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La MDJ : « Nous sommes tous Charlie »

Les journalistes de la MDJ expriment leur solidarité à Charlie Hebdo.

La lâcheté et la barbarie, les termes sont assez faibles pour exprimer ma révolte et mon indignation face à cet acte inhumain. Je suis Charlie. Je suis Charb, Cabu, Wolinski, Tignous…Vous ne réussirez pas à tuer nos œuvres.
Sékou Chérif DIALLO, journaliste guinéen
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La grande douleur ! Vive protestation, mes compatriotes !
Wanding REN, reporter chinois
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L’association des journalistes syriens condamne fermement l’attaque terroriste sur le magazine Charlie Hebdo. L’association des journalistes syriens a suivi avec consternation l’acte terroriste et lâche contre le magazine humoristique Charlie Hebdo à Paris et qui a coûté la vie à 12 journalistes et policiers. L’association des journalistes syriens condamne cet acte barbare qui que ce soit l’auteur. L’association des journalistes syriens exprime sa consternation et son refus de ce crime odieux qui va à l’encontre de tous les principes humains et, les plus simples enseignements de la tolérance des religions. L’association des journalistes syriens présente ses chaleureuses condoléances aux familles et amis des victimes des journalistes et policiers qui ne faisaient que leur devoir, et rappelle que à cette douloureuse occasion de la nécessité de de respecter la liberté de presse ; et de ne pas en aucun cas s’attaquer aux journalistes.
L’association des journalistes syriens
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Je m’incline avec une vive émotion devant la mémoire de toutes les victimes, policier et membres de l’équipe de Charlie-Hebdo, et présente mes condoléances aux familles éplorées en leur disant qu’elles ont perdu des patriotes, morts pour la démocratie et la liberté d’expression. Cela dit, je forme le vœu que le peuple français reste uni face à cette épreuve sachant que les tueurs n’ont pour projet que de provoquer la désunion au sein d’une société qui a su,- même s’il reste encore des choses à parfaire en ce domaine,- assurer la cohabitation entre communautés de différentes religions, origines et langues. Je suis convaincu que les institutions françaises sont assez fortes et sauront trouver les moyens de consolider le système laïque et républicain qui fait tant l’originalité de la France. C’est des solutions mêmes qui auront été conçues et les réponses qui auront été apportées au déferlement cyclique de la violence que dépendra le destin du reste du monde.
Larbi Graïne, journaliste algérien
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Nous, journalistes syriens exilés en France, avons appris avec extrême tristesse et sidération l’horrible crime commis à l’encontre de nos confrères de «Charlie Hebdo» par les ennemis de l’être humain, de sa liberté et de sa dignité.
Nous condamnons cet acte lâche et présentons toutes nos condoléances aux familles des victimes, leurs proches et leurs collègues. Nous faisons la promesse de faire triompher toutes les valeurs portées et défendues par les martyrs de la liberté d’opinion et de la liberté humaine partout dans le monde.
Nous, journalistes et écrivains syriens, percevons tout le sens de ce crime et les messages que les assassins cherchent à transmettre.
Nous le savons d’autant plus que, dans notre pays, la Syrie, nos amis et collègues croupissent dans les geôles ou les fosses des fascismes d’Assad et de Daech, les deux alliés contre la liberté, la dignité et tout ce qui est humain.
Les signataires :
Najati TAYARA
Nahed BADAWIA
Rashed ISSA
Rateb SHABO
Iyad ABDALLAH
Moaaoya hamoud
Omar ALKHATIB
Mazen ADI
Ali HAMRA
Khalil ALHAJ SALEH
Nart ABDALKAREEM
Raafat ALGHANEM
Ahmad SALAL
Fadwa SOULEIMANE
Rana ZEID
Muzaffar SALMAN
Mohamad AL AWAYD
lina CHAWAF
duha ASHOUR
Ahmad BASHA
Assem HAMSHO
Hazem AL SAIED
Mohammed SHA’BAN
Omar ALASAAD

