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RDCongo : une nouvelle pierre d’achoppement dans les négociations sur le gouvernement

À dix jours de la fin de session parlementaire, prévue pour le 15 juin et au cours de laquelle le nouveau gouvernement congolais doit être investi, les négociations entre la coalition CASH de Félix Tshisekedi et le FCC de Joseph Kabila sont au point mort. Les deux camps ne s’accordent toujours pas sur la répartition des postes au sein du futur gouvernement.

La dernière réunion de négociations qui s’est tenue mardi soir à Kinshasa a tourné court. La réunion n’aura duré que quelques minutes pour se conclure sur un constat d’échec, avant même que la question du gouvernement à proprement parler ne soit abordée.

En cause : la décision lundi du chef de l’État Félix Tshisekedi de procéder à des nominations à la tête de la Gécamines et de la Société Nationale des Chemins de fer Congolais (SNCC), sans l’aval du nouveau Premier ministre.

Des nominations jugées « illégales »

Une décision jugée « illégale » par les pro- Kabila, qui n’ont pas fait mystère de leur mécontentement dès le début de la réunion.

Pour Constant Mutamba, avocat et cadre de cette coalition, elles « violent l’article 81 de la Constitution » car elles n’ont pas été contresignées par le nouveau Premier ministre. L’avocat menace de saisir le Conseil d’État.


« On ne peut pas éternellement bloquer tout un pays », abonde un cadre du parti présidentiel.


Une lecture contestée par Me Kapiamba, le président de l’Acaj (Association congolaise pour l’accès à la justice). Pour lui, le chef de l’État a agi en vertu de l’article 60 de la Constitution de l’État, alors que l’ex-Premier ministre est démissionnaire et que le nouveau Premier ministre n’est pas encore formellement investi, faute d’accord sur la composition du gouvernement. « On ne peut pas éternellement bloquer tout un pays« , abonde un cadre du parti présidentiel.

Mais au- delà du débat juridique, c’est aussi le choix de Gabriel Kyungu pour diriger le conseil d’administration de la société nationale des chemins de fer (SNCC) qui dérange, estime une source au FCC. Ce proche de Moïse Katumbi, ne fait pas partie de la coalition au pouvoir. « C’est un message subliminal de la part du chef de PPRD Joseph Kabila », explique cette source pour qui le Raïs laisserait ainsi entendre à ses partenaires qu’il pourrait au besoin se chercher de nouveaux alliés.

« Nous n’en sommes pas à la rupture, mais nous sommes bloqués »

Une pierre d’achoppement de plus en tout cas dans des discussions déjà bien difficiles. « Nous n’en sommes pas à la rupture, mais nous sommes bloqués », reconnaissait mercredi l’un des négociateurs du président Tshisekedi tout en accusant ses partenaires d' »entraver » les discussions avec des « manœuvres dilatoires » et de « refuser de céder » la moindre parcelle de pouvoir.

Les deux camps n’arrivent pas se mettre d’accord sur ce que doit être la répartition des postes entre les deux coalitions. Pas question côté FCC, largement majoritaire dans les deux assemblées de concéder aux pro-Tshisekedi plus 24% des postes ministériels, quand ces derniers en réclament 45%, avec pour argument « qu’ un poste de président « devrait peser » plus » dans les négociations que « quelques députés », explique l’un des négociateurs.

Bref, des positions encore très éloignées. Sans oublier l’épineuse question des postes régaliens, revendiqués par les deux camps, qui augure là aussi de tractations houleuses et n’a pas encore été abordée. Signalons que les plateformes de Tshisekedi et Kabila optent pour une coalition gouvernementale n’aspirent aucun confiance au sein de la classe politique, ni à la société civile et, moins encore à la presse congolaise qui constate que les violations des droits humains restent très élevées en 2019, selon l’ONU.

Les agents de l’État sont plus que jamais pointés du doigt en ce moment, ils sont même responsables selon l’ONU, d’au moins 73% des exactions comptabilisées sur tout le territoire national, contre 53% en décembre. A noter le nombre très élevé d’exécutions extrajudiciaires : au moins 47 dont 7 femmes, soit plus d’une par jour. Au total, l’ONU relève 574 violations, soit plus qu’en novembre ou décembre 2018, et sur ces 574, un bon tiers sont des violations à caractère politique.

