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Exilé du paradis, l’écriture devient un refuge et un combat

[Par Lisa Viola ROSSI]

« Un voyage d’un endroit à l’autre, en tant qu’exilé d’abord, en tant que fugitif ensuite, plus tard comme simple observateur ». C’est le voyage d’ « Exilé du paradis », de Jacobo Machover (Lemieux éditeur, 2015) universitaire, écrivain et journaliste cubain né à La Havane en 1954 et exilé en France depuis plus de cinquante ans. L’auteur nous emmène dans le conte de sa vie de dissident, tissée à la fois au périple de sa famille, juive, persécutée par le nazisme, à l’Histoire de son peuple, des cubains, oppressés et exilés, comme lui. Un voyage sans retour où le témoignage autobiographique devient le cœur de ce que Machover lui-même appelle une « littérature d’urgence ».

L'exilé du paradis de Jacobo Machover  (source: livre.fnac.com)

Exilé du paradis de Jacobo Machover (source: livre.fnac.com)

Une littérature d’urgence, lieu de refuge et appel à la justice. L’écriture, explique l’auteur, « devient un refuge, un endroit situé loin de l’île et, le plus souvent, des grandes maisons d’édition, pour chuchoter, insinuer, ce qu’il leur [aux exilés cubains ndr] est impossible de crier sur la place publique, en espérant qu’un jour ces paroles parviendront à leur public naturel, celui qui pourra peut-être les faire entièrement siennes, et qui leur rendra un minimum de considération et de justice ».

 Une histoire personnelle qui se reflète et s’enlace à l’Histoire commune. Exilé du paradis est structuré en deux parties : la première, est intitulée  « La fuite, l’initiation », et la deuxième, « Les nôtres, in memoriam ». La narration commence dans l’automne 1963. « L’enfant (moi) vient d’arriver à Paris, à la gare de l’Est, après un long voyage et d’inconcevables détours. J’ai traversé un pan de l’Histoire sans m’en rendre compte, entouré de mes parents, Isaac et Rebecca, et de mon frère ainé, Daniel. Pourtant, je suis seul au monde, sans personne à qui me confier, sans aucun endroit auquel me raccrocher. » A partir de là, l’autobiographie de Jacobo Machover se déroule mêlant l’Histoire aux péripéties d’un jeune inquiète, par ailleurs déserteur de l’armée française et passionné par les femmes et par la vie. Le conte se poursuit en illustrant par images éparses le périple familial de l’auteur et coule finalement, dans la deuxième partie du livre, dans un véritable portrait de l’exil. « L’exil est un territoire étrange, sans véritable centre autre que la mémoire », nous dit l’auteur. La mémoire, qui devient le moteur de l’action littéraire de Machover, est dans ce livre cultivée et gravée. Son but, comme l’explicite l’auteur lui-même, est de « conquérir la liberté, celle de mon île, ou, tout du moins, de perpétuer la mémoire de ceux qui en avaient été expulsé : les exilés, comme moi-même ». Puis que les exilés de l’« île maudite », précise l’écrivain, ne sont pas tout à fait comme les autres : « eux [d’autres exilés, d’ailleurs ndr], ils étaient perçus comme des héros qui avaient combattu les dictatures, pas comme nous, les Cubains, qui avions fui la révolution. Inutile d’expliquer quoi que ce soit. Nous, nous n’étions pas légitimes ».

La douleur d’un exil, le véritable, sans adjectifs : « On ne peut pas rajouter d’adjectifs à cette douleur, à cette calamité ». L’exil, « sans aucun espoir de retour », dont le goût Machover a « appris à aimer » grâce à l’écriture et l’engagement. « J’ai résolu de suivre la voie qui m’était dictée, depuis toujours, je crois, par cette Histoire délirante, mais unique, presque incroyable, inexplicable en tous cas : écrire, pour ne pas sombrer, dans le désespoir, l’abandon, l’indifférence, la drogue, l’alcool. Mais je n’avais plus pour moi le territoire magique et initiatique de mon île, à partir duquel j’aurais pu construire un univers. Il me fallait récupérer, du moins l’espace d’un instant, le monde de l’enfance perdue».

