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Nous, les ennemis du terrorisme islamique

Comme tous les français, j’ai été attristée par l’attaque à la préfecture de police de Paris, le jeudi 3 octobre. Mais ma tristesse, peut être, dépasse celle des français, car je suis aussi kurde syrienne. Je me présente toujours comme française d’origine kurde. En Syrie, je n’avais pas le sentiment d’être citoyenne, mais j’en suis devenue en France ; une citoyenne. J’ai deux cœurs, un français et un kurde. Aujourd’hui, mes deux côtés sont brisés.

Dimanche soir, le 6 octobre 2019, j’ai suivi le débat avec les invités au France 5 venus parler du film « Sœurs d’armes » de Caroline Fourest.

J’ai été stressée en écoutant la journaliste Caroline Fourest et l’actrice Amira Casar, en ayant peur qu’ils se trompent au sujet de mon pays. La présence de l’écrivain Patrice Franceschi, auteur de ‘Mourir pour Kobané‘, connu pour son engament pour la cause kurde me rassurait.


En tant de kurde, je sais que les ennemis d’Erdogan ne sont pas les islamistes mais les kurdes. J’ai peur, non seulement pour les kurdes, mais aussi pour les français.


J’étais fière d’écouter ces trois gens formidables, qui mettent en lumière la lutte des femmes kurdes. Pour moi, l’apparence des femmes Peshmerga est un symbole de la destruction de l’État Islamique ; nous savons que les femmes kurdes ont combattu des membres de Daech et le film de Caroline Fourest montre aussi cela.

Donc j’ai eu un sentiment partagé : triste pour la morte de policiers à la préfecture, mais rassurée par l’existence des combattants kurdes et leurs amis français.

Lundi matin, le 6 octobre, les réseaux soucieux étaient saturés par le tweet de Donald Trump qui a décidé le retrait des soldats américains du côté syrien de la frontière avec la Turquie.

En tant de kurde, je sais que les ennemis d’Erdogan ne sont pas les islamistes mais les kurdes. J’ai peur, non seulement pour les kurdes, mais aussi pour les français.

L’expérience de bataille d’Afrine, baptisée « Opération Rameau d’Olivier » par l’armée turque contre les forces kurdes, avait rempli cette zone kurde laïque de comportements religieux islamiques étrangers aux habitants de cette région.


Aujourd’hui, si on laisse à nouveau la Turquie rentrer au Rojava, cela augmentera encore les activités d’État Islamique.


Avant cette bataille, mes amis du Rojava m’ont parlé du mode de vie civile et de l’égalité entre les femmes et les hommes. Ils me poussaient à venir voir sur place cette démocratie incroyable, malgré la guerre et les ennemis de la liberté.

Tout cela s’est écroulé avec l’offensive de l’armée islamique aux ordres d’Erdogan. Cette armée qui considère les kurdes comme des ennemis contrairement aux islamistes intégristes.

Aujourd’hui, si on laisse à nouveau la Turquie rentrer au Rojava, cela augmentera encore les activités d’État Islamique.

Je parlerai un jour du rôle d’Ankara qui soutient les islamistes. En attendant je vous partage le lien d’un film qui vient de paraitre intitulé  « Turquie… La sage-femme qui a créé ISIS » de Shiar Nayyo. Ce film qui explique comment la Turquie a participé activement à la création de l’Etat Islamique.


Je n’arrête pas de me poser la question, plus précisément, depuis l’attentat du 7 janvier 2015 contre Charlie Hebdo : que puis-je faire ?


Mardi matin, j’ai suivi à la télévision l’hommage rendu aux quatre fonctionnaires de la préfecture de police de Paris, tués ce 3 octobre lors de l’attaque perpétrée par Mickaël Harpon.

La révélation de la découverte d’une clé USB appartenant à Mickaël Harpon aggrave la situation. Selon Le Parisien, cette clé contient trois éléments à charge: « des fichiers informatiques avec de nombreuses vidéos de décapitation de Daech ».

En tant que journaliste et écrivaine française et kurde, je me trouve concernée deux fois par cette interconnexion: le terrorisme islamique en Syrie qui touche la France. Je suis consternée par mes deux cœurs qui battent en même temps, le français et le kurde.

