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Dara (dessinateur iranien) : “Des jeunes vivent la liberté sans en avoir conscience”

En collaboration avec la Maison des journalistes, L’Orient à l’envers vous présente Dara, caricaturiste iranien aujourd’hui réfugié en France. Via son parcours, cet ancien résident de la MDJ revient sur son métier, ses conditions de travail en Iran, son arrivée en France et les valeurs qu’il porte aujourd’hui.

Ancien résident de la Maison des journalistes (MDJ), Dara est arrivé en France en 2015 après la fermeture de son journal et fuyant les menaces à son encontre. “Je suis arrivé ici par hasard. C’est étrange, avec toutes les difficultés, comme l’obstacle de la langue. Un changement radical”.

Dessinant depuis l’âge de huit ans, ce langage universel lui permet de penser, communiquer et partager. C’est SA vie, résume-il. D’ailleurs, la première chose faite le jour de son arrivée à Paris, fut de se rendre au musée du Louvre. “C’était MON rêve d’enfant. C’était impressionnant. La culture française en général m’attire beaucoup”.

Dans ce podcast, Dara évoque aussi sa vision de la société française, estimant que son pays est incompris des Français, par leurs jugements “ erronés” sur les Iraniens. Ce constat le choque surtout lorsque les médias sont impliqués. “Nous sommes restés étrangers au monde occidental. L’Iran est malheureusement très absent des médias français, ses images très stéréotypées découlent d’un jugement partial, comme pour voile ou l’autorité religieuse. Parfois c’est vrai, mais ce ne sont pas des choses fondamentales. Nous pourrions par exemple évoquer différents Irans : Iran de la politique, de la culture, de la religion, etc.” Dara estime que les Iraniens sont “plus modernes” qu’ils ne paraissent. “L’Iran n’est pas un pays démodé. Les chiffres montrent que les femmes iraniennes sont plus éduquées que les hommes. Nous sommes une société moderne, bien à jour par rapport à l’actualité, et l’islam iranien est particulier.”

Membre de l’association Cartooning for Peace créée par le dessinateur Plantu et Kofi Annan, prix Nobel de la Paix et ancien Secrétaire général des Nations Unies, Dara est engagé dans des combats lui tenant à cœur. C’est le cas par exemple de l’éducation aux médias avec de multiples ateliers qu’il anime au profit des collégiens et lycéens français. “Il y a des jeunes qui vivent la liberté sans en avoir conscience. J’adore partager cela avec eux et leur dire combien ils ont de la chance”.


Halgurd S. © L’Orient à l’envers

Écoutez également le podcast de Halgurd, réfugié kurde d’Irak et un autre ancien résident de la MDJ.

https://podcast.ausha.co/l-orient-a-l-envers/portrait-du-kurdistan 


À PROPOS DE L’ORIENT À L’ENVERS

Le podcast de décryptage inspirant et réaliste sur le danger d’une histoire unique sur le Moyen-Orient. Une histoire de catastrophes, de guerres incessantes, de pauvreté, de désespoir, mais surtout une représentation incomplète, négative, stéréotypée, qui éloigne, dépossède et déshumanise.

L’Orient à l’envers se propose d’analyser et critiquer ces représentations, de découvrir ces sujets oubliés et de comprendre cette actualité compliquée, méconnue ou mal connue pour porter une représentation différente, juste, authentique.

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Ibrahim Cheaib : La Maison des journalistes m’a sauvé !

Ibrahim Cheaib, journaliste Libanais et résident de la MDJ, était l’invité de Radio Notre Dame pour une émission consacrée à la journée mondiale de la liberté de la presse. Il revient sur la situation de la liberté de la presse au Liban, les raisons de son exil et sa vie actuelle en France.

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Ammar Abd Rabbo : ambassadeur des journalistes exilés

Ambassadeur de la Maison des journalistes (MDJ) et parrain de sa promotion de 2020-2021, le journaliste et photographe franco-syrien Ammar Abd Rabbo a accompagné, ce 3 mai, les journalistes de la MDJ à l’Hôtel de Ville de Paris pour célébrer la journée mondiale de la liberté de la presse. La promotion 2020-2021 a reçu la carte Citoyenne-Citoyen de Paris des mains d’Anne Hidalgo, la Maire de Paris.

C’est depuis Beyrouth (Liban), où il était en déplacement pour plusieurs projets professionnels, qu’il revient dans cette interview sur son lien avec la Maison des journalistes, son engagement en faveur des réfugiés et sa vision de l’accueil qui leur est réservé en France.

