Décryptage politique: comprendre la situation brésilienne à la veille du 1er tour

Le 1er septembre 2018, la candidature de l’ancien Président du Brésil, Luiz Inacio Lula, est invalidée. Le 6 septembre, Jair Bolsonaro, candidat d’extrême droite est victime d’une attaque en public et opéré d’urgence. Le premier tour des élections présidentielle se déroulera le 7 octobre prochain et mille questions flottent encore sur la situation et le déroulement de ces élections.

Aux côtés de l’Argentine, le Brésil fait parti des plus influents pays du Cône Sud (pays marqués par une influence européenne en Amérique latine). Les enjeux des élections présidentielles brésiliennes ne concernent donc pas seulement les locaux mais bien la scène diplomatique internationale. Pays bastion de la corruption politique, la voix du peuple n’y est que peu entendue. Dégoutés des gouvernements successifs, c’est bien la haine de Lula qui dope des candidats « fantoches » comme Jair Bolsonaro et installe un climat de violence au sein même de la campagne présidentielle.

Avec l’aide d’Hervé Théry, géographe, spécialiste du Brésil basé à Sao Paulo et auteur du livre « LeBrésil, pays Emergé » chez Armand Colin, décryptage des circonvolutions de cette campagne présidentielle.

Le président du Brésil Lula accompagné du président français Jacques Chirac et du président américain Bill Clinton à l’ONU.

Une démocratie brésilienne forgée par la dictature : 1964 – 1985

Pour comprendre le rapport entre le peuple et la classe politique brésilienne, il est nécessaire de revenir sur les 21 ans de dictature militaire subie par le Brésil entre 1964 et 1985. Le 31 mars 1964, Castelo Branco, chef de la junte, renverse la deuxième République de Joao Goulart. Castelo Branco est bien connu du peuple et grand allié de Washington puisqu’il se fait la main aux côtés de l’armée américaine lors de la campagne d’Italie (Seconde Guerre Mondiale).

Pour prendre le pouvoir, il prétexte une menace communiste sous l’influence de Cuba, mais c’est en réalité une mise au pas de la classe politique vis-à-vis de la puissance militaire. Sous couvert de la doctrine de sécurité nationale, Castelo Branco fait régner un régime marqué par la formule d’une « révolution rédemptrice ».

Si le nombre de morts officiels évalué pendant la dictature ne dépasse pas les 500, les prisons sont pleines. Les tortures font légion sous des noms désormais bien connus, comme celui de l’ancienne présidente du Brésil, Dilma Rousseff, emprisonnée entre 1970 et 1972. A cette pratique, s’ajoute l’exil forcé que la diaspora situe aux alentours de 10 000 personnes.

Si les mouvements d’opposition sont réduits au silence, la révolte étudiante gronde. Le général Ernesto Geisel, Président de cette dictature entre 1974 et 1979, lance un projet de libéralisation politique, prévoyant un retour à la démocratie.

Après lui, Joao Baptista de Oliveira Figueiredo sera le dernier président-militaire. Celui-ci approuve la loi d’amnistie et laisse place aux différents partis politique dont le dernier né: le Parti des Travailleurs – PT -. Le mouvement « Diretas Jà! » – « Des élections directes maintenant » – prend de l’ampleur et en janvier 1985, le Collège électoral élit le député Tancredo Neves comme nouveau président de la République. C’est la fin de la dictature.

Depuis 1985, une relation de défiance et d’attentes

Les brésiliens n’ont eu de cesse de se battre pour leurs droits face à une classe politique écrasante. Les scandales poursuivant les anciens présidents Lula (1er janvier 2003 – 1er janvier 2011) et Rousseff (1er janvier 2011 – 31 août 2016) n’ont fait que gangrener le sentiment de trahison ressenti par une grande partie de la population brésilienne.

En effet, Lula est aujourd’hui victime d’une loi qu’il a lui-même créé: la « ficha limpa ». Celle-ci avait été mise en place à la demande du peuple et « imposée » à la classe politique. Cette loi, littéralement « fiche propre » en français, affirme que tout homme corrompu (casier non vierge) devra être écarté de la vie politique. L’invalidation de la candidature de Lula aux élections présidentielle de cet automne est donc une continuité logique de cette législation.