Au moins une cinquantaine de personnes, pour l’essentiel des militants des droits de l’homme et des journalistes, ont fait l’objet de menaces ou d’attaques et ils ont eu besoin, dans les quatre semaines qui ont suivi l’enterrement à Kinshasa de sphinx de Limite Monsieur Étienne Tshisekedi (le père de l’actuel président Félix Tshisekedi), mesures de protection des Nations- unies. Nascimento Christian Journaliste politique.

Confusion artistique au sommet de l’Etat congolais : tous masqués et perdants !

Des images contradictoires, futiles à souhait. Du sur-place politique. Au sommet de l’Etat, trônent deux présidents de la République, le premier visible (sans pouvoir), le second masqué (détenant illégalement l’imperium). Le tout rehaussé, en théâtralité, par un début d’éclatement du parti d’opposition LAMUKA. Voilà ce à quoi assiste le peuple congolais, depuis la « passation du pouvoir civilisée » entre Kabila et Tshisekedi. Il y a plus de trois mois. Au total, un vrai flou artistique !

Entre-temps, les cent jours probatoires pour le nouveau chef de l’Etat se sont consommés. Sans roulement de tambour. Quant au gouvernement, on continue de chercher le fil d’Ariane indispensable pour le tirer des labyrinthes de Kingakati (capitale politique des kabilistes). Tout cela sur le dos du peuple, qui en bave.

Quel est donc le problème de gouvernance en République Démocratique du Congo ?

Qu’est-ce qui enraye la machine, justifiant ainsi les allégations de ceux qui pensent que, globalement, c’est à cause des accords scélérats signés entre Kabila et Tshisekedi que tout va à vau-l’eau.

Dans cette vision -généralement partagée par nombre d’observateurs objectifs-, il y va des choses qui paraissent simples à celles qui relèvent d’une importance capitale : d’un président de la République logé en dehors du palais présidentiel, par exemple, au blocage de la nomination d’un Premier ministre et, dans la foulée, de la mise en place d’un gouvernement pour le fonctionnement normal du pays.

Marché de dupes

Une simple observation, par rapport au dernier point, suggère que les dessous de l’accord passé entre Kabila et Tshisekedi porteraient sur des intérêts divergents. Non avoués au moment ultime de la signature.

Si tel est le cas, il y a entre Kabila et Tshisekedi, un véritable dindon de la farce. Une dupe. Un jeu de « tel est pris, qui croyait prendre« . La formation du gouvernement achopperait à cette difficulté.

Sinon, la ruse de Kabila aurait préparé, à l’avance, ce scénario pour donner le change et faire croire à l’opinion que CACH a son mot à dire sur le déroulement des affaires.

Pendant ce temps, Kabila prend le plaisir de se lover dans un palais présidentiel où il n’a plus le moindre droit de séjourner, continuant à se regarder dans un miroir brisé, qui lui renvoie sa propre image brisée à laquelle il ne veut pas croire.

Pourtant, c’est cela la réalité de la situation qui prévaut. Il y a eu un « après Kabila », en dépit de la démonstration de force qu’il continue d’étaler.

Par exemple, convoquer « tous » les gouverneurs de province à Kingakati, sa ferme privée.

 

Alors, Tshisekedi « partenaire » de Kabila ou pas ?

Difficile à dire, pour le moment, en attendant que les masques tombent. Car, il n’y a pas que Kabila, dans cette pièce théâtrale tragi-comique, qui porte le masque ; Tshisekedi en porte un, également, quand il reste muet sur le contenu des accords qui le lient à Kabila.

Or, ces accords ayant un caractère secret ne seront pas connus de sitôt, faisant en sorte que Tshisekedi est aussi masqué, vis-à-vis du peuple.

L’Eglise se rétracte

Contradictions polluantes au sommet de l’Etat, mais contradictions également à l’extérieure de la sphère officielle du pays. L’Eglise catholique, appui indéfectible de la « vérité des urnes », se rétracte aujourd’hui avec force philosophie, en soufflant le chaud et le froid. Confirmer la « vérité des urnes » et, dans le même temps, accepter « d’accompagner le faux » est troublant.

Plus troublant quand le mot « vérité » traverse les pages de la Bible en se déclinant de plusieurs manières, et surtout lorsqu’elle évoque l’épître de Paul à Timothée, en parfaite corrélation avec la situation politique actuelle du pays :

« Je t’écris ces choses, avec l’espérance d’aller bientôt vers toi, mais afin que tu saches, si je tarde, comment il faut se conduire dans la maison de Dieu, qui est l’Eglise du Dieu vivant, la colonne et l’appui de la vérité » (1 Tim. ch. 3 : 14-15).