Avoir deux amours : leur pays et Paris

Décerner les cartes de citoyens aux résidents de la MDJ, est devenu une tradition annuelle unissant la Maison des journalistes à la Mairie de Paris. Au regard de Ammar, cet acte reflète une grande importance symbolique. “Je suis fier et ému que ma ville ouvre les bras à ces journalistes et leur rende hommage. C’est faire en sorte, comme dans la chanson [de Joséphine Baker], qu’ils aient deux amours : leur pays et Paris.”

Un lieu exceptionnel pour des journalistes exceptionnels

L’engagement d’Ammar vient en partie de ses voyages et séjours dans différents pays. “Ayant vécu en Syrie, en Afrique et ayant beaucoup voyagé, je sais ce que les journalistes doivent endurer”. Invité à rejoindre le comité des ambassadeurs de la MDJ, il n’a donc pas hésité longtemps. Toutefois, il ne cache pas sa surprise, avec une touche d’humour. “J’étais un peu vexé car c’est un signe de vieillesse. On ne demande pas cela à un jeune journaliste. Mais je suis revenu rapidement à la raison. J’étais fier et ému d’appartenir à la famille de la MDJ, car c’est en effet une famille. C’est très émouvant à chaque fois d’y aller car c’est un lieu unique et exceptionnel qui héberge des femmes et des hommes exceptionnels.”

Ammar accorde une grande valeur au mot “refuge”, même s’il estime qu’il a été un peu vidé de son sens. Une raison de plus pour lui de continuer à soutenir les journalistes en exil. “Ils ont dû quitter leur famille, leur pays, leurs amis, juste pour avoir dit un mot ou avoir écrit une ligne. C’est pourquoi nous devons les aider… Ce sont des héros, mes héros en tout cas.”

De nombreux projets au Liban

En déplacement permanent, comme tous les autres « ambassadeurs », Ammar a dû travaillé d’arrache-pied pour terminer des projets au Liban, avant de rejoindre Paris spécialement pour l’occasion. C’est le cas par exemple de sa collaboration avec Daraj, un média en ligne indépendant et alternatif “qui n’est pas soumis aux pouvoirs de la région qui ne sont pas des amis de la liberté de la presse”. Mais avant tout, il a filmé l’effondrement économique du Liban et les difficultés de la vie quotidienne des Libanais et des réfugiés. Peu importe le lieu, la cause des réfugiés et des gens “ordinaires” ne le quitte jamais.

Crédit photo : Karzan Hameed (3 mai 2021)

Crédit photo : Karzan Hameed (3 mai 2021)

Crédit photo : Karzan Hameed (3 mai 2021)

Crédit photo : Karzan Hameed (3 mai 2021)

 

 

D’autres articles sur l’Iran

L’Oeil de la MDJ se dote d’une nouvelle stratégie

L’œil de la Maison des journalistes est en train de se moderniser. Après l’arrivée de Christophe Joly, notre rédacteur en chef, et Hicham Mansouri, le chargé d’édition, c’est le moment pour une nouvelle stratégie de développement. Présentée le 20 janvier dernier, la nouvelle stratégie réaffirme la place des journalistes résidents et des partenariats éditoriaux.

En présence d’une quinzaine de journalistes résidents (anciens et actuels), c’est Darline Cothière, directrice de la MDJ (également directrice de publication de L’œil), qui a donné le coup d’envoi de ce nouveau départ, résumé en trois grands axes: plus de partenariats, plus de visibilité et plus de reconnaissance des journalistes de la Maison des journalistes.

Le chargé d’édition a ensuite développé les principales nouveautés qui seront apportées au journal. Il y a d’abord la place qui sera donnée à la chronique avec les plumes d’anciens résidents à l’instar de Larbi Graïne, Sakher Edris, Shiyar Khaleal et Ghys Fortune. Ensuite, toujours du côté contenu, le format vidéo sera renforcé. Afin de dépasser l’obstacle de la langue, les journalistes pourront – grâce aux partenariats avec des universités et des écoles de traduction – écrire également en arabe et en anglais (en plus du français). Enfin, des partenariats éditoriaux qui seront entrepris pour permettre aux journalistes et au journal de gagner en visibilité.