Je n’arrête pas de me poser la question, plus précisément, depuis l’attentat du 7 janvier 2015 contre Charlie Hebdo : que puis-je faire ?

Et je pense que je pourrais faire plein de choses. Le rôle que je pourrais jouer, c’est d’expliquer comment nous pouvons libérer les bons musulmans des mauvais, et également sauver l’image de l’Islam des escrocs qui la manipulent !

Le premier point commun que je trouve dans la majorité des tueurs au nom de l’Islam, c’est que ces gens sont nés en Europe et qu’ils ne parlent pas bien la langue arabe, la langue du Coran. Ils ont appris l’Islam radical par des malfaiteurs qui ont leurs agendas politiques. Donc cet Islam, soit-disant djihadiste, n’a rien avoir avec l’Islam que nous l’avons connu et vécu dans les pays arabes.


Nous avons besoin aujourd’hui en France, je pense, de présenter une autre image de l’islam ; une histoire ouverte, tolèrante et libre.


Je parle toujours, comme écrivain, de ma grand-mère kurde musulmane qui m’a inspirée pour écrire mes premiers romans en arabe. Halima était la mère d’un fils communiste ; mon père.

Elle voyait mon père boire de l’alcool et elle priait près de lui en s’adressant au ciel pour protéger son fils. Gamine, je n’avais pas encore trouvé mon chemin. J’ai avoué à ma grand-mère que je suis athée, et en même temps, je l’accompagnais à la mosquée de quartier pendant le mois de Ramadan et je priais avec elle.

Ma grand-mère ne me l’a jamais reprochée, elle m’acceptait comme j’étais en espérant que Dieu m’oriente vers le bon chemin.

Voici un Islam que les tueurs ne connaissent pas, un islam spirituel et tolérant. Je suis née musulmane, d’un père laïque et d’une mère pratiquante, mais j’ai eu la chance de vivre la religion comme une tradition, pas comme une confession sacrée.

Ma mère n’hésitait pas à goûter, par curiosité, le verre de mon père, puis elle demandait à Dieu de la pardonner. Ma mère, ma grand-mère et beaucoup des femmes et d’hommes musulmans voyaient le Dieu comme tolérant, pas comme un gardien de prison, cette image imposée par les escrocs qui appellent à tuer les autres au nom de Dieu !

Grâce à mon éducation, j’ai grandi avec la critique de cette tradition et j’ai échappé à l’enfermement d’un culte éternel. 

Nous avons besoin aujourd’hui en France, je pense, de présenter une autre image de l’islam ; une histoire ouverte, tolèrante et libre.

Je pense énormément aux enfants français de Daech, ceux qui étaient avec leurs parents en Syrie ou en Irak. Ces enfants vont jouer un jour leur rôle en France, c’est pourquoi je me sens responsable de me lutter pour l’avenir, même si le présent est encore noir pour moi et je ne sais pas a qui le tour demain d’être encore assassiné par ce terroriste, mais il ne faut pas baisser les bras, nous avons besoin d’ouvrir un dialogue libre pour arracher les garnis terroristes, car Daech est une tendance cultuelle et moral, et pour la détruire, il ne faut une arme culturelle.

Nous pouvons combattre ce terrorisme en ouvrant les portes aux défenseurs de la liberté: les kurdes en Syrie. Il faut les protéger militairement et politiquement, et aussi communiquer avec « les intellectuels » engagés en faveur de la liberté religieuse culturelle.

La guerre contre Daech est divisée en deux flancs : sur le terrain en Syrie, et en France ; et partout, pour la gagner, il nous faut chacun lutter à sa manière.

Je suis une femme kurde française, mon combat est en France, contre les idées terroristes qui menacent mon pays « Kurdistan » et menacent également le futur de mon pays « France ». Nous, kurdes libres, femmes combattantes, journalistes, écrivains, chercheurs… notre grande responsabilité aujourd’hui est de travailler ensemble. Nous sommes tous des cibles de Daech, et nous sommes tous leurs ennemis.

