Affaire Laurent Gbagbo : terrorisme juridique à la Haye

Le 30  novembre 2011 lorsque sous l’activisme de Luis Moreno Ocampo, premier procureur de la CPI – Cour Pénale Internationale -, le pouvoir Ouattara transfère Laurent Gbagbo à la Haye, tous croient que le destin de cet homme est plié. Huit ans plus tard, il est blanchi de tous les crimes imputés. Mais coup de théâtre ! Il est toujours maintenu en détention après son acquittement total. Retour sur une harassante procédure judiciaire qui se termine par une prise d’otage de la CPI sur des personnes innocentes.

16 janvier 2019, 14h30 en temps universel (15h30 aux Pays-Bas), c’est l’heure de la fin du baroud d’honneur du substitut McDonald pour empêcher Laurent Gbagbo et son dernier ministre de la jeunesse Charles Blé Goudé de sortir de prison. La veille, la cour de première instance dans sa majorité a prononcé l’acquittement total avec libération immédiate des prévenus. Le juge italien Cuno Tarfusser confirme donc le verdict. La galerie du public remplie des partisans des deux leaders explose de joie.

Gbagbo : inocenté, libéré puis remis en prison

Les deux ex-prisonniers sont alors transférés de la CPI en attendant les formalités du greffe pour une sortie définitive de prison. Il est prévu qu’ils dorment à l’hôtel pour leur premier jour de liberté. Une commande de repas est faite, ils sont entourés de leurs avocats et de quelques proches. C’est le moment des pauses photos avec des visages resplendissants de joie.

Coup de tonnerre vers 20h, une information est transmise aux avocats.

Le procureur a fait appel de la décision de la chambre de première instance et les juges de la cour d’appel sans doute sortis de leurs obligations familiales demandent le retour en cellule des prévenus en attendant de statuer sur la requête du procureur qui sans véritablement rejeté l’acquittement de Gbagbo et de Blé Goudé demande à ce qu’ils ne regagnent pas la Côte d’Ivoire dans l’attente d’un éventuel procès en appel.

Les deux prévenus sont reconduits en cellule et y sont maintenus par une décision de la cour d’appel qui statuera sur la requête du procureur le 1er février 2019. Les observateurs et même les plus farouches détracteurs de Gbagbo tombent des nues. De l’histoire de la justice mondiale, il n’y a jamais eu de cas de figure pareil.

Une personne acquittée est empêchée de retrouver sa liberté et interdite de retrouver son pays. D’éminents juristes et défenseurs des droits se perdent en conjectures face à ce déni de justice, cette prise d’otages qui ne dit pas son nom. Il est désormais certain que la CPI  est le problème dans la résolution définitive de la crise ivoirienne.

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EN SAVOIR PLUS SUR CE THÈME

Hommage à Bernard Dadié, le « Victor Hugo d’Afrique », lors du 12ème prix Ivoire

Le Prix Ivoire est destiné à récompenser chaque année un auteur d’Afrique ou de la diaspora africaine qui représente la littérature africaine d’expression Francophone.

Le lancement de la 12ème édition du Prix Ivoire s’est tenu le mercredi 27 mars 2019, à la Librairie de France d’Abidjan. Isabelle Kassi-Fofana, présidente de l’Association Akwaba Culture, (association éditrice), promotrice de l’événement a annoncé dans son intervention, que cette édition sera consacrée à Bernard Binlin Dadié, l’un des pionniers de la littérature Africaine et père de la littérature ivoirienne, décédé le samedi 9 mars dernier, à 103 ans.
Personnage aux nombreux talents artistiques, Bernard Binlin Dadié fut poète, romancier, homme de théâtre, mais aussi homme politique et ministre de la Culture sous Houphouët-Boigny. Proche du Front populaire ivoirien, il avait pris fait et cause pour Laurent Gbagbo alors que celui-ci était incarcéré depuis 2011 au centre de détention de la CPI, à La Haye aux Pays-Bas.
 

Bernard Binlin Dadié, le « Victor Hugo » d’Afrique

L’auteur de Climbié et d’autres opus devenus des classiques de la littérature africaine, fut le premier écrivain africain dont on a célébré le centenaire de son vivant.

La particularité de Bernard Dadié est d’avoir pratiqué tous les genres, de la poésie à l’essai, en passant par la fiction, le théâtre et le conte. Il avait tout inventé. L’homme avait coutume de collectionner les premières places.

Climbié, son roman sans doute le plus connu, publié en 1956, est le premier ouvrage de fiction ivoirien. Avec sa pièce Les Villes, jouée à Abidjan en avril 1934, Dadié a donné la toute première pièce de théâtre du corpus dramatique de l’Afrique francophone.

Enfin, last but not least, il fut le premier et le seul à remporter deux fois le grand prix littéraire de l’Afrique noire, la première fois en 1965 avec son roman Patron de New York, et la deuxième fois en 1968 avec un autre roman La Ville où nul ne meurt.

