RD Congo : « Vous avez vu le Venezuela. Ils se battent. Que personne ne vous trompe » M. Fayulu !

Martin Fayulu revendique toujours la victoire à l’éléction présidentielle du 30 décembre 2018. Autoproclamé « seul président légitime », il était en meeting à la place Sainte- Thérèse à N’djili. Face aux milliers de militants, il a appelé à la résistance.

« Vous avez vu le Venezuela. Ils se battent. Que personne ne vous trompe. Notre première force c’est le peuple. Beaucoup se sont sacrifiés ici (…). Certains ont fait cinq ou six mois à la recherche de la vérité des urnes » a dit Martin Fayulu.

Il a également adressé un message à la communauté internationale.

« Nous disons à la communauté internationale qu’il faut respecter la volonté du Congo. Et respecter la souveraineté du Congo, c’est respecté le vote du peuple congolais (…). Je dis à la communauté internationale de ne pas accepter le gouvernement nommé par Monsieur Kabila » a-t-il ajouté.

Il a ensuite demandé à l’Union africaine de ne pas reconnaître l’arrêt de la cour constitutionnelle sur les résultats de la présidentielle.

« L’Union africaine avait annoncé son arrivée à Kinshasa mais la cour constitutionnelle s’est précipitée. L’arrêt a été rendu sans attendre. La semaine prochaine, il y aura une réunion à Addis-Abeba. Nous demandons une fois de plus à l’Union africaine de ne pas tenir compte de l’arrêt de la cour constitutionnelle. Que personne ne vous trompe, la décision de la cour n’est pas la fin de l’histoire« .

Continuant son discours, Martin Fayulu a annoncé une tournée dans les toutes les provinces du pays pour porter le même message et mobiliser la population au sujet de la « vérité des urnes ».

D’après lui, une fois acquise, cette vérité des urnes devra compenser les efforts de différentes personnalités et des personnes qui ont contribué à ce combat. Notamment les journalistes congolais persécutés à cause de leur travail. Et tous ceux qui  ont lutté pour la démocratie.

« Respecter la souveraineté du Congo et la démocratie ; Étienne Tshisekedi a beaucoup lutté pour cet Etat de droit. Accepteriez vous que cette lutte soit vaine? » s’interoge-t-il devant ses militants qui répondent négativement tous à l’unisson.

Martin Fayulu appelle la population à la résistance pacifique contre ce qu’il qualifie de « Putsch électoral » de la CENI avec la complicité de la cour constitutionnelle. Ces deux instances ont confirmé Félix Tshisekedi vainqueur de la dernière présidentielle.

EN SAVOIR PLUS SUR CE THÈME

Guinée: le troisième mandat présidentiel, un virus contagieux en Afrique

Plusieurs présidents de pays africains souhaitent changer la Constitution Nationale de leur pays… pour briguer un troisième mandat présidentiel. L’exemple russe Poutine – Medvedev, repris en République Démocratique du Congo par le duo Kabila – Tshisekedi, ne fait pas d’émule en Afrique, au contraire.

En Guinée, le président Alpha Condé, pourtant opposant de longue date aux dictatures, se laisse lui aussi tenter par ce troisième mandat. Au risque d’embraser les foules déterminées à faire respecter la Constitution pacifiquement.


Comment un Alpha Condé, opposant historique qui dénonçait avec tant de vigueur ses prédécesseurs, peut-il se rabaisser à ce point alors qu’il a plus de 80 ans?


Dans son discours du jeudi 19 décembre 2019 à la télévision nationale R.T.G, le président Alpha Condé a expliqué aux guinéens qu’il soumettra à referendum le projet d’une nouvelle Constitution.

En effet, le ministre de la justice a déjà supervisé la nouvelle version de la Constitution. Et le texte a déjà été envoyé au président de l’Assemblée Nationale, puis à la Cour Constitutionnelle, qui selon le ministre de la justice, a rendu un avis favorable.

Comment un Alpha Condé, opposant historique qui dénonçait avec tant de vigueur ses prédécesseurs, peut-il se rabaisser à ce point alors qu’il a plus de 80 ans?

Les conséquences d’un troisième mandat en Guinée aura un écho en Afrique

Si le troisième mandat présidentiel passe en Guinée, il est certain que la Côte d’Ivoire et le Sénégal emboiteront le pas, car ils ont déjà des velléités allant dans ce sens.