Jacobo Machover (sources: editions-vandemiaire.com)

Un combat pour la délivrance des cubains. Page après page, la narration de Machover nous accompagne à dévoiler la cohérence d’un parcours erratique ayant pour but le combat pour une légitimité des dissidents cubains, pour lesquels l’auteur se bat sans cesse, depuis toujours : « Pendant près de vingt-cinq ans, je les [les dissidents anticastristes cherchant une protection à l’étranger ndr] ai écoutés répéter les mêmes récits. Ils m’entretenaient d’un univers abstrait auquel seuls les élus ont accès. Je suis allé les chercher aux quatre coins du monde, loin du pays qui les a vus naitre, le plus souvent dans la capitale de notre exil, une copie presque conforme de l’île maudite, mais plus ordonnée, trop impersonnelle. Je n’ai pas compté le temps, ni le mien ni le leur ».

D’un exilé, des exilés. Survivre, pour vivre. Combien de temps encore ? « La vie en exil n’est pas la mort. C’est autre chose, en équilibre non seulement entre deux géographies, mais aussi entre deux temps. Ceux qui ont échappé au malheur sont pris d’une frénésie de vivre […] ils étaient capables de tout affronter pour fuir, mais ils se sont retrouvés désarmés face aux tracas de la vie quotidienne dans un environnement non pas hostile, plutôt indifférente. Je les vois encore […] Jesús, qu’il a fallu faire sortir de l’île où il avait de fortes chances d’aller croupir pour de longues années en prison, du fait qu’il tentait simplement d’écrire, de décrire, la réalité de ce qu’il vivait dans des articles que pratiquement personne ne pouvait lire sur place : il était journaliste indépendant, c’est-à-dire sans entraves, non reconnu, non officiel. Il a du partir en avion, laissant sa femme et sa fille, en pleurant sans cesse leur absence, sans espoir de les revoir avant longtemps. Combien de temps ? »

 

Appel contre la visite en France de Raúl Castro

[Par Jesus ZUNIGA, en collaboration avec Jacobo MACHOVER et Laurent MULLER]

Le dictateur cubain Raúl Castro, invité par François Hollande, sera en visite officielle à Paris à partir du 1er février 2016. Président du Conseil d’Etat, du Conseil des ministres et premier secrétaire du Parti communiste, Général d’armée (quelques-unes de ses fonctions officielles), le frère cadet de Fidel Castro est un tyran de la pire espèce, qui exerce le pouvoir depuis 57 ans, bien plus d’un demi-siècle.

Raul Castro (source : globalresearch.ca)

Raul Castro (source : globalresearch.ca)

Raúl Castro est celui qui, dès la prise du pouvoir, en janvier 1959, fait, le premier, fusiller des dizaines de prisonniers en une seule nuit à Santiago de Cuba après un « procès » inique de moins d’une demi-heure. Tout au long de son mandat à la tête des Forces armées et de la répression interne, il fait exécuter, emprisonner, et pousse à l’exil des dizaines de milliers d’opposants, d’accord avec son frère et Che Guevara, par le biais des tristement célèbres « Tribunaux révolutionnaires » et autres juridictions militaires, toujours en activité. Il en est ainsi lorsque le gouvernement décide de se débarrasser de potentiels rivaux, comme lors du « procès Ochoa » en 1989, lorsque des officiers supérieurs sont passés par les armes, ou quand des jeunes voulant abandonner le pays sont condamnés à mort en 2003, lors du « printemps noir », après une parodie de procès. Il est aussi l’homme qui fait abattre, en 1996, des avions de tourisme pilotés par des exilés, dont la mission était de porter secours aux innombrables fugitifs en mer, les balseros, qui tentent de quitter Cuba au péril de leur vie.

Oswaldo Payá (source : nytimes.com)

Oswaldo Payá (source : nytimes.com)

En 2012, Raúl Castro étant alors chef de l’État, l’un des dirigeants de l’opposition, Oswaldo Payá, prix Sakharov pour les droits de l’homme, et le militant Harold Cepero, sont victimes d’un « accident » de la route -sans doute l’œuvre des sbires du pouvoir- qui provoque leur mort. Toute opposition continue à être harcelée et réprimée. Pas un jour ne passe sans son lot d’intimidations, de passages à tabac, de détentions arbitraires, d’humiliations et de condamnations contre tous ceux qui sortent de la ligne officielle.
Pourtant, malgré ce bilan des plus obscurs, l’administration américaine du Président Barack Obama a initié, en décembre 2014, un rapprochement qui a conduit au rétablissement des relations diplomatiques entre les deux pays et à de multiples gestes d’amitié dans le but de convaincre le Congrès, à majorité républicaine, de voter la levée de l’embargo. En échange, Raúl Castro, malgré quelques mesures visant à une libéralisation en trompe-l’œil de l’économie de Cuba, n’a fait que renforcer la répression.

