations à la salle de presse de l’Élysée en mai 2018.

Malgré un format d’actualité en continue (BFM TV, C News), RT revendique une ligne éditoriale très critique des démocraties libérales  et des médias occidentaux. La chaîne a trouvé dans le mouvement des Gilets jaunes un nouvel écho pour sa liberté d’opinion, sa ligne souverainiste et son opposition au gouvernement français.

Elle réalise son record d’audience le 8 janvier 2019 avec 763.000 visiteurs uniques.

Fin 2018, RT compte une cinquantaine de journalistes et prévoit à terme une rédaction permanente de 150 employés.

Critique du film « Le Procès: L’Etat de Russie vs Oleg Sentsov »

[FILM] Le Procès c’est l’histoire d’une cinéaste originaire de Crimée qui s’appele Oleg Sentsov, un directeur qui est devenu célèbre après la sortie en 2012 de son film Gamer. Il a aussi travaillé comme un activiste pendant le mouvement de protestation ukrainien appelé « Euromaidan. » Le mouvement était contre l’annexion russe de la Crimée. Le gouvernement russe l’a arrêté et retenu pour les activités te

Informer dans un environnement hostile

[Par Hicham MANSOURI]

Comment informer dans des pays totalitaires avec des dérives autoritaires et des dirigeants autocrates ? Tel a été le sujet traité, dimanche dernier, dans le cadre de l’évènement « Le Monde Festival ». Les directeurs et rédacteurs en chefs de trois journaux (Russie, Pologne et Algérie) ont apporté leurs témoignages et points de vue dans une rencontre animée par Sylvie Kauffmann, éditorialiste et ancienne directrice de la rédaction du Monde.

Sylvie Kauffmann, Jaroslaw Kurski, Evguenia Albats et Omar Belhouchet Crédits photo : Lisa Viola Rossi

Sylvie Kauffmann, Jaroslaw Kurski, Yevguenia Albats et Omar Belhouchet
Crédits : Lisa Viola Rossi

Quelles sont les conditions de travail dans vos pays ?

L'hebdomadaire Gazeta Wyborcza Source : nexto.pl

L’hebdomadaire Gazeta Wyborcza
Source : nexto.pl

Jaroslaw Kurski, directeur de Gazeta Wyborcza en Pologne

« En Pologne, les médias publics ont été transformés en outil de la propagande »

En Pologne, il n’existe pas une réelle séparation des pouvoirs. Il n’y a que le pouvoir exécutif. Les médias publics ont été transformés en outil de la propagande. C’est le ministre du Trésor qui désigne les chefs de la télévision publique. En décembre dernier, 50 journalistes ont été virés. Les outils de répression contre l’opposition sont les renseignements et les médias publics. On peut filmer un opposant et diffuser ses images dans la télévision. Il est accusé par les médias avant d’être accusé par la justice.

Yevgenia Albats, rédactrice en chef de l’hebdomadaire indépendant Novoye Vremya en Russie

« Poutine a besoin d’informations pour éviter les erreurs du passé »

Je suis rédactrice en chef d’un magazine qui avait été créé par Staline en 1943 comme outil de propagande du régime communiste puis pour le KGB. A partir de 2007, nos anciens propriétaires ont totalement remodelé le magazine pour devenir  assez similaire à Newsweek. Ce n’est pas facile en Russie.  Il y a une semaine,  je suis allée interviewer l’un des plus anciens politiques. Je lui ai demandé « pourquoi vous ne parlez qu’à des journalistes que vous payez ?».  Il m’a répondu « car  vous représentez un magazine ennemi ! ». C’est la première fois, depuis la chute de l’Union soviétique, qu’on me dit une chose pareille !

J’ai vécu l’époque soviétique,  je sais que les choses étaient pires. Il ne reste que deux magazines indépendants, une chaîne de télé indépendante et une station radio. Le reste est détenu par le pouvoir ou par les sociétés de l’État.

La démocratie a besoin d’informations et d’analyses pour éviter les erreurs de la bureaucratie soviétique. Poutine en a aussi besoin pour éviter les erreurs du passé.

