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Afrique : faut-il ressusciter « l’esprit de Bandung » ?

Par Jean-Jules LEMA LANDU, journaliste congolais, réfugié en France

Le flot d’informations diffusées au quotidien, qui vont dans tous les sens, non seulement nous submergent, mais également nous désorientent. La guerre de l’Ukraine en rajoute, singulièrement pour les pays africains, eu égard à l’esprit de la conférence de Bandung, tenue en Indonésie, en 1955.

Appelée aussi « Conférence du tiers-monde », celle-ci réunit 29 pays africains et asiatiques, en vue de former une union dite des pays décolonisés. Il en découla globalement la mise en place d’une charte de valeurs, comprenant la lutte contre l’impérialisme, le colonialisme et le néo-colonialisme. Mais aussi le principe de « non-alignement », par rapport aux grandes puissances.

À l’évidence, cette grande rencontre, à laquelle d’ailleurs la France participa, représentée par Sédar Senghor, eut un grand retentissement, à travers le monde. Avec plusieurs résultats à la clé, notamment la vertu de pousser, cinq ans plus tard, les colonisateurs à lâcher du lest, en accordant leur indépendance aux pays africains. Cependant, il faut avouer que « l’esprit de Bandung » ne connut que la vie de météorite, les querelles de chapelle ayant apparu dès le lendemain des travaux.

Qu’en reste-t-il aujourd’hui, 68 ans après, face à la guerre de l’Ukraine ? Nous savons que ce conflit a des répercussions à l’échelle internationale, entraînant déjà à la situation des « blocs », comme jadis à l’époque de la « Guerre froide ». L’Afrique, la fragile, avec déjà de grosses fissures d’antan dans ses murs, y échapperait-elle ?

À travers des faits observés, la réponse est non. Pour deux raisons évidentes. D’abord, potentiellement riche, le continent est en pratique très pauvre, au point où, dès le premier effet papillon de la guerre en Ukraine, les Africains ont vite sauté à Moscou pour quémander des céréales à Poutine. Ensuite, profitant de cet aveu de faiblesse caractérisé, les pays nantis ont accentué leur démarche en Afrique afin de se faire, chacun, plus d’alliés.

C’est ainsi que, par exemple, la visite en Afrique du Sud du ministre des Affaires Étrangères russe, Sergueï Lavrov, et celle du secrétaire d’État américain, Anthony Blinken, s’étaient distancées d’un cheveu. Tous deux proposent aux « amis africains » une nouvelle offre de coopération gagnant-gagnant. Paraît-il. Le Mali, la Guinée Conakry, le Burkina et la Centrafrique ont déjà mordu à l’hameçon russe. Le groupe paramilitaire russe Wagner y est déjà présent. Courtisée avec assiduité, le pays de Mandela finira-t-elle par céder à la sirène de ce nouveau coup de charme, exercé de part et d’autre, dont le fond reste à analyser et à comprendre ? 

Union européenne : modèle à suivre

Il n’est pas du tout aberrant de dire qu’avec la guerre de l’Ukraine, le continent se trouve à un tournant de son histoire. Si, hier, « l’esprit de Bandung » fut noyé dans l’inconscience de la jeunesse, l’Afrique libre est aujourd’hui adulte, âgée de plus de 60 ans. C’est l’âge de choix porteurs. Ainsi donc, coopérer avec les pays riches – quel qu’il soit -, n’est en rien anormal.

L’essentiel est de savoir, face à eux, se poser en interlocuteur égal : l’argent contre l’achat du gaz, par exemple, devant être pesé dans la « balance gagnant-gagnant». Sans complaisance. L’heure, pour l’Afrique, est de chercher à acquérir son autonomie, par rapport à la lutte d’hégémonie à laquelle s’engagent les pays dits développés. La première démarche de la Chine, aujourd’hui grande puissance, était de se départir de la « tutelle » de quiconque. C’est un modèle à suivre.

Enfin, il ne serait pas dérisoire, non plus, de redonner chair aux ossements de « l’esprit de Bandung », lequel posa en son temps la thèse de l’union. Et au-delà, avança l’idée de la formation d’un « bloc tiers-mondiste », à l’aune des blocs existants.

À l’heure où les relations internationales tendent à revenir au mode de la division du monde en blocs distincts, l’Union africaine (UA) se doit de renforcer ses capacités. En vue de faire face aux nouveaux enjeux, qui pointent déjà à l’horizon. L’Union européenne (UE), en cela, ne constitue pas moins un bon modèle à suivre. Encore une fois.

Jean-Jules Lema Landou

EXCLUSIF. La fin de la guerre au Tigré annonce-t-elle le retour de la liberté de la presse ?

Après deux ans de lutte acharnée entre le gouvernement d’Abiy Ahmed et le Front de libération du Tigré (TPLF), le conflit semble être arrivé à son terme. Le nombre exact de victimes ainsi que le déroulé précis des événements restent cependant à déterminer, la région du Tigré étant fermée aux journalistes depuis 2021. Avec la paix, le retour de la presse est-il désormais envisageable dans la région ?