Photographie avec Bernard Billin Dadié (entouré de rouge) dans les années trente.

L’autre trait marquant de l’œuvre de Bernard Dadié, c’est son refus de la « négritude » comme source d’inspiration, tranchant ainsi avec l’idéologie chère aux grands Africains de à sa génération et à Aimé Césaire, l’un des écrivains noirs les plus connus de son époque.

Pour Bernard Dadié, écrit Nicole Vinciléoni, spécialiste de la littérature ivoirienne, « L’Afrique est un vécu et non une nostalgie. C’est donc avec un cœur trop africain pour avoir à clamer son africanité qu’il regarde le monde… »

Un hommage lors du Prix Ivoire soutenu par les artistes africains et d’ailleurs

Cette tribune sera donc un cadre pour les hommes de lettres, des arts et de culture de la Côte d’Ivoire et du monde, pour rendre hommage à l’illustre disparu. Déjà, au cours de ce lancement, de nombreuses personnalités du monde de la culture avaient effectuée le déplacement pour marquer leur soutien à Akwaba Culture.
 
La directrice générale de l’Unesco, Irina Bokova avait dit de lui en 2016, c’est  »un pionnier et un géant de la littérature africaine », avant de lui remettre le 1er Prix Jaime Torrès Bodet. 

Isabelle Kassi-Fofana, présidente de l’Association Akwaba Culture

Zoom sur le prix Ivoire 

Pour ce qui est du Prix Ivoire pour la littérature africaine d’expression Francophone, il est destiné à récompenser chaque année un auteur d’Afrique ou de la diaspora africaine.
 
Les participations sont ouvertes depuis ce jour (27 mars), jusqu’au 10 juillet 2019. Sont en compétition, les ouvrages de littérature-en dehors de la littérature pour enfants et de jeunesse-publiés en langue française, du 1er janvier 2018, au 30 juin 2019.
 
Les candidatures sont déposées par les écrivains ou les maisons d’éditions en cinq exemplaires au plus tard le 10 juillet 2019. Le prix sera décerné le 10 novembre 2019 à Abidjan.
 
Le lauréat recevra à cette occasion, un trophée et montant de 3000 euros, soit 2.000.000 francs Cfa. Et en prime, une invitation au Salon du livre de Genève, partenaire de cette manifestation.
 
Le jury du Prix Ivoire est composé d’amis du livre et d’éminents critiques littéraires, avec à leur tête Werewere Liking, chorégraphe, dramaturge, romancière, Prix Noma 2005.
 
Le 1er Prix de l »édition 2018 a été décerné à Armand Gauz, pour son oeuvre,  »Camarade papa ». En ce qui concerne Bernard Bilin Dadié, voici tous les liens vers sa bibliographie en cliquant sur ce lien
Et ci-dessous, une interview proposée par 100% Afrique TV de Bernard Billin Badié :

La comédienne Adrienne Koutouan phénoménale !

C’est avec des fous rires, presque sans pause qu’Adrienne Koutouan a tenu en haleine une heure et demi durant ses fans venus nombreux pour ses 30 ans de carrière, le samedi 30 mars 2018, au palais de culture d’Abidjan.

La comédienne a aligné plusieurs sketchs inspirés de l’immigration, l’emploi des jeunes, les relations sociales entre les hommes, dans une ambiance humoristique.

A cette occasion, elle était accompagnée sur scène par ses pairs, au nombre desquels, Thérèze Gbazé, Decothey, Gbizié Zoumana, Adama Dahico, Oméga David, Zoumana…

La go Rosalie (personnage qu’elle a joué dans l’un des épisodes de la série satirique Faut pas fâcher), comme aime l’appeler ses fans, a, en présence de nombreux invités dont la diva Aïcha Koné, relevé le défi en jouant dans une salle comble, séduite par la satire et l’autodérision qu’on lui connaît.

Rappelons que ses 30 ans de carrière ont été marquées par de nombreuses prestations, interprétations et productions.

Elle détient plusieurs prix notamment celui de la meilleure actrice de Côte d’Ivoire en 1985, meilleure interprétation féminine au Festival de Namur en (Belgique) en 1998, meilleure interprétation féminine Festival M-Net à Johannesburg en 1999, meilleure comédienne Afrique et Afrique de l’ouest à Pabbah au Nigéria en 2002.

Adrienne Koutouan a aussi assuré des rôles avec maestria en tant qu’actrice dans plusieurs films dont « Sida dans la cité 1&2″, » Wariko » de Fadiga Kramo-Lanciné, « Caramel » de Henri Duparc, « Danger permanent », « Faut pas fâcher » et  » Dr Boris ».

Une riche carrière qui lui a valu la médaille d’officier de l’ordre du mérite ivoirien qui lui a été remise au cours de cette même soirée. Le public est réparti satisfait de ce spectacle phénoménal, organisé par la structure Wendy&Co.