En Côte d’Ivoire, la déclaration d’Alassane Ouattara est claire: il veut se représenter en 2020.

De même, le mandat d’arrêt émis contre son opposant politique Guillaume Soro est un autre exemple.


Le Président Alpha Condé associe la mascarade déguisée sous le label de «consultation». Mais ce n’était qu’une manœuvre dilatoire (processus tendant à gagner du temps) destinée à servir d’alibi pour légitimer le coup d’Etat Constitutionnel en Guinée.


Au Sénégal, le fils de l’ancien Président Karim Wade est toujours en exil. Sans oublier l’emprisonnement des opposants politiques du Président sénégalais Macki Sall.

Aujourd’hui, même libre, l’ancien maire de Dakar, Khalifa Sall, reste inéligible au regard de la loi sénégalaise.

Libre Parole au journaliste M.B Bah


« Nous dénonçons une injustice, nous défendons les droits constitutionnels… Conséquence, nous sommes parmi les plus opprimés.


En Guinée, tous les massacres qui ont eu lieu au cours des dernières années, ainsi que la plupart des conflits sanglants sont liés à des situations politiques et/ou ethniques.


Les victimes sont les mêmes depuis toujours, tandis que les détenteurs de forces publics sont les bourreaux.


Depuis 2010, une centaine de jeunes a été assassinée sans qu’aucune enquête ne soit diligentée.


Je m’intéresse aux Droits de l’Homme et l’indignation est grande.


Je suis toujours ému en regardant les archives historiques qui montrent quarante années de lutte. »

Bah M.B, journaliste guinéen en exil

Alpha Condé associe la mascarade déguisée sous le label de «consultation». Mais ce n’était qu’une manœuvre dilatoire (processus tendant à gagner du temps) destinée à servir d’alibi pour légitimer le coup d’Etat Constitutionnel en Guinée.

Le FND (Front National pour la Défense de la constitution) organise une marche le lundi 6 janvier 2020 et une série de marches continue à partir du 13 janvier. L’objectif est de protester contre le projet d’une nouvelle Constitution ainsi qu’un troisième mandat pour Alpha Condé.

L’opposition annonce son intention de boycotter et d’empêcher la tenue de l’élection législative prévue pour février 2020. Elle exige par exemple la fin des communales et communautaires par l’installation de chefs de quartiers et de districts.

Pour éviter de nouvelles violences, en prélude aux marches pacifiques appelées par le FNDC, il est important de protéger le droit de manifester pacifiquement.

Selon le site visionguinée.info, Alpha Condé interdit toutes les manifestations dans les zones minières. «Toute manifestation qui sera faite subira la rigueur de la loi.»

Cette interdiction annonce un climat tendu entre pouvoir, opposition et FNDC. Pourtant, manifester pacifiquement est un droit fondamental en Guinée : article 10 de la Constitution.

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RD Congo: notre maison brûle, Kabila et Tshisekedi s’en moquent

Quand notre maison brûle, c’est parmi ce qu’il y a de plus grave dans la vie. La RD Congo est en train de brûler. Et de se consumer. Demain, si les Congolais ne font attention, il n’en restera plus que d’amas de ruines fumants. Le grand feu a été mis sur ce domaine immensément riche, mais dont les propriétaires sont comme ensommeillés, le 24 décembre 2018.

C’était le jour fatal, au cours duquel Joseph Kabila, en plein jour, passait la torche de pyromanie à Félix Tshisekedi.


«Il y a une étrange satisfaction à toucher le fond du désespoir; l’excès du malheur procure une espèce de sécurité, havre de grâce pour l’âme naufragée qui n’ose plus croire.»

Julien Green


Une partie du peuple fanatisée, militants de l’UDPS (parti présidentiel), festoyait avec ses tripes. Ivre de la duperie dont elle était l’objet de la part de Kabila. L’autre partie, sans doute consciente de la dérive en cours, demeure à ce jour dans l’incompréhension.

Mais, depuis, on assiste à une division du peuple, en deux camps qui s’affrontent. Ils en sont aujourd’hui à l’usage du verbe et de quelques actions repréhensibles: injures, imprécations, brutalités de chiffonniers (jusqu’à brûler les effigies de Tshisekedi, par les kabilistes, et vice-versa).

Demain, que sait-on ?

Toutefois, l’hypothèse penche à y voir un engagement corps-à-corps, par paliers successifs, jusqu’à une guerre civile. La brèche est déjà largement ouverte, pour cette phase ultime.