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Je suis tant triste, je suis tant brisé… Quelle barbarie…..
Je pense aux mes collègues les victimes, à leurs familles et leurs proches et notamment aux blessés.
Mohamed Houssein, journaliste mauritanien
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Nos plus sincères condoléances au peuple français et toutes nos condoléances et notre solidarité envers le journal Charlie Hebdo
Ce qui est arrivé est un acte de criminel et terroriste terrible et inacceptable.
Nart ABDALKAREEM, journaliste syrien
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Je condamne l’attaque terroriste sur les journalistes de Charlie Hebdo. Toutes mes condoléances.
Je suis Charlie.
Oleksandr POMOYNYTSKYY, journaliste ukrainien
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Il ne faut pas arrêter la lutte contre des extrémistes, parce qu’ils ne sont pas justes! Ils n’ont pas de culture humaniste. Ce sont des sauvages ! Je suis Charlie avec tout mon coeur!
Vive la liberté !
Osman AHAMADI, journaliste afghan
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Je manifeste contre cette attaque terroriste sur la rédaction Charlie Hebdo.
Je suis solidaire de ce journal.
Mohammad ALHAMADI, journaliste syrien
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Un dessin de John CHITAMBO LOBE, journaliste zambien

Un dessin de John CHITAMBO LOBE, journaliste zambien

Un dessin de John CHITAMBO LOBE, journaliste zambien

Un dessin de John CHITAMBO LOBE, journaliste zambien

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Au nom de la Liberté de la presse, je suis Charlie Hebdo!
Benson SERIKPA, journaliste ivoirien
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Qui mieux que nous (journaliste exilé en France) pour parler de la liberté d’expression. Charb avait raison : Nous préférons mourir debout que vivre à genoux.
#je suis Charlie
Un journaliste guinéen
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J’étais un journaliste réfugie iranien en France, mais a partir le mercredi 07 janvier 2015, je suis CHARLIE. c’est tous.
Majid SEDGHI, journaliste iranien
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J’ai appris cette tragédie qui a profondément touché le monde entier particulièrement la famille de la presse, nous sommes touchés , je me pose la question au nom de quel Islam ces confrères ont tués, leur âme s’inscrira pas en lettre de sang comme ils ont tués mais en lettre d’or dans sa mémoire collective de l’ensemble de la presse mondiale.
Mes condoléances les plus attristées aux familles des victimes.
Alpha Ousmane BAH, journaliste guinéen
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Nous condamnons tous l’attaque terroriste contre le journal français Charlie Hebdo , condoléances aux familles des victimes et au peuple français
Tarek SHEKH MOUSA, journaliste syrien
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A dessein, la haine a frappé, mais, jamais, n’effacera le dessin de la liberté.
Charlie est mort, vive l’hebdo !
Léon KHAROMON, journaliste congolais
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Toutes mes condoléances.
Sumith DIAS, journalistes sri lankais
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Arsenal redoutable. L’attentat perpétré contre les journalistes de « Charlie Hebdo » est abominable. Quand on emprisonne un journaliste, on emprisonne la liberté d’expression. Quand on tue un journaliste, ô crime suprême, on tue l’homme mais on ne supprime pas sa pensée, qui demeure à jamais un arsenal redoutable pour d’autres combattants de la liberté.
Jean­-Jules Lema Landu, journaliste congolais
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Journalistes de Charlie,
Vous êtes le pont entre les ténèbres et la lumière…
Après la mort, il y a eu un fort éclaircissement venu renforcer l’avenir et la liberté.
Nabil SHOFAN, journaliste syrien
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C’est vraiment un acte barbare, inhumain, indigne, sans religion qu’aucun qualificatif ne peut-être employé pour qualifier cet acte d’un autre age.

CHARLIE :