Côte d’Ivoire: le président Ouattara fait arrêter un opposant en exil au Ghana

Alassane Ouattara a fait arrêter l’un de ses farouches opposants, Damana Adia Pickass, le lundi 25 mars dernier en fin de matinée, à Accra, au Ghana. Le vice-président chargé de la politique de la jeunesse et du service civique du Front populaire ivoirien -FPI-, a été mis aux arrêts par Interpol Ghana dans les locaux du service de l’immigration, où il s’était rendu pour des démarches administratives.

Finalement ce fut une garde à vue de 24 heures. Mais à l’heure où le journaliste écrit cet article, nous ne connaissions pas la fin de cette interpellation. Entre arrestation sur un autre territoire et non application d’une ordonnance, l’affaire Damana Adia Pickass dévoile la face obscure du gouvernement ivoirien. 

« Pickass s’était déjà rendu au service de l’immigration pour régulariser ses documents administratifs. Et donc, ce lundi, il y est revenu pour le retrait de ses papiers. Une fois dans les locaux, trois policiers ghanéens l’ont accosté en lui demandant de les suivre.

Il a tout de suite demandé les motifs de cette interpellation. Ils ont répondu qu’ils exécutaient un mandat d’arrêt international lancé contre lui par la Côte d’Ivoire. Pickass a rétorqué qu’il ne se sentait pas concerné.

Car, une ordonnance portant amnistie avait été prise par les autorités ivoiriennes, mettant ainsi fin aux poursuites contre les prisonniers politiques et les exilés, liés aux événements de la crise post-électorale de 2010-2011.

Les policiers ghanéens ont dit qu’ils n’étaient pas informés de cette mesure et l’ont arrêté », a confié un proche de la famille, joint par téléphone.

Une mobilisation pour sauver cet opposant politique ivoirien

Informés, les membres de la Coordination FPI en exil avec à leur tête, l’ancien ministre ivoirien du budget, Justin Katinan Koné, se sont rendus immédiatement sur les lieux.

Dans un premier temps, pour lui apporter l’assistance du parti, ensuite s’enquérir de la situation.

Depuis, des actions sont menées aux niveau des autorités ghanéennes et ivoiriennes, mais aussi, dans les médias et particulièrement sur les réseaux sociaux en vue de la libération de l’ex-leader de la JFPI.

Qui est Damana Adia Pickass ?

Rappelons que Damana Adia Pickass était vice-président au titre du FPI à la Commission électorale indépendante -Cei- , lors des élections présidentielles de 2010. Et à ce titre, il s’était opposé à la divulgation des résultats jugés « non consolidés » par le porte parole de l’institution Bamba Yacouba devant les média nationaux et internationaux.

Cette démarche violait, toujours selon lui, le mode opératoire de la Cei. Ce qui lui a valu l’exil et les poursuites du gouvernement ivoirien.

Une ordonance d’amnistie non appliquée

Dans un souci d’apaisement, le chef de l’Etat ivoirien, a pris le 6 août 2018, l’ordonnance (n°2018-669 du 6 août 2018) pour amnistier 800 personnes poursuivies et condamnées pour des infractions en lien avec la crise post-électorale de 2010 ou des infractions contre la sûreté de l’Etat commises après le 21 mai 2011.

Le ministre ivoirien de la Justice et des Droits de l’Homme, Sansan Kambilé était devant les députés de la Commission des affaires générales et institutionnelles -CAGI-, à l’hémicycle pour leur soumettre ce projet portant ratification de cette ordonnance.

Après des débats houleux, le projet de ratification de cette ordonnance d’amnistie a été voté à main levée.

Sur les 26 députés présents à la session, 19 ont ratifié le texte de loi. Les membres du groupe parlementaires Pdci-Rda, au nombre de 7, se sont abstenus.

Mais visiblement, les mesures d’application de cette loi, n’ont pas suivi. Car les pays où les mandats d’arrêt ont été envoyés, n’ont toujours pas de notification de l’annulation des poursuites.

Cote d’Ivoire : l’Union européenne au secours de la concubine d’un ponte du régime

[VIOLENCE CONJUGALE] Année 1991. Le fringant nouveau douanier jette son dévolu sur la douce et frêle Awa Koné. Il venait à peine de sortir de l’école des douanes et vivait chez une tutrice à Williamsville, une commune du centre-nord d’Abidjan. Awa Koné quant à elle vivait chez son ainée, une transitaire habitant Yopougon, la célèbre banlieue proche d’Abidjan.

En Côte d’Ivoire, le président de l’Assemblée nationale démissionne et rejoint l’opposition

[POLITIQUE] Le divorce est désormais consommé entre l’ancien chef rebel Guillaume Soro et Alassane Ouattara, président Ivoirien. Guillaume Soro, 46 ans, a porté Alassane Ouattara au pouvoir. A présent, il n’est plus le président de l’Assemblé Nationale de Côte d’Ivoire.