Hollande et Castro à l'Havana, 2015 (source:  dailymail.co.uk)

Hollande et Castro à l’Havana, 2015 (source: dailymail.co.uk)

François Hollande s’est engouffré dans la brèche, allant même au-delà en rencontrant à La Havane, en avril 2015, un Fidel Castro réduit à l’état de vieillard gâteux. Il oubliait, ce faisant, ses déclarations passées condamnant sans ambages, en 2003, « un pouvoir personnel, voire dynastique, refus d’élections libres, censure, répression policière, enfermement des dissidents, camps de travail, peine de mort, bref, l’arsenal complet d’une dictature ». Celle-ci est toujours en place. Son but est de se perpétuer à l’infini en portant aux postes-clés du pouvoir les héritiers de la famille Castro qui ne se cachent même pas lorsqu’ils profitent des plaisirs « capitalistes » à l’étranger (vacances méditerranéennes sur des yachts de luxe, par exemple), affichant leur indifférence totale au sort d’un peuple soumis au rationnement et à la répression.
Les plus cyniques ou naïfs continuent à justifier la perpétuation de ce régime par des avancées dans les domaines de la santé et de l’éducation, des mesures prises il y a plus de 50 ans et dont la réalité est bien éloignée de la propagande et des résultats de pays pauvres qui ont obtenu les mêmes avancées sans ruiner l’économie et supprimer les libertés. D’autres justifient le rapprochement par des perspectives économiques, occultant la réalité d’un pays sans justice et sans aucune volonté de se développer. C’est pourquoi la dette de Cuba auprès du Club de Paris, dont la plus grande partie envers la France, a été tout simplement annulée.
Des milliers de Cubains continuent à fuir la terreur et leurs déplorables conditions de vie en traversant le détroit de la Floride ou bien -ce qui est encore plus dangereux- en s’aventurant vers d’innombrables pays d’Amérique latine, avant d’être bloqués en Amérique centrale sur leur route vers les États-Unis.
L’accueil de Raúl Castro en France n’entraînera que le renforcement de son pouvoir. C’est pourquoi nous appelons tous les démocrates à dénoncer cette invitation. Rien ne justifie ce séjour, qui est une insulte à l’idée même des droits de l’homme à Cuba et une lourde faute morale du gouvernement et du Président de la République, insensibles aux souffrances du peuple cubain et à ses aspirations à la liberté.

 

 

CUBA : La dictature du marketing

[Par Jesús ZUÑIGA]

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Traduit de l’espagnol par Rébecca Tural

Dans le palais d’un ancien dictateur déchu, des élèves portant de grands foulards rouges les identifiant comme étant des « pionniers » du Parti Communiste écoutent un guide qui leur parle des bienfaits de la Révolution.
Pendant leur visite du bâtiment, les petits observent, étonnés, un vieux pistolet, la chemise ensanglantée d’un combattant, le moteur d’un avion-espion américain qu’on a abattu. Puis, ils arrivent près du yacht Granma sur lequel Fidel Castro et ses guérilleros ont débarqué ; les bottes de combat qu’a utilisées son frère cadet sont là aussi. Ce sont celles du Général Raúl, qui l’a remplacé au pouvoir en 2006 et qui affirme qu’il ne fera rien qui « contredise l’héritage de Fidel ».

(source :  Oswaldo Rivas/Reuters)

(source : Oswaldo Rivas/Reuters)

Le palais de Fulgencio Batista – l’ancien dictateur de Cuba –, renversé par Fidel Castro, est aujourd’hui un musée à la gloire de la Révolution, et, à ces enfants qui ont entre 6 et 9 ans, on leur dit qu’ils sont les héritiers d’un gouvernement communiste que vient d’avoir 56 ans.
« Nous, les Castro, nous vivons longtemps », a dit Raúl, répondant à contretemps à un commentaire déjà ancien de l’ex-président chilien, Sebastián Piñera. Ceux qui se sont rebellés contre la dictature militaire de Batista ont établi à Cuba une autre dictature militaire huit fois plus longue. La différence principale entre Batista et les frères Castro est le marketing. Comment peut-on encore considérer Cuba comme une démocratie après 56 ans au pouvoir des mêmes dirigeants ? Cuba est sans aucun doute la meilleure école pour dictateurs.