c : consterné
h : horrifié
a : affligé
r : révolté
l : lubrifié
e : écœuré
Alareny BAH, journaliste guinéen
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Au lendemain de l’attentat terroriste contre le journal de Charlie Hebdo à Paris, je crois qu’il n’y a pas de foyer pour les journalistes, ni dans les pays occidentaux ni orientaux car les terroristes et les extrémistes sont partout dans le monde. Alors « Nous devons nous montrer solidaires de Charlie Hebdo sans oublier tous les Charlie Hebdo du monde. En outre, je pense que aujourd’hui les terroristes exploitent la démocratie et la libérée dans les pays occidentaux pour attaquer les valeurs de civilisation de ces pays. À mon avis si quelqu’un décide de vivre dans un pays occidental (par exemple la France), il faut qu’il respecte ses valeurs.
Karwan TAYIB, journaliste kurde d’Irak
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Ce soir la France est en deuil et …nous aussi. Nous parce que nous vivons désormais sur cette terre hospitalière de France. Nous parce que nous sommes avant tout journaliste. À chaque fois que la liberté d’expression sera réprimée de diverses manières, nous marquerons notre désaccord. Présentant nos condoléances au peuple français et au monde des médias meurtris par ce lâche attentat, nous ne pouvons nous empêcher de penser à ces crises à travers le monde. On oppose toujours les ethnies et les religions et on fait agir lâchement les esprits faibles, manipulés et désorientés. Lorsque la violence des armes devient un moyen de revendication, le monde perd son humanité.
Ce soir je pleure mes confrères de Charlie Hebdo et comme l’artiste, je crie haut et fort: « NE MELEZ PAS ALLAH A VOS ACTES CRIMINELS »
Armand IRÉ, journaliste ivoirien
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Je suis vraiment ému en regrettant d’arriver à ce cauchemar. À mon avis cette attaque vise toutes les personnes qui habitent en France et également la liberté de la presse. En dernier lieu, je souhaite juste écrire ce message simple et clair pour déclarer que je suis fière de Charlie Hebdo, en tant que journaliste.
Reza JAFARIAN, photojournaliste iranien
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La presse c’est comme un miroir. Elle vous informe de tout votre état, bon ou mauvais. Avec vive émotion, que j’ai suivi l’acte ignoble de ses islamistes contre Charlie Hebdo. Ils ont confirmé leur état que le miroir Charlie Hebdo avait reflété. On ne tue pas la vérité, la presse.
Simon MM, journaliste congolais
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Charb, Wolinski, Cabu et Tignous étaient parmi ceux qui ont péri dans cet acte ignoble mais vous serez Charlie! Charlie! Liberté! comme le scandaient ce soir place de la République des milliers de personnes en votre mémoire.
Out le terrorisme! Que vive la liberté de la presse de par le monde!
Abdoulaye Djibril SOW, journaliste guinéen
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C’est l’encre qui devrait couler et non le sang. Si vraiment ces meurtriers ont cru rendre justice, la violence n’en est en aucun cas un moyen. Le meurtre fait taire les bouches et non les coeurs, les idées ni les actions. Vous êtes morts mais vous laissez derrière vous des branches dont les fleurs produiront les fruits de vos actions. REST IN PEACE CHARLIE HEBDO attack victims
Une journaliste
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Ceux qui ont tué cherchent à pulvériser la liberté. Ils ont d’ores et déjà échoué. Chacun, à notre place, nous allons tenter de perpétuer les principes qui animaient nos collègues disparus. Devenons des veilleurs sinon des combattants, dans la mesure de nos modestes moyens. Nous sommes tous des Charlie. Définitivement.
Denis PERRIN, journaliste français
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Hommage aux journalistes de Charlie Hebdo, martyrs de la liberté de la presse!
Carole SERIKPA, journaliste ivoirienne
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A l’équipe de Charlie Hebdo, je souhaite adresser mes plus sincères condoléances. Mes pensées vont aux victimes, à leurs familles, à leurs amis et à leurs collègues qui ont perdu des êtres irremplaçables.
Aujourd’hui, j’ai envie de rire encore plus fort, d’être bousculée davantage, de m’interroger encore et encore, notamment en lisant Charlie Hebdo qui a eu l’art de ne jamais me laisser indifférente…
Alors, au-delà des peurs, des pleurs, de la tristesse, du deuil, si vous le pouvez encore, faites-moi rire, bousculez-moi, aidez-moi à réfléchir en restant encore et toujours politiquement incorrects, parfois si trash et subtiles à la fois…
Florence DAMIENS, traductrice français-arabe
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Journaliste tchadien, exilé, en France, j’estime que l’attentat terroriste qui a visé ce mercredi 07 janvier 2015, le journal, « Charlie Hebdo », faisant des lourdes pertes en vies humaines et de nombreux blessés, est un acte abominable d’une extrême cruauté. Il est inqualifiable et inadmissible. La liberté d’expression est un droit universel qui ne peut être transgressé. Attaquer et tuer injustement des journalistes dans l’exercice de leur fonction, est un délit lourdement répréhensible, une menace pour l’humanité dans sa composante globale. J’exprime ma solidarité internationale à la rédaction de Charlie Hebdo et j’invite les uns et les autres à la mise en place des réactions urgentes, massives et généralisées pour éradiquer ce phénomène qu’est le terrorisme. Aucune société moderne ne peut s’identifier ni adhérer, à l’agissement de ces criminels qui entravent la marche de l’humanité éprise de paix, de justice sociale et de dignité pour tous. En cette douloureuse journée de deuil, mes pensées particulières vont aux victimes, à leurs familles, amis et journalistes éprouvés par cette barbarie moyenâgeuse.
Makaila NGUEBLA, blogueur tchadien
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L’opposition Yéménite condamne sévèrement les derniers actes terroristes vécus dernierement en France et au Yémen. Ces actes terroristes lâches et perfides qui ont impliqué le journal Charlie hebdo de la capitale française, qui ont tué de nombreux innocents. Au Yémen, nous avons également subis mercredi dernier des attentats terroristes à la voiture piégée, faisant 40 morts et des dizaines de blessés.
Le terrorisme ne connaît aucune frontière et s’attaque à tous. Il ne défend aucune religion et ne peut en parler en son nom.
En tant que président de l’opposition Yéménite française je tenais à exprimer mon soutien à la France et à exprimer mes plus sincères condoléances aux familles des victimes françaises, tout comme aux familles des victimes Yéménites.
Mohamed AL SHAMI, journaliste yéménite
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Paris 10 Janvier 2015 photo: Muzaffar Salman

