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Al-Assad a pendu mon ami créatif Bassel Khartabil

[Par Shiyar KHALEAL]
Traduit de l’arabe par Hicham MANSOURI, en collaboration avec Marie Angélique INGABIRE

Pour télécharger la version anglais, cliquez ici 

Bachar Al-Assad continue à émettre des décrets depuis son palais, situé dans le centre de Damas, en condamnant à mort les syriens. Malgré les meurtres et les destructions, les dirigeants du monde insistent sur le fait qu’Assad est le seul garant d’une solution politique en Syrie.
Oui, il continue à exécuter mes amis l’un après l’autre. Le plus récent fut Bassel Khartabil, (alias Bassel Al Safadi). Né le 22 mai 1981 à Damas, il était ingénieur et développeur de logiciels mondiaux et a été classé 9ème des penseurs les plus influents au monde en 2012 par le magazine américain Foreign Policy grâce à son insistance pour une révolution pacifique syrienne dans toute circonstance.

Sa femme, Nora Ghazi, a reçu la nouvelle de son exécution, deux ans après sa disparition de la prison centrale d’Adra. Elle a annoncé sa mort sur sa page personnelle Facebook avec les mots suivants:
« Il est difficile de trouver des mots alors que je suis sur le point d’annoncer, au nom de la famille de Bassel et de moi-même, la confirmation de l’exécution de mon mari Bassel Al Safadi, tué quelques jours après son enlèvement de la prison Alwakala en Octobre 2015.
Ceci est la fin qu’a méritée un héros comme lui.

Merci d’avoir tué mon amour.
J’étais la mariée de la révolution à cause de toi.
Et, à cause de toi, je suis devenue veuve.
C’est une perte pour la Syrie.
Et c’est la perte de la Palestine.
Ceci est ma patrie… quelle perte ! »

La nouvelle de l’exécution de Bassel, arrêté par les forces de sécurité syriennes le 15 mars 2012, soit quelques jours après son union avec l’avocate et la défenseuse des droits humains Noura Ghazi, fait partie des milliers de cas de meurtres quotidiens commis par Assad. C’est même ce dernier qui a libéré au cours des dernières années le leader islamiste Hassan Soufane qui dirigeait, au moment de l’exécution de Bassel, le groupe islamiste Ahrar Al Sham.

Bassel, le palestino-syrien, ex-directeur technique de la société Al-Aws Publishing et initiateur d’un projet en faveur de l’organisation Creative Commons en Syrie, est connu pour ses contributions aux différents projets dont Mozilla Firefox, Wikipedia, et de nombreux projets open-source. Il fut précurseur du service d’Internet lancé en Syrie et de la diffusion du savoir au large public syrien. Son dernier chef d’œuvre a été le travail sur une image tridimensionnelle de la ville antique de Palmyre détruite par Daesh.

La plupart des experts européens et américains expliquent son arrestation par son travail volontaire toujours non-violent. Il s’agit, par son élimination, de limiter l’accès des syriens aux communautés électroniques et réprimer la liberté d’expression en flagrante violation aux articles 9, 14 et 19 du Pacte International relatif aux droits civils et politiques, ratifié par la Syrie en 1969.

J’ai fait la connaissance de Bassel avant la révolution syrienne, lorsqu’il est venu, en compagnie du directeur de Firefox Mozilla, développer des logiciels en Syrie.

Mais jamais je ne m’attendais à le rencontrer derrière les barreaux des prisons syriennes connues pour leur barbarie et cruauté. Je l’ai rencontré le 6 juin 2013 alors qu’on me transférait des geôles de la sécurité d’Al-Assad à la prison centrale d’Adra. Il était debout derrière les barreaux de la cellule N° 703. Je lui ai demandé :
– Vous êtes bien Bassel ?
– C’est Vous Shiyar ? Je vous attends depuis longtemps !

Depuis ce moment, et durant huit mois, j’ai fait la connaissance de Bassel – l’humain, l’artiste et le penseur. Il a été l’un des rares prisonniers que j’ai rencontrés en prison, ayant dans son corps le cœur d’un enfant. Il vous considérait comme un humain avant de s’attarder sur qui vous êtes et ce que vous faites.

Par la suite, j’ai pris connaissance des projets créatifs de Bassel y compris ceux dessinés en prison. Il m’a parlé de son projet de Palmyre. Il espérait être libéré afin de l’achever. Il dormait peu et écrivait trop : des idées mais aussi des poèmes à Noura qu’il a beaucoup aimé et avec laquelle il s’est marié officiellement derrière les barreaux pour manifester au monde entier que l’amour est plus fort que la répression.