© Davy Goma Louzolo

Plus largement, cette nouvelle feuille de route réaffirme la place des journalistes réfugiés dans ce projet, en mettant leur reconnaissance dans le paysage médiatique français au cœur de ses priorités et en offrant un accompagnement personnalisé dans le processus d’intégration professionnelle des journalistes résidents (formations, stages et mise en réseau).

À la fin de cette rencontre, réduite en nombre pour cause des mesures sanitaires liées au Covid 19, un temps d’échange avec les journalistes présents a permis l’émergence de nouvelles idées pratiques qui ont été rapidement intégrées au projet. Il s’agit notamment d’une série de formations qui seront dispensées par des anciens résidents de la Maison des journalistes.

À rappeler que L’œil de la Maison des journalistes est une plateforme numérique dédiée à la liberté de la presse et d’expression. Répertorié par le ministère de la Culture et la Commission paritaire des publications et agences de presse (CPPAP) parmi les médias en ligne reconnus[1], le journal permet aux journalistes résidents (demandeurs d’asile et réfugiés) de continuer à informer sur ce qui se passe dans leur pays et à donner un regard original sur l’actualité française[2].

[1] Numéro CPPAP : 0523 Z 93080

[2] Le journal reste également ouvert aux contributeurs externes.

D’autres articles

Interview d’Abnousse Shalmani – Marraine de la promo 2018 de la Maison des journalistes

[Abnousse Shalmani], journaliste et romancière, auteur du roman « Les exilés meurent aussi d’amour » paru en 2018 (Ed. Plon), a accepté d’être la marraine de la promotion 2018 de la Maison des journalistes. Y résident 16 journalistes réfugiés pour avoir exercé leur métier, ils connaissent l’exil en France depuis quelques mois. En tant que marraine, Abnousse Shalmani répond à toutes nos questions autour de l’exil et du journalisme.

Visite de Jean-Marc Ayrault, ministre des Affaires étrangères à la Maison des Journalistes : « Etre journaliste aujourd’hui, est plus qu’un métier, c’est un combat »

[Par Elyse NGABIRE]

Au lendemain de la célébration de la journée mondiale dédiée à la liberté de la presse, le ministre français des Affaires étrangères et du Développement international, Jean-Marc Ayrault a été reçu à la MDJ. Il portait un message d’espoir et de soutien à tous les journalistes en général et aux journalistes exilés en particulier.

4 mai, journée très attendue à la Maison des Journalistes. Il est 12h20 au 35, rue Cauchy, siège de la Maison des Journalistes (MDJ), une ancienne usine de brosses, quand Jean-Marc Ayrault débute sa visite. Journalistes français et étrangers ont sorti leurs caméras, micros et enregistreurs pour couvrir ce grand évènement. Organisations pour la défense des droits des journalistes, partenaires de la MDJ, amis, etc. s’étaient joints aux journalistes exilés et à l’équipe du personnel de la Maison pour partager l’évènement.

Tout a commencé par une visite guidée des locaux de la MDJ et une rencontre avec les journalistes exilés actuels et anciens résidents. Chacun a eu l’occasion pour expliquer au ministre les raisons de son exil et l’état de la violation de la liberté d’expression et de la presse dans son pays.

(Source : Frédéric de La Mure)

(Source : Frédéric de La Mure)

Pour la directrice Mme Darline Cothière :  « ces hommes et ces femmes sont ceux qui donnent l’état du monde et informent »« Pourtant, regrette-t-elle, ils sont poursuivis, menacés pour avoir dit la vérité. » Comme par exemple cette journaliste syrienne qui a filmé les djihadistes en caméra cachée et a été pourchassée par Daesh jusqu’à son arrivée en France à la Maison des journalistes. Il y a également Ali, yéménite, écrivain qui a écrit sur la situation des femmes dans son pays. Il a été persécuté pour ses textes.

C’est également le cas d’Elyse, une jeune femme journaliste burundaise qui a dû laisser ses trois enfants au pays et de Johnny, journaliste centrafricain dont le frère a été assassiné à sa place. Ces journalistes, explique la directrice de la MDJ, sont nombreux : « A ce jour, plus de 360 issus des pays différents ont été accueillis, hébergés et soutenus par la Maison. »

La possibilité de garder leur plume

Mme Cothière a fait savoir que la MDJ, dans ses activités, offre aux journalistes exilés le choix de continuer la mobilisation de la liberté de la presse à travers notamment L’œil de l’exilé, journal en ligne de la MDJ.