La MDJ a eu l’opportunité de contacter des journalistes et des défenseurs des médias basés en Éthiopie pour s’enquérir de la situation. Si les violences au Tigré ont fini par s’interrompre, les régions voisines d’Afar et Amhara sont le nouveau théâtre de la cruauté humaine. Des massacres sont par ailleurs toujours signalés dans la région meurtrie par la guerre, la population craignant que celle-ci ne connaisse qu’une courte trêve.

Des dizaines de milliers de morts en deux ans

Le conflit débute en novembre 2020, quand le Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed tente d’organiser des élections dans la région du Tigré au nord du pays, dont une partie des habitants réclament l’indépendance. Les autorités régionales défient le pouvoir depuis plusieurs mois déjà et le Premier ministre Ahmed ne compte plus se taire. Accusant le TPLF d’avoir attaqué des bases militaires, le Premier ministre envoie alors l’armée au Tigré. Mais les rebelles armés ne laisseront pas les militaires atteindre la capitale régionale Mekele, les repoussant dès le premier jour.

Les rebelles du TPLF ont ensuite gagné tout le Tigré pour le « libérer » du gouvernement d’Abiy Ahmed. De nombreux témoignages dénoncent des centaines d’exactions commises par l’armée et les rebelles, provoquant la mort de dizaines de milliers de personnes, impliquant des milliers de viols et poussant deux millions de Tigréens à l’exil. La famine menace depuis des mois les 13 millions de Tigréens traumatisés par la guerre, tandis que les destructions d’infrastructures conduisent à de graves problèmes d’alimentation en eau pour de nombreuses villes. 

La situation est telle que Médecins Sans Frontières annonce en juillet 2021 stopper ses activités dans la région, à la suite de la mort de trois membres de son personnel le 24 juin. Des centaines d’abus sexuels auraient également traumatisé la population, commis autant par les rebelles indépendantistes que le gouvernement d’Abiy Ahmed, sans pour autant qu’une quelconque couverture médiatique soit assurée. Car si la liberté de la presse était déjà restreinte, les journalistes éthiopiens et étrangers localisés au Tigré sont expulsés à partir de novembre 2021, soit un an depuis le début de la guerre. 

Malgré la paix, la presse toujours muselée

Le gouvernement d’Abiy Ahmed a interdit la couverture des opérations militaires au Tigré, Afar et Amhara et a emprisonné les journalistes durant leur reportage, selon des ONG et plusieurs reporters. Nous avons pu contacter la branche africaine du Comité de Protection des Journalistes, une ONG internationale, qui nous a indiqué « qu’il n’y a aucune assurance sur un retour sécurisé des journalistes au Tigré ou de l’ouverture de possibles enquêtes sur les crimes qu’ils auraient subi. » Ils nous ont également informés de la libération de trois journalistes de la chaîne Tigray TV, « mais deux autres sont toujours en détention », selon Mythoki Mumo, responsable de la branche sub-saharienne du CPJ.

Le traité de paix entre l’autorité fédérale éthiopienne et les rebelles tigréens a été signé le 2 novembre 2022, officialisant le désarmement du TPLF. Les autorités fédérales travaillent désormais au rétablissement du courant électrique, à l’acheminement de l’aide humanitaire dans les zones en proie à la famine, et à la récupération des armes lourdes utilisées par le TPLF. L’armée fédérale et les forces étrangères (Erythrée) sont également invitées à se retirer du pays dans le cadre de l’accord de paix.

Un retour apparent à la normale, car de nombreuses interrogations demeurent en suspens sans le travail des acteurs des médias. Certains hommes et femmes ont néanmoins tenté d’apporter quelques informations aux Éthiopiens et à la communauté internationale.

Parmi ces lanceurs d’alerte, Solomon Weldegerima et Isaac Welday, deux journalistes d’investigation qui ont révélé les noms des prisonniers au grand public, bien que les services de communication au Tigré ne soient que partiellement rétablis. 

Solomon Weldegerima est un journaliste tigréen qui travaillait dans un média régional avant la guerre. Il a fui sa maison lors des assauts répétés non loin de son domicile, étant une cible privilégiée en tant que journaliste. Pour lui, ses collègues et lui-même auront bientôt à nouveau accès au Tigré, dans les zones contrôlées par le gouvernement fédéral et les forces internationales. « Par contre, ils n’accèderont pas aux zones sous le joug du TPLF. » Solomon explique « se battre pour la vérité » et n’avoir peur d’aucun des belligérants. Pour lui, « la paix ne pourra revenir au Tigré tant que le TPLF », qu’il n’hésite pas à qualifier de « groupe terroriste », restera au pouvoir. 

Solomon Weldegerima en pleine conférence.