La liberté a été sa seule préoccupation. Il a été contre toutes les opérations militaires menées dans le pays. En prison, il s’opposait à tuer les insectes dans nos cellules sombres. Il a mené plusieurs fois des grèves de la faim. Il écrivait chaque jour à sa femme en lui envoyant des poèmes. Il disait toujours que la liberté a un prix et qu’un jour nous sortirons pour vivre plus librement, malgré le fait qu’il était faussement accusé d’espionnage au profit d’un état ennemi, « Israël »,

Avec sa pensée, Bassel se promenait pour visiter les 10.000 détenus dans la prison d’Adra. Il aidait les nouveaux, les consolait et leur demandait de continuer d’aimer, car l’amour est plus fort que tous ces régimes dictatoriaux. Il était étroitement lié à sa bague de mariage. A chaque fois qu’on annonçait des transferts vers Sednaya, il enlevait sa bague et nous demandait de la remettre à sa femme. On voyait la peur sur son visage mais il continuait ses activités. Avec amour, il a gravé ses mots sur ses blocs-notes avec tous les objets qui tombaient sous sa main pour devenir un martyr. Un amour et des paroles qu’on continue à diffuser à travers les médias du monde entier.

En dépit de son incarcération, Bassel a remporté le Prix pour l’indice de 2013 sur la censure de la liberté numérique. Via Dana Trometer et John Phillips, qui ont reçu le prix à sa place, il a pu exprimer sa gratitude à toutes les victimes de la lutte pour la liberté d’expression.

En 2015, Bassel fut transféré dans un lieu inconnu. Nous ne savions pas que la destination était un nœud de pendaison qui allait entourer son cou juste parce qu’il était créateur d’un monde libre. Malgré toutes les campagnes internationales de soutien à ce prophète de l’amour et de la liberté, ni Assad ni personne d’autre ne s’est soucié. C’est ainsi qu’a été tué un de mes amis don j’espérais la contribution à la construction d’un Etat citoyen pour tous les syriens.

Bassel nous a quittés, nous laissant les mots de Martin Luther King disant que « personne ne peut monter sur votre dos tant que vous vous tenez droit ». Oui, ils ont tué Bassel devant les regards de tous les dirigeants du monde entier. Par cet assassinat, Al-Assad a envoyé un message disant « je suis le seul assassin de ce pays. Je tue les penseurs et les créatifs et je libère les islamistes qui transformeront la révolution syrienne à des crimes ».

 

 

Lettre ouverte d’un citoyen syrien au Président Macron

[Par Shiyar KHALEAL]

J’ai fait partie des optimistes satisfaits de voir la France désormais dirigée par un jeune Président, appartenant à une génération qui croit en la Liberté et en la Démocratie.
J’étais également content de voir des jeunes entrer dans la vie politique à l’occasion des élections législatives. Mais hélas, la déception fut grande quand le Président Emmanuel Macron a déclaré qu’il ne voyait pas d’alternative légitime au Président syrien Bachar Al-Assad et que la France ne considèrait plus son départ comme une condition en vue de résoudre le conflit en cours depuis six ans.

Emmanuel Macron et Bachar Al-Assad

Monsieur Macron a ajouté que le Président syrien est un ennemi de son peuple… mais pas un ennemi de la France et que la priorité de la France consiste à s’engager totalement dans la lutte contre les groupes terroristes et faire en sorte que la Syrie ne devienne pas un État défaillant.

Ces déclarations nous m’ont surpris comme ceci a été aussi le cas pour beaucoup de mes concitoyens, lesquels ont fui la brutalité du régime syrien, choisissant de partir vers des pays qui leur offrent une vie de dignité et de liberté.

Comment peut-on penser qu’un chef d’Etat, comme Al-Assad, peut apporter la Justice aux Syriens ? C’est ce même régime qui m’a privé de libertés pendant plus de deux ans à cause de mon travail médiatique et critique à l’égard du Régime en place. Comment, à partir de là, puis-je faire confiance en la justice de Bachar alors qu’il a également tué et poussé à l’exil ses concitoyens en les bombardant notamment à l’aide d’armes interdites telles que des armes chimiques ?

Les déclarations du Président français peuvent apparaître comme une façon de préserver des relations équilibrées entre la France et le monde, y compris la Russie. Mais, sachez Monsieur le Président, que vos déclarations, constituent une grande injustice aux yeux des Syriens qui se sont rebellés contre leur tyran.
Dans le même temps, des forces islamiques se sont affirmées dans la violence et la mort… et Al-Assad a été le premier à les encourager en libérant des détenus fanatisés, lesquels ont décidé de participer à des milices destructrices.

L’une de nos priorités, nous Syriens, passe aussi par la lutte contre Daesh. L’Etat Islamique a tué nos familles en collaboration avec Al-Assad face à une opposition politique syrienne malheureusement peu efficace.
Comment pouvons-nous faire confiance, Monsieur le Président, à Al-Assad, qui maintient en prison plus de 300.000 personnes ?