En outre, ces journalistes ont la possibilité d’aller partout en France, à la rencontre des jeunes. Une action qui a une très grande importance, rassure la directrice de la MDJ : « Ils vont témoigner leur parcours d’exil, de la situation de la presse dans leurs pays et surtout de sensibiliser les jeunes générations à vivre ensemble, à la liberté d’expression et à la liberté de la presse. »

(Source : Frédéric de la Mure)

(Source : Frédéric de la Mure)

A ce jour, la MDJ recense plus de 1 00 000 jeunes sensibilisés à travers toute la France et à travers cette opération que la MDJ et ses partenaires ont baptisée Renvoyé spécial. D’ailleurs, elle fête ses dix ans cette année. 

Hommage aux partenaires

Ces actions, reconnaît la directrice de la Maison des Journalistes, sont menées grâce aux différents partenaires : la Mairie de Paris qui a mis à la disposition les locaux du MDJ. La mairie accompagne également dans la réalisation des grands évènements comme les conférences-débats, les expositions d’envergure, etc.

Elle rend hommage de surcroît aux médias parrains qui sont environ une quinzaine, au ministère de l’éducation nationale, de Presstalis qui aide Renvoyé spécial, le Ministère de la Culture et le Ministère de la Justice, etc.

Mme Cothière salue aussi le soutien et l’accompagnement indéfectible de l’ambassadrice des Droits de l’Homme et de toutes les personnes dont les noms n’ont pas été cités mais qui s’impliquent d’une manière ou d’une autre : « Merci à tous. »

(Source : Frédéric de la Mure)

(Source : Frédéric de la Mure)

La directrice de la MDJ dédie l’évènement à tous les journalistes qui, de par le monde, sont actuellement persécutés, ainsi qu’aux héros de Reporters sans frontières, un des partenaires de la Maison .

Et de déclarer aux différents invités que la Maison des journalistes a besoin d’eux plus que jamais.

La Maison des Journalistes ou la Maison de la liberté

Selon Jean-Marc Ayrault, ministre des Affaires étrangères et du Développement international, à travers les actions que la MDJ mène, elle doit désormais être baptisée « La maison de la liberté ».

D’après lui, c’est un lieu unique au monde, un refuge, pour des femmes et des hommes venus de toute part : « C’est un foyer, pour ceux qui, par conviction et par sens du devoir ont dû fuir leur pays ou en ont été chassés pour un seul motif : l’exercice de leur mission d’informer.»

(Source : Frédéric de la Mure)

(Source : Frédéric de la Mure)

C’est un lieu de reconstruction personnelle, poursuit le ministre, d’apprentissage, de découverte d’une autre société, d’un autre monde. Il estime que c’est aussi un symbole qui est celui de la solidarité associative, celle qui fait honneur à la France.

M. Ayrault salue l’action de RSF et de tous les médias qui sont associés à la MDJ, à tous les partenaires et surtout à la Mairie de Paris : « Durant 14 ans, vous contribuez à la faire vivre. »

Des inquiétudes

« La France, déclare le ministre des Affaires étrangères, observe avec inquiétude et parfois sur les frontières de l’Europe, une recrudescence des restrictions à la liberté d’informer : les attaques, les intimidations à l’encontre des journalistes et des médias. » C’est le cas de la Russie, de la Turquie, de l’Afghanistan, de l’Egypte, de l’Erythrée, du Burundi, etc. « Face au terrorisme, la liberté de la presse et les droits de l’homme ne peuvent et ne doivent jamais être considérés comme une contrainte. Au contraire, le droit de s’exprimer librement est une arme contre l’obscurantisme et la folie barbare. Ces droits doivent s’exercer chaque jour», clame-t-il.

Pour lui, la presse joue un rôle fondamental dans l’information des citoyens sur des phénomènes transnationaux. Ainsi, elle a besoin d’une soutien indéfectible des autorités politiques, démocratiques. M. Ayrault pense à la récente publication des Panama Papers qui est le résultat du journalisme d’investigation : « Les journalistes font leur travail, c’est ensuite aux autorités politiques, démocratiques de faire le leur, de prendre le relais. »

Des engagements sans suivi

Toujours selon Jean-Marc Ayrault,  il y a dix ans que la résolution 1738 du conseil de sécurité des Nations unies s’engageait à renforcer la protection des journalistes dans les conflits armés.