Solomon ne vit plus au Tigré depuis deux ans, mais à la frontière de la région où il est parvenu durant cette période à obtenir des informations sur la guerre depuis l’intérieur. Le reporter n’a qu’un seul but : montrer les atrocités commises tant par l’armée et le TPLF, ainsi que de combattre la « propagande » des rebelles dans la région. Sa dernière excursion, dont il ne tient pas à communiquer la date exacte, a duré deux jours. Il obtient ses informations de la part de locaux ayant encore une connexion internet, bien que très faible, « principalement de travailleurs pour des ONG ou d’associations humanitaires. J’inclus des personnes soutenant l’action gouvernementale et ceux considérant que le TPLF est à l’origine de la guerre. Quelques combattants anti-TPLF m’ont également parlé. Nombre d’entre eux n’ont pu échanger avec moi qu’avec le rétablissement des services de communication du gouvernement. »

Pas un mot sur les exactions de l’armée du Premier ministre Abiy Ahmed, qui selon de nombreux observateurs extérieurs aurait participé à des raids meurtriers et des campagnes de viols de masse, ainsi que bloqué l’acheminement de l’aide humanitaire. « Le TPLF a été le premier en déclarant la guerre lors d’une attaque-éclair fomentée par le leader Seque Turea. Ils doivent être tenus entièrement responsables de la guerre. Des exactions ont cependant été commises par les deux camps, et tous les individus y ayant participé doivent être arrêtés et jugés. »

« Je ne pouvais pas me déplacer librement, j’étais terrorisé par les rebelles. Ils menacent quiconque ne supportant pas leur version des faits et les considèrent comme des ennemis du Tigré à abattre. » 

Il raconte avoir subi du chantage de la part du TPLF du fait de son statut de journaliste, comprenant la fuite de ses informations personnelles. Cela ne l’arrête pas pour autant : « un proverbe éthiopien dit : hilmi ferihka leydekeska aytihedry, tu ne peux pas dormir sans être effrayé par un rêve. Le mien est d’exposer la vérité. Je sais que le TPLF est dangereux, mais tant que je me bats pour mon peuple, le risque en vaut la peine. »

Le journaliste affirme que quelques journalistes « gouvernementaux et indépendants » pourront bientôt avoir le droit de se rendre à nouveau au Tigré, « notamment dans les régions sous le contrôle de l’ENDF, l’armée éthiopienne : Welkayt, Shre, Adwa, Aksum, Raya demeurent accessibles. »

Il confirme également « les atrocités commises par les rebelles : les viols de masse, les vols et les destructions » sont monnaie courante depuis deux ans au Tigré, « mais également dans les régions voisines d’Afar et Amhara. »

La propagande, ennemi numéro un de la presse

Solomon le répète à plusieurs reprises lors de notre entretien, la propagande intense du TPLF nuit à la compréhension des événements au sein-même de la région, divisant d’autant plus la population. Depuis deux ans, « je lutte contre les rebelles à travers le debunkage de fake news, afin de permettre à mon peuple et à la communauté internationale de faire la pleine lumière sur la guerre. Nous devons réaliser la gravité du danger que représente le TPLF. » Il espère pouvoir bientôt pouvoir retourner librement chez lui. Il a par ailleurs décidé de lancer son média afin de diffuser ses propres informations.

Isaac Welday, autre journaliste indépendant, avait rapporté aux médias l’arrestation de cinq journalistes tigréens en mai et juillet 2022 par les autorités fédérales pour avoir couvert les événements dans la région. Il nous confie avoir travaillé pour le gouvernement d’intérim, peu avant le début de la guerre. 

Il a par la suite quitté son travail pour se consacrer entièrement à sa vocation de journaliste. « Je veux rétablir la vérité, je ne suis dans le camp de personne », assure-t-il au téléphone. « A trois reprises, j’ai été arrêté par le gouvernement fédéral et placé en garde-à-vue. » Pour lui, les rebelles comme le gouvernement « sont des tortionnaires. Ils sont anti-journalistes et contre tous les acteurs de la paix », civils ou non. 

Pour le directeur du bureau Afrique de Reporters sans frontières Sadibou Marong, le discours n’est pas aussi tranché. « L’accord de paix est un bon signe pour l’avenir, notamment pour une meilleure circulation des informations et des journalistes dans le pays. Mais il y a toujours la crainte des représailles, nombre de journalistes préfèrent rester en sécurité à l’étranger. Il appartient aux autorités de travailler sur leur retour et leur donner des garanties. » Le plus grand problème réside selon lui « dans le contrôle du narratif de la guerre, c’est-à-dire la propagande et la désinformation sur les réseaux sociaux qui ont été repris par les médias. »

L’ONG lutte depuis le début de la guerre contre cette propagande, « que l’on retrouve autant au sein du TPLF et du gouvernement fédéral. Les autorités parlaient d’opération de sécurisation mais c’était véritablement une guerre » à dénoncer. « Le TPLF et le pouvoir central sont coupables d’exactions et des détentions arbitraires. Dès lors que la guerre a éclaté nous avons assisté à des assassinats et détentions de journalistes. Certains étaient accusés de faire la promotion du terrorisme et étaient condamnés à la peine de mort. D’autres étaient persécutés par les autorités fédérales et ont dû s’exiler à l’étranger ou demander une assistance. »