Monsieur le Président, nous comprenons les intérêts qui sont ceux de la France. J’espère, néanmoins, en tant que Kurde Syrien résident en France, que vous figurerez parmi ceux qui sauront nous rendre justice.
La Révolution française a duré de longues années, avant d’aboutir un Etat fort de sa Démocratie. Au regard de cette Histoire exemplaire, nous espérons que vos prises de positions futures vont contribuer à rendre justice aux Syriens en favorisant l’émergence d’un Syrie nouvelle enfin respectueuse de ses citoyens.

 

 

Les prisonniers syriens d’Assad mettent tous leurs espoirs dans la justice européenne

[Par Shiyar KHALEAL]

Traduction de l’arabe par Liz ALSHAMI

« L’abattoir humain » est le titre d’un rapport publié par Amnesty International qui relate des actes de pendaisons collectives et d’extermination planifiée à grande échelle.

«En tant qu'ancien détenu, le terme d'abattoir est le seul approprié pour qualifier les crimes commis dans les prisons d'Assad.» Shiyar KHALEAL, groupe de travail pour les Détenus syriens

«En tant qu’ancien détenu, le terme d’abattoir est le seul approprié pour qualifier les crimes commis dans les prisons d’Assad.» Shiyar KHALEAL, groupe de travail pour les Détenus syriens

Saidnaya est un village en majorité chrétien dans la campagne de Damas où on trouve 21 monastères, 40 églises et une seule prison militaire. Dans cette prison, selon le rapport, sont pratiqués par le régime syrien des égorgements systématiques de civils au seul motif d’avoir pensé à s’opposer au régime ; depuis 2011, y ont été pratiquées des milliers d’exécutions sommaires sans autre forme de procès , sous forme de pendaisons collectives de nuit exécutées par d’autres prisonniers et dans le plus grand secret , parallèlement à des privations de nourriture, d’eau, de médicament et de soins médicaux, les cadavres étaient transportés dans des fosses communes dans la campagne de Damas avec la bénédiction du régime.

Une extermination collective égale à des crimes de guerre, selon les critères du Statut de Rome créant la Cour Pénale Internationale, se déroule au cœur de la capitale syrienne et sous le commandement d’hommes du régime de Bachar Al Assad, des meurtres de la pire espèce se pratiquent au vu et au su de tout le monde dans un silence assourdissant de la part des forces et instances internationales.

Dans cet abattoir humain, les exécutions sont ordonnées, selon le rapport d’Amnesty, par des responsables de haut niveau, avec l’approbation du grand mufti et sur injonction du ministre de la défense ou du chef d’état-major de l’armée, tous les deux mandatés pour agir à la place de Bachar Al Assad, le procureur général d’un tribunal d’exception signe aussi les ordres d’exécution ainsi qu’un représentant des organes sécuritaires; de même, une commission composée d’officiers, de fonctionnaires pénitentiaires et de représentants médicaux, dirige personnellement l’exécution des condamnations .

Selon des témoins, le rapport parle de 13 000 personnes exécutées sans jugement à Saidnaya, entre septembre 2011 et décembre 2015.

Les cordes des potences ne pouvant pas venir à bout des enfants à cause de leur petite taille, le bourreau est obligé de tirer leurs corps vers le bas pour les achever, ils partent dans l’au-delà où Jésus prononce leur éloge funèbre, oui, dans ce tombeau collectif il y a des milliers d’âmes qui continuent à souffrir et attendent un geste de ce monde incapable d’arrêter cette machine de mort.

Le rapport d’Amnesty est un des plus importants rapports, il atteste des meurtres de civils perpétrés par Al Assad, grâce à des témoins oculaires qui étaient sur place et ont échappé à la guillotine et à la mort promise. Face à ces preuves éloquentes, verrons-nous une réaction de l’opinion publique internationale dans le but de traduire la tête du régime syrien et ses sbires devant des tribunaux internationaux ou bien le monde se contentera de verser quelques larmes et de refermer le dossier, comme a été refermé le dossier «César» documenté par des milliers de photos de civils tués par la même machine de mort ? En tant qu’ancien prisonnier dans les geôles du régime, emprisonné pour avoir fait mon travail de journaliste opposant à Al Assad, j’ai vu des centaines de meurtres et je suis hanté par leurs âmes, ici dans cette belle ville qu’est Paris, et j’attends que toute l’Europe rende justice aux Syriens.

Les Syriens, dans toutes leurs composantes, demandent instamment au monde et aux organisations civiles des droits de l’homme d’agir vite pour mettre un terme aux crimes, ces crimes et emprisonnements de la part d’Al Assad sont la cause directe de la fuite des populations civiles qui se réfugient en Europe, les revendications des Syriens sont simples : comme tous les pays européens, ils demandent un État civil où sont respectés toutes les libertés et tous les droits et où règnent la justice et l’équité.

