RD Congo : l’alliance présidentielle au bord de l’implosion

L’accord ne tient qu’à un fil. Le Front commun pour le Congo FCC de Joseph Kabila et le Cap pour le changement CACH du chef de l’État Félix Tshisekedi sont censés convoler en justes noces jusqu’en 2023.

Du fait de l’accord de coalition qui lie les deux parties, dont les têtes d’affiches restent le PPRD, composé du FCC et l’UDPS. Majoritaire à l’Assemblée nationale, le FCC a contraint le CACH à collaborer pour avoir une part de responsabilité pendant cette mandature. Conclu dans la discrétion la plus totale, l’accord de coalition FCC-CACH a présenté ses premiers signes de faiblesse avec le grand retard pris dans la nomination du premier ministre.

Nommé en mai 2019, le premier ministre a attendu plus de trois mois pour connaitre ses collaborateurs dans le gouvernement. C’était déjà un mauvais présage qui augurait des jours très agités entre les deux parties de coalition.

En juin dernier, les premières frictions sont apparues, opposant les partisans de l’UDPS, côté CACH, et ceux du PPRD, côté FCC. Finalement, les deux partenaires sont parvenus à fumer le calumet de la paix. Entre-temps, le mal était déjà fait.

En réalité, l’UDPS et le PPRD se détestent. Ils sont juste unis par un mariage d’intérêt qui peut se désintégrer à tout moment. Le crash, le 10 octobre 2019 entre Goma et Kinshasa, d’un Antonov 72 affrété par la présidence de la République, a ramené au grand jour les dessous d’un accord fragile.

A Limete, au siège de l’UDPS, les combattants se sont violemment déchargés sur le PPRD, sous couvert du FCC, pour dénoncer un probable complot qui viserait leur leader, le chef de l’État Félix Tshisekedi. En réalité, les professionnels des médias ainsi que les peuples congolais et Kinois en particulier ont remis en cause l’accord qui lie leur parti au FCC, exigeant à la même occasion que l’UDPS mette fin à cette coalition.

Au FCC, la réplique n’a pas tardé. Des militants du parti de Joseph Kabila, surnommés les « Bérets rouges », ont diffusé via les réseaux sociaux une vidéo dans laquelle ils indexent vertement la presse et les partisans de l’UDPS.

Se présentant comme les « soldats de Raïs », les « Bérets rouges » ont promis de ne plus se laisser faire. Sur un ton menaçant, ils se mobilisent pour répondre au coup pour coup disent-ils, à tous journalistes politique qui oserait écrire ou parler en mal contre leur autorité morale à la personne de Joseph Kabila.

Calmer les ardeurs bellicistes

Dans les deux camps, le ton monte. On craint des dérapages de grande ampleur. Pour l’instant, les deux leaders de la coalition FCC-CACH, gardent encore leur silence. Ni le chef de l’État Félix Tshisekedi, encore moins Joseph Kabila, n’ont osé commenter les informations de ces derniers jours.

Pour l’instant, chacun essaie de faire passer son message par personnes interposées. Une escalade démesurée est à craindre, au vu de déclarations qui fusent de part et d’autre. La retenue n’est pas observée.


L’argent, dit-on, n’aime pas le bruit.


A l’UDPS, la direction du parti semble être en déphasage avec la base qui exige la relecture de l’accord qui lie le parti à Joseph Kabila. Au FCC, on prétend se préparer à parer toute éventualité. A tout prendre, c’est le mandat de Félix Tshisekedi qui en pâtira. L’argent, dit-on, n’aime pas le bruit.

Avec la résurgence de cesclivages internes entre l’UDPS et le PPRD, c’est l’insécurité qui reprend ses marques en RDC. Il faut craindre que la grande offensive diplomatique menée par Félix Tshisekedi n’apporte pas les résultats escomptés.

Car, dans la situation actuelle de la RDC, où de vives tensions opposent les deux partenaires à la coalition gouvernementale, les partenaires au développement et d’autres investisseurs peuvent se garder d’injecter précipitamment d’importants capitaux dans l’économie congolaise.

C’est dire que le FCC et CACH ont intérêt à aplanir le plus rapidement possible leur divergence. Il y va de la visibilité du mandat de Félix Tshisekedi. Sinon, le PPRD et l’UDPS s’engagent dans une escalade verbale dangereuse qui pourrait bien emporter l’un ou l’autre.

Pour sauver cette mandature et ne pas décourager les grands espoirs du peuple en l’alternance démocratique du 24 janvier 2019, il n’est pas trop tard pour monsieur Félix Antoine Tshisekedi chef de l’État de bânir l’impunité, combattre les ennemis de la démocratie en garantissant la liberté d’expression, d’opinion, d’association et de pouvoir manifester sans craintes.

Jusqu’à preuve du contraire, la liberté de la presse reste et demeure un élément important et crucial pour la montée de la démocratie en République démocratique du Congo, le Chef de l’État est appelé à respecter la Constitution dans son entièreté afin que la paix tant entendue par la population congolaise soit belle et bien réelle.