Omar Belhouchet, directeur du journal algérien El Watan

El Watan a été créé par un groupe de journalistes en 1990. Jusqu’à cette date,  il n’y avait que les journaux de l’État. Nous sortions de l’Union soviétique et du Parti unique. Les deux premières années ont été magnifiques. On a proposé aux lecteurs un autre journalisme en s’inspirant de l’expérience du journal Le Monde. Malheureusement, les choses ont tourné rapidement au drame. Avec la victoire du FIS (Front Islamique du Salut), plus de 100 journalistes ont été tués. C’était le plus grand nombre d’assassinats au monde. Après chaque enterrement, on faisait le serment de continuer.  On dit aux islamistes : on continue de travailler. Se battre pour vivre et contre le pouvoir. On est entre le marteau et l’enclume. Entre les islamistes et les militaires. On avait une vie semi-clandestine car il fallait changer d’appartement et de voiture. Mais tout cela a forgé en nous une résistance. La résistance au pouvoir et aux islamistes. Nous vivons aujourd’hui un véritable enfer avec la bureaucratie de l’État qui veut museler le journalisme et empêcher les points de vue divergents. Le pouvoir a compris que jeter en prison des journalistes est contre-productif, surtout avec l’appui de l’opinion publique et la presse internationale.  Aujourd’hui, il joue sur les questions économiques et financières. On a eu près de 200 procès. L’objectif c’est que les journalistes passent beaucoup de temps dans les tribunaux pour se fatiguer et surtout pour se décourager. Avec Al Khabar, notre journal est privé de la publicité publique et institutionnelle qui est monopolisée par l’Etat. Depuis 1994, le pouvoir a osé franchir le pas en interdisant aux entreprises publiques, via les menaces du fisc, d’acheter des espaces publicitaires dans ces deux journaux. Il y a une guerre continue menée contre les médias libres qui veulent proposer un journalisme de qualité.

Comment faites-vous pour informer dans ces contraintes tout en évitant les sanctions ? Faites-vous de l’autocensure spontanée?

Le journal indépendant Novoye Vremya Source : 4imn.com

Le journal indépendant Novoye Vremya
Source : 4imn.com

Yevgenia Albats : Je ne crois pas aux lignes rouges. Jamais, jamais ! Il y avait beaucoup de censure à l’époque soviétique. J’ai maintenant 58 ans.  Il serait mieux pour moi de quitter le domaine du journalisme et d’aller enseigner. Il y a quelque chose qui est important à connaitre pour un journaliste d’investigation. Vous devez prendre une décision très simple : vous ne serez jamais riche dans votre vie. Vos amis vont arrêter de vous appeler. Mais les gens dans la rue vont vous reconnaître. Je ne vois pas comment un journalisme de qualité peut exister avec des lignes rouges. En début d’année, on a publié un dessin de Poutine où il dit “je n’ai pas d’argent”. On a reçu un avertissement d’un agent. Chaque semaine, même chaque seconde,  je ne comprends pas comment je reste encore en vie. Une amie journaliste a été assassinée. Chaque vendredi je me dis “ c’est super,  j’ai publié un autre journal”.

Pour la publicité en Russie, même les entreprises privées vous privent de la publicité car elles craignent que le Kremlin les soupçonne de soutenir l’opposition.

Omar Belhouchet : Il n’y a pas de lignes rouges à El Watan. Plusieurs journalistes ont été assassinés par les islamistes. On a donc une responsabilité lourde. Les autorités ne nous aiment pas car on dépasse ces lignes rouges, comme sur la santé du président par exemple (rires). On a fait campagne contre un prochain mandat du président. Le régime a fait appel à un expert, qui a passé 10 ans au Maroc pour étudier comment le Makhzen a cassé les grands journaux, afin d’appliquer cela en Algérie. La police politique doit disparaître. Nos agents ont été formés au KGB. [En s’adressant à Yevgenia  Albats]. Chez vous, à cause de vous (rires). A cause de la politique économique on risque de devenir comme le Venezuela. Nous importons tout car cela permet une surfacturation et une corruption. Le niveau d’importation est exagéré : 10 millions de dollars par an. Nous importons du matériel soviétique qui est parfois obsolète.

La force de notre journal est ce que les journalistes ont fait sur le terrain à l’époque où ça allait mal. Je fais allusion au terrorisme. Les femmes journalistes sont très courageuses. 2 à 4 sur 5 ont été volontaires à cette époque pour aller sur le terrain.

Les débats à la rédaction sont très houleux. Trancher c’est écouter tout le monde.

Jaroslaw Kurski : On a déjà annoncé la nationalisation des médias en imposant un seuil de capital minimum.

La censure est surtout financière. On va vous étouffer financièrement. Depuis octobre on assiste à une chute des ventes de publicité.  Mais chez la presse de la droite, elle a augmenté à 200 % !

Comment faites-vous pour survivre financièrement?

Le quotidien El Watan Source : journal-algerien.com

Le quotidien El Watan
Source : journal-algerien.com

Omar Belhouchet : Nous avons appliqué un programme de restriction au sein de l’entreprise. On achète du papier à moindre qualité. Nous survivons également grâce au soutien de nos lecteurs. Le prix du journal à augmenté sans que cela n’affecte le nombre de lecteurs. Nous vendons chaque jour près de 130. 000 exemplaires.

Quel est votre lectorat ?

Omar Belhouchet : Notre journal est considéré comme un journal élitiste. On a fait le choix de faire un journal sérieux. Nos lecteurs sont des enseignants, des médecins, des ingénieurs…

Yevgenia  Albats : Nos meilleures ventes sont à l’extérieur de Moscou où habitent les bureaucrates. Ce sont des personnes plutôt aisées. Ils comprennent que les affaires ne peuvent pas trop espérer en contrôle direct.