La révolution qui menace les Castro

Dans ce contexte, à Cuba, un très petit nombre des 11,3 millions d’habitants a accès à Internet ; les Cubains n’ont d’ailleurs ni beaucoup de temps ni beaucoup d’intérêt à se connecter, puisque leur préoccupation principale est de savoir comment survivre, jour après jour, obligés de se débrouiller du fait d’une économie à cause de laquelle il est difficile d’obtenir du papier toilette ou de la viande de bœuf.
Après avoir essayé pendant plus de huit ans de modérer certains des contours de son régime orthopédique, Raúl Castro reste décidé à éliminer tout ce qui menacerait sa permanence au pouvoir et qui pourrait le rayer de la carte comme cela est arrivé à l’ancienne puissance protectrice, l’ex-Union Soviétique, que presque personne n’a regrettée. Et pourtant, même sous de telles conditions de vie dans la Cuba d’aujourd’hui, une nouvelle proposition électrisante commence à faire rêver beaucoup de gens sur l’île comme à l’extérieur, entrevoyant peut-être un changement à Cuba.

Depuis le 17 décembre 2014, la presse internationale publie beaucoup de « unes » concernant Cuba. Dans une déclaration conjointe, retransmise simultanément depuis Washington et La Havane, Barack Obama et Raúl Castro, respectivement, annonçaient le lancement de discussions dans le but de rétablir les relations diplomatiques après plus de 50 ans de « guerre froide » entre les Etats-Unis et Cuba.
Cette simple annonce officielle a signifié, comme dans une course de chevaux, le coup d’envoi d’une concurrence entre les firmes technologiques les plus puissantes du monde, Google, Netflix, Apple, pour ne citer qu’elles, pour s’installer à Cuba-patrie du rhum, du cigare, du sucre et du Buena Vista Social Club, une île qui en plein XXI ème siècle vit encore dans l’ère des grottes, alors que, des îles Fidji à Malte en passant par l’Islande et Madagascar les citoyens profitent de la télévision par satellite, de la téléphonie mobile et d’Internet.

En 1996, le régime communiste de La Havane a promulgué le décret-loi 209, qui établit que l’utilisation d’Internet ne peut être autorisée si elle « viole les principes moraux de la société cubaine ou les lois du pays ». Le ministre des télécommunications, Ramiro Valdés, a même déclaré que « Internet est un outil d’extermination globale qu’il faut contrôler quel qu’en soit le prix ».
Mais au milieu des extrémistes du dogme dictatorial et totalitaire imposé par la force, de nouveaux visages ont surgi à Cuba : rappers, gays, travestis et transsexuels, adolescents portant des tatouages et des piercings au nombril, utilisateurs d’antennes satellites pirates… Sans compter l’augmentation de la consommation de drogue et celle de la prostitution. Tout cela, en plus d’une société civile indépendante qui existe toujours : dissidents, journalistes indépendants, blogueurs, « Dames en blanc » (« Damas de blanco »)…

Fidel Castro

Fidel Castro

Fidel et Raúl et leurs expériences meurent à petit feu. Le capitalisme commence à s’installer peu à peu sur l’île : les Cubains peuvent enfin en sortir s’ils obtiennent un visa… Et la dictature a beau essayer de bloquer Internet et les réseaux sociaux, l’ingéniosité des cubains finira par s’imposer face aux interdictions absurdes.