Le mot vérité est employé ici autant dans son sens général que dans celui qui voudrait prouver l’existence de Dieu.

En prenant l’attitude de mi-figue, mi-raisin, l’Eglise catholique du Congo se soustrait à ses responsabilités, alors qu’ailleurs c’est cette Eglise-là qui se place « au milieu du village » pour libérer la vérité.

L’Amérique latine nous en donne un exemple éloquent et, singulièrement, le cas de Cuba.

L’Eglise romaine y a mis du sien pour arriver à favoriser l’assouplissement du régime communiste tortionnaire, en matières de droits de l’homme. Les deux derniers papes (Jean-Paul II et Benoît XVI), y compris François actuellement à la tête du Vatican, y ont tous séjourné et, dans la foulée, des prisonniers politiques ont été libérés.

La vérité a triomphé sur l’obscurantisme entretenu pas le régime communiste vis-à-vis des droits humanitaires.

On y découvre le sens épanoui de cette expression « l’Eglise au milieu du village », hélas galvaudé pour des raisons diverses.

La communauté internationale n’est pas claire

La communauté internationale, quant à elle, a également versé dans l’ambiguïté. Et, spécialement, les Etats-Unis de Trump : ils confirment que le résultat des élections « n’est pas conforme à la volonté du peuple congolais », tout en acceptant d’accompagner le président non élu.

Dans la galère, il y a aussi la présence d’un certain Joseph Kabila, et, la cerise sur le gâteau, c’est ce dernier qui est le capitaine du bateau!

Faut-il admettre que cette dichotomie exprimée à la fois par l’Eglise catholique et les Etats-Unis résulterait d’une approche qui privilégie la notion de « fait accompli »? Tout en sachant qu’une telle délibération n’est qu’une fuite en avant, qui laisse derrière elle un problème non résolu?

Pour la communauté internationale, la compréhension y est aisée, elle qui ne jure que par le nom de ses intérêts. Mais, il est malaisé de comprendre la volte-face de l’Eglise. Son attitude aurait été moins choquante, si elle s’était résolue à garder le silence.

 

Faux et usage de faux

Qu’en conclure ? La réponse est des plus faciles. Depuis 1960, date de l’indépendance, la « Maison Congo » n’a jamais eu de fondement.

Et, aujourd’hui plus qu’hier, elle ressemble à une baraque construite sur le sable, destinée à être emportée par le vent, à tout bout de champ.

Jamais au monde élections n’ont été autant torpillées, suivies d’une période postélectorale aussi embrouillée. Comment imaginer, un seul instant, dans ce cas précis, que le pays sera gouverné, alors qu’il est assis sur le « faux et usage de faux « ?

Et, c’est à cet horizon déjà suffisamment brouillé que la plate-forme LAMUKA, qui incarnait plus ou moins les espoirs du peuple, donne les signes d’éclatement. Petit à petit la sirène des ambitions personnelles a fini par vaincre les nobles idéaux portés par ce regroupement politique pour la libération du peuple congolais. Demain, on le verra bien, chacun des leaders de LAMUKA jouera sa propre partition. Ces gens, dans leur ensemble, sont masqués et seront tous perdants! Au grand dam de l’avenir du pays.

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Etre une femme journaliste en exil


A l’occasion de la Journée Mondiale de la Liberté de la Presse, la Maison des journalistes et Magnum Photos se sont associés pour une exposition nommée « D’ICI ». Inauguré le 3 mai 2019, le vernissage a été suivi d’une table ronde sur le thème « La liberté de la presse, un enjeu rédactionnel et photographique » à l’Hôtel de Ville. L’opportunité pour Thelma Chikwanha et Rowaida Kanaan de se livrer sur leur condition de journaliste en exil.

Des itinéraires sombres et pourtant, le sourire n’a jamais quitté le visage des deux journalistes durant la rencontre-débat. A l’aide de leurs interprètes, les deux femmes se sont prêtées au jeu des questions dont les réponses touchantes débordaient de sincérité.

L’exil, une nécessité pour la survie

Rowaida Kanaan est une journaliste syrienne née à Damas en 1976. Elle a écrit pour plusieurs sites internet syriens en parallèle de son activité principale à la radio. Elle est arrêtée dès le mois d’août 2011 pour sa participation aux manifestations. Puis de nouveau en 2012, et en 2013, lors d’un contrôle à un checkpoint alors qu’elle est avec son compagnon. Elle est emprisonnée pour détention de carte de presse.