  • Congo. « Marius chez vous », fin d’une émission populaire08/04/2021 - 8:37

    Dimanche, 28 mars, Marius Muhunga, annonçait avec une réelle émotion, la fin des émissions TV « Marius chez vous » sur les réseaux sociaux. Il en était, à la fois, le boss et l’animateur vedette. Ce média congolais émettait depuis Washington DC, capitale des Etats-Unis. Pour justifier cette cessation, le journaliste évoquait son embauche à « La Voix de l’Amérique ». Bonne affaire !

  • Les islamistes, une marque déposée en Algérie06/04/2021 - 1:18

    Confronté à une opposition inédite, qui menace de l’emporter, le pouvoir algérien est en train d’engager en ce moment la bataille de l’image et de la mémoire autour de la guerre civile des années 1990.

  • Guinée. Interview avec le député Sébastien Nadot05/04/2021 - 3:44

    Réélu à la tête de la Guinée pour un troisième mandat (après avoir modifié la constitution, qui limitait le pouvoir à deux mandats), le président Alpha Condé accentue la répression à l’encontre de ses opposants. Bilan : plus de 200 personnes ont été tuées par les Forces de défense et de sécurité (FDS) depuis 2010. Sébastien Nadot, député de la Haute Garonne et membre de la commission des affaires étrangères à l’assemblée nationale française, suit de près la situation en Guinée. Il a accepté notre invitation et a répondu aux questions de Mamadou Bah.

  • Algérie. Des présidents agonisants11/03/2021 - 3:43

    L’autre jour, en flânant dans Paris, je suis tombé sur un SDF absorbé par la lecture d’un livre. Oui, cela se remarque, à Paris, la culture s’est démocratisée, elle n’est plus l’apanage des seuls clercs. Elle irrigue jusqu’aux petites gens, parmi les plus démunies et les plus délaissées. La posture du SDF qui lit, buste incliné, presque couché sur un banc public, suggérait qu’il tenait entre les mains un de ces bouquins à l’eau de rose, un Harlequin, peut-être. J’engage la conversation avec lui. Eh bien, je n’en reviens pas lorsqu’il me montra la première de couverture : Les lois fondamentales de la stupidité humaine, de l’auteur italien Carlo Maria Cipolla.

  • Afrique de l’Ouest : ces élections qui tuent l’espoir04/03/2021 - 11:24

    Dans les pays développés, démocratiques, et dans la plupart de ceux qui aspirent à l’être, les urnes constituent une sorte de blanchisserie de la démocratie. Elles « nettoient » et accouchent, en principe, du propre pour donner des nouveaux habits à la République, un nouvel élan. C’est tout le contraire pour l’Afrique qu’elles habillent d’un accoutrement cachant contestations et violences meurtrières. En témoignent, singulièrement, les résultats de récentes élections au Niger, en Guinée Conakry et en Côte-d’Ivoire.

  • De Gouville : Le jour où j’ai rencontré Sankara04/02/2021 - 9:55

    Figure révolutionnaire africaine, Thomas Sankara (1947-1987) est considéré comme le « père de la révolution » au Burkina Faso (ancienne république de Haute-Volta). Président du Conseil national révolutionnaire et chef de l’État de facto pendant quatre ans (1983 – 1987),  il est assassiné le 15 octobre 1987. A ce jour, plusieurs zones d’ombres persistent concernant […]

  • GUINEE CONAKRY – La liberté de la presse attaquée22/10/2020 - 9:38

    Pour avoir diffusé les opérations de dépouillement de vote en direct (dans un contexte de fraude massive), la Haute Autorité de la Communication a suspendu le site d’information Guinéematin.com pour un mois. C’est une décision lue dimanche soir sur les ondes des médias d’État. Le fondateur du site, dans une interview accordée à l’émission les […]

  • GUINEE CONAKRY – Au lendemain des élections présidentielles, le chaos22/10/2020 - 8:51

    Ils avaient 13, 14 et 18 ans. Tués par balle alors qu’il fêtait la supposée victoire de leur candidat à la présidentielle, l’armée n’a pas fait dans la demi-mesure. Ces règlements de comptes ne sont pas isolés. Tout porte à croire que des fraudes ont eu lieu un peu partout en Guinée lors de cette […]

