Journée internationale de la fin de l’impunité pour les crimes commis contre des journalistes

A l’occasion de la « Journée internationale de la fin de l’impunité pour les crimes commis contre des journalistes » qui a eu lieu ce vendredi 2 novembre, la MDJ fait le point sur les derniers chiffres concernant ces crimes contre les journalistes.

Ces 12 dernières années, l’UNESCO a enregistré dans le monde, 1 010 meurtres, dont 115 seulement ont été suivis d’une procédure judiciaire qui a abouti à la condamnation d’un ou plusieurs auteurs.

Les journalistes d’investigation surexposés

Plusieurs éléments peuvent attirer notre attention comme le nombre de journalistes tués en dehors des zones de conflit armé. Ainsi, la majorité des meurtres commis en 2017 contre des journalistes (55 %) ont été recensés dans des pays qui ne sont pas en conflit.

Un pays en paix serait moins sûr qu’un pays en guerre pour le métier de journaliste ? Oui, si les journalistes travaillent sur des sujets liés à la corruption, au trafic et aux affaires politiques comme Daphné Caruana Galizia. Conformément aux observations formulées les années précédentes, les victimes sont très majoritairement des journalistes travaillant pour des médias locaux.

Autre observation : les journalistes de télévision sont plus ciblés que les autres médias, puisqu’en 2017, ils ont représenté près de la moitié des victimes (45%).

Arrive-t-on à retrouver les coupables ?

Lorsqu’un journaliste est tué, la résolution du crime est rare, à hauteur de seulement 11%. Tandis que pour 35% des cas, soit 355 meurtres de journalistes sur la période de 2006 à 2017, les états concernés n’ont jamais fourni d’informations sur le suivi judiciaire.

Les 54 % restant sont des procédures judiciaires toujours en cours ou dont l’affaire a été classée ou non résolue.

Le nombre de journalistes tués

En 2016 et 2017, l’UNESCO a recensé 182 meurtres de journalistes dans le monde, le chiffre le plus bas depuis 2011. Cependant, cette tendance ne semble pas se confirmer en 2018, puisque 80 meurtres de journalistes ont déjà été recensés le 9 octobre 2018.

Si les hommes sont plus touchés que les femmes, de plus en plus de journalistes femmes sont victimes de ces assassinats.

Le meurtre de journalistes, forme ultime de censure, n’est que la pointe d’un iceberg d’agressions qui vont d’agressions physiques non létales, enlèvements, détentions illégales, menaces, harcèlement hors ligne et en ligne jusqu’à des représailles contre des membres de la famille, sans oublier la diffamation.

Le renforcement de la sécurité des journalistes dans le monde et la lutte contre l’impunité des crimes commis contre des journalistes restent donc des questions clés qu’il faut traiter dans le cadre d’un effort concerté de toutes les parties concernées.

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