Vers l’assouplissement de la double nationalité des congolais : à qui cela profite ?

Dans sa décision n°06/DGM/DG/064/019 du 28 Février dernier, le nouveau directeur général de la Direction Générale des Migrations -DGM- autorise tous les étrangers d’origine congolaise à obtenir un visa d’entrée au Congo grâce à la présentation d’un passeport en cours de validité au poste frontalier ou à la frontière.

Donc tout étranger avec un passeport en règle peut demander la nationalité congolaise. C’est l’article 1.

Tandis que l’article 2 valide les preuves de la nationalité congolaise : il faut prouver que son patronyme fait partie du patrimoine culturel congolaise ; ou bien la présentation d’un ancien passeport / une ancienne carte d’identité congolaise et tout autre document faisant foi.

Un non respect de la constitution

La lecture de cette décision doit se lire entre les lignes : les initiés pensent que c’est une façon tacite de reconnaître la double nationalité.

Soyons clair : comment peut-il en être autrement lorsque quelqu’un détient un passeport allemand, suisse ou français par exemple avec un nom incontestablement Kasaïen ?

Jusqu’à ce jour, la constitution de la République Démocratique du Congo fait de la nationalité congolaise, une nationalité unique et exclusive.

Mais un moratoire (non levé) existe à l’Assemblée nationale depuis la législature de 2006 sous Vital Kamerhe, actuellement directeur de cabinet du nouveau chef de l’État de la République Félix Tshisekedi. 

La présidentielle et les candidatures invalidées par soucis de nationalité

La décision de la DGM tente-t-elle d’anéantir la loi fondamentale quand on sait que certains candidats invalidés par la CENI et la Cour constitutionnelle lors de dépôts des candidatures aux élections récentes l’ont été par rapport aux dispositions de cette constitution?

S’il faut analyser la décision de la DGM, les observateurs se posent cette question : quel sera le passeport que ces fameux congolais d’origine présenteront à la frontière ? Car ils auront entre leurs mains le passeport de leurs pays d’acquisition.

Or, selon l’esprit de l’article 2 de cette décision, il suffit d’avoir l’un des éléments cités pour être congolais.

Avec ce que l’on connait de l’État civil congolais, Roland Kashwantale Chihoza, le nouveau DG de la DGM s’est accordé un pouvoir extra-constitutionnel. Il a ouvert une boîte de Pandore !

dans  par 

EN SAVOIR PLUS SUR CE THÈME

Vers l’assouplissement de la double nationalité des congolais : à qui cela profite ?

[JURIDIQUE] Jusqu’à ce jour, la constitution de la République Démocratique du Congo fait de la nationalité congolaise, une nationalité unique et exclusive. Mais un moratoire (non levé) existe à l’Assemblée nationale depuis la législature de 2006 sous Vital Kamerhe, actuellement directeur de cabinet du nouveau chef de l’État de la République Félix Tshisekedi.

“Il a suffi d’un article pour que je me rende compte que je vivais dans une prison à ciel ouvert.”

[PORTRAIT] Certains sont devenus journalistes à leur insu, mais ce n’est pas le cas de Christian. Lui veut “éveiller” la population et c’est ce qu’il a fait pendant neuf ans : rétablir les faits, vérifier et informer. […] Au détour d’une phrase il explique avoir été incarcéré cinq fois lors de ses reportages et en 2014 son passeport a été confisqué par les autorités : “la routine”.

RD Congo: l’Assemblée nationale a validé la réforme politique du pays

[POLITIQUE] L’Assemblée nationale a procédé ce mercredi 13 février à la validation des mandats des nouveaux députés nationaux. C’était lors d’une cession plénière organisée au « Palais du peuple » au cours de laquelle les rapports de 26 commissions installées pour vérifier les pouvoirs des élus ont été présentés.

RD Congo : les carottes sont cuites

[POST-ÉLECTORAL] Les carottes sont cuites. Félix Tshisekedi est désormais le cinquième président de la RD Congo. Il en sera ainsi pendant son mandant de cinq ans, jusqu’en 2023. Pour autant, cela n’efface pas comme par enchantement le contentieux post-électoral, puisqu’il y en a un. Qui jure avec les « mensonges des urnes ». Celui-ci aura constitué, en droit, un cas de « jurisprudence », en matière d’élection en Afrique. Et ouvert, pour les Congolais, une plaie à vif du tribalisme.

RD Congo : « Vous avez vu le Venezuela. Ils se battent. Que personne ne vous trompe » M. Fayulu !

Martin Fayulu revendique toujours la victoire à l’éléction présidentielle du 30 décembre 2018. Autoproclamé « seul président légitime », il était en meeting à la place Sainte- Thérèse à N’djili. Face aux milliers de militants, il a appelé à la résistance.