C’est, il faut l’avouer, le plus grand fait d’arme, la plus grande œuvre d’intelligence machiavélique jamais réalisée par le «raïs» du Congo et ses affidés.

Contrairement au dictateur Mobutu, en dépit de tout, celui-ci effectua un chemin inverse: l’unité du peuple. Il faut lui en savoir grandement gré.

L’Afrique noire est-elle maudite?

Qui en douterait, alors que Kabila est le seul chef d’Etat africain -de la race de vipère-, à défier la logique triptyque de «trois E»: Emprisonnement, Exécution, Exil.

Tel n’est-il d’ailleurs pas l’héritage inaliénable des dictateurs?


L’année 2019 doit être considérée comme une année blanche. Presque sans gouvernement…


Mugabe du Zimbabwe l’a échappé belle, à cause sans doute de son passé glorieux, en qualité de père de l’indépendance de son pays. Tout comme, pour échapper à un des châtiments décrits ci-dessus, le «raïs» trouve encore son salut dans la division du peuple.

Certes, il existe l’autre versant de l’histoire, qui ne manque pas d’éclat. Il s’agit de ce que nous pourrions appeler le «Panthéon africain» -Mémorial imaginaire-, où resteront à jamais inscrits en lettres d’or les noms des héros, tels Nyerere (Tanzanie), Mandela (Afrique du Sud) ou Chissano (Mozambique)…

Y compris tous ces dignes fils du continent, fauchés à l’aube de leur vie politique qui promettait d’être magnifique, comme Lumumba (RD Congo), Cabral (Cap Vert) ou Sankara (Burkina Faso)…

De génération en génération ! Est-ce à cause de ce sang noble, versé innocemment par les méchants, que Serge Michailof et Alexis Bonnel ont pensé que le continent constituait de «dangereux chaudrons où bouillonnent misère et frustrations?»

Ils l’ont dit dans leur ouvrage intitulé «Notre maison brûle au sud».

Est-ce à cause de ce sang-là, encore une fois, que Moussa Konaté s’est résolu à écrire, sans fard, «L’Afrique noire est-elle maudite?»

Questions pertinentes s’il en est ! De fait, c’est comme s’il y avait malédiction quelque part.

Le cas de la RD Congo, à tout le moins, serait en train de l’illustrer. Avec un certain brio. Car, pendant que «leur maison est en train de brûler», les leaders politiques congolais, eux, se paient de mot et ne se préoccupent que de leur avenir pour les prochaines échéances électorales, prévues en 2023.

L’année 2019 doit être considérée comme une année blanche. Presque sans gouvernement… celui-ci n’ayant joué que le rôle de figurant depuis qu’il a été mis en place, du fait de la dualité toxique dont il est l’émanation: la coalition FCC-CACH.

C’est dans ce contexte désolant que nous voyons Tshisekedi sortir pour parler au peuple; Fayulu envisage son retour à Kinshasa, transporté triomphalement en chef coutumier, promettant d’annoncer une formule-panacée en cette fin décembre; Moïse Katumbi se voue à la création d’un parti prophétique susceptible d’amener la RD Congo en Terre promise, à l’instar de Moïse biblique…

Kabila dictera sa «réapparition», dans ses linceuls en haillons, obstiné à revivre coûte que coûte. Misérables!

Habari

Nouveau nerf sensible

Qu’a-t-il dit, Tshisekedi, vendredi 13 décembre? En réalité, rien de valable. Sous d’autres latitudes, le discours sur l’état de la Nation est un moment idyllique. C’est un moment de communion intense, où le chef communique à son peuple le «substrat» de la marche de la nation: ce qui a été fait, ce qui est en train de se faire et ce qui se fera. Concrètement. Pas en termes de campagne électorale.

Dans la situation singulière de la RD Congo, le peuple s’attendait à toucher du doigt un «nouveau nerf sensible» dans les propos du président de la République, propre à rompre avec le passé néfaste kabiliste et à impulser une nouvelle donne pour des lendemains meilleurs.

Les Congolais, en dépit du spectacle truculant dont on a voulu dédier à la circonstance, n’ont finalement eu droit qu’à une logorrhée, de presque trois heures. Une sorte de «marronnier», en langage journalistique, c’est-à-dire des choses simples, répétitives, que tout le monde connaît.

Où a-t-il jeté la question de Minembwe ?