« Chaque minute, une femme est violée ou torturée en prison en Syrie ».


Avec émotion, Rowaida décrit la torture qu’elle a observée mais aussi subie en prison. De la même manière que les hommes, les femmes y sont battues, certaines subissant des violences sexuelles répétées. La gorge tremblante, la journaliste l’affirme, « chaque minute, une femme est violée ou torturée en prison en Syrie ». Des faits avérés passés sous silence par le gouvernement syrien.


Pour survivre, Rowaida n’avait pas d’autres choix que fuir.


Un départ similaire à celui de Thelma qui a quitté le Zimbabwe pour éviter le pire. Consultante en communication, correspondante pour One World UK, rédactrice politique pour les plus grands magazines, Thelma Chikwanha a couvert de nombreux évènements mondiaux.

Le 6 octobre 2016, elle se rend à l’aéroport à la demande d’un média pour prendre l’avion : direction la Suède pour assister à une conférence. A peine les portes franchies, la journaliste se fait attaquée. Ses effets personnels, son téléphone et son ordinateur lui sont arrachés. 3 jours plus tard, ses assaillants font irruption chez sa mère, retourne la maison et lui profère des menaces. Ils lui jurent de faire disparaitre Thelma de la même façon qu’ils avaient éclipsé l’un de ses collègues journalistes. Pour sa sécurité ainsi que celle de sa famille, Thelma Chikwanha décide de quitter le Zimbabwe pour faire de la France sa terre d’asile.

Rowaida KANAAN s’exprimant lors de l’événement #DICI à la Mairie de Paris : regards croisés entre journalistes exilés et photographes de l’agence Magnum.

Les premiers pas sur le sol français

La fraicheur et la pluie du 23 janvier 2017 ont marqué Thelma à son arrivée. Une journée d’hiver où elle est accueillie par une policière dont elle garde un sympathique souvenir. A cette époque, les mots « Bonjour », « Au revoir » et « Je t’aime » constituent la base de son vocabulaire français. Ayant emportée son fort caractère avec elle et son franc-parler dans ses bagages, elle exige aux policiers du commissariat voisin d’appeler le 115, le numéro d’urgence pour l’hébergement.


Elle dit se sentir dans les premiers temps « comme un arbre arraché à ses racines ».


Elle est hébergée la première semaine puis fait la connaissance d’une famille qui l’accueille à Mantes-la-Jolie. « Je leur dois énormément » déclare t-elle avec émotion en pointant du bout des doigts l’une des membres de cette famille assise au fond de la salle.

Pour Rowaida, l’intégration semble plus rude. Arrivée en 2014, les débuts sont difficiles. Passé 40 ans, la journaliste en exil comprend qu’il est compliqué de décrocher un travail et d’apprendre une nouvelle langue qui lui est inconnue. Elle dit se sentir dans les premiers temps « comme un arbre arraché à ses racines ».

Rowaida garde tout de même en tête une anecdote qui l’a fait sourire. « En France, on a besoin de faire beaucoup de papiers » s’exclame t-elle. Après un an et demi d’attente, elle fini par obtenir ses premiers papiers officiels. Par inadvertance, elle perd son sac à main quelques semaines plus tard. De quoi décrocher un vif fou rire dans l’auditorium.

Thelma CHIKWANHA s’exprimant lors de l’événement #DICI à la Mairie de Paris : regards croisés entre journalistes exilés et photographes de l’agence Magnum.

Comment se reconstruire ?

Rowaida a choisi le théâtre dès son arrivé en France. Elle est l’une des comédiennes de la pièce « X-Adra », un projet porté par Ramzi Choukair, comédien et metteur en scène franco-syrien.


Les journalistes savent où la trouver mais s’intéresse bien plus à la manière dont elle s’occupe d’un enfant plutôt qu’à son avis sur la situation au Zimbabwe.


Un décor où se mêlent témoignages de femmes, sur deux générations, passées par les geôles et la torture du régime syrien. Cette pièce est un moyen pour la journaliste de s’intégrer en France sans pour autant oublier son beau pays jalonné de problèmes politiques et sociaux. Pour elle, le théâtre est une forme de lutte. Thelma, de son côté, ne trouve pas la paix qu’elle recherchait en France. Lorsque Michel Urvoy lui pose la question de l’intégration, la journaliste débute un monologue passionnée sans laisser le temps à son interprète de traduire.