Lula, la dernière cause du Parti des Travailleurs

Il y a de plus en plus de membres du Parti des Travailleurs – PT – en prison tout simplement car ils étaient au pouvoir. « Lula avait compris le fonctionnement : il fallait acheter les petits partis du centre pour gravir les échelons. Ces partis sont appelés des partis physiologistes, c’est-à-dire corrompus. Mais beaucoup de gens de la droite se sont aussi fait prendre la main dans le sac. »

A ce jour, Lula n’est pas autorisé à recevoir réellement les journalistes, du moins pas en tant que chef du Parti des travailleurs – PT – , mais simplement en tant que prisonnier. Pour Hervé Théry, le PT a comme dernier cheval de bataille l’idée qu’il faut « libérer Lula, c’est un prisonnier politique persécuté ».

« Le parti ne peut pas défendre le bilan de Lula. Ils sont contre la presse ‘bourgeoise’ et parle d’un grand complot, disant que la droite, les élites et la globo font une campagne contre Lula. Je ne pense pas qu’ils en veuillent à la presse en générale, plutôt à la presse économique et de droit ». Selon lui, « Le PT a vraiment besoin d’une cause à défendre et celle-ci s’incarne dans la figure du grand homme bafoué ».

Fernando Haddad, l’héritier du Parti des Travailleurs

Ministre de l’Éducation de 2005 à 2012, sous la présidence de Lula puis de Dilma Roussef, Fernando Haddad met en œuvre une politique de démocratisation des universités, dont l’accès était auparavant largement réservées aux classes aisées. L’attribution massive de bourses aux étudiants permet aux enfants des classes moyennes inférieures et, dans une moindre mesure, à ceux des classes très pauvres, d’entamer des études supérieures.

Entre 2012 et 2016, il devient maire de Sao Paulo. Pour cette élection présidentielle, Fernando Haddad représentera le Parti des Travailleurs – PT – et devra porter le difficile héritage de son parti.

Le candidat controversé Jair Bolsonaro

Candidat bercé par le spectre de la droite, Jair Bolsonaro est victime début septembre d’une attaque au couteau. Toujours vivant, son nom demeure dans les urnes (système d’urnes électroniques) et il est donc toujours un candidat légitime à l’élection présidentielle.

« Il y a un coté martyr qui peut lui servir. Mais il y a aussi cet aspect: il a tellement prêché la violence dans ses discours que ça lui retombe dessus. Je pense que ces deux opinions circulent en ce moment mais je ne peux pas dire laquelle est prédominante. »

Est-il un candidat d’extrême droite? « On ne peut pas parler d’extrême droite, on parle de Bolsonaro. Il n’a pas de parti derrière lui, il en a changé au moins dix fois. Il n’y a que cet homme qui défend des idées si extrêmes que même la droite radicale n’oserait pas embrasser: il est homophobe, raciste, anti-féministe… Ce ne sont même pas des idées, ce sont des foucades. »

Le parallèle entre la candidature de Bolsonaro et la montée du populisme en Europe n’est pas absurde. On parle alors de dégagisme. « Il y a des transferts de vote PT – Bolsonaro comme il y a eu des transferts de vote PC – FN en France. »

La place de la violence dans la campagne politique brésilienne

« C’est un pays très violent, mais bizarrement, pas en politique. C’est pour ça que l’attaque contre Bolsonaro a été un tel choc. Il n’y avait jamais eu le moindre incident durant une campagne malgré les 60 000 décès par assassinat chaque année. Ce fait est en réalité une rupture. On avait déjà entendu parler de coups de feu contre la caravane de Lula a l’époque, mais jamais une réelle attaque. C’est pour ça que chacun, d’un bout à l’autre du spectre politique, a dénoncé cette attaque. »

Sans la candidature de Lula, vers qui les intentions de vote vont-elles se replier?

« Marina Silva (candidate écologiste- féministe-évangéliste et intellectuelle) est favorite apparemment. Les gens qui avaient élu Lula la première fois, ont un profil qui lui ressemble. » Marina Silva est une ex-membre du Parti des travailleurs – PT – , elle est élue sénatrice avant de devenir ministre de l’Environnement de 2003 à 2008.