  • GUINEE CONAKRY – L’élection présidentielle réveille la haine ethnique15/10/2020 - 3:11

    Après une campagne électorale marquée par un regain de violences dans les fiefs de l’opposition et du parti au pouvoir, dont un mort à Conakry, environ cinq millions d’électeurs sont appelés à voter ce dimanche 18 octobre 2020. Les guinéens éliront à nouveau un homme ou une femme qui prendra les destinées des 12 à […]

  • MADAGASCAR – Etat de la presse, les journalistes en danger13/10/2020 - 1:54

    Abus des lois, menaces de mort, corruptions et salaires de misère, les journalistes malgaches peinent à faire leur métier dans de bonnes conditions malgré les interventions des ONG. Madagascar dispose d’un large éventail de médias, dont près de 250 stations de radio, une trentaine de chaînes de télévision, une vingtaine de quotidiens, une dizaine de […]

  • CONGO – Démocrature et « Club de Brazzaville » sous fond de corruption08/10/2020 - 9:07

    L’ordre émis par Isaïe (dans le plus grand best-seller) à dénoncer le mal trouve sa justification dans les clans régnant en Afrique. Ces clans prennent plaisir à piller les deniers du peuple qu’ils recyclent avec la complicité des Occidentaux, au grand dam de la population misérable. La transparence, les risques des pays (environnement réglementaire ou […]

  • CENTRAFRIQUE – Comment la Russie influence les médias ?07/10/2020 - 3:43

    Un article co-écrit par Eliott AUBERT et Alexandre GARNIER pour l’Oeil MDJ. Officiellement présente en République Centrafricaine, officieusement omniprésente dans les médias, la Russie développe un nouveau réseau en Centrafrique depuis trois ans. Moscou met en place des campagnes médiatiques agressives en faveur de ses intérêts dans le pays. Enquêter sur ces nouveaux réseaux expose […]

  • GUINÉE CONAKRY – L’insécurité règne en maître absolu dans certains villages07/10/2020 - 12:34

    Sinthiourou est une localité situé a environ 480 kilomètres de la capitale Conakry. Les habitants de cette localité située dans la région administrative de Mamou, préfecture de Dalaba, a comme autorité la sous-préfecture de Mombeya. Ce village est un endroit à l’écart, au loin, isolé, qui n’a jamais bénéficié de services publics. Comme ailleurs, la […]

  • CONGO-BRAZZAVILLE – Paradoxes et démagogie23/09/2020 - 9:55

    «A beau mentir vient de loin». Cette maxime peut s’appliquer aux gouvernants congolais qui pensent qu’ils ont en face d’eux, des imbéciles ou des gens atteintes d’Alzheimer. Dans un souci réel de rééquilibrage ethnique au sein du corps des médecins, le ministre François Ibovi avait résolu d’envoyer en formation à Cuba, mille étudiants dont 95% […]

  • GUINÉE CONAKRY – Les opposants en prison afin de préparer l’élection présidentielle17/09/2020 - 1:45

    Sous couvert de lois scélérates et d’une démocratie tronquée, la purge des candidats à l’élection présidentielle continue et n’épargne aucun opposant politique. C’est ce qui s’est passé ce samedi 12 septembre 2020 : le régime dictatorial d’Alpha Condé a kidnappé Souleymane Condé. Cet homme est l’ancien coordinateur du FNDC (Front pour le respect de la […]

  • GUINÉE CONAKRY – Alpha Condé, «le soleil des incompétences» brille dans le ciel africain17/09/2020 - 12:48

    De la politique à l’écriture ! Si la politique est un terrain qui donne la part belle au médiocre et à l’incompétence, l’écriture quant à elle, impose des valeurs et des savoirs: savoir faire, savoir être, savoir savant… C’est à cette seconde catégorie que souhaite appartenir le président de Guinée Conakry, Alpha Condé.  Mais la […]