Thelma se révolte d’être une babysitter en France, elle qui a pourtant couvert des évènements majeurs tels que les élections américaines ou encore le G8. Selon elle, les journalistes savent où la trouver mais s’intéresse bien plus à la manière dont elle s’occupe d’un enfant plutôt qu’à son avis sur la situation au Zimbabwe.

Un sentiment partagé par une grande partie des journalistes en exil comme Maria Kuandika qui déclare « tels sont effectivement les secteurs les plus accessibles aux étrangers, pour ne pas dire aux réfugiés et aux migrants ».

Malgré la réintégration et la nouvelle vie qui s’offre aux journalistes, l’exil reste une blessure psychologique. Le temps apaise la douleur mais ne permet pas à ces femmes d’oublier qu’elles ont perdu leur statut pour lequel elles ont travaillé avec acharnement. La peur est définitivement présente mais l’envie d’écrire et d’informer reste plus forte. Comme le déclare Thelma, le journalisme, ce n’est pas une profession mais une vocation.

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Ghislaine Dupont, Claude Verlon et Camille Lepage : une place en leur mémoire pour honorer la liberté de la presse

Le 3 mai 2019, à l’occasion de la Journée Mondiale de la Liberté de la Presse, une place au nom des trois journalistes français Ghislaine Dupont, Claude Verlon et Camille Lepage sera inauguré dans le 2ème arrondissement de Paris. La municipalité de Paris a décidé de rendre hommage à ces trois personnalités qui se sont distinguées par leur travail journalistique et au cours duquel elles ont finalement été tuées. Un regard plus attentif sur leurs histoires inspire de nombreuses réflexions pour cette date importante consacrée à la liberté de la presse.

Ghislaine Dupont, tuée à l’âge de 57 ans au Mali aux côtés de Claude Verlon, âgé de 55 ans, a commencé sa profession de journaliste dès son plus jeune âge.

Ghislaine Dupont, une vie dédiée au journalisme

Après une spécialisation à l’Ecole Supérieure de Journalisme de Paris (ESJ) et des expériences de travail antérieures dans le domaine de l’imprimerie et des émissions de radio, Ghislaine Dupont s’est tournée vers l’Afrique, où elle avait déjà passé une partie de son enfance.

Ghislaine Dupont et Claude Vernont

Journaliste à Radio France Internationale (RFI), elle a couvert depuis les années 1990 les principaux événements de l’époque, dont la mission de l’UNITA en Angola, le conflit érythréen-éthiopien, le génocide au Rwanda, puis au Soudan, en Algérie et en Côte d’Ivoire. A travers son journalisme d’investigation rigoureux, elle a rapporté à plusieurs reprises au monde des histoires vitales et dénoncé des faits cruciaux tels que l’existence de fosses communes à Abidjan en Côte d’Ivoire. Tout en gardant son intérêt persistant pour la région africaine, entre 1997 et 2007, elle s’est installée en République Démocratique du Congo où elle a continué activement à rendre compte de la réalité politique et sociale interne tout en démarrant une série de nouveaux projets. Elle a non seulement participé à la création de la nouvelle Radio Okapi, qui deviendra plus tard le principal média d’information du pays, mais elle s’est également impliquée dans la formation de jeunes journalistes dans la région. Les années passées en République Démocratique du Congo révèlent l’engagement sans faille de Dupont à rendre compte de la réalité de manière indépendante et précise sans exception. En raison de ses activités sur les questions sensibles et de sa couverture de la campagne électorale de 2006, elle a été expulsée de la République démocratique du Congo sous le gouvernement de Joseph Kabila. Tout en essayant de continuer à couvrir les événements de la République démocratique du Congo, l’attention de Dupont s’est concentrée sur de nombreux autres sujets, dont le Mali.

La rencontre avec Claude Verlon

C’est à ce moment qu’elle croise le chemin de Claude Verlon, avec qui elle partagera le même destin cruel d’assassinat le 2 novembre 2013. Journaliste et ingénieur du son de renom, Claude Verlon est arrivé au Mali après des années d’expérience sur le terrain. Après avoir étudié à l’Ecole Nationale Supérieure Louis-Lumière et plusieurs cours du soir, Claude Verlon rentre en 1982 à Radio France Internationale (RFI) en tant qu’ingénieur du son, poste pour lequel il travaillera jusqu’à sa mort. Spécialisé dans les zones de conflit, il n’a cessé de reporter sur des pays difficiles comme l’Afghanistan, le Liban, l’Irak, la Libye et bien d’autres encore. Tout au long de son travail sur le terrain, il s’est largement fait connaître comme un journaliste talentueux, capable de faire des reportages dans les régions les plus reculées du monde. Parmi les innombrables pays et conflits dont il a été témoin, le continent africain a constitué un domaine d’intérêt majeur depuis le début de sa carrière. C’est notamment de l’Afrique et, surtout, du Mali que son dernier reportage « La crise au Nord Mali et la réconciliation » devait traiter. Cependant, à son arrivée à Kidal au Mali dans la matinée du 29 novembre 2013, sa collègue Ghislaine Dupont et lui ne savaient pas encore ce que la vie allait leur réserver quelques jours plus tard.