Le 8 octobre suite au résultat du scrutin, Fernando Haddad l’ombre de Lula, garde la tête sous l’eau. Avec un score de 29,24%, c’est une humiliation évitée pour le candidat du PT. L’ancien maire de Sao Paulo et ministre de l’éducation, sous la présidence de son mentor, apparait comme le dernier, mais fragile, rempart contre Jair Bolsonaro. En effet, le candidat Jair Bolsonaro recueille 46,06% des voix. Mais la bataille du second tour reste incertaine selon les médias.

EN SAVOIR PLUS SUR CE THÈME

Guinée – Kit de la répression avant les élections, par Alpha Condé

Pour briguer un troisième mandat présidentiel, le président guinéen en exercice Alpha Condé a lancé un référendum. Il aura lieu le 1er mars 2020, en même temps que les élections législatives. Une partie de la population est opposée au référendum.

En campagne pour la nouvelle constitution à Faranah, localité située dans la région de la Haute Guinée fief du parti au pouvoir, le président Alpha Condé a donné des «instructions» dit-on pour la «sécurisation des bureaux de vote».

Alpha Condé se préparer à l’affrontement pour faire passer son référendum

En lieu et place des forces de sécurité, le président demande à des jeunes gens de s’attaquer aux opposants. Cette campagne pour le référendum a déjà endeuillé le pays avec une trentaine de jeunes tués depuis octobre 2019.

«Le jour du vote, faîtes tout pour que chaque bureau de vote soit sécurisé par 10 jeunes. Quiconque veut saccager les urnes le jour de l’élection, frappez-le» a ordonné Alpha Condé il y a quelques jours, devant des milliers de partisans.

Alors que le président se doit d’assurer la sécurité de l’ensemble de la population, ces propos sont indignes.

2 jours plus tard à Kankan, il a réitéré ses menaces, «quiconque veut saccager un bureau de vote occupez-vous de lui». Alpha Condé multiplie ses propos incendiaires, de va-t’en guerre depuis belle lurette.

Le 22 mars 2019 au siège de son parti à Conakry, Alpha Condé avait déjà demandé à ses militants de se préparer à l’affrontement. Des propos qui risquent de plonger la Guinée dans le chaos et la guerre civile.

Comment rendre crédible ce référendum sans l’OIF et la COFEL ?

Pendant ce temps, l’OIF (Organisation Internationale de la Francophonie) suspend sa participation au processus électoral contesté du 1er mars.

Qu’est-ce que l’OIF ?

300 millions de locuteurs, répartis sur les cinq continents, parlent français.

L’Organisation internationale de la francophonie dit OIF est un dispositif institutionnel voué à promouvoir le français et à mettre en œuvre une coopération politique, éducative, économique et culturelle au sein des 88 Etats et gouvernements qui ont signé la charte sur la francophonie de l’OIF.

Ce dispositif est fixé par la Charte de la Francophonie, adoptée en 1997.

L’OIF a pour missions de :

  • Promouvoir la langue française et la diversité culturelle et linguistique
  • Promouvoir la paix, la démocratie et les droits de l’Homme
  • Appuyer l’éducation, la formation, l’enseignement supérieur et la recherche
  • Développer la coopération économique au service du développement durable

L’organisation internationale de la francophonie justifie sa suspension en évoquant la divergence  avec le pouvoir sur la question du fichier électoral.

«Sur le constat de ces insuffisances qui persistent, et qui ont été particulièrement signalées à la Commission électorale lors de la récente remise du rapport de mission, il sera difficile pour l’OIF de continuer à soutenir le processus électoral en Guinée, tant qu’un consensus sur le nombre d’électeurs ne sera pas négocié par toutes les parties prenantes nationales», a déclaré l’organisation dans un communiqué publié ce lundi matin. Source RFI.

En plus de l’OIF, la COFEL (Coalition des Femmes Leaders de Guinée), se retire aussi du dispositif d’observation des élections. Leur courrier a été adressé au NDI, ce mardi 25 février 2020 par la présidente de la COFEL, Fatou Baldé Yansané.

Qu’est ce que la COFEL ?

La Coalition des femmes leaders de Guinée est une ONG nationale qui a la volonté de donner aux femmes leur place en tant qu’acteurs de développement dans le monde, il s’avère important pour les femmes et les jeunes filles d’être solidaires entre elles afin de constituer une force incontournable en vue d’assurer leurs responsabilités et de participer pleinement au processus de développement.