Où a-t-il enfoui les pistes de la disparition des quinze millions de dollars, volés par son cabinet ?

Où a-t-il caché les restes du Tupolev et personnes qui s’y trouvaient ?

S’était-il justifié des accusations sur ses manigances avec Museveni, à propos de la dette que la RD Congo réclame à l’Ouganda, à titre de dommages sur le massacre que les troupes de ce dernier pays ont perpétré dans la ville de Kisangani ?

Avait-il oublié que les minerais dont il a longuement parlé sont entre les mains de Kabila ?

Voilà, la philosophie de malheur d’un président qui ne veut pas «fouiner»… Le peuple congolais n’est pas si bête qu’on le croit. Encore une fois, Tshisekedi a raté l’occasion de se disculper et, par ricochet, de redresser la barre. Il est dos au mur.

Les politiques congolais sont tous médiocres

Il en est de même de Fayulu, de Katumbi, de Bemba et compagnie. Ils n’ont d’yeux qu’à leurs propres intérêts. La bataille qu’ils engagent, pour les échéances qui se profilent en 2023, n’augure rien de bon, tant ils sont tous médiocres.


Nous sommes passés de l’image de la «maison qui brûle» à celle «du fond de l’eau».


Car, l’essentiel, pour le moment, était d’affaiblir Kabila et de neutraliser sa capacité de nuisance. Or, ce dernier, tel un phénix de la mythologie grecque, vient de renaître de ses cendres. Ce n’est point pour amuser la galerie. Il est en train de poursuivre un but: celui de récupérer son trône. A tout prix.

Nous ne cesserons de le répéter. Ceux qui voient la chose autrement se trompent. Alors, à quoi servent discours et mouvements de repositionnement auxquels nous assistons? Quelle est la part du peuple qui, aujourd’hui, a touché le fond, se trouvant au plus mal? Rien du tout.

Curieusement, il se tait. Tranquille. C’est comme s’il faut approuver cette pensée «terrible» de Julien Green qui dit: «Il y a une étrange satisfaction à toucher le fond du désespoir; l’excès du malheur procure une espèce de sécurité, havre de grâce pour l’âme naufragée qui n’ose plus croire.»

Nous sommes passés de l’image de la «maison qui brûle» à celle «du fond de l’eau». Sans solution apparente pour le peuple congolais. Dommage ! C’est, en parallèle, tout le sens d’un faux anniversaire, 24 décembre 2019, sur lequel nous avons volontairement mis un black-out. Puisqu’il n’en est pas un.

 Par Jean-Jules Lema Landu, journaliste congolais, réfugié en France

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RD Congo: une radio attaquée et fermée par la police

Au Bas-Uele, la « Radio Liberté Buta » a été attaquée par la police en pleine nuit avant d’être fermée.  Journaliste en danger JED et l’Observatoire des médias congolais OMEC, dénonce vigoureusement l’incursion nocturne d’un groupe de policiers dans les installations d’une station de radio, la confiscation de ses matériels de diffusion ainsi que l’arrestation d’un régisseur d’antenne trouvé sur place.

Selon nos informations, la « Radio Liberté Buta » dans la province de Bas-Uele située dans le nord de la République Démocratique du Congo, une station proche du Mouvement de Libération du Congo MLC de Jean-Pierre Bemba, un des leaders de l’opposition, a été attaquée, la nuit du jeudi 28 novembre 2019 vers 22 heures. 

Actualisation du 11/12/2019 – Message de RSF sur la situation du journaliste Junior Supa


Une intervention disproportionnée de la police congolaise

Selon nos éléments, il s’agit du Groupe Mobile d’intervention de la Police Nationale Congolaise dont le but était de procéder à l’arrestation de M. Gilbert Monkoto, Vice-Président de l’Assemblée provinciale du Bas- Uele. 

M. Gilbert Monkoto intervenait dans une émission consacrée, notamment à la gestion de l’Assemblée provinciale du Bas- Uele.

Ne l’ayant pas trouvé dans les locaux de ce média, la police a intimé l’ordre à Junior Supa, journaliste-technicien, trouvé sur les lieux, d’interrompre cette émission qui était diffusée en différé.

L’arrestation et l’emprisonnement illégitime d’un journaliste

Ensuite, ils ont emporté tous le matériel de diffusion et ont procédé à l’arrestation de Junior Supa. Conduit au quartier général de la police où il a passé la nuit, le journaliste a été transféré dès le matin à la prison centrale du Bas-Uele où il est encore détenu en toute illégalité.