En effet, le 2 novembre, les deux journalistes ont été enlevés et tués par balle. Leurs corps ont été retrouvés quelques heures plus tard par des soldats français. De nombreux doutes subsistent quant aux circonstances et aux raisons de leur mort et deux enquêtes sont ouvertes au Mali et en France selon RFI Afrique. Tout en attribuant l’assassinat à des membres de l’organisation militante islamiste Al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI), de nombreux faits restent à élucider, notamment le lien entre leur assassinat et la libération des otages d’Arlit quatre jours avant leur disparition, comme le montre un reportage sur France 2.

Camille Lepage, une jeune journaliste tuée dans des circonstances non élucidées 

Similairement, aucune élucidation complète n’a encore été apportée à la mort du troisième journaliste auquel la place parisienne sera dédiée, Camille Lepage.

Après une formation académique en journalisme, elle devient une photojournaliste de renom qui s’est déplacée dans différents pays d’Afrique. Après avoir largement couvert l’Egypte et le Sud-Soudan, elle s’est installée en République centrafricaine et son travail a été publié dans des journaux internationaux de renom tels que le New York Times, The Guardian, Le Monde et The Washington Post ainsi que pour des ONG telles qu’Amnesty International et Médecins Sans Frontières. Son véritable intérêt pour la région et son penchant naturel pour le dialogue et l’écoute ont accompagné toute sa carrière journalistique qui a toujours été marquée par une ferme détermination à rapporter librement ce dont elle a été témoin sans compromis.

Camille Lepage

Elle était déterminée à faire la lumière sur des histoires qui n’étaient pas couvertes par les médias grand public, comme le rappelle un article du Washington Post, en citant ses déclarations à sa mémoire : « Je ne peux accepter que les tragédies des gens soient réduites au silence simplement parce que personne ne peut en tirer de l’argent ». Toujours au début de sa carrière et avec de nombreux autres projets en tête, la République Centrafricaine sera sa dernière destination. Le 13 mai 2014, le corps de la journaliste de 26 ans a été retrouvé par les troupes françaises de maintien de la paix dans la région occidentale de Bouar. Ses comptes Twitter et Instagram ont révélé qu’elle voyageait en moto avec une milice anti-balaka pour aller rapporter les massacres qui ont eu lieu pendant des mois dans la localité d’Amada-Gaza. Deux ans après sa mort, en 2016, en dépit d’une riche mobilisation internationale pour que les responsables de son assassinat répondent de leurs actes, l’enquête est toujours dans l’impasse, comme l’a dénoncé Reporters Sans Frontières.

Unis par le même destin inoubliable, Ghislaine Dupont, Claude Verlon et Camille Lepage ont fait preuve d’un dévouement sans faille à la cause du reportage inconditionnel sur la réalité, dont nous pouvons nous inspirer pour la récurrence de la Journée Mondiale de la Liberté de la Presse. Leurs noms sur la place nous rappellent l’importance du reportage et de l’information libres, sans lesquels le journalisme ne peut servir son but comme le souligne l’écrivain Albert Camus ; « Une presse libre peut, bien sûr, être bonne ou mauvaise, mais, très certainement, sans liberté, la presse ne sera jamais que mauvaise« .

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Niger : une démocratie souvent perturbée

15 avril 1974, le Niger est à son tour victime du virus alors répandu des coups d’états en Afrique. Le lieutenant-colonel Seyni Kountché dépose Hamani Diori. Ce dernier, père de l’indépendance, démocratiquement élu par la chambre unique du parlement nigérien est emprisonné. Il sera ensuite contraint à une résidence surveillée jusqu’en 1987. Libéré par le successeur de Seyni Kountché, il se refugie au Maroc où il meurt le 23 avril 1989. Depuis lors, Diori a été réhabilité et le Niger a alterné coups de force et démocratie.