C’est ainsi qu’un groupe de Jeunes Femmes Leaders se sont mises ensemble pour créer un réseau professionnel dynamique et innovateur favorisant l’esprit d’entraide et de solidarité, d’échange et de partage.

https://www.youtube.com/watch?time_continue=1&v=0BtUF52NiGo&feature=emb_logo

Dans ce courrier, la COFEL a énuméré plusieurs raisons ayant motivé sa décision de retrait de ce dispositif d’observation des élections. 

Couvre-feu et réquisition pour mieux préparer ce référendum

Dans le but d’imposer une nouvelle constitution aux guinéens, avec ou sans l’appui des organes internationales et nationales pouvant crédibiliser une élection, Alpha condé use de tous les moyens illégaux pour arriver à son projet de troisième mandat. Au menu des guinéens: couvre-feu et réquisition de l’armée pour sécuriser les élections du 1er mars.

Selon le site de nos confrères de La Guinée 224 le couvre-feu  sera instauré du 28 février au 3 mars 2020. Le communiqué de presse précise que toutes les unités de l’armée de terre resteront en alerte.

Ce couvre-feu est instauré pour sécuriser les élections selon la même source. D’autres instructions concernant le contrôle systématique et la fouille effective des véhicules et des passagers au niveau des frontières terrestres sont aussi à noter. Selon le site Guinematin.com (au moment où nous publions cet article le site est inaccessible), dans un communiqué publié ce mardi 25 février 2020, le chef d’État-major de l’Armée de Terre a confirmé que toutes les unités de l’armée de terre sont en alerte à partir de ce jour.

Il a invité les 4 régions militaires de l’intérieur du pays à organiser des patrouilles nuit et jour, du 28 février au 3 mars prochain. Les militaires sont appelés également à être disponibles pour renforcer la sécurité des bureaux de vote le 1er mars 2020, au besoin. 

Ce mardi 24 février, le FNDC, porteur des aspirations démocratiques du Peuple de Guinée, décide de ne plus reconnaître Alpha Condé comme Président de la République de Guinée et demande son départ immédiat et sans conditions du pouvoir. Lisez plutôt sa déclaration ci dessous.

DÉCLARATION N°69 du FNDC

La Guinée entame une semaine cruciale de son Histoire. Monsieur Alpha Condé est en passe de perpétrer son coup d’Etat constitutionnel en dépit de la désapprobation du peuple de Guinée et des multiples interventions des autorités morales et religieuses, des leaders d’opinion et de la communauté internationale.

Ayant noté que tous les sacrifices consentis par le Peuple de Guinée (assassinats, emprisonnement, kidnapping) ainsi que toutes les démarches engagées pour convaincre Monsieur Alpha Condé d’abandonner son projet de troisième mandat, ont toutes échoué ;

  • Considérant le Coup d’Etat civil en cours depuis le 19 décembre 2019 et qui est maquillé sous le label de ‘’référendum’’ ; 
  • Considérant le parjure dont M. Alpha CONDÉ s’est rendu coupable en violant son serment de respecter et de faire respecter la Constitution ;
  • Considérant le refus de M. Alpha Condé de mettre en place la Haute Cour de justice qui aurait pu le juger pour haute trahison ;

Le FNDC, porteur des aspirations démocratiques du Peuple de Guinée, décide de ne plus reconnaître M. Alpha CONDÉ comme Président de la République de Guinée et demande son départ immédiat et sans conditions du pouvoir.

Par conséquent, le FNDC :

  • Appelle toutes les guinéennes et tous les guinéens à sortir massivement à partir de ce jeudi 27 février pour empêcher par tous les moyens légaux le putsch constitutionnel de M. Alpha CONDE;
  • Invite tous les citoyens à user de la légitime défense pour résister, conformément à l’article 21, alinéa 4 de la Constitution, aux milices que M. Alpha Condé tente de constituer pour perpétrer son coup d’Etat constitutionnel ;
  • Appelle tous les citoyens guinéens civils et militaires à se mobiliser pour déjouer le coup d’Etat constitutionnel en cours ;  
  • Exhorte ses antennes dans les préfectures, les sous-préfectures, les communes, les quartiers et districts ainsi que toutes ses organisations membres et leurs démembrements sur l’ensemble du territoire à redoubler d’engagement pour éviter le recul démocratique; 
  • Met en garde les représentants des institutions de la République et les administrateurs territoriaux quant aux conséquences de leur collaboration directe ou indirecte avec ceux qui ont trahi la Constitution, la République et la souveraineté nationale ;     
  • Appelle l’Armée nationale à demeurer républicaine et à cesser de protéger un seul Guinéen, M. Alpha Condé contre tout le Peuple de Guinée.