  • GUINÉE CONAKRY – Création de « Guinée Chek » pour lutter contre les fake news !09/09/2020 - 2:34

    Dans le cadre de la lutte contre la désinformation, les fake-news sont en plein essor grâce aux réseaux sociaux. Dans un pays où plus de 70% de la population est illettrée a cela s’ajoute la manipulation politique, la main mise du pouvoir et influence de la corruption dans le traitement des informations publique. Une plate […]

  • CONGO BRAZZAVILLE – Des milliards destinés à la santé et à l’enseignement08/09/2020 - 8:57

    Malgré  des financements et des dons alloués régulièrement par des partenaires bilatéraux et cohorte au Congo pour la réalisation de différents projets, le peuple broie toujours du noir. L’illustration nous est donnée par la gestion scabreuse de la pandémie de Covid-19. Des dons et bagatelles d’argent prennent la tangente; le nombre de personnes contaminées et […]

  • MALI – Après le coup d’État, quelles conséquences pour la liberté de la presse ?03/09/2020 - 10:57

    Aucune déclaration n’a encore été faite pour garantir les droits de presse depuis l’arrivée des militaires au pouvoir. Les journalistes maliens espèrent malgré tout une amélioration de leurs conditions de travail. Au mois de juin 2020, un mouvement de contestation au président Ibrahim Boubacar Keïta éclate dans les rues de Bamako. La tension atteint son […]

  • Congo Brazzaville – Les ex-présidents Lissouba et Yhombi inhumés en France01/09/2020 - 9:29

    Pascal Lissouba et Jacques Chirac Pascal Lissouba est mort il y a quelques jours à Perpignan. Élu démocratiquement président de la République en août 1992, Pascal Lissouba est contraint de quitter la présidence le 15 octobre 1997, après une violente guerre civile qui l’opposa à l’actuel président du Congo Brazaville, Denis Sassou-Nguesso. Exilé depuis 2002, son corps défunt […]

« A l’aéroport de Paris, j’ai vu deux hommes s’embrasser. J’ai alors compris ce qu’était la liberté » Témoignage d’un journaliste syrien en exil

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« C’était la dernière fois que toute notre famille était réunie » – Témoignage d’une journaliste syrienne exilée

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Libye : l’Etat Islamique cherche l’accès aux puits de pétrole

[Par Sirine AMARI]

Le groupe Etat islamique étend son territoire à l’intérieur de la Libye, visant à obtenir l’accès aux puits de pétrole du pays, selon le ministre de la Défense français, Jean-Yves le Drian.

Jean-Yves Le Drian (source: rtl.fr)

Jean-Yves Le Drian (source: rtl.fr)

Le groupe a commencé à déplacer les terres de son bastion sur la ville côtière de Syrte, a déclaré Jean-Yves Le Drian à la radio française RTL.

«Ils sont à Syrte, leur territoire s’étend sur 250 kilomètres le long de la côte, mais ils commencent à pénétrer à l’intérieur et à être tentés par l’accès aux puits de pétrole et à leurs réserves».

La Libye dispose de 48 milliards de barils de réserves de pétrole brut, c’est la plus grande réserve d’Afrique et la neuvième plus grande dans le monde.

Les commentaires du ministre de la Défense français sont susceptibles d’être une référence aux tentatives signalées par des militants selon laquelle ils chercheraient à s’élargir de Syrte à la ville de Ajdabiyah à l’est du pays.

Il y a eu de plus en plus de rapports qui justifieraient la présence de groupes extrémistes dans la ville, au cours des dernières semaines.

Des pompes à forage de pétrole (source: radio-canada.ca)

Des pompes à forage de pétrole (source: radio-canada.ca)

Ce qui est moins clair est de savoir s’ils sont affiliés à Al-Qaïda ou à Daech .

Ils ont une stratégie qui, en cas de succès, pourrait couper l’approvisionnement en pétrole de cette partie du pays, où des terminaux pétroliers clés sont stationnés.

Il y avait au moins eu une attaque soldée par un échec, par des militants aux portes du terminal pétrolier Es Sidr en Octobre. D’autres domaines où étaient situés de plus petits terminaux pétroliers au centre de la Libye ont également été attaqués cette année.