En 2021, cet immense (1,268 millions de kilomètres carrés) pays pauvre ira aux urnes pour élire le président de la république et les députés. Ces élections se feront sans Mahamadou Issoufou l’actuel président qui selon la constitution ne peut briguer un troisième mandat. Le Niger est en chantier mais la classe politique vit au rythme de la présidentielle de 2021. Reportage à Niamey.

Au coeur des discussions à Niamey : l’élection présidentielle plutot que Boko Haram

A la sortie de l’aéroport Diori Hamani, on est tout de suite « happé » par le béton qui coule et ces ouvriers qui travaillent à la pioche et sans grande protection. Le Niger est en chantier. Notre arrivée coïncide avec l’inauguration du deuxième hôpital de référence de ce pays sans façade maritime. Le gotha de la majorité au pouvoir s’est déplacé à Maradi à des centaines de kilomètres de Niamey pour mettre officiellement en service ce joyau hospitalier, fruit de la coopération sino-nigérienne.

Cependant, l’actualité au Niger c’est surtout la présidentielle de 2021.

Dans toutes les chaumières politiques, c’est le sujet le plus débattu loin devant l’insécurité créée par les djihadistes et les dernières attaques de Boko Haram dans la région de Diffa dans sud-est du pays.

A Niamey : code électoral, article 8, Ceni, sont les expressions qui reviennent fréquemment dans le langage des politiques.

La menace des groupes djihadistes et la présence de la secte terroriste Boko haram font de l’entrée de certains endroits de Niamey, de véritables « check points ». Mais les politiques n’en n’ont vraiment cure, seules les prochaines élections sont au centre de leurs préoccupations.

Soumana Sanda, député de l’opposition

Pour l’opposition, le code électoral dans sa mouture actuelle est un détonateur qui peut mettre à mal la relative stabilité du Niger. Dans son bureau cossu de questeur de l’assemblée nationale, le député vice-président de Moden Fa Lumana, le principal parti d’opposition assène ses vérités et la stratégie de son parti : « Nous allons faire un boycott actif des élections si l’article 8 du code électoral ainsi que la commission électorale nationale restent en l’état« .

Article 8 : l’inscription sur les listes électorales au Niger

Le fameux article 8 régit l’inscription sur la liste électorale nigérienne. Son alinéa 2 interdit le vote à toute personne condamnée à un an de prison de prison, donc in extenso inéligible.

Pour l’opposition cet article vise le chef de file de l’opposition l’ancien premier ministre Hama Hamadou. Condamné par la justice du Niger à un an de prison dans la fameuse affaire de « trafic de bébés achetés », Hama Hamadou qui est en exil à Paris est considéré par les autorités nigériennes comme en fuite.

Mohamed Bazoum candidat de la coalition au pouvoir

La majorité présidentielle semble sereine face aux accusations de l’opposition. Pour Mohamed Bazoum le super ministre d’état en charge de l’intérieur et candidat officiel de la coalition au pouvoir, le processus électoral est en bonne voie. Il balaie du revers de la main les dénégations de l’opposition et soutient mordicus que l’article 8 est impersonnel et qu’il figure dans le code électoral nigérien depuis belle lurette.

Le dauphin de l’actuel Président Mahamadou Issoufou est formel : « L’article 8 existe dans le code électoral du Niger depuis 1992 et ne concerne pas la question de l’éligibilité mais celui de l’inscription sur la liste électorale« .

Le rôle fondamental du CENI

L’institution la plus contestée du Niger est sans nul doute la commission électorale nationale indépendante appelée communément par ses initiales -Ceni-. Elle pilote en amont et en aval le processus électoral.

Prise à partie avec virulence par l’opposition qui la boycotte, son président l’avocat Issaka Souna invite les uns et les autres à prendre leur place dans le processus.

Le président de la CENI au Niger – Maitre Issaka Souna

Pour cet ancien ministre de la justice il est clair que « le code électoral n’est pas exempte de critique mais toutes les corrections sont entrain de se faire pour que tout le monde participe au processus« .

Au Niger les autres acteurs et observateurs de la vie politique notamment la société civile ne sont véritablement pas intéressés par l’article 8 du code électoral. Pour Nouho Arzika le coordinnateur de la coalition des associations de la société civile seule la Ceni pose problème du fait de sa prise en otage par les partis politique.