La paix est signée entre les parties depuis de 2 novembre 2022 seulement, soulignant sa fragilité. Malgré les violences qui perdurent dans les régions voisines d’Afar et Amhara, les Unions africaine et européenne tentent d’entériner l’accord de paix, à l’instar de la cheffe de la diplomatie étrangère Catherine Colonna les 12 et 13 janvier. Elle était accompagnée de son homologue Annalena Baerbock et du président de la Commission africaine, Moussa Faki. Le bilan total des victimes demeure inconnu, du fait de la faible documentation malgré l’effort des quelques journalistes restés sur place. Le rapatriement des exilés, le comptage et traitement judiciaire des crimes commis durant ces deux années, l’avenir du TPLF et du Tigré restent des problématiques sans solutions, que les multiples parties doivent encore discuter.

Crédits photo : Solomon Weldegerima, Unsplash.

Maud Baheng Daizey

Guinea. The Presse at the Front Against the Military Junta

17/01/2023

Alhussein Sano is a Guinean intellectual wearing many labels combed by numerous étiquettes : journalist, tv animator, producer and director of institutional documentaries and fiction. He entered the media world with the creation of his agency MAXI PLUS in 1995 and he can boast journalistic experience of 28 years. Today welcomed at the Maison des Journalistes, Alhussein recalled to us the weakening of the freedom of the press in Guinea through his journeys and his trials. 

In 2007, his show CLAP centered on the arts and the culture integrating the program of national television (RTG1) is his biggest pride. Satisfied audiences, the chain asks him to perfect the grill programs to leave in 2009.Despite the pretty professional route offered to him, Hussein notes nevertheless, that the replacements within the chain RTG are based on his ethnic group: “the administration of the RTG was very malinkinized to leave in 2010 (NDLR: the ethnic group Malinké became the majority in the house of the administrators), it was impressive : the new editorial line was now based on the praise of the new president of the time, Alpha Condé,” in contempt of journalistic neutrality.

Despite a chaotic political situation, Alhussein was named director of programs in 2013, “on proposal of the director at the time.” He continues his projects for RTG and MAXI PLUS, “one of the best-equipped production companies in the country.” 

The ethnic group, central element of the life of a Guniean journalist

But, in February 2019, while the president Alpha Condé started his second term, the country was on fire. Reluctant to renounce the president of the country, the ex-Chief of State then tried to modify the Constitution, triggering violently repressed protests and the anger of the opposition. Elections are organized despite the dozens of deaths, reaffirming his position for a third term in 2020. The coup d’État of the Military Junta on January 5, 2021 ended by carrying out his impeachment. 

A somber period for Alhussein, and this from 2019 : invited by the general director of RTG at the meeting of his political party, the RPG, Alhussein understands that they are expected to return to their ranks. “He said it was a good opportunity for me because I belong to the ethnic group Malinké like him,” one of the main ethnic groups in the country and of which Alpha Condé is from. “Your proposition had shocked me,” we explained our JRI in an implacable tone. “I told him that my journalism career demanded I be impartial in my work.A resistance that cost him his housing and he paid by exile. He affirms “never having accepted his proposition because this line of broken community didn’t play any role on me, and above all, I didn’t remember their project of the third term. Over time the divorce between us had been definitive.

Little by little, Alhussein saw his responsibilities and his work get trampled : the simple refusal of participation at a political meeting was enough to destroy his career in Guinea. “I was excluded from all activities of the chain. Our relationships were really poisoned because of my cousin Abdourahamane Sano, National Coordinator of the FNDC (National Front for the Defense of the Constitution), one civic grouping opposed by the Military Junta.

The elevated price of the resistance of the press

Photo d’Elijah Merrell.

Main political opponent, FNC is at the start of the movement of protests against the modification of the constitution to validate the accession of Alpha Condé for a third presidential term. The CNRD proposed to his cousin to be a part of the transition government, which he had refused. He fanned the ire of the regime, who was therefore concentrated on Alhussein.

I was then replaced by a militant of the RPG party at my job, for breaking my career plan.” As if this wasn’t enough, Alhussein was demoted as Head of Production and Directing for RTG2, a channel that doesn’t broadcast. Always having the fierce urge to do his job and equipped with his production box, the Guinean journalist was focused on his projects, notably the direction of a documentary on the activities of the FNDC, for which his cousin worked. Unfortunately for him, the difficulties didn’t stop there. He explains that, “following a coup d’état on September 5, 2021, perpetrated by the military group CNRD (National Committee for the Rally of Development), the Gunieans thought they were losing an executioner (Alpha Condé)and believed they found a hero, the head of the military juntas, the colonel Mamady Doumbouya.” However, as Alhussein reminds us well, Mamady Doumbouya “had witnessed and participated in the execution of the Alpha regime.