Paris 10 janvier 2015 – Photo: Muzaffar Salman, photojournaliste syrien

COMMUNIQUÉ DE PRESSE

Attentat Charlie Hebdo :
la Maison des journalistes se mobilise et lance un appel à la vigilance
en faveur de la liberté de la presse

La Maison des journalistes (MDJ) pleure les victimes du terrible attentat meurtrier perpétré à l’encontre du journal Charlie Hebdo ce mercredi 7 janvier. Elle témoigne de sa solidarité aux familles des journalistes, des policiers et au journal éprouvés par cet acte abominable.

Protéger les journalistes, protéger la presse, c’est protéger la démocratie et nos libertés. La Maison des journalistes entend plus que jamais soutenir les journalistes de par le monde qui ont trouvé refuge en France et qui, pour la plupart, ont été persécutés par ceux dont font partie ces barbares.

Aujourd’hui la Maison des journalistes lance un appel à la vigilance, à la mobilisation pour lutter contre tous les intégrismes et toutes les intolérances.

Fait à Paris, le 8 janvier 2015

Christian AUBOYNEAU
Président

Darline COTHIÈRE
Directrice

La Maison des journalistes

Crimes contre les journalistes : L’Afrique dans la tourmente

[Par Alareny BAH]

Le 2 novembre a été décrété « Journée internationale contre l’impunité des crimes commis contre les journalistes » par l’Unesco. L’Onu a également instauré la « Journée mondiale de la presse » qui a lieu chaque 3 mai. Ces initiatives pointent ce qui se passe notamment en Afrique.

Source : ifex.org

Source : ifex.org

En écho aux efforts de sensibilisation engagés à l’échelon international, on a assisté en Afrique – notamment dans l’ouest – à une floraison de médias audiovisuels et écrits. Toute chose qui avait suscité beaucoup d’engouements au sein des populations, car cette libéralisation permettait, du coup, la pluralité de l’information. Au fil des années cet espoir s’estompe petit à petit du fait des obstacles érigés sur le chemin de ceux qui sont censés travailler dans ces médias.

Des hommes s’érigeant en rois, chefs d’Etat, groupes terroristes ou autres personnes influentes usent de tous les moyens qui sont à leur disposition pour empêcher tout travail des médias non favorables à leur cause. Souvent ce genre d’attaque s’exprime par des menaces verbales, écrites, des persécutions, des arrestations, de la prison, des assassinats ou la destruction d’équipements professionnels : autant d’actes forçant à l’exil.