Libye : une première réunion pour les deux parlements rivaux

[Par Sirine AMARI]

Selon la télévision libyenne, les présidents des deux parlements rivaux de la Libye se sont rencontrés pour la première fois.

Une première réunion pour les deux parlements rivaux (source: libyaakhbar.com)

Une première réunion pour les deux parlements rivaux (source: libyaakhbar.com)

Agila Salah, du Palais des Congrès de renommée internationale dans la ville orientale de Tobrouk, et Nouri Abusahmen, du Congrès national général basé à Tripoli, se sont entretenus à Malte. 

La réunion à Malte entre les deux hommes a porté sur les discussions à Rome dans lesquelles les puissances mondiales ont exhorté les factions belligérantes de la Libye à cesser les combats et à se soutenir à travers un gouvernement d’union.

Mais la signature attendue d’un plan de l’ONU pour un gouvernement d’unité nationale a été reportée jusqu’au jeudi 17 décembre.

M.Salah a plaidé pour plus de temps, avertissant que « agissant avec hâte conduirait à plus de problèmes à l’avenir », selon le journal le Times of Malta.

Pour sa part M.Abusahmen a dit « nous ne pourrons pas accepter l’intervention étrangère contre la volonté du peuple libyen », se référant à l’accord soutenu par l’ONU.

Carte de la Libye actuelle (source: liberation.fr)

Carte de la Libye actuelle (source: liberation.fr)

La Libye a été dans le chaos depuis le renversement en 2011 du colonel Mouammar Kadhafi.

Au milieu de la tourmente le pays est devenu un important point de départ pour quelques-uns des milliers de migrants voyageant en Europe.

On se préoccupe aussi à l’échelle internationale que l’Etat islamique profite de l’instabilité du pays pour s’étendre à l’intérieur de la Libye.

 

Daech menace la Palmyre de Libye

[Par Sirine AMARI]

Les craintes montent sur le fait que les terroristes de l’Etat Islamique aient détruit un ancien site romain en Libye.
Des fanatiques de l’Etat islamique voyageant dans 30 pick-up ont pris d’assaut la ville côtière de Sabratha, mercredi soir, après que trois de leurs hommes aient été capturés par une milice rivale.

Image de propagande de l'EI (source: france24.fr)

Image de propagande de l’EI (source: france24.fr)

Des militants vêtus de noir ont maîtrisé les résidents sur place et mis en place des points de contrôle dans la ville, qui est à seulement 50 miles de Tripoli, avant de récupérer avec succès les trois hommes.

Des monuments d’une valeur inestimable dans la ville, dont un amphithéâtre romain du 3ème siècle, qui font partie de sites du patrimoine mondial de l’Unesco, ont été détruits par l’État islamique.

En Syrie, le groupe avait déjà détruit des sites historiques du patrimoine mondial de l’Unesco, à Palmyre, dont des temples, des colonnes et des sculptures qui, selon le groupe islamiste représentent de «fausses idoles».

Le site archéologique de Sabratha (source: directmatin.fr)

Hier, les partis rivaux de la Libye se sont réunis à Tunis pour des entretiens sur un accord négocié par les Nations Unies, soutenu par la communauté internationale, afin de mettre en place un gouvernement d’union dans le pays, ravagé par les conflits.

Les discussions devaient se concentrer sur l’avancée du processus d’une réunion internationale sur la Libye prévu dimanche à Rome, selon la Mission d’appui des Nations Unies en Libye.

L’émissaire de l’ONU pour la Libye, Martin Kobler, et des représentants des parlements rivaux, ont pris part à des discussions dans un hôtel de la banlieue de Tunis, avec des diplomates étrangers invités en tant qu’observateurs.

Kobler, qui a pris ses fonctions le mois dernier, a déclaré qu’il se sentait «encouragé» par ce qu’il a entendu dans les pourparlers, ajoutant que les parties se rencontreraient à nouveau vendredi.

Le secrétaire d’Etat américain John Kerry va co-présider les pourparlers de dimanche à Rome avec son homologue italien Paolo Gentiloni. Des représentants de la Russie, la Grande-Bretagne, la Chine et la France seront également présents.