Skeptic, Alhussein observes the noose tighten around the Guinean journalists, including himself. “The military regimes are often disrespectful of human rights and use all of the media to reduce the silence of the executives and political leaders who don’t share their ideas,” deplores the journalist. 

In January 2022, Alhussein was invited to a meeting with the new Secretary General of the ministry of Communication, in order to revise the programs of RTG1 and 2. Explaining his desire to maintain professional integrity, Alhussein hit a demagogic wall, costing him his post as Director of Programs. “The Secretary General challenged me harshly: ‘You always refuse to help us?’. I was really surprised by this reaction, then he added in the same tone: ‘When you will change your opinion, the doors of the department will be grandly open to you.’ All this verbal violence was suspicious. In April, there was a new meeting in the Director General’s office. Two men were facing me : the first said to me that he liked my show and the other told me that he wanted to watch my documentary on the members of the FNDC.”

A trap he did not fall for. “I responded that according to the contract, after directing, the producer had to recover the film with all the media and rushes used. They insisted in vain. I suspected they were there to trick me.

Over the discussion, the men present in the office of the General Director learned that Alhussein’s passport has expired. They then offer to make a photocopy of it to put an end to its administrative deadlock. Not fooled, Alhussein gives them only one passport, the other still holding his visa.I understood that they were intelligence agents who wanted to confiscate my valid passport. It is a very popular practice in Guinea,” he reasons not without pride.

The press, collateral damage of a political crisis

Following the fall of Alpha Condé facing the CNRD, the FNDC calls for new waves of protests against the military juntas. This one had indeed promised to hand over power to civilians, but it settled without announcing an expiration date. 

CNRD and FNDC then clash on all fronts. “The military deemed it necessary to annihalate all the actors of the FNDC who had played a major role in the fall of Alpha Condé and all the supposed collaborators,” notably himself. On July 5, 2022, while the FNDC organized a press conference, its members were brutally arrested by the police and beaten in front of the cameras. They were released after a week at the demand of the people.

After the visit from governmental agents, Alhussein was forced to vacate his house without warning, summarily expelled. He therefore took refuge with his family at Hamadallaye, but it is watched and receives impromptu visits from the military, forcing him to hide with friends.

July 29, 2022, following a large civilian protest, Alhussein decided to hear from his family. “In less than 30 minutes, two hooded military pickups broke into the courtyard of the family home. They knew that I was there and they started to search the house, confiscating telephones, stealing our money and brutalising my sisters. I narrowly escaped by climbing over the backyard wall.” If he managed to escape, Alhussein would leave behind his precious computers, now in the hands of the military, as well as its assembly equipment.

In Guinea, when you are arrested, you can be killed immediately or be at risk of dying in prison or spend years there without being judged.

For him, the entire Guinean press is on borrowed time. “Of course, it was the same with Alpha Condé, there is a real continuity of his policy. We can’t say everything about the Guniean juntas and it shows.” Independent or state, the media has been and still is muzzled by the power. 

Last examples to date, a journalist convened in July after an article on a medical truck was blocked by the military, as well as another arrested for covering social work employees at a mine in Boké this year. A suffocating situation for Guineans, one of which it seems impossible to undo.

All the media is controlled by the High Authority for Communication, who kept the same president after Condé. Scripts are put together by the government and distributed to the public media. If a radio station wants to make a commercial, it will inevitably become political. They are the very expression and communication of power. If we don’t play the game, the journalists can be banned from the air.” says Alhussein. 

A little optimistic, he would like to continue his work in France, “where we protect freedom of expression. The state preserves liberty better, I can now speak of Guinea without worry. Even if the head of the military juntas leaves, all his men have been placed in the ministries, it would be an illusion.” A deadend in which Alhussein no longer plans to slip. Other Guineans continue nevertheless, to defy the power and the army by simply doing their job. Soldiers of information whose courage should not be forgotten. 

Written by Maud Baheng Daizey, translated by Amelia Seepersaud.

Guerre en Ukraine : l’Afrique prise en étau entre l’Occident et Moscou ?

Par Jean-Jules Lema Landu

Manifestation en soutien à l’Ukraine, Paris, France. © Cédric VT on Unsplash 

” La guerre en Ukraine place l’Afrique dans une position inconfortable.”

Jean-Jules Lema Landu, journaliste congolais, réfugié en France

Il y a, d’abord, les anciens pays d’Europe occidentale. Après la séquence historique de colonisation, ils sont restés liés à leurs anciennes colonies. Y avait-il moyen de faire autrement, pour les Africains, que d’accepter cette relation « naturelle », sur fond de rapports de force largement déséquilibrés ? Ainsi, les deux parties, bon an, mal an, devaient-ils coopérer dans quasi tous les domaines, à ce jour. Et ce, depuis 1960, années des indépendances. Il y a donc de cela plus de six décennies avant que la machine se grippe. Le continent réclame justice, l’Europe promet de modifier le tir. On en est là.