Le lendemain, vendredi 29 novembre, le parquet général du Bas-Uele a mis sous scellée la radio Liberté de Buta.

Dans la foulée, un mandat de comparution a été émis contre M. Jules Kasikila, directeur de ce média. Par peur des représailles et craignant pour sa sécurité, Jules Kasikila est contraint de vivre dans la clandestinité.

Une fermeture de média abusive

Sans entrer dans le fond de l’affaire, le JED trouve absurde toutes les poursuites engagées contre les journalistes de ce média qui n’ont commis aucune infraction en diffusant cette émission.

Le JED exige, par conséquent, la libération sans condition du journaliste détenu, la cessation des poursuites judiciaires contre le directeur de cette station de radio ainsi que la reprise, sans délais, des activités de la Radio Liberté Buta.

Les autorités de la République Démocratique du Congo devraient prendre des mesures immédiates pour garantir aux citoyens l’accès aux diffusions des médias alors que le pays attend avec ferveur et inquiétude les élections.

RD Congo: Kabila est-il le dindon de la farce ?

Dans l’un de nos nombreux articles consacrés au capharnaüm politique qu’est la RD Congo, nous le disions clairement: «Entre Kabila et Tshisekedi, il y a un dindon de la farce». Cette expression métaphorique, dotée d’une pointe d’humour, signifie «se faire duper, se faire rouler…». Elle prend corps avec force, surtout, dans le cas de l’accord passé entre deux personnes.

Il s’agit ici en l’espèce du «deal» conclu entre Kabila et Tshisekedi.

Ce jour-là, après certainement des longs entretiens pour évaluer les avantages de l’un et de l’autre, les deux interlocuteurs ont conclu leur accord (verbal ou écrit, peu importe) sur le partage du pouvoir.

Voici, grosso-modo, les termes de l’accord: Tshisekedi, président de la République, devant marcher uniquement sur les tapis rouges à l’extérieur, et Kabila, vrai maître des horloges, devant rester caché…

Malheureusement, il ne l’a fait que sous un voile très transparent. Il ne pouvait en être autrement pour ce dernier dont le pouvoir est l’unique raison de la vie. Qu’est-ce qui s’était réellement passé au moment précis du paraphe? Kabila se disait certainement: «Je l’ai eu, ce nigaud. Je les avais tous eus pour le poste de Premier ministre». Pour sa part, Tshisekedi se frottait les mains en se disant: «Je l’ai eu, ce petit ‘Rwandais’. En tant que Président de la République, je finirai par l’étouffer».

C’est le scénario classique dans un marché de dupes. Chacun croyant avoir trompé l’autre, alors qu’en fin de compte, il y a toujours entre les deux un «dindon de la farce».

Il y a en cela la logique qui veut qu’il y ait un perdant et un gagnant. On ne peut gagner à la fois tous les deux, tout comme on ne peut perdre à la fois tous les deux. Même en foot, il n’y a pas véritablement de match nul. Il y a toujours un gagnant, ne serait-ce qu’en termes du nombre de corners réalisés ou à travers le temps de la possession du ballon…

«Nous allons fouiner…»

Fabien Kusuanika de Télé Tshangu, émettant à partir de Belgique, n’a eu de cesse de proclamer que «le temps est le meilleur allié de la vérité». Il en a fait son credo. Nous voici arrivés au moment que tout le monde attendait de pied ferme, parce que tout le monde savait qu’il en serait ainsi. Parce que tout le monde, du moins toux ceux qui avaient fait un effort pour épouser l’impartialité (neuf dixième du peuple congolais), savait que le deal Kabila-Tshisekedi devait connaître une fin météorique.

Au fond, on attendait que la vérité éclate. Celle-ci a été brutalement jetée sur la place publique. Plus besoin de chercher le bout de papier sur lequel on trouverait les paraphes des deux signataires.

Car, un camp a dit, publiquement: «Nous allons fouiner… (sous-entendu, dans les crimes de sang et économiques que vous avez commis pendant vingt-deux ans de règne dictatorial)».

L’autre a rétorqué, publiquement: «Nous allons fouiner à la CENI et à la Cour Constitutionnelle… (sous-entendu, vous n’avez pas gagné les élections, nous vous avons plutôt ‘nommé’ au poste de Président de la République)».