13000 personnes ont été pendues entre 2011 et 2015. La plupart d'entre elles étaient des civils. Et ces massacres de masse vont jusqu'à plus de 50 personnes pendues par semaine ©Working Group for Syrian Detainees

13000 personnes ont été pendues entre 2011 et 2015. La plupart d’entre elles étaient des civils. Et ces massacres de masse vont jusqu’à plus de 50 personnes pendues par semaine ©Working Group for Syrian Detainees

– Laisser entrer immédiatement des observateurs internationaux pour répertorier les cas de détention et de disparition forcées dans les prisons du régime syrien, prioritairement dans la prison militaire de Saidnaya (l’abattoir humain) et les autres prisons, branches des services de Sécurité comprises.

– Exiger la fin des condamnations à mort quotidiennes.

– Ouvrir une enquête internationale et traduire devant les tribunaux les responsables de ces massacres et de ces tortures dans les geôles syriennes.

– Exiger la libération immédiate de tous les détenus, en particulier les femmes et les enfants.

L’Europe, en tant que grande puissance, sera-t-elle capable de rendre justice aux Syriens ou bien le vent emportera-t-il toutes ces souffrances et la ville de Jésus, « Saidnaya », continuera-t-elle à être témoin des larmes et des gémissements ?

 

 

A Bruxelles, The Working Group for Syrian Detainees lance un plan d’action pour les détenus syriens

[Par Shiyar KHALEAL]

Traduction de Johanna GALIS

A l’origine de la création de The Working Group for Syrian Detainees (le Groupe de Travail pour les Détenus Syriens), l’initiative de plusieurs activistes et journalistes d’origine syrienne, dont Shiyar Khaleal et Sakher Edris. C’est en obtenant en avril dernier des informations de Syriens détenus dans différentes prisons du pays, par le biais de téléphones mobiles, qu’ils apprirent grâce à eux que des détenus politiques de la prison centrale d’As Swayda, à tire d’exemple, allaient être exécutés.

Pendant la réunion à Bruxelles ©Sakher EDRIS

Pendant la réunion à Bruxelles © Sakher EDRIS

D’où la création par la suite d’un groupe Facebook, The Working Group for Syrian Detainees, qui se fit en quelque sorte lanceur d’alerte sur le sort des détenus politiques en Syrie, et puis par extension, sur les conditions d’emprisonnement des Syriens.
De nombreux médias français, allemands et britanniques, dont la chaîne britannique Channel 4, firent pression sur la Syrie suite à la divulgation de ces informations, et par conséquent les exécutions de détenus politiques prirent fin. Le groupe prit de l’importance et se fit remarquer de certaines figures clé de la politique européenne.

Retour sur une rencontre-clé entre Bruxelles et une délégation du groupe
Une délégation de The Working Group for Syrian Detainees (le Groupe de Travail pour les Détenus Syriens) vient d’achever une visite de deux jours à Bruxelles pendant laquelle ils rencontrèrent des représentants des Etats membres de l’Union Européenne, des officiels de l’Union Européenne, ainsi que des membres du Parlement Européen. Ils les pressèrent d’établir de nouvelles règles concernant une nouvelle politique de l’Union Européenne sur le sort des détenus Syriens.

« Notre but premier est celui de soulager les souffrances du peuple syrien », souligna le porte-parole du groupe Sakher Edris. « Pendant nos réunions nous exhortons nos amis européens à protéger les civils de Syrie et à user de leur poids politique sur la Russie et l’Iran pour mettre sous pression le régime d’Assad afin que soit décrété un moratoire sur tous les ordres d’exécution pour ainsi permettre à des dispositifs de contrôle internationaux d’avoir accès à tous les équipements de détention. Le régime d’Assad n’a pas pris de réels engagements pour libérer les détenus. Nous avons répété pendant nos réunions à Bruxelles que l’Union Européenne doit faire pression sur ceux qui détiennent illégalement des civils syriens ».

Des milliers de Syriens innocents sont détenus et torturés dans des centres de détention d’Assad en Syrie. Cette souffrance et les attaques quotidiennes discriminantes contre les civils participent vivement à la crise des migrants en Europe et affectent l’équilibre mental de Syriens qui ont fui leur pays pour leur propre sécurité.

La torture et la mort, une routine dans les prisons syriennes ©Aljazeera.com

La torture et la mort, une routine dans les prisons syriennes ©Aljazeera.com

Il fut aussi abordé le besoin de former des tribunaux locaux et internationaux en dehors du Conseil de Sécurité pour poursuivre les attaques en justice d’anciens détenus résidant en Europe portant sur les services de sécurité syriens, et mettre une forme de pression sur le veto Russe-Chinois.