Dix ans plus tard, poursuit-il, l’adoption en mai 2015 de la résolution 2222 appuyait cette priorité en rappelant aux parties à accomplir leurs obligations en matière de la protection de la presse, de prévention et de la lutte contre l’impunité pour les auteurs des crimes contre les journalistes. Pourtant, constate-t-il, ces deux textes fondateurs ne sont toujours pas mis en œuvre : « C’est pourquoi les priorités de Reporters sans Frontières pour la création, par exemple, d’un mandat spécial auprès du secrétaire général des nations unies sont à soutenir. »

(Source : Bahram Rawshangar)

(Source : Bahram Rawshangar)

« Il faut en effet de nouveaux outils » promet-il. Il estime qu’on peut voter et adopter tous les textes qu’on veut mais si rien n’est fait pour les mettre en œuvre et pour assurer leur suivi, ils créent au contraire la désillusion. Et de déclarer la détermination de la France à contribuer afin de trouver une solution, pour qu’on puisse progresser le droit partout.

« Etre journaliste aujourd’hui, plus qu’un métier, c’est un combat, c’est une responsabilité d’enquêter, d’expliquer, celle d’ouvrir nos concitoyens à la complexité au monde, de faire toute la lumière sur les grands évènements parfois au péril de sa vie », reconnaît le ministre.

D’après lui, c’est tout l’honneur de la profession, surtout l’honneur de la France de soutenir la Maison des Journalistes et de défendre ainsi de manière concrète la liberté d’expression et d’opinion et ceux qui la portent.

Enfin, il rend  hommage à tous les journalistes français, étrangers, ceux de Charlie Hebdo : « La France est consciente de ses devoirs, elle veut rester fidèle à ses valeurs. C’est un combat permanent. »

Et d’adresser son message de solidarité : « Tous les journalistes exilés qui sont venus ici sont les bienvenus dans la République française. »

 

Retrouvez la galerie photo de l’évènement ici.

La visite du Ministre en vidéo :

La conférence du Ministre :

 

 

L’oeil de l’exilé : quand le journal existait en version papier

Le journal L’Oeil de l’Exilé a été créé pour la première fois l’année de la création de la Maison des journalistes, en 2002. A l’époque, Internet était tout juste en phase de démocratisation.

L’Oeil de l’Exilé a existé version papier, et ce dans ses 5 premiers numéros. Nous avons retrouvé les archives du journal, qui sont à votre disposition ci-dessous en version PDF.

L'oeil de l'exilé, premier numéro - Novembre 2002

L’Oeil de l’exilé, n°1 – Novembre 2002

SOMMAIRE DU N°1

.VIE EN FRANCE
Les frustrations des journalistes étrangers……..2
Les Algériens face à l’asile territorial………………2
.REPORTAGE
Chateau Rouge,
l’autre France d’en bas…………………………………..3
.SORTIR
Victor Hugo ressuscité…………………………………..4

Editorial du numéro 1 – Novembre 2002.
« Bonne lecture!
Voici le n°1 de l’Oeil de l’exilé, le journal de la Maison des journalistes où résident, en attente de leur statut de réfugié politique, des confrères de sept pays.
Point commun de ces trajectoires toutes différentes : la passion du journalisme et la violence d’Etat qui les a contraints à fuir et à demander l’asile à la France.
L’Oeil de l’exilé travaille sur ce fil commun pour nous offrir, par-delà la diversité des histoires de chacun, un regard original sur la société française par des gens de plume qui ne sont là que depuis quelques mois.
Bonne lecture.
La Maison des journalistes »

L'Oeil de l'exilé, n°2 - avril 2003

L’Oeil de l’exilé, n°2 – avril 2003

SOMMAIRE DU N°2

. POINT DE VUE
La France serait-elle malade de son immigration…..2
. REPORTAGES
Homeless…………………………………………………………2
Les Africains ont peur de
la violence dans les écoles……………………………………3
. MORAL
Journalistes africains :
allo la JAFE ?………………………………………………….. ..4
. DEMENAGEMENT
La Maison des journalistes
migre à Paris………………………………………………………4

Editorial du numéro 2 – Avril 2003.
« Un étrange pays!
Tous journalistes, ils, elles, viennent de Birmanie, du Tchad, du Bangladesh, du Congo, d’Algérie ou du Cameroun. Arrivés en France depuis quelques semaines, quelques mois, il, elles, portent sur leur terre d’asile un regard surpris. L’Oeil de l’exilé, c’est la découverte d’une autre culture avant que les habitudes n’effacent les premières impressions.
La Maison des journalistes »