Cuba continue d’être un des pays les plus fermés au monde. Les frères Castro maintiennent leur contrôle à l’aide de la peur et d’un système répressif bien huilé, mais qui à présent montre ses limites.
Il n’est plus impensable que le Congrès des Etats-Unis lève l’embargo à l’égard de Cuba, mais il ne devrait pas le faire tant que l’île n’améliorera pas son passif criminel en matière de droits de l’homme, ne démocratisera pas son système politique et ne fera pas de place à ses dissidents et à la presse indépendante interne.
A Cuba, la liberté est un problème biologique, et la démocratie peut seulement survenir à la suite d’un problème de santé. Je n’ose pas faire de pronostic à propos de la fin du castrisme, mais je suis de ceux qui pensent qu’il ne faut pas attendre la mort de Fidel et de Raúl Castro pour que Cuba change.
En fin de compte, les dictateurs ne doivent pas mourir au pouvoir, mais en prison.

 

 

Fête de l’Humanité : « Allez-y à droite, comprenez que c’est à gauche ! »

[Par Larbi GRAÏNE]

Paris a dansé et chanté à gauche ce week-end à l’occasion de la fête de l’Humanité (du 12 au 14 septembre 2014). L’événement tout aussi coloré et grandiose que lors des précédentes éditions a drainé des foules immenses. Le site retenu pour cette manifestation gigantesque, – le Parc départemental Georges Valbon de la Courneuve -, a été aménagé sous forme de village planétaire reflétant à la fois la dimension internationale des mouvements de gauche et l’enracinement dans la société française du PCF (Parti communiste français) et des mouvements qui lui sont proches. En moyenne 200 000 visiteurs par jour s’y sont rendus. Politique et musique, commerce militant et tout le côté théâtral qui va avec, se sont donc mêlées en un étrange accouplement.

DR/Cédric Faimali

DR/Cédric Faimali

Tout l’imaginaire à la Karl Marx et Engels a été convoqué. Sur le fronton des chapiteaux, on pouvait lire des mots d’ordre tels que « Vivre comme un arbre, sauf et libre, vivre en frères comme les arbres d’une foret, ce rêve est le nôtre ». « L’unité des travailleurs, solidarité des peuples », « Non au traité transatlantique », « Liberté pour tous les prisonniers politiques en Iran ». Le cas de la Palestine encore d’une brûlante actualité, a trouvé une large place dans cette manifestation. Idem pour Cuba. Bref beaucoup de partis et de mouvements de libération de part le monde ont été conviés y compris le Polisario. « Un tel événement est important pour nous, car c’est le moment où jamais où il faut raffermir la solidarité internationale, et engager des contacts avec les différentes délégations » affirme Noel Murphy, membre du parti communiste irlandais qui paraît très remonté contre le « pouvoir très réactionnaire » des deux Irlandes. Pour ce représentant palestinien qui a participé à un meeting de soutien au peuple de Gaza « les forces de l’exil nous les avons transformées en compagnons de liberté avec pour seule perspective une Palestine libre ». Et celui-ci de rendre hommage à Fernand Tuil « qui a compris l’importance de ces camps de réfugiés palestiniens lieux de désespoir, transformés par notre volonté en souffle d’espoir pour l’ensemble de notre peuple, comme il a compris l’importance du combat pour les prisonniers palestiniens qui vont nous mener une fois libre vers la libération ». D’après lui « Mandéla était déjà libre dans sa cellule, il fallait juste un peu de temps pour s’en rendre compte ». Et d’asséner « Merouane al-Berghouti est libre dans sa cellule ». De son côté Jacques Milhas, membre de la rédaction de « Cuba Si FRANCE » dénonce « l’omerta des médias » sur le cas des trois Cubains emprisonnés par les États-Unis. « ce sont des gens (les 3 prisonniers, NDLR) qui n’ont jamais fait du mal à personne puisqu’ils n’ont jamais porté une arme, ni une grenade, ni quoi que ce soit. Ils étaient simplement infiltrés dans les commandos anti-castristes en Floride pour prévenir sur les attentats qui se préparaient contre le peuple cubain » soutient-il. Pour le coprésident du Parti de gauche, Jean-Luc Mélenchon, qui était apparu sur une tribune dédiée au pays de Fidel Castro, Cuba  « n’a pour elle que la solidarité de son peuple ». Et d’exprimer « notre profonde estime, amitié et solidarité avec Cuba socialiste ».