Le problème africain

Sur le plan mondial, l’Afrique occupe une bonne place pour ne pas dire la 1ère dans la violation des droits à l’information. Certains dirigeants sont prêts à sacrifier des journalistes pour sauver leur position. Or, ces mêmes dirigeants ont oublié que c’est grâce à la couverture médiatique qu’ils ont accédé au pouvoir. Et ce n’est pas un hasard s’ils entretiennent constamment des relations avec des médias sélectionnés pour vendre leur image.

Mon pays, la Guinée, n’est pas en reste dans ce genre de manœuvre. Récemment des journalistes ont été refoulés d’une ville où ils voulaient se rendre pour constater le nombre de morts lié à la révolte des populations face à la mauvaise gestion de la fièvre Ebola.

Aujourd’hui nombreux sont les journalistes qui ont pris la route forcée de l’exil à cause des vérités qu’ils énoncent sur des sujets sensibles, laissant derrière eux une famille meurtrie et à l’agonie. En se référant au rapport et au classement 2014 de Reporters sans frontières (RSF), on voit que la Guinée régresse d’année en année. De 82ème en 2013 elle est passée au 102ème rang sur 180 nations classées. Ceci signifie qu’il va falloir encore attendre encore bien des années pour que la protection des journalistes soit effective dans ce pays.

Source : http://rsf.org/

Source : http://rsf.org/

Globalement, à l’échelle de la planète, l’on assiste chaque année à l’assassinat et au départ massif de journalistes pour une destination inconnue à cause des persécutions dont ils font l’objet quotidiennement. Malgré la rituelle célébration du 3 mai (la Journée mondiale de la presse), les hommes et femmes, de plume, de micro et de caméras ne sont toujours pas à l’abri des esprits malveillants. Il faut tout de même se réjouir d’innombrables progrès réalisés dans la promotion d’une presse libre et responsable au service de la démocratie et de l’état de droit par certaines nations.

La célébration de l’Unesco le 2 novembre prochain vient à point nommé et s’ajoute à tant d’autres événements. Cette célébration fait référence à l’assassinat de deux éminents journalistes de RFI, en l’occurrence : Ghislaine Dupont et Claude Verlon alors qu’ils étaient en reportage à Kidal au nord du Mali. Ces deux envoyés spéciaux n’avaient comme armes que leur micro, leur badge et leur dictaphone. Ils ont été enlevés puis assassinés par leurs ravisseurs le samedi 2 novembre 2013 tout simplement parce qu’ils étaient à la recherche d’informations fiables et crédibles.

Cette date restera désormais gravée dans la mémoire de tous les hommes épris de justice mais surtout dans les annales de l’histoire de la presse mondiale. Ce 2 novembre sera alors mis à profit pour parler du travail de ses 2 journalistes disparus mais aussi des dispositions à prendre en faveur de la liberté d’information. Sans une presse libre : pas de démocratie et sans démocratie pas d’état de droit.

Source : mali-web.org

Source : mali-web.org

 

 

Non au crime contre les journalistes

[Par Sintius MALAIKAT]

« Les plantes ont besoin d’une lumière pour produire la chlorophylle, catalyseur de la photosynthèse.
Sans chlorophylle, pas de photosynthèse. Sans photosynthèse, pas de vie. Au fond de ma cellule, je ne vois aucune lumière »

J’entends de loin la voix de mon confrère
Qui crie de douleur due à la torture physique
La torture physique dont il a été victime
Victime d’avoir produit une émission critique
Critique des atrocités à l’endroit des êtres humains
Etres humains dont le droit est sensé être respecté
Respecté par tous les pays du monde entier

Le monde entier célèbre ce jour
Jour de condamnation des crimes
Crimes contre les droits des Journalistes
Journalistes photosynthèses de la société
La société qui a besoin d’être informée
Informer a été ma passion depuis longtemps

Depuis longtemps je donnais des informations impartiales
Impartiales dans le sens de vraies, balancées et justes
Justice est tout ce que je mérite
Je le mérite et je le demande
Demande que j’adresse au monde
Ce monde qui ne cesse de chanter la liberté
Liberté sous toutes ses formes
Au fond de ma cellule de détention

J’aperçois la lueur du soleil
Le soleil qui ne brille pas pour nous journalistes
Au fond de ma cellule, j’ai eu un rêve
Le rêve du soleil qui brille
La porte de ma cellule qui s’ouvre
L’ouverture du droit d’expression
Ainsi le monde sera informé
Et tous mes confrères libérés
Non au crime contre les journalistes

 

 

 

Le combat pour la presse libre continue !