Quant aux deux autres dimensions, il y a celle dans laquelle les relations entre l’Afrique et la Russie sont également liées par l’Histoire. Mais sur l’autre versant, comme par osmose, où Moscou parlait « libération », alors que l’Europe colonialiste, se cabrant, durcissait sa position pour ne pas lâcher-prise. Il s’en suivit une bonne saison de guerres de libération. L’Union soviétique, à l’époque, fut aux côtés des Africains, à travers l’Algérie, l’Afrique du Sud et l’Angola, notamment. Sa part dans le domaine de la coopération militaire, surtout, fut des plus appréciables. Elle permit également à plusieurs Africains de fréquenter ses universités et, qui plus est, construit l’université Lumumba, en mémoire du héros de la lutte de libération. Ce n’est pas rien, en termes de symbole. Et, enfin, la mondialisation, cette réalité qui met le monde en synergie, interconnecté. Où s’exprime un véritable effet papillon, image d’un « village planétaire », cher à McLuhan.

Pour qui opter ?

A cet égard, globalement, la guerre en Ukraine place l’Afrique dans une position inconfortable. Pour qui opter ? Il y a là à boire et à manger. La coopération avec l’Europe n’a pas été que négative sur toute la ligne. Les nouveaux venus, la Chine en première ligne, suivie de la Russie et des autres pays dits émergents, n’a rien d’ange tutélaire. La notion de mondialisation ? Elle ne profite qu’aux pays riches. Le vote à l’ l’Onu sur l’Ukraine, le 2 mars, a donné la mesure sur la considération des pays africains, par rapport aux « blocs économiques » qui dirigent le monde. La tendance a traduit une « neutralité » sensible quand sur 154 pays, un seul a voté pour la Russie ; 28 ayant été contre et le reste s’étant abstenu.

En réalité, c’est une des indications que les Africains se réveillent, en ouvrant un œil… responsable. C’est positif. Nombre d’observateurs rapprochent cette image et celle de l’après-Conférence de Bandung (Indonésie), en 1954, ayant prescrit la politique de « non alignement » pour les pays Africains, vis-à-vis des blocs communiste et occidental. A l’époque. A quelque chose, malheur est bon, dit-on. La guerre en Ukraine a permis au continent de se rappeler au bon souvenir des « fondamentaux », préconisés par les pères des indépendances.

Image drapeau ukrainien flottant, © Noah Eleazaron on Unsplash

RD CONGO : LA FEMME, LE SEXE ET LE PRÉSIDENT

Le titre est-il outré ? Rien de scandaleux quand on sait que la plupart des présidents au monde sont des « sex-symbols ». Quand on compare « L’Affaire Denise/Gisèle », les deux femmes du président Tshisekedi entrées en guerre, à d’autres aventures amoureuses que cachent des palais présidentiels, celle-ci n’a rien de plus piquant, en particulier. Ni rien de plus grave, en général.

Le scandale, qui a certainement couvé depuis longtemps auparavant, a éclaté mardi 21, accompagné par des scènes de violence spectaculaires. Depuis, il n’a cessé d’enfler en spéculation. Avec des commentaires à la pelle.

On parle souvent de la « sacralité » de la fonction de chef d’Etat. On n’y voit, souvent, que le haut échelon social auquel ce dernier est parvenu, alors qu’il s’y cache également un petit mystère. En fait, à ce stade de la situation, il semble que tous les chefs d’Etat deviennent beaux, forts, riches, etc. Mais ce qui est pour le moins étrange, ce que les intéressés eux-mêmes se considèrent comme tels.  Sujet d’exploration pour la psychologie.

Quand on se sent beau, fort et riche… et que toutes les femmes vous couvent d’un regard des plus attendrissants, le « sex-symbol » en soi se construit petit à petit, et la tripotée de scandales s’installe très vite. Est-ce le cas du président congolais ?

“Les deux femmes sont belles”

En cela, le cas d’Hitler, le dictateur allemand, est emblématique. Cet homme moustachu, en trois ans de pouvoir, avait reçu 12 000 lettres d’amour, provenant de femmes allemandes de toutes les conditions. Une lettre de l’une d’elles concluait : « Je ne peux plus aimer d’autres personnes plus que vous. Ecrivez-mois s’il vous plaît. » (Femmes de dictateur, édition Perrin 2011).

Pour en revenir au président congolais, sachez que Gisèle est la mère de ses deux enfants. Elle est belge à travers naturalisation, donc, congolaise par essence. A voir son visage sur photo, elle est belle. La Première dame, Denise, ne l’est pas moins. Donc, toutes les deux femmes sont belles. Y a-t-il une troisième et quatrième cachées ? Va savoir.

Quid ? On en est à une longue liste de questions, sans réponse. Dont celle principale : « Gisèle commençait-elle à avoir plus d’emprise sur le cœur du mari-polygame, au point d’effaroucher l’autre camp ? » En tout cas, le feu de la colère avec lequel Denise s’est fondu sur sa rivale reste inexplicable. Malmenée par la police en civil, accompagnée par ses deux enfants, Gisèle a été fort humiliée, avant d’être expulsée manu militari du pays. Motif : validité du passeport expirée.