Les choses ne pouvaient pas être plus claires. La Cour Constitutionnelle devrait normalement se saisir de cette affaire, qui a tous les accents d’une haute trahison.

Mais, en attendant, qui de Kabila et de Tshisekedi dans ce jeu de cache-cache est le dindon de la farce ?

«A malin, malin et demi», Tshisekedi l’a été, en ayant réussi à briser le rêve de Kabila, qui croyait dur comme fer que la formule russe «Poutine-Medvedev» passerait au Congo comme une lettre à la poste.

Le «raïs» Kabila a été joliment roulé dans la farine. Dans ce cas précis, c’est lui le dindon de la farce. Avec un bonnet d’âne. En plus.

Une retraite dorée

Et après ? Certes, ce n‘est pas encore la fin de l’histoire. Mais c’est déjà un bon début, qui permettra de trouver une issue à l’imbroglio qui affecte gravement la sphère politique congolaise.

Il n’y a pas trente-six solutions pour cela: Kabila doit accepter de «libérer» le pays, en prenant sa retraite par ailleurs dorée. Puis, que la classe politique procèdera à une mise à plat, dont l’objectif sera de retourner aux urnes après une période de transition acceptée plus ou moins par tous.

Une transition qui implique des réformes pour des élections dignes de la démocratie. Avec une personnalité idoine à sa tête, sans étiquette politique. Qu’on se souvienne d’Emile Zola qui disait: «Une société n’est forte que lorsqu’elle met la vérité sous la grande lumière du soleil»

A Kabila et à Tshisekedi de s’y appliquer pour le bonheur du peuple congolais, ce souffre-douleur depuis des décennies.

Par Jean-Jules Lema Landu, journaliste congolais, réfugié en France

D’autres articles de Jean-Jules LEMA LANDU

RD Congo – Le parti Lamuka rêve d’une majorité parlementaire et présidentielle

La coalition Lamuka espère « obtenir une majorité parlementaire après les élections anticipées » pour organiser des élections dans les dix-huit mois conformément aux propositions de sortie de crise formulées par Martin Fayulu, un de ses leaders.
Pour y arriver, « nous devons rester unis » estime sur Top Congo FM, Steve Kivuata, cadre de cette plate-forme ayant porté la candidature de Martin Fayulu à la présidentielle de décembre 2018 dont il revendique toujours la victoire.
 
Peu avant le dit scrutin, Martin Fayulu avait été désigné « candidat commun de l’opposition ». Une année après cette désignation, son parti, l’ECIDE et Nouvel élan, celui d’Adolphe Muzito, ont organisé une matinée politique à Kinshasa. Le mot fort c’est l’unité : l’unité des leaders entre eux et l’unité de tout un peuple envers Lamuka qui est « son instrument de démocratie », précise Steve Kivuata.
 
En attendant « la remise et reprise entre le coordinnateur sortant Jean-Pierre Bemba et l’entrant Adolphe Muzito », Steve Kivuata indique que ce dernier a déjà « lancé des perspectives axées sur l’unité… » 
 

Quatre leaders politiques en poistion de force

Malgré le retrait de Freddy Matungulu et Mbussa Nyamwisi du présidium de Lamuka, « Moise Katumbi, Jean Pierre Bemba, Adolphe Muzito et Martin Fayulu sont restés constants. C’est l’essentiel », explique Steve Kivuata.
 
« Nous devons continuer notre combat. Nous devons asseoir une vraie démocratie dans notre pays », assure-t-il.
 
Pour l’opposant, le bilan de Lamuka démontre que « le peuple est resté également constant. Il a soutenu les leaders dès le départ. Aujourd’hui, Lamuka est devenu un état d’esprit et un instrument de combat pour la réhabilitation de la démocratie et la paix dans notre pays ».
 
La célébration de « l’an 1 » de la désignation de Martin Fayulu comme « candidat commun de l’Opposition était aussi une occasion de faire un rappel historique. D’où nous venons et où nous sommes aujourd’hui ». 
 
Célébré au siège de l’ECIDE de Martin Fayulu à Kinshasa, cet événement n’a pas connu la participation de tous les leaders des partis membres de Lamuka. Une absence également observée du côté de la presse Kinoise et internationale suites à plusieurs bavures policières à l’encontre des chevaliers de la Plumes en confisquant leurs matériels arbitrairement souvent lors de manifestations de l’opposition organisée par Lamuka.