Jean-Luc Mélenchon, à la Fête de l'Humanité, le 13 septembre 2014. (AFP PHOTO / KENZO TRIBOUILLARD)

Jean-Luc Mélenchon, à la Fête de l’Humanité, le 13 septembre 2014. (AFP PHOTO / KENZO TRIBOUILLARD)

Pour Mélenchon « l’empire a fait de Cuba non seulement la cible d’une règle inexpugnable qui se poursuit avant même que les condamnations de l’ONU se succède l’une derrière l’autre contre l’embargo qui est fait contre ce petit peuple ». Pourfendeur à souhait des Etats-Unis, le dirigeant du Parti de gauche s’en prend non sans ironie au « droit que s’attribuent les Américains face au monde entier afin de punir les autres peuples comme ils punissent leur propres ressortissants qui ne respectent pas l’embargo ». Concentrant ensuite ses attaques contre le pouvoir français, Mélenchon fustige Hollande en l’accusant de s’être soumis au diktat de l’Oncle Sam. « Il est stupéfiant de voir que le président de la république française, ait capitulé aussi vite lorsque la France a été condamnée par les États-Unis d’Amérique parce qu’elle avait fait des échanges en dollars avec Cuba » a-t-il accusé. Mélenchon est ovationné. Le stress convoqué par les discours politiques est vite absorbé par les diverses distractions. C’est l’atout de ce genre de manifestation. Quand on demande notre chemin pour sortir, on nous conseille de « prendre la droite, puis la gauche, encore la droite » mais il nous est rappelé qu’il faut toujours prendre la gauche », du moment que c’est la fête de l’humanité.

Cuba : jeunes filles prostituées et marchands de sexe

Par Jesus ZUNIGA

Cuba ne promeut pas officiellement la prostitution, l’infantile encore moins. Cependant, son inaction crée des polémiques à l’échelle internationale.

cuba1Les relations sexuelles des étrangers avec des enfants cubains n’est pas un phénomène nouveau. Depuis des années, les dénonciations se multiplient et le gouvernement cubain n’a pas fait grand-chose – pour ne pas dire rien – pour éviter que cela n’arrive.

Il y a quelques mois, un reportage réalisé par les journaux, Toronto Star et El Nuevo Herald a apporté des informations importantes à ce sujet. Cela a contraint la modification de cette pratique touristique canadienne considérée comme familière et commune chez les époux d’âge avancé et les jeunes mariés idéalistes qui voyagent à Cuba, attirés par l’intérêt que représentent la plage et le soleil. Une destination relativement peu onéreuse et où l’on vient avec l’objectif de connaître un pays singulier, éloigné de la société de consommation dans laquelle ont été élevés ces voyageurs internationaux. Un pays avec ses difficultés mais avec ses citoyens souriants et leur bonne musique.

Tous les touristes canadiens n’ont pas ces relations, pas chères et impunies avec de jeunes mineures. Pourtant cette triste réalité du tourisme sexuel existe depuis de nombreuses années, et ne se limitent pas au territoire canadien !

Filles à Cuba, prostituées à Londres

« C’est un commerce qui tourne », affirme le vendeur. Faites votre choix parmi des cubaines ayant entre 11 et 13 ans. Pour les choisir ? Une vidéo des fillettes jouant et mangeant pendant un anniversaire. Il ne reste qu’à désigner ses préférées. En plus de cela, la marchandise est garantie. Avant de les acheter, les acheteurs peuvent l’essayer et en changer s’ils sont insatisfaits. Seulement cette fois-ci, les « acheteurs » se trouvèrent en fait être deux journalistes d’investigation britanniques. Graham Johnson et Nyra Mahmood. L’information allait alors paraître, dans le Sunday Mirror.

La prostitution infantile et le trafic de mineurs a fortement augmenté en Grande Bretagne. En moyenne 1400 filles, entrent au Royaume-Uni tous les ans et sont forcées à la prostitution. En décembre de l’année passée, la branche britannique de l’organisation « End Child Prostitution Pornography and Trafficking (ECPAT, UK) alertait sur le fait qu’un nombre croissant d’enfants étrangers étaient forcés à se prostituer. Le dossier arrive sur le bureau d’un juge. Peter Singer, de la division famille, a alors exigé du gouvernement qu’il mette en place des lois qui réglementent le commerce international de femmes et d’enfants.

Madanat, un exemple parmi d’autres ?