Pour tout dire, on sent qu’il y a eu un sérieux télescopage entre les deux femmes, pour chercher à posséder le cœur de leur homme devenu « sex-symbol », par la force des choses. Et, à partir de là, bénéficier du « ruissellement » de la richesse qu’il engrange.

Sous l’ombre du baobab

Quant à notre constat, celui-ci est simple : une affaire privée, qui a pris à outrance le caractère public. Si la plupart des présidents sont des « sex-symbols » et que leurs aventures, par mégarde, ont atteint le degré à faire jaser, il faut avouer que « L’Affaire Denise/Gisèle » a eu le tort d’avoir donné en spectacle ce qui devait être réglé autrement. En douce, sur le mode de la palabre africaine, sous l’ombre réconciliatrice du baobab.  L’Afrique ne manque pas d’énergie langagière.

N’empêche. Les condamnations continuent de se multiplier. Les unes accusant la Première dame. D’autres pointant du doigt Gisèle. Une troisième catégorie fustigeant la « Maison civile » – chargée des affaires privées du président -, et surtout, le prince charmant en personne, en l’occurrence le président de la République. Qui a raison, qui a tort ?  Secret d’alcôve !

Pendant ce temps – et c’est là le drame -, les réseaux sociaux n’en démordent pas. Leur imagination sarcastique va jusqu’à vouloir embarquer faussement l’hebdomadaire « Jeune Afrique » dans cette « scène de ménage » burlesque, en vue de corser la sauce toxique, préparée malheureusement dans la propre cuisine du président.

Jean-Jules LEMA LANDU

Par Jean-Jules LEMA LANDU, journaliste congolais, réfugié en France

D’autres articles 

MONTPELLIER. UN SOMMET FRANCE-AFRIQUE AVEC LES JEUNES. UNE PREMIÈRE.

L’information diffusée sur l’antenne de RFI mardi 14 septembre, au sujet de la tenue du sommet France-Afrique à Montpellier, le 9 octobre prochain, a laissé la plupart des Africains perplexes. Et pour cause. La rencontre ne mettra face au président français que les sociétés civiles, les jeunes. C’est une première. Exit donc les vieux présidents, frustrés !

L’idée a été discutée, en amont, entre l’Elysée et quelques élites intellectuelles africaines, dont le politologue et historien camerounais, Achille Mbembe. Celui-ci est également auteur de plusieurs ouvrages appelant au combat pour le développement du continent, tels « De la post-colonie » ou « Critique de la raison nègre », etc. Qui plus est, a accepté, dans le cadre du sommet de Montpellier, de piloter les dialogues France-Afrique : soixante-six ateliers dans 12 pays différents, quatre mois durant. Face aux jeunes.

Qu’à cela ne tienne, l’information paraissait avoir l’air de déjà-vu, à prendre en compte les opinions exprimées à travers les réseaux sociaux. De fait, les Africains pensent que tous les prédécesseurs du général de Gaulle ont eu chacun, en cette matière, leur propre antienne. Si celle-ci changeait de forme, son contenu ne variait pas d’un seul iota : « l’Afrique doit continuer de demeurer la chasse-gardée de la France », fredonnait-elle. Selon le vieux concept de « pré carré » médiéval.

Mais qu’en dit Benoît Verdeaux, fonctionnaire de l’Elysée et secrétaire général du Sommet de Montpellier, en contre-pied à cette conception quasi-générale des Africains ? Verdeaux est celui qui a accordé à Christophe Boisbouvier de RFI l’interview diffusée mardi, à l’origine de l’information qui fait question sur des réseaux sociaux. Surtout.

Volonté sans force

Visiblement fort en thème, Verdeaux s’est employé, en résumé, à démontrer que le temps était venu de mettre en valeur un autre type de relation entre la France et l’Afrique. « La vocation du sommet de Montpellier, c’est de réfléchir à réinventer et à redynamiser cette nouvelle relation », a-t-il souligné, tout en précisant que « les sommets de chefs d’Etat sont fondamentaux, très importants et utiles ».

C’est le grand plan dans lequel se côtoient les sujets habituels ayant trait au développement, à la démocratie, aux droits de l’Homme, etc. Mais, le sommet de Montpellier – une rencontre avec les jeunes -, ne manquera pas de jeter un coup d’œil sur les sujets additionnels d’actualité qui importent : les coups d’Etat successifs en Afrique de l’Ouest et l’avancée de la Russie en Afrique centrale et au Sahel.

Pour la France, la situation du Tchad est dérangeante. La position du chef d’Etat français est diversement appréciée, avec plus de condamnations. On pense généralement qu’il y a soutenu le coup d’Etat fomenté par le fils d’Idriss Déby, tué. Macron s’en expliquera, sans filtre, a prévenu le fonctionnaire de l’Elysée, Verdeaux.