[Par John CHITAMBO LOBE]

La Maison des Journalistes a Paris-France est un refuge des journalistes exilés en France, une organisation unique dans le monde sans but lucratif.  Elle a organisé une rencontre entre journalistes exilés membres de la rédaction de L’œil de l’exilé et l’équipe de Mediapart,  journal numérique en ligne bilingue (anglais, espagnol et français). Cette rencontre avait pour but d’échanger des idées et des expériences, d’évoquer des défis, de parler des risques et des dangers de la pratique du  journalisme dans le monde actuel.

Visite à Mediapart [Crédit Photo  Muzaffar Salman] (7)

La liberté de la presse partout est un combat toujours actuel. Elle se porte mal dans beaucoup des pays. Cette liberté  est ignorée, elle est en danger, bafouée.

Les journaux ont toujours suscité la méfiance du pouvoir politique. De ce fait, la liberté de la presse ne s’est imposée qu’au prix de longues luttes…  mais si nous œuvrons ensemble, la victoire est probable. La liberté de communication et d’opinion est l’un des droits les plus précieux qui existent. Tout citoyen doit donc pouvoir parler, écrire, éditer librement.

Parce qu’il véhicule des informations et des idées,  le journal, s’il est libre, est capable d’ouvrir de vastes horizons  par sa nature et son caractère explosif puisqu’il contribue à la formation des opinions particulières et collectives de tout le monde dans un pays.

Plus le pouvoir est arbitraire ou antidémocratique et plus ses détenteurs ont des raisons de neutraliser les propos qui peuvent salir leur crédibilité, inciter le peuple à  la contestation, voire encourager à la révolte. C’est pourquoi  l’État concerné s’emploie à réprimer toute critique,négative ou non conforme a la pensée officielle.

 

Une liberté reconnue

 

Image tirée de http://www.sentinelleducontinent.com/

Image tirée de http://www.sentinelleducontinent.com/

La liberté de presse est aujourd’hui solennellement proclamée et universellement reconnue. Elle figure dans la Déclaration universelle des droits de l’homme adoptée en 1948 (Article 19), ainsi que dans le pacte international relatif aux droits civils et politiques de 1966. Le droit à la  liberté d’expression et de communication des informations et des idées est aussi affirmé par la Convention Européenne de sauvegarde des droits de l’homme (Article 10).

L’État n’est pas le seul ennemi de la presse. Dans certains pays, les journalistes subissent les attaques de tous ceux qu’ils gênent avec des révélations et publications de leurs activités…mais l’État reste souvent  le principal obstacle à la liberté de la presse… surtout dans des pays en voie de développement en Afrique, au Proche-Orient, au Moyen-Orient, en Asie et en Amérique Latine et du Sud.

 

Information, démocratie et formation

Sécurité numérique pour les journalistes en exil Aujourd'hui, jeudi 11 septembre, 'Atelier à la Maison des journalistes

Sécurité numérique pour les journalistes en exil
Aujourd’hui, jeudi 11 septembre, ‘Atelier à la Maison des journalistes

La liberté de la presse fait l’objet dans chaque pays démocratique d’une protection particulière, parce que l’information constitue l’une des conditions essentielles du  fonctionnement démocratique de la société. Les journaux doivent toujours s’adresser à la raison des lecteurs et doivent leur fournir des informations, des analyses, des révélations, des commentaires sérieux avec le souci majeur de présenter et d’expliquer l’actualité afin de la rendre compréhensible avec une transparence totale, sans risque de corruption, pour tous et partout.