« L’Europe est l’un des précurseurs de la crise syrienne », rajouta M.Edris. « Nous avons fait la demande d’une mécanique de compensation  qui serait dirigée par l’Union Européenne pour les familles des détenus qui ont fui la Syrie. Dans ce cadre-là nous accueillons l’engagement de ceux que nous avons rencontré au Parlement Européen afin de soutenir nos appels pour un réel progrès sur le dossier des détenus en Syrie. Nous avons aussi appelé l’Union Européenne à l’établissement d’un Tribunal Spécial pour la Syrie afin d’apporter dans ce pays la justice et le sens de responsabilités dont il aurait tellement besoin ».

Il s’en suivit finalement une discussion sur le plan d’action qui prendra forme dans les prochains jours sur l’appel de l’Union Européenne à progresser sur la cause des détenus Syriens, ainsi que sur de nombreux autres points appartenant à la situation des détenus à l’intérieur des centres de détention.

A propos du Working Group for Syrian Detainees

Le Working Group for Syrian Detainees (Le Groupe de Travail pour les Détenus Syriens) est un groupe qui fait partie de la société civile syrienne, qui se concentre sur les abus et les violations contre les détenus en Syrie, et qui informe sur les détenus et leurs dossiers à l’intérieur de nombreux centres de détention. Il suit l’état moral et psychologique des détenus après leur libération pour les aider à s’intégrer positivement dans la société.

L’appel de Shiyar Khaleal, porte-parole de « Détenus d’abord » : « Les syriens méritent un futur libre de toute tyrannie »

13173116_1204431332902910_4281646736751400093_o[Par Shiyar KHALEAL]

Je me considère chanceux d’avoir survécu à l’épreuve de l’emprisonnement dans un des centres de détention de Bachar el-Assad. Depuis le début de la révolution Syrienne, en mars 2011, des centaines de milliers de personnes innocentes ont été arrêtées et retenues illégalement pour les mêmes motifs que ceux pour lesquels j’ai été accusé : la recherche de la liberté, de la démocratie et d’un gouvernement qui puisse rendre des comptes à son peuple. La vaste majorité de ceux qui ont été arrêtés n’ont pas survécu à leur détention et ne sont en conséquent pas capables de rapporter toutes les horreurs qu’ils ont vues et expérimentées. Et pour chaque personne tuée lors d’une incarcération, des milliers d’autres languissent dans une captivité où elles passent par la famine, la torture, et trop souvent par la violence sexuelle. L’ancien chef procureur de la Cour spéciale de Sierra Leone, Desmond Lorenz de Silva, a comparé la torture à l’intérieur des prisons d’Assad à « du meurtre à échelle industrielle »

Tandis que l’attention du monde se porte sur l’issue de l’élection des Etats-Unis, le 16 novembre j’ai voyagé à Bruxelles avec une délégation d’avocats défenseurs des droits humains des Syriens, ainsi que des anciens détenus pour rencontrer des diplomates européens d’expérience. Notre message est clair : appeler l’Europe à devenir un véritable partenaire moral du peuple Syrien et paver la route pour une nouvelle approche compréhensive de la Syrie. C’est aujourd’hui encore plus important étant donné le résultat des élections américaines. Notre délégation à Bruxelles porte la responsabilité d’être la porte-parole de tous ceux qui ont péri en détention. Ces personnes sont toutes une sorte de rappel constant de pourquoi nous, Syriens, sommes tout d’abord venus dans les rues, et pourquoi notre révolution perdure.

Les efforts pour assurer la libération des détenus sauveront des vies et aideront à débloquer certains efforts pour atteindre une solution politique. Le peuple syrien a demandé à de nombreuses reprises de libérer ces détenus dans l’optique de reconstruire une certaine confiance. Accomplir des progrès sur le dossier des détenus demeure un moyen de recommencer des négociations significatives pour une transition politique.

La justice et la paix en Syrie apporteront aussi plus de sécurité en Europe. La crise des migrants et la montée des attaques terroristes montre que l’Europe n’est pas isolée de la crise en Syrie. Cependant, ni le terrorisme ni la crise des migrants ne seront résolus sans réelle responsabilité de la Syrie. Sans des pas concrets pour s’occuper de la culture de l’impunité en Syrie, il y a un risque sérieux de voir le peuple syrien perde espoir en des principes tels que ceux des droits humains internationaux et la loi humanitaire. Un tel environnement ne fera qu’attiser le conflit.

C’est donc dans l’intérêt de l’Europe de s’assurer des conséquences des violations de ces droits humains et de mener des nouveaux efforts pour libérer tous les Syriens détenus sans aucuns droits. Il y a des pas concrets que l’Union Européenne peut faire pour garantir la justice et la responsabilité du peuple Syrien. Par exemple l’Union Européenne et ses Etats membres devraient mener un effort dans l’Europe et dans l’assemblée générale des Nations Unies pour que soient mis en place des dispositifs d’aide et de contrôle internationaux, tels que le Comité International de la Croix Rouge, pour avoir un accès immédiat à toutes les installations de détention syriennes, incluant des installations secrètes contrôlées par des milices étrangères. Comme l’horrible portrait de César le dépeint, certaines des formes les plus sévères de « justice » d’Assad sont distribuées avec une régularité intimidante dans ces installations mêmes, avec des détenus systématiquement sujets au viol, à la torture, à la famine, à la suffocation, et à des blessures par balle.