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L’enquête des reporters du Sunday Mirror les a conduit a rencontré Aktham Zuhair Salem Madanat. C’est un jordanien qui a confessé aux journalistes avoir été proxénète à Miami, avoir une maison à Cuba et résider plusieurs fois par an en Angleterre depuis près de 9 ans. Forcé de quitter ce dernier pays il y a 9 mois, il y retourne de temps à autres pour son « business ». Cet homme se vantait de pouvoir faire venir des femmes et des enfants de Cuba. 7 au total entre 11 et 27 ans. Toutes issues d’un village rural, celui de sa femme, « à 7 heures de La Havane », et résolues à quitter l’île et sa pauvreté.

La vidéo avait été filmée pendant l’anniversaire d’une de ses filles, chez lui à Cuba. Il avait invité à la fête, un groupe de jeunes du village et utilisait cet enregistrement pour promouvoir la vente des ces enfants comme prostituées. « Je donne 200 dollars à leurs parents et elles vous appartiennent » disait Madanat selon le Sunday Mirror. Les familles espéraient que les fillettes se marieraient et rencontreraient un quelconque homme riche ou quelqu’un qui leur permettrait au moins d’envoyer quelques dollars.

Des filles en âge d’aller à l’école, de Cuba, du Nigeria, d’Albanie sont obligées de se prostituer en Grande-Bretagne. Ils les enferment, les frappent, leur administrent des drogues. Elles doivent travailler pendant au moins deux ans pour « acheter leur liberté » : leur passeport et la possibilité de rester dans le pays. Voyageant avec de faux-papiers, les plus âgées viennent avec des Visas de travail et font passer les plus jeunes pour leurs filles ou sœurs. « L’ambassade Cubaine de Londres réclame seulement une attestation attestant qu’elles sont danseuses ou serveuses dans un restaurant » affirmait Madanat.

Cuba continue de nier ce phénomène
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Ce n’est pas la première fois que Cuba est associé au terme « pornographie infantile » dans la presse anglo-saxonne. En 1997, le britannique Gary Glitter a été arrêté après un séjour sur l’île. Il est condamné en novembre 1999 pour son implication dans 54 affaires de pornographie infantile à 4 mois de prison. Glitter qui vit aujourd’hui en Espagne, a fait savoir qu’il pourrait retourner vivre à Cuba et que non seulement la Havane ni était pas opposée mais qu’elle l’y invitait. Dans son rapport de 2000-2001, l’ECPAT signale l’existence de prostitution infantile et du trafic de mineurs à Cuba. Aucune mesure n’a été prise pour éradiquer le phénomène.

Au lieu de prendre le problème à bras le corps, le gouvernement cubain se contente de nier ou de relativiser ce phénomène. Par exemple, dans la Consultation sur la violence sexuelle en Amérique du Sud, promue en 2001 à San José Costa Rica, le régime de La Havane a déclaré que les allégations faisant de Cuba un des pays d’Amérique Latine les plus affectés par le commerce et l’exploitation sexuelle des enfants étaient « complètement fausses ». Alors qu’il existe des lois sévères, il n’y a aucune volonté d’éradiquer les conditions qui favorisent cette forme d‘exploitation des enfants, ni de mettre fin à la prostitution. Jusqu’à présent les mesures prises et mises en place sporadiquement ont eu un impact très limité.

La ministre de la Justice Cubaine, Maria Esther Reus, déclare que la prostitution n’est pas un problème social sur l’île et que les cas de prostitution infantiles sont « minimes ». « Cuba a les moyens juridiques qui garantissent une sanction sévère à l’encontre de ces délinquants », a-t-elle déclaré ce mois-ci à un groupe de journalistes à La Havane, selon différentes agences de presse. Une fois de plus la réaction de La Havane est de nier sa responsabilité et regarder ailleurs. Le gouvernement pratique depuis des années la politique du « tout permis » en certaines occasions et du « tout punir » en d’autres. Cuba ne promeut pas la prostitution officiellement mais ne nie pas non plus son existence sur l’île. Son inaction paraît pourtant malintentionnée.

A son arrivée au pouvoir, Fidel Castro a désigné comme symbole de sa révolution la fermeture de ce qu’il appelait le « Bordel des Caraïbes ». Mais lors d’un tournant sans absolution historique, le pays s’est transformé en un centre de corruption et de vice jamais connu auparavant, ou l’exploitation sexuelle des enfants représente l’aspect le plus terrifiant.