Constatant les problèmes de sauvegarde de la liberté de la presse , la Maison des Journalistes et l’Université de Clemson,Caroline du Sud,  ont organisé des sessions de formation sur la Sécurité Numérique avec le spécialiste John Gaynard. Il a informé les journalistes présents de l’importance qu’il y a à travailler dans l’anonymat et sur  l’utilisation de l’Antivirus, CCleaner, TOR, Friendica, Cloudflare, Prey a mobile protection, Thunderbird&PGP pour le cryptage des mails ou pour chiffrer les courriers électroniques  sur Tails USB key/Cle USB Tails.

Toutes ces  précisions concernant les dangers encourus dans le monde virtuel, toutes ces techniques numériques et ces stratégies permettant de travailler dans l’anonymat ont pour but de protéger les journalistes et de leur éviter de tomber dans des pièges qui mettraient leur liberté – et celle de la presse – en danger.

 

 

Situation de la liberté de presse en Iran : Discours de Rasoul Asghari, journaliste iranien

Par Saida HUSEYNOVA

ASGHARI2

L’intervention de Rasoul Asghari, journaliste iranien, dans le cadre de la 25e session du Conseil des droits de l’homme de l’Organisation des Nations Unies à Genève

Dans le cadre de la 25e session du Conseil des droits de l’homme de l’Organisation des Nations Unies à Genève, Rasoul Asghari, journaliste iranien et analyseur de la situation politique en Iran, a prononcé un discours sur la situation de la liberté de la presse en Iran.
Rasoul Asghari, en s’appuyant sur ses propres expériences journalistiques au cours des 18 dernières années, a donné un aperçu de la situation des journalistes et des médias en Iran depuis 1992.

 

D’après lui, durant ces années, la liberté d’expression et le droit d’être informé et d’avoir accès à une information libre, ont été les premières victimes du « changement » qui n’a jamais été réalisé, tout comme la liberté de la presse et des médias sociaux l’ont été. La propagande du gouvernement a été modernisée, mais le paysage politique et social est de plus en plus réprimé et la liberté des journalistes de plus en plus limitée.

 

En attirant attention sur la gravité de la situation, M. Asghari a cité l’exemple de ses propres expériences : il a travaillé dans 11 journaux iraniens, dont certains n’ont pu exister qu’un seul jour car ils ont été fermés juste après la première sortie, alors que d’autres ont pu continuer leur travail pendant des mois ou peut-être des années.

 

En un seul jour, en Avril 2001, 20 journaux ont été fermés, des centaines de personnes ont perdu leur emploi et certaines ont été arrêtées. La répression sur les journaux a continué sans arrêt jusqu’à atteindre à l’été 2009 son point le plus élevé quand il n’y avait presque plus de voix opposées. Elle a été ensuite poursuivie par l’administration de Rohani : depuis son accession à la présidence 13 journaux ont été fermés. Certains d’entre eux n’avaient même pas sorti leur premiere publication. Dans le rapport annuel des « Reporters sans frontières » l’Iran est identifié comme l’une des cinq plus grandes prisons de journalistes dans le monde. C’est le 173e pays sur 180 pour l’Indice de liberté de la presse 2014. Le rapport indique: «Il n’a eu aucun changement dans la situation de la liberté de la couverture des nouvelles par rapport à l’année précédente. Les autorités iraniennes continuent de contrôler la couverture des nouvelles strictement. Les rapports sur la question nucléaire, les droits de l’homme et les prisonniers d’opinion, sont également censurés. À la fin de 2013, l’Iran a continué d’être l’une des plus grandes prisons du monde pour les professionnels des médias, avec 50 journalistes et net-citoyens détenus ».

 

Rasoul Asghari

Rasoul Asghari

Dans son discours M. Asghari a mis en évidence un autre point problématique dans le travail des journalistes, celui de l’espionnage. « L’espionnage et le contact avec les gouvernements étrangers sont des crimes communs que vous avez à affronter si vous décidez d’être journaliste en Iran. La raison donnée pour cela est la coopération avec les sites Web non-gouvernementaux ou d’opposition ou les chaînes de télévision étrangères qui sont les choses les plus normales que chaque journaliste fait dans le monde entier. Cependant, c’est considéré comme de l’espionnage dans mon pays ».
Parlant de la situation d’internet en Iran, M. Asghari a mentionné que l’autorisation pour une publication ou l’ouverture d’un nouveau site ne sera même pas accordée à un citoyen neutre. « Seuls ceux qui représentent les intérêts des gouverneurs peuvent obtenir une autorisation. La censure officielle a été intensifiée avec l’aggravation de la crise nucléaire et l’augmentation des difficultés avec l’Occident au point que les autorisations officielles sont maintenant délivrées par les plus hautes autorités comme « Le Conseil de sécurité nationale». « Une Cyber Army avec des tonnes d’autres institutions contrôlent les activités des utilisateurs d’Internet et surveillent le filtrage des sites, des blogs et des réseaux d’information ».