Tandis que la responsable des affaires étrangères de l’Union Européenne Federica Mogherini intensifie son engagement régional, nous l’appelons à pousser le régime – ainsi qu’à ses maîtres à Moscou et Téhéran – à suspendre tous les ordres d’exécution dans les centres de détention. Les auteurs de kidnapping, de torture et d’exécution de personnes innocentes doivent être tenus pour responsables. Cette responsabilité n’aidera pas seulement la volonté des victimes d’obtenir justice, mais elle empêchera d’autres crimes d’être commis dans le futur, sur le court terme et aussi dans l’optique d’apaiser la violence actuelle.

L’Europe a une longue et vénérable histoire en ce qui concerne son soutien aux efforts mis en place pour accomplir une justice qui fasse transition pour les victimes de crimes de guerre. Elle sert d’hôte à la Cour Criminelle Internationale, la Cour Internationale de Justice, ainsi qu’à d’autre tribunaux mis en place pour assurer la justice envers des victimes de crimes de guerre. Il est temps pour l’Europe de montrer ces mêmes qualités de leader dans sa recherche active pour protéger et apporter de la justice à tous les Syriens. Ceci doit être un message univoque de la part des dirigeants européens au président fraîchement élu Trump.

Les Syriens méritent un futur où ils puissent vivre en sécurité, libres de toute tyrannie et de la peur de bombes lancées à tort et à travers. Mais tant que des centaines de milliers de Syriens sont détenus illégalement, aucun Syrien n’est libre. C’est pourquoi nous avons besoin de l’Europe pour se mettre debout et assurer le fait que ceux qui sont responsables des abus et des tortures à l’intérieur des prisons Syriennes seront traduits en justice. Une responsabilité et une justice de transition sont des éléments essentiels pour garantir une Syrie libre pour tous les Syriens.

 

Traduction par Johanna Galis.

 

 

Grève de la faim de jeunes syriens à Paris en réaction aux bombardements du régime et de la Russie

[Par Shiyar KHALEAL]

Un groupe de jeunes syriens indépendants a entamé une grève de la faim ouverte à Paris, pour condamner les bombardements du régime syrien et de la Russie sur les zones habitées par des civils à Alep et dans le reste des provinces.

Un groupe de jeunes syriens a entamé une grève de la faim Place de la République, pour condamner les bombardements du régime syrien et de la Russie à Alep Crédits photo : Shiyar Khaleal

De jeunes syriens en grève de la faim, place de la République à Paris, en réaction aux bombardements du régime et de la Russie à Alep
Crédits photo : Shiyar Khaleal

Réunis place de la République à Paris pour transmettre la douleur de leur peuple et les souffrances causées par les massacres en cours dans leur pays, les syriens, qui ont commencé ce mouvement le 25 septembre 2016, et qui continuent quotidiennement, ont été rejoints par un certain nombre de français solidaires à la révolution syrienne.

Dans la déclaration intitulée « grève du sang », les jeunes grévistes syriens partagent plusieurs demandes et rappellent que le sang des civils est sacrifié depuis 5 ans dans un bilan qui a atteint 500 000 morts, dont des milliers de femmes et d’enfants ainsi que plus d’1 million de blessés à vie par cette machine de guerre.

Un groupe de jeunes syriens ont entamé une grève de la faim Place de la République, pour condamner les bombardements du régime syrien et de la Russie à Alep Crédits photo : Shiyar Khaleal

Crédits photo : Shiyar Khaleal

La déclaration dénonce également la pluie de barils de TNT lancée par le régime sur les villes syriennes, les transformant en un laboratoire expérimental pour armes russes non conventionnelles.

Face au massacre de centaines de personnes par jour devant l’aveuglement et le silence du monde entier, cette grève de la faim à pour but d’appeler la Communauté Internationale à faire une grève du sang syrien et d’exiger l’arrêt immédiat des bombardements sur les civils.

Les organisateurs de cette grève ouverte, invitent tous les syriens en Europe et à travers le monde à rejoindre le mouvement sous la même bannière et exiger de la Communauté Internationale une « grève du sang » syrien. « Parce le sang syrien est un, que le tueur est un aussi, et qu’il massacre les syriens par tous les moyens (arrestations arbitraires, tortures, exécutions, bombardements…), nous appelons tous les syriens à travers le monde à la grève de la faim afin d’interpeller la Communauté Internationale et d’exiger d’elle la « grève du sang » syrien, en faisant pression sur la Syrie et la Russie pour arrêter le massacre de civils innocents ».

