Guiti News : une levée de fonds pour un média indépendant, collectif et collaboratif

Mortaza Behboudi compte parmi les 400 journalistes exilés qui sont passés par la MDJ. Aujourd’hui il ouvre un nouveau média, Guiti News, un média indépendant, collectif et collaboratif porté par des journalistes réfugié(e)s et des journalistes français(e)s. La levée de fonds se termine le 15 novembre.

Ce média associatif sera géré et administré par de jeunes journalistes français et journalistes réfugiés qui aujourd’hui peinent à s’insérer sur le marché du travail des médias, saturé.

Un équipe hétérogène avec des objectifs communs

La diversité des profils des personnes qui formeront la rédaction est l’une des nombreuses plus-values de ce journal en ligne. Il a pour ambition de faire travailler de jeunes journalistes français et des journalistes en exil sur des projets de reportages communs.

L’idée est de partager leurs compétences, leurs opinions, leurs regards sur l’actualité et de créer une forme de synergie à des fins d’information.

Des sujets variés

L’équipe à l’initiative du projet souhaite aborder chaque semaine des sujets de société sous des angles nouveaux et s’intéresser plus particulièrement à des groupes de population dont on parle moins dans la sphère médiatique : l’immigration par exemple peut être abordée à travers la parole et la plume des personnes qui ont été confrontées à ce changement de vie. Un même sujet de société peut donner lieu à des reportages différents et complémentaires qui seront réalisés par chacun des journalistes de l’équipe.

Le but de la rédaction est également d’inspirer le public avec des reportages de terrain qui s’intéresseront au quotidien de sociétés culturelles diverses.

Une démarche engagée et indépendante

Guiti News sera engagé dans une démarche d’animation d’activités d’éducation aux médias et de promotion de la liberté de la presse, thématiques chères à sa rédaction.

C’est un média qui se veut être le plus indépendant possible. Autrement dit : pas de publicité, un recours à des subventions considérées socialement responsables et un modèle économique qui repose sur ses lecteurs (un système d’abonnement est prévu à moyen-terme). Il nous semble essentiel d’être transparent et cohérent avec notre vision.

Guiti News, un nom porteur de sens

Le mot « Guiti » est un prénom perse qui signifie à la fois « Le monde » et « L’univers ». Pourquoi ce nom pour ce nouveau média ? Mortaza Behboudi nous l’explique en ces termes : « Nous venons des quatre coins du monde, notre équipe est composée à la fois de journalistes réfugiés et de journalistes français qui veulent valoriser un travail journalistique collectif et collaboratif. »

Grâce à l’association Singa et la fondation Human Safety Net, Guiti News a des locaux gratuits pendant un an. Mais aujourd’hui, la rédaction se lance dans cette aventure bénévolement ! Nous avons besoin de vous pour couvrir les frais du lancement du site, pour rémunérer correctement nos journalistes et collaborateurs, pour acquérir du matériel professionnel, pour couvrir tous les sujets à traiter sur notre société ! Voici le lien vers le crownfunding

EN SAVOIR PLUS SUR CE THÈME

Informer dans le monde arabe, à quel prix ? – Débat à l’Institut du Monde Arabe

[DÉBAT] La liberté a un prix, il faut le payer. Si on ne se bat pas, on n’obtient rien. Moi j’ai choisi de combattre et j’en paie le prix. Même en Occident c’est comme ça. Il faut se battre et c’est le choix que j’ai fait. Au Maroc, il y a une censure différente qu’en France, car en France, quand les médias sont contrôlés par quelques personnes qui ont des intérêts économiques, il y a aussi une censure. Pas de démocratie sans la liberté d’information. Pas de liberté d’information sans démocratie.

Presse au Maroc : de la censure à l’autocensure

[Liberté d’informer] Contrairement à l’image que le gouvernement marocain tente de promouvoir à l’étranger, la conquête de la liberté de la presse reste dans ce pays une bataille loin d’être gagnée. Une étude récente publiée dans l’Année du Maghreb (CNRS éditions) montre qu’il existe un fort décalage entre l’optimisme des autorités, qui affirment que le paysage médiatique marocain est libre et pluraliste, et les réalités observées sur le terrain par des organisations internationales telles que RSF, FH, Human Rights Watch ou Amnesty International.

Etat de la presse en Algérie : le témoignage de l’écrivain Boualem Sansal

[MEDIA] « En tant qu’intellectuel, je me sens le devoir de ne pas abandonner mon pays. L’Algérie a besoin de voix dissidante et d’intellectuels qui n’ont pas peur de dénoncer le manque de liberté de la presse dans le pays ». Il ne fait pas bon être journaliste en Algérie. Surtout si on critique le gouvernement. Ces dernières années, des centaines de journalistes algériens ont été emprisonnés à cause de leurs articles dans lesquels, d’une manière ou d’une autre, ils dénoncent le gouvernement dictatorial de Bouteflika.

(C) Denis Perrin

Conversation de bistrot : « Méfiez-vous des amalgames et ne tombez pas dans la marmelade ! »

[BILLET D’HUMEUR] Tous les médias dans un même bocal, donc, avec une étagère de cuisine pour unique horizon. Ça c’est fait. Et les journalistes, pour leur part, on les transforme en croquettes ou en fruits confits ? Serait-ce bon pour votre régime (dans tous les sens du terme, hmmmm ?).