 

« Avant, les journaux étaient ciblés après la publication de quelque chose que le gouvernement n’aimait pas, mais depuis le début de la deuxième administration d’Ahmadinejad et surtout après le soulèvement du peuple en 2009, il est devenu normal de contrôler les publications avant leur impression. Le régime veut créer des fantômes qui ne sont ni vus ni entendus, des hommes et les femmes qui ont perdu leur voix: des personnes sourdes ».

 

Le discours complet de M. Rasoul Asghari vous pouvez trouver ici en anglais.

 

 

Lettre ouverte à un jeune lycéen français

Dessin du www.clemi.org

Dessin tiré de www.clemi.org

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

A l’occasion de la 25e Semaine de la presse et des médias dans l’école® (24 – 29 mars 2014), une lettre ouverte aux jeunes lycéens français a été rédigée par des plumes de La Maison des journalistes :

 

Chers élèves, séparez la bonne graine de l’ivraie. Lettre de Larbi Graine

 

Le journalisme étant un sacerdoce Lettre de Carole Attioumou­ Sérikpa

 

Mobilisez vous en faveur des journalistes dans le monde ! Lettre de Makaila Nguebla

 

Le journaliste est un éveilleur de conscience. Lettre de Benson Sérikpa

 

Le dessin de la Semaine 2014, par Samy

 

 

Mobilisez vous en faveur des journalistes dans le monde !

Dessin de Kianoush Ramezani (Iran)

Dessin de Kianoush Ramezani (Iran)

Chers amis lycéens,

Je me permets de vous écrire cette lettre ouverte, en vue d’attirer votre attention sur la liberté de la presse qui est de nos jours sévèrement violée et transgressée dans le monde.

Contraint en exil à cause de ma plume combattante, je suis cette voix audible d’une société tchadienne inaudible où règne une féroce dictature depuis plusieurs années.

Pour moi, la liberté de la presse autrement dit liberté d’expression est universellement reconnue à toute personne d’en faire usage pour exprimer ses idées et ses opinions sur une question donnée. Cette liberté de la presse peut être considérée comme étant l’oxygène de la démocratie en faveur d’une société émancipée dans laquelle se confrontent des opinions publiques et politiques.

Mais de nos jours, les hommes qui véhiculent cette liberté de presse notamment les journalistes payent généralement un lourd tribut pour l’exercice de leur métier.

Ces dernières années sont marquées par la persécution, les arrestations et détentions arbitraires, les expulsions et les enlèvements des otages ou pire encore des assassinats des journalistes et autres reportes dont le seul tort d’avoir choisi ce métier noble d’informer l’opinion publique en général sur l’actualité internationale qui se déroule dans certaines contrées du monde et qui nécessitent d’être relayée par voie des médias ou autres canaux d’informations.

Pour ma part, je viens vers vous vous élève, force de l’avenir et relève de demain afin de vous sensibiliser sur le bien fondé de la profession et vous demander de bien vouloir plaider en faveur des journalistes qui sont souvent pris pour cibles injustement par des acteurs en conflits dans les théâtres des opérations militaires c’est des reporters de guerre ou d’autres journalistes militants qui œuvrent dans la recherche de la démocratie ou de la consolidation d’un Etat de Droit dans leurs pays.

En vous adressant cette ouverte, je souhaiterai solliciter votre implication individuelle et collective pour plus de protection et de défense des journalistes dans le monde, car, sans eux, la démocratie est une coquille vide, car sans eux, les régimes d’exception écraseront nos sociétés contemporaines.

Mobilisez vous en faveur des journalistes dans le monde !

Makaila NGUEBLA

 

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