Crédits photo : Shiyar Khaleal

Crédits photo : Shiyar Khaleal

« Rejoignez cet appel qui réclame justice pour la cause syrienne ! Les syriens, aujourd’hui, défendent et réclament le droit à la vie sur cette terre millénaire sur laquelle s’est construite la civilisation humaine. Ils défendent leur droit de vivre en paix dans ce monde. »

Il est à noter que cette grève ouverte est accompagnée d’autres activités de sensibilisation, et en collaboration avec plusieurs grévistes syriens établis en Suède.

Le village du monde de la Fête de l’Humanité : un endroit hors du monde

[Par Nahed BADAWIA]

La fête de l’Humanité est un événement organisé tous les ans par le journal L’Humanité au cours du second week-end de septembre. C’est une fête politique où le Parti communiste français et les divers groupements de gauche sont fortement représentés. La fête de l’humanité comprend des activités politiques ainsi que de nombreuses activités culturelles et de divertissement. Chaque année, la fête de l’Humanité accueille plus d’un demi-million de visiteurs.

Le « village du livre »

Il accueille des centaines d’écrivain venus dédicacer leurs ouvrages et des dizaines de débats. Le débat le plus important cette année était par l’écrivain Bernard Thibault qui persiste et signe à la Fête de l’Humanité : « La troisième guerre mondiale est sociale » le titre de son ouvrage connu.
Bernard Thibault, l’ancien secrétaire général de la CGT et désormais membre du conseil d’administration de l’organisation internationale du travail (OIT), a dit « La moitié de la population active ne dispose pas d’un contrat de travail et 168 millions d’enfants sont des travailleurs ». Son opinion est aussi que c’est la responsabilité des firmes multinationales, mais aussi de l’Union Européenne, du FMI, de l’OMC, du G20, de la Banque mondiale.
Le village du monde: un endroit hors du monde
L’idée de ce village du monde est une très belle idée, parce qu’on peut voyager d’un pays à un autre et d’un continent à un autre dans un même territoire sans frontières. Le village du monde est un espace dans la fête où on peut parler, discuter, débattre, danser, déguster les variétés des repas traditionnels de par tout le monde, ensemble, en communion.
Mais la majorité des débats cette année 2016 se sont passés hors du monde. Il n’y avait aucun débat autour des deux pays, la Syrie et l’Iraq, alors qu’ils sont au cœur de l’actualité.
Les débats dans  » La scène des luttes internationales » étaient:
1- UE, Otan, Russie : les Etats d’Europe de l’est et du Nord ont-ils tué l’idée de maison européenne commune ?
2- Traités de libre-échange : vers la fin du consensus néolibéral en Europe et aux États-Unis ?
3- Libérez Marwan Barghouti
4- La poussée des nationalismes est-elle irrésistible en Europe ?
5- Soirée de solidarité avec le Brésil
6- Pourquoi la France a choisi l’Arabie Saoudite comme alliée ?
7- Comment combattre Daech ?
8- Le continent africain face à la justice internationale
9- Après le coup d’Etat contre la présidente Dilma Rousseff, quelles perspectives pour la gauche brésilienne ?
Chercher ailleurs dans les petits stands

© Nahed BADAWIA

© Nahed BADAWIA

Juste quand on est arrivé à la fête de l’humanité on s’est trouvé plongés dans une manifestation pour la Palestine et les manifestants créaient: Palestine vivra, Palestine vaincra. Et on a partagé avec eux en criant ce slogan.

Nous sommes arrivés au stand du  Parti des travailleurs du Kurdistan avec les photos de son président, Abdullah Öcalan, et les panneaux pour revendiquer sa libération.

La responsable politique de leur stand , Perssim Sarhat, a répondu à nos questions (traduites du kurde par Shiyar KHALEAL):

Nahed Badawia:  Pouvez-vous nous expliquer pourquoi vous participez à la Fête de l’Humanité?

Perssim Sarhat :  Il y a une guerre en Kurdistan et nous on est là pour diffuser les concepts des droits humains, pour expliquer la question kurde, et pour lutter pour la libération de  Abdullah Öcalan. D’ailleurs en ce moment il y a une guerre en Rojava ou on participe contre Daech

Nahed Badawia: Que veut dire Rojava?

© Shiyar KHALEAL

© Shiyar KHALEAL

Perssim Sarhat :  C’est la Syrie »

Nahed Badawia :  Mais on dit Syrie, non? »

Perssim Sarhat : Je parle du Kurdistan de l’est.

Nahed Badawia : Participez-vous en tant que parti PKK dans cette guerre?

Perssim Sarhat : On soutient les Kurdes partout dans leur guerre; donc oui on participe à cette guerre.

Nahed Badawia : Et en Irak et en Iran?

Perssim Sarhat : Tous les kurdes sommes frères partout et en Iran il y a une organisation militaire « pjak » nous  la soutenons quand elle a besoin.