La Ceni actuelle ne remplit pas les conditions morales et éthiques pour rassurer les gens de faire confiance au travail de cette institution‘.

madame Barry

Les femmes nigériennes suivent de près le processus électoral en cours au Niger. La conférence nationale de 1991 a fait découvrir une catégorie de femmes leadeures. Maitre Barry Bibata, ancienne ministre et première femme gouverneure de Niamey en fait partie. Ayant réussi une belle reconversion au barreau de la capitale nigérienne, elle résume l’engagement des femmes nigériennes : « Nous avons dit aux femmes que non seulement vous pouvez être électrices mais vous pouvez être aussi des élues« .

Tout ce beau monde a pourtant un cadre permanent de discussion et de concertation: le conseil national de dialogue politique -Cndp- dirigé par le premier ministre et dont le secrétaire permanent El Hadji YahayaGarba dit José est un patron de presse réputé. Au Niger la succession de Mahamadou Issoufou est enclenchée et le processus est irréversible… 

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Bureau de l’Assemblée nationale : la coalition FCC-CASH fête-t-elle la victoire d’une éléction ou d’une cooptation?

C’est au soir du mercredi 24 avril 2019 que la coalition au pouvoir Front Commun pour le Congo (FCC) et Cap pour le Changement (CACH) se sont réunis au Kempiski Fleuve Congo Hôtel, pour célébrer la victoire à l’élection. Nous pouvons aussi reformuler, ils fêtaient la cooptation de leurs nominés au bureau de l’Assemblée nationale, c’est selon.
Bien que tous les membres du bureau définitif soient connus, l’opinion retiendra qu’il n’y a pas eu de vote à l’Assemblée nationale mais plutôt une cooptation à des différents postes de ce bureau. En effet, une élection selon la définition simple du dictionnaire français, implique un choix parmi deux ou plusieurs candidats. Mais ce qui s’est passé au palais du peuple n’a rien d’une élection, se plaint un député de l’opposition et la population congolaise en général éparpillés à travers le monde.
 
« C’est comme si je mettais un téléphone sur la table et je vous demandais de choisir un téléphone. Avez-vous un autre choix que celui qui est sur la table? », s’interroge le député national de l’opposition Daniel Safu qui a boycotté, selon ses propres termes, ce scénario de mauvais goût qui, malheureusement, toujours selon lui, a eu curieusement la bénédiction de l’UDPS, parti qui s’est longtemps battu pour la démocratie!
 
« Nous avons vu la candidature de notre collègue Henri Thomas Lokondo recalée sans raison valable par une peur bleue de perdre alors qu’on se dit être majoritaire. Sans honte, on nous parle d’une motion politique non réglementaire. Mais ce qui nous choque, c’est de voir que le bureau provisoire de l’Assemblée nationale était conduit par un élu de l’UDPS qui n’a su résister à la pression de la machine FCC. Le FCC est dirigé par l’ancien président Joseph Kabila dont sa main mise rode toujours à la tête du pays, la désormais nouvelle majorité présidentielle », a déclaré un autre membre de la société civile congolais.
 
Interrogé à ce sujet, un observateur de la politique congolaise regrette que l’UDPS se soit livré à ce jeu malsain antidémocratique orchestré par le FCC ; comportement ayant caractérisé toutes ses législatives entre 2006 et 2011.
 
Comparant le passage en force qu’il y a eu à l’Assemblée nationale à la situation qui se passe au Sankuru avec l’élection du gouverneur et vice- gouverneur, et où toujours un candidat du FCC veut être l’unique candidat à cette élection, l’interlocuteur de la société civile ne s’est pas empêché de parler de la « Sankurusation » du bureau de l’Assemblée nationale.
 
La classe politique du monde entier ainsi que la population congolaise en particulier ne cesse de se poser cette question, à savoir si monsieur le Président Félix Antoine Tshisekedi sera-t-il en mesure de rompre l’impunité et sauver la liberté d’expression et de l’opinion? Un combat qui a coûté la vie à plusieurs journalistes, activistes des mouvements citoyens et de l’opposition congolaise!
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Élections en République Démocratique du Congo et banditisme d’Etat

[ÉLECTION PRÉSIDENTIELLES] C’est fait. En dépit de l’éclat de la vérité des urnes, aperçu jusqu’aux extrémités de la terre, Kabila a opté pour le mensonge. Un mensonge cousu de fil blanc que seuls les schizophrènes « kabilistes » et une partie du peuple berné semblent ne pas voir. L’installation au sommet de l’Etat de Tshisekedi, ventre mou de l’opposition, en lieu et place de Fayulu, véritable vainqueur des élections, est une honte pour toute l’Afrique.