L’Oeil de l’exilé, n°3 – août 2003

L’Oeil de l’exilé, n°3 – août 2003

Editorial du numéro 3 – Août 2003

« D’abord un toit!
Avant de monter la Maison des journalistes avec Philippe Spinau, nous avons interrogé des journalistes réfugiés pour savoir ce qui leur avait le plus manqué à leur arrivée en France. Et la réponse était toujours la même, d’abord un toit, ensuite parler, être écouté et entendu. Un toit c’est ce que nous avons voulu proposer à ces confrères arrivés sans bagages aussi divers que Cuba, la Birmanie, la Biélorussie ou le Congo. Quant à parler, cela s’est fait tout seul. Au sein de la Maison des journalistes, les histoires se racontent, les expériences s’échangent. C’est ce que veut montrer L’Oeil de l’Exilé. Ce travail en commun de journalistes dont le pays, la culture, l’histoire divergent mais qui ont deux points communs: la passion de leur métier et la nouvelle vie d’exilés qu’ils vont mener parmi nous. Au nom des résidents de la Maison des journalistes, merci aux médias qui ont cru en cette Maison et l’ont financée aux côtés du Fonds Européen pour les réfugiés, merci à la ville de Paris qui a mis à la disposition de la MDJ les locaux du 35 de la rue Cauchy, merci à tous ceux et notamment à la région Ile de France, qui ont contribué au financement des travaux et merci à Reporters sans frontières qui s’est impliqué sans hésiter dans cette nouvelle activité pour la défense de la liberté de la presse. »
Danièle Ohayon

 

L'Oeil de l'exilé n°4 - février 2004

L’Oeil de l’exilé, n°4 – février 2004

SOMMAIRE DU N°4

.REVES D’EXILES……………1,2 et 7
Ils viennent d’arriver. Sans statut, sans travail, leur vie est bien difficile. Et pourtant, ils rêvent…
.HISTOIRES REUSSIES…….3 – 6
Ils ont rêvé eux aussi. Aujourd’hui, ils ont construit leur vie en France. Portraits de quatre anciens réfugiés…
.POINTS DE VUE…………….8
Deux regards sur l’exil et les songes. Entre possible et impossible choix.

Editorial du numéro 4 – Février 2004

« Moi aussi, je rêve, ma parole!
« I have a dream ». Cette phrase prononcée il y a une trentaine d’années par Martin Luther King, apôtre noir américain de la non violence, trouve toute sa signification aujourd’hui encore. Surtout quand on sait que chacun, au plus profond de son être, nourrit des rêves, parfois utopiques, parfois chimériques.

L’important est d’avoir l’espoir de réussir un projet. Je fais un rêve moi aussi. Sans avoir l’espoir d’y accorder trop d’importance, je rêve quand même. Je dirais que mes rêves se mêlent à mes ambitions. Je rêve, ma parole!
J’ai longtemps rêvé d’une carrière au cinéma : être actrice, réaliser des films de fiction ou des documentaires. Ecrire un roman, être publiée et lue.
Une exilée face à son destin, caresse malgré tout le désir de réussir.
Loin d’être pessimiste, je suis pragmatique. Mais pour l’instant, l’essentiel est d’avoir un abri où être en sécurité. Et où je puisse laisser libre cours à mes rêves en hexagone. »
Maguy

L’Oeil de l’exilé, n°5 – mai 2004

SOMMAIRE DU N°5

.PARCOURS DU COMBATTANT……..4-5
Un contrat d’accueil et d’intégration est maintenant proposé aux réfugiés.
.CONNAITRE LA LOI……………………6-7
Asile intérieur, protection subsidiaire, étude de la nouvelle loi.
.LIBRE EXPRESSION……………………8
Ils sont journalistes mais aussi poète ou caricaturiste.

 

 CENSURE

De Rédouane ATTAOUI
Poète journaliste

La Liberté au regard morne
Vient saluer le catafalque
Les balles tuent à chaque borne
Et tout s’écrit sur papier calque

Glissez l’article entre les pages
Et signez les procès-verbaux
La Mort attend dans les virages
Pleurez, pleurez sur nos tombeaux !

Cachez-nous ces cartes de presse
Que nos tyrans ne sauraient voir !
Nos plumes que l’espoir caresse
Sont prohibés par le Pouvoir

La liberté et la terreur
Ne feront jamais bon ménage !
Avant d’aller chez l’imprimeur
Signez « Censure » en bas de page!