Nahed Badawia : Votre parti est contre Erdogan, pourquoi vous n’avez pas soutenu le putsch contre lui?

Perssim Sarhat : Notre parti n’était pas avec les putschistes contre Erdogan. On est contre les putschistes et contre Erdogan car ils ont voulu imposer la dictature et sont contre les kurdes.

Ensuite, on est passé à côté du stand « Les femmes solidaires » on a entendu qu’elles discutaient de polygamie, et qu’elles sont contre ce mode de vie amoureux, mais elles ne sont pas contre les femmes dans la polygamie parce que celles-ci en sont victimes.

Le stand de l’Ensemble

Le responsable politique dans le stand du groupe  » Ensemble » qui fait partie du  Front de gauche, Francis Sitel a répondu aux questions:

Nahed Badawia : Vous allez participer à la campagne électorale?

Francis Sitel ©Nahed BADAWIA

Francis Sitel ©Nahed BADAWIA

Francis Sitel : On est dans une phase de préparation de la campagne d’élections et maintenant la question de coalition pour l’élection est en débat dans l’ensemble de la gauche. Nous allons essayer de rassembler toutes les gauches qui ont combattu  la politique du gouvernement de Hollande, particulièrement concernant la Loi Travail

Nahed Badawia : Vous êtes avec la révolution syrienne pour la liberté et la démocratie?

Francis Sitel : Être avec la révolution syrienne c’est une caractéristique de quelques forces au sein de la gauche, il s’agit d’être solidaire avec la révolution syrienne et il faut combattre à la fois Daech et Bachar al Assad et ne pas, au nom du combat contre Daesh, justifier la politique de Bachar al Assad et chercher l’alliance avec lui.

Nahed Badawia : Que pensez-vous de la position de la gauche française par rapport à la Syrie ?

Francis Sitel : Les positions majoritaires  au sein de la gauche  française sont dramatiques et honteuses.

Nahed Badawia : Pensez-vous que l’ONU fonctionne bien pour la  question Syrienne? Et aussi pour la paix dans le monde en général?

Francis Sitel : Non parce que l’ONU est complétement bloquée par les vétos russe et chinois, donc elle est totalement impuissante. Et on voit tout ce qui se passe maintenant dans les négociations entre Washington et Moscou et on craint que l’effet ne soit pas positif pour le peuple syrien.

Nahed Badawia : Donc c’est une lutte commune et internationale pour changer les règles de l’ONU qui sont rédigés par les cinq vainqueurs de la deuxième guerre mondiale et sont imposés sur tout le monde pour gérer la guerre froide.  Ne pensez-vous pas qu’il faut lutter ensemble pour les changer car en ce moment le monde est en train de sombrer?

Francis Sitel : Oui bien évidement, il faut mobiliser les peuple contre leurs gouvernements pour ne pas accepter l’inacceptable.

Le stand du front populaire en Turquie

Le responsable politique du stand, Deniz, a répondu aux questions:

Nahed Badawia : Pouvez-vous me donner une idée de ce qu’est votre parti?

Deniz : Le Front populaire de Turquie est un mouvement populaire révolutionnaire de gauche qui existe de  plus de 35 ans en Turquie.

Nahed Badawia : Etiez-vous avec les putschistes contre Erdogan? Et qu’elle est votre position de l’état d’urgence actuel en Turquie?

Deniz ©Nahed BADAWIA

Deniz ©Nahed BADAWIA

Deniz : Le coup d’état était perpétré par un mouvement islamiste  de Gulen par des  colonels de l’armée qui étaient opposé Erdogan. C’était un conflit d’intérêt dans le gouvernement-même : en effet, Erdogan était un allié très proche de Gulen, donc le peuple turc n’aurait rien gagné de tous les deux.

Nahed Badawia : Etiez-vous avec la révolution Syrienne pour la liberté et la démocratie?

Deniz : Nous en tant que peuple turc sommes contre l’ingérence en Syrie de notre pays,  mais le peuple syrien a le droit de revendiquer la démocratie.

 

Nahed BADAWIA et Shiyar KHALEAL © Nahed BADAWIA

Nahed BADAWIA et Shiyar KHALEAL © Nahed BADAWIA

Pour nous en tant que journalistes syriens, il semble que le jeu de carte des grandes puissances de ce monde va se faire sur le sang de notre peuple.  Nous n’avons pas trouvé la cause Syrienne dans cette fête sauf un drapeau de la révolution qui était parmi d’autres drapeaux à vendre. Nous en avons profité pour prendre une photo avec ce seul drapeau syrien, seul dans cette fête malheureusement.

A la fin, nous sommes sortis de la fête en rêvant que l’on pourra utiliser une espace public comme celui-ci dans une future Syrie libre et démocrate, qui œuvrerait pour tous les partis de gauches et pour toutes les tendances politiques.