Les discussions viennent à un moment clé de la préoccupation internationale croissante sur le fait que le groupe djihadiste Etat Islamique a exploité le chaos en Libye pour prendre racine dans le pays.

La Libye a eu deux administrations depuis Août 2014, quand une alliance de la milice islamiste a envahi Tripoli, forçant le gouvernement à prendre recours dans l’administration de l’est.

 

L’Etat islamique déclare la guerre aux milices de « Fajr Libya, l’aube de la Libye »

[Par Sirine AMARI]

Assassinat de cinq membres des milices de « Fajr Libya », dans une attaque à la voiture bélier qui avait pour cible un check point à l’ouest de Misrata. L’attentat a été revendiqué par la branche libyenne de l’Etat Islamique qui avait déclaré auparavant la guerre contre ces milices. Celles-ci détiennent la capitale Tripoli ainsi que d’autres villes situées dans l’ouest du pays. 

Image tirée de la chaîne télé de l’organisation de l’Etat islamique Source : mediapart.fr

Image tirée de la chaîne télé de l’organisation de l’Etat islamique
Source : mediapart.fr

La ville de Misrata située à 250 kilomètres à l’est de la capitale libyenne a été réveillée par un énorme bruit de détonation, à la suite d’un bombardement lors d’un attentat commis par un kamikaze à un check point à « Dafnia » la porte d’entrée ouest de la ville ; provoquant ainsi la mort de cinq membres des forces armées en place et de sept autres grièvement blessés.

L’organisation de l’Etat Islamique a revendiqué cet attentat sur son compte Twitter, précisant que l’auteur de l’attentat est de nationalité tunisienne et qu’il est connu sous le nom de « Abou Wahib Attounissi». L’EI qui a déjà revendiqué son implication dans des attaques similaires les mois derniers, a déjà mis en garde les milices de « Fajr Libya » constituées par des Islamistes, que la guerre est annoncée contre ses membres et que l’Organisation allait nettoyer le territoire de cette « impureté »… et les a invités à se repentir puis à retourner à la religion.

Depuis la chute du régime de Mouammar Kadhafi, la Libye a été abandonnée aux conflits sanglants et au chaos politique qui a conduit à une lutte meurtrière pour le pouvoir, engendrant une division du pays entre deux gouvernements avec deux parlements respectifs. Le premier est reconnu sur le plan international et conduit ses activités politiques à l’Est du Pays, tandis que le deuxième est basé à Tripoli. Il est soutenu par les milices de « Fajr Libya », pendant que les forces loyales aux deux parties du conflit ainsi que d’autres groupes armés mènent une guerre sur plusieurs fronts et régions du pays, une guerre qui a coûté la vie à des milliers de victimes depuis juillet 2014.

La porte Dafniya après l’explosion du dimanche 31 mai 2015 Source : twitter.fr

La porte Dafniya après l’explosion du dimanche 31 mai 2015
Source : twitter.fr

Le chaos sécuritaire dû à ce conflit a profité aux groupes de combattants djihadistes en vue d’étendre leurs zones de contrôle. C’est notamment le cas pour la branche libyenne de l’Etat Islamique qui a réussi le 29 mai dernier à faire tomber l’aéroport de la ville de Syrte (450 km à l’Est de Tripoli) après qu’elle se soit emparée de cette ville (dont était natif le colonel Kadhafi) au mois de février dernier.

Le gouvernement intérimaire libyen, reconnu par la communauté internationale, a tiré la sonnette d’alarme face au danger d’une attaque probable de l’EI contre des installations pétrolières proches de Syrte. Après s’être emparé de l’aéroport de la ville et de la base aérienne de Gardhabiya, les rebelles de l’Etat Islamique ne sont qu’à 150 kilomètres de la région du croissant pétrolier. En effet, cette zone concentre des entreprises, des champs pétroliers et également des ports stratégiques. La ville de Derna, désormais connue pour abriter le quartier général de l’EI sur le territoire libyen, est à seulement 1300 kilomètres de la capitale Tripoli.