Par ailleurs, le FNDC :

  • Invite la CEDEAO et l’UA au respect de leurs propres principes sur la gouvernance démocratique, notamment en ce qui concerne les coups d’Etat, car qu’il soit militaire ou civil, un Coup d’Etat équivaut à un Coup d’Etat ;
  • Félicite et remercie les députés européens pour leur courageuse prise de position et demande à la Commission de l’UE de prendre des sanctions concrètes contre le régime dictatorial et sanguinaire de M. Alpha Condé ;
  • Appelle la CEDEAO, l’UA et le Conseil de sécurité des Nations Unies à prendre des sanctions collectives et individuelles contre les promoteurs du coup d’Etat constitutionnel ainsi que les auteurs et commanditaires des répressions sanglantes et crimes contre l’humanité en Guinée ;

La lutte de longue haleine entreprise par le Peuple souverain de Guinée épris de paix et de justice, ne s’arrêtera pas au 1er mars et continuera jusqu’au départ de M. Alpha Condé.

Ensemble unis et solidaires, nous vaincrons !

Conakry, le 24 février 2020

Jeudi 27 février 2020, c’est au tour de la CEDEAO, la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest.

Une mission de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest,  dit aussi Cédéao, pilotée par plusieurs chefs d’État de l’organisation devait se rendre en Guinée ce vendredi. Selon deux sources haut placées, la Cédéao, présidée par le chef d’État nigérien, Mahamadou Issoufou, envisageait d’envoyer ce vendredi une délégation en Guinée, à quelques jours des élections législatives et du référendum pour une nouvelle Constitution. La mission de haut niveau aurait dû regrouper quatre présidents : le Nigérian Muhammadu Buhari, le Ghanéen Nana Akufo Ado, le Burkinabè Roch Christian Kaboré et le Nigérien et dirigeant en exercice de l’institution régionale, Mahamadou Issoufou. Selon les informations de RFI, le président guinéen Alpha Condé aurait été approché par la Cédéao, mais le chef d’État a opposé une fin de non recevoir à la délégation.

La mission a donc été avortée. Cela faisait plusieurs jours que la Cédéao menait de démarches pour tenter de résoudre la crise en Guinée. Une situation qui agace certains, et qui en inquiète beaucoup d’autres.

Le scrutin réunissant le référendum et les élections municipales en Guinée aura lieu le dimanche 1er mars 2020 et les résultats sont attendus vers le 3 mars. 

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Elections Européennes : L’influence des fakes news dans la confiance des jeunes envers la politique

Les fakes news et les théories du complot participent à la défiance des jeunes envers la politique mais celles-ci arrivent parfois à être réfutées. À J-3 des élections Européennes, l’abstention risque d’être importante selon les derniers sondages. Les institutions luttent pour que les Français aillent voter en connaissant la réalité de ce qu’est l’Europe et non en se basant sur des idées fausses.

Les chiffres parlent d’eux-mêmes: dans son dernier sondage pour Paris Match, Cnews et Sud-radio, Ifop-fiducial affirme que plus des 3/4, soit 77% des jeunes électeurs (18-25ans), prévoient de s’abstenir pour les élections Européennes.

En 2014 ils étaient 74% à ne pas avoir voté contre 71% en 2009. Mais pourquoi de plus en plus de jeunes ne se rendent plus aux urnes ?

Selon l’Ifop c’est « principalement pour des raisons liées au pessimisme sur la capacité de cette élection à changer les choses ou par manque d’identification à l’offre politique actuelle ».