Quid de ce sommet aux allures martiales ? N’assisterons-nous pas aux mêmes éléments de langage affectionnés par tous les successeurs du général de Gaulle ? Macron est-il « libre » d’engager cette « réforme » libératrice pour les pays africains ? Car, dans cette histoire de Françafrique – différente du concept classique France-Afrique -, se trouvent plusieurs centres d’intérêt, prêts à ne rien lâcher. Jean-Jacques Rousseau ne pensait-il pas, à juste titre, que « la volonté sans force est peine perdue » ?

Jean-Jules LEMA LANDU

Par Jean-Jules LEMA LANDU, journaliste congolais, réfugié en France

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LA RD CONGO ET LES MARCHANDS DE RÊVES

Parole d’or ? On ne se gratte pas l’occiput, pour en connaître le sens. Celui-ci coule de source : c’est une parole de sagesse (cependant, différente de celle que donne la Bible, pour les chrétiens) ; elle est éclatante comme si elle était faite d’or. Or, l’or a de la valeur, laquelle, une fois prêtée à la parole, celle-ci se transforme vite en « vérité » ; en « vertu » ; en « bien » …

Le contraire, heureusement, ne fait pas dans l’explication longue, comme c’est le cas de son antonyme, épinglé ci-haut. Tissé en périphrase. Non, non. Le contraire, en peu de mots, veut dire : mensonge. Tout simplement.

Ce mot, qu’il soit dit, écrit ou pensé en français, en lingala, en kiswahili ou en chinois, il est hideux. Nous, Congolais, en connaissons le sens profond que n’importe quel autre peuple au monde. Pour en être victime, des décennies durant. Le mensonge, en RD Congo, n’est pas le fait du peuple, c’est plutôt celui de ses dirigeants ringards. Ils en raffolent, à la vie, à la mort.

Tenez, depuis Mobutu, ils nous ont roulés dans la farine, jusqu’à nous faire rêver d’îlots aux frontières du Paradis. En pure fabulation. Voyons voir maintenant un mensonge, un seul, par individu :

Joseph Mobutu, qu’a-t-il dit ? Il fut plus mégalomane qu’un distributeur de rêves. Il créa plutôt une légende bien ficelée – et bien gobée par une bonne partie de Congolais -, selon laquelle il avait tué (à 17 ans) un léopard, à mains nues. Était-ce pour cela que sa toque en peau de léopard faisait-elle peur aux Congolais ? Du vrai machiavélisme à la congolaise ;

Laurent Kabila, un menteur invétéré. Dès sa prise du pouvoir en mai 1997, il dit au peuple congolais, enthousiasmé devant ce deus ex machina, qui a fait fuir le dictateur Mobutu : « Je vais vous construire une ‘autoroute’ de l’ouest à l’extrême sud-est.», au sud-ouest. Soit près de 2000 km, à travers forêts, montagnes et escarpés. Ahurissant ! Même les Belges ne l’ont pas fait. Ils ne pouvaient même pas imaginer un projet aussi loufoque ;

Joseph Kabila, le taiseux. Ah, malgré tout, il a touché à un lourd mensonge ! Il a promis la réalisation de « Cinq Chantiers », comprenant le développement intégral du Congolais. Il semble que l’homme était (il l’est encore ?) un chrétien protestant zélé. Et qu’il voulait faire de la RD Congo un pays de prière. En lieu et place, c’est du macabre, comme leg : fosses communes, corps surgelés dans la résidence d’un général à sa dévotion … dans une chapelle ardente animée par des cantiques diaboliques d’une classe politique médiocre ;

Enfin, Félix Antoine Tshisekedi, dit Fatshi-Béton,  ou celui qui commence à construire l’avenir de la RD Congo en béton. Pourtant, avec lui, c’est le bouquet.

En voici un fait plus que parlant : c’était tout récemment en Allemagne, devant la chancelière Angela Merkel : « Madame, je vais faire de la RD Congo, l’Allemagne d’Afrique », avait-il déclamé.  Comment un chef d’Etat Africain, par-dessus tout, quémandeur professionnel, sébile à la main, peut-il se gonfler à ce point… plus que la grenouille de La Fontaine ? Or, nous connaissons le triste sort de cette grenouille-là …

Mensonge, qui, en Allemagne, a fait remuer dans leurs tombes Goethe, Kant et Martin Luther. En RD Congo, pour la première fois, Lumumba (sans tombe, mais bienheureux au Ciel) s’en est vraiment offusqué, couvert de honte. Devant la multitude d’autres saints.

Mentez, mentez, chers présidents-marchands de rêves, il en restera toujours quelque chose. Puisque les souvenirs de mauvais rêves, surtout, ont la peau dure. Le peuple vous en tiendra éternellement rigueur.

Jean-Jules LEMA LANDU

Par Jean-Jules LEMA LANDU, journaliste congolais, réfugié en France

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