« 77% des jeunes électeurs prévoient de s’abstenir »

Jérome, représentant de la maison de l’Europe à Paris forme et informe sur la citoyenneté Européenne. Il organise des ateliers pédagogiques avec des adultes et des projets pédagogiques en partenariat avec des écoles pour toucher les plus jeunes. Il affirme que « les jeunes sont un peu perdus et savent qu’il y a des théories du complot, des fakes news. Mais ils ont du mal à savoir qui est quoi. C’est ce qu’(il) ressort de (son) expérience avec les jeunes, notamment les jeunes de banlieue. »

Toujours selon l’Ifop, 69% des jeunes électeurs se sentent mal informés sur l’Union Européenne. 17% se sentent même très mal informés précisément sur les actions de l’Union Européenne. Cependant, il existe des moyens pour réfuter et lutter contre ces fakes news ou ces théories du complot. En réponse à cette désinformation, pour les élections Européennes a été remis en avant le site les décodeurs de l’Europe lancé fin 2016 par la représentation de la Commission européenne en France.

La construction européenne fait selon elle l’objet de toute sorte d’idées fausses qui alimentent les fakes news. La volonté première de ce site est alors de permettre aux électeurs d’exprimer un vote «en connaissance de cause» en se basant sur la réalité et non sur des fakes news.

« C’est difficile pour eux de faire confiance »

Jérome nous confie aussi que les jeunes « ne connaissent pas les décodeurs de l’Europe et même quand (il) leur en parle c’est difficile pour eux de faire confiance à une institution que ce soit à l’échelle européenne nationale ou locale, peu importe ils ont du mal à faire confiance à une institution« .

Seulement 9% des français déclarent avoir confiance envers les partis politique nous apprenait le 10e baromètre annuel de la confiance du Centre d’étude de la vie politique (Cevipof) réalisé par l’institut OpinionWay et publié en Janvier dernier. Les fakes news et les croyances en des théories du complot participent en partie à augmenter cette défiance envers les institutions et les acteurs de la vie démocratique, qui n’a jamais atteint ce niveau.

« Les grandes rédactions s’attachent aussi à lutter contre les fakes news » 

Rudy Reichstadt, directeur de conspiracy Watch nous indique que de leur côté, les grandes rédactions s’attachent aussi à lutter contre les fakes news et théories du complot grâce à des cellules dédiées.

Il existe entre autre les décodeurs du monde, afp factuel ou encore fact check Eu. Fact Check Eu réunit 19 médias européens. Ils vérifient les fakes news liées aux élections européennes. Le Monde, 20 minutes, l’AFP et Libération en font parti notamment pour la partie française.

Rudy Reichstadt ajoute que les moyens pour lutter contre les fakes news ou les théories du complot sont « nécessaire mais pas suffisant. C’est important de répondre à cette propagande et ne pas laisser les Français sans élément pour contre argumenter donc ce travail est précieux ».

*Sondage Ifop: réalisé sur un échantillon de 1498 personnes représentatif de la population française âgée de 18 à 25 ans par questionnaire auto-administré en ligne du 15 au 24 avril 2019. La représentativité de l’échantillon a été assurée par la méthode des quotas (sexe, âge, profession).

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[POLITIQUE] L’accord signé, dimanche 11 novembre à Genève, par sept membres de l’opposition congolaise, n’a pas résisté aux sirènes de l’ego. Il visait à désigner un candidat commun, en vue d’affronter le camp du président sortant Kabila aux prochaines élections, le 23 décembre prochain. Aussitôt signé aussitôt désavoué par deux d’entre eux. En moins de de 24 heures.

L’ombre de Laurent Gbagbo plane toujours sur la Côte d’Ivoire

[ELECTION] Ce bicéphalisme au sommet de l’Etat va se terminer par une guerre dans le pays. Deux camps s’affrontent, les rebelles restés fidèles a Alassane Ouattara et les forces de défenses et de sécurité rangées derrière le Président sortant Laurent Gbagbo. Après plus de 4 mois de conflits armés, Laurent Gbagbo est capturé dans son bunker, situé dans sa résidence.

L’opposition en République Démocratique du Congo se consolide avant les élections présidentielles

[ELECTION RDC] À l’approche de la date fatidique du 23 Décembre 2018, les acteurs politiques s’engagent à mouiller leurs chemises, pour non seulement les élections crédibles, mais également pour l’unité de l’opposition. Absent de la dernière rencontre de l’opposition à Bruxelles car empêché par la rédaction de son projet de société, c’est le jeudi 26 Septembre que le candidat président de la République de l’Arc-En-Ciel du Congo Jean-Philibert MABAYA a rencontré le Président National du MLC, Jean-Pierre BEMBA.