L’insécurité djihadiste ronge-t-elle la France ?

[Par Jean-Jules LEMA LANDU]

Les 7 janvier et 13 novembre 2015 sont deux dates qui resteront dans les annales de la République française. En lettres de Sang. Elles rappellent, avec douleur, les noms de Charlie Hebdo, Hyper Casher, Bataclan…mais renvoient aussi au climat de peur et d’insécurité qui s’est installé sur la France. A preuve, les mesures de sécurité, tous azimuts, que le gouvernement a arrêtées à la veille et le jour de Noël.

©Photo: afp.com/BERTRAND GUAY

©Photo: afp.com/BERTRAND GUAY

Depuis les horreurs de janvier, la France était comme touchée dans ses tréfonds, autrement dit dans cette assurance enfouie, qui murmurait aux Français : « Allez-y, vous êtes en sécurité ». Assurance évanouie. Le carnage du 13 novembre en a rajouté une couche. Au point de bousculer certaines de leurs habitudes.

En cela, il y a ce qui est perceptible, sans appui des statistiques. C’est le cas, par exemple, de la notion de liberté de mouvement. Le Français, ce flâneur fieffé, joyeux à la rencontre de la poésie exprimant le bourdonnement de la vie en chantier, le jour, et le silence des étoiles, la nuit, le voici, brusquement, devenu casanier. Entrave djihadiste nouée au pied.

C’est le voisin de palier, désolé, qui en parle. C’est la personne assise à tes côtés dans le bus, qui le proclame. En guise d’exutoire. Ce sont des lamentations, partagées, que l’oreille enregistre, discrètement, dans un café. Enfin, c’est la présence permanente des militaires et policiers en armes, partout, qui te le rappelle. Renforcée par des mesures politiques d’exception, en vigueur, discutées à l’infini au niveau des médias.

En résumé, c’est la peur. Orchestrées par les islamistes, les tueries ont violé non seulement le « périmètre de sécurité » dans lequel les Français se croyaient vivre. Elles ont également affecté l’ « intimité de leur conscience ». De fait, va-t-on encore au concert, au cinéma, au café, sans arrière-pensée ? Voit-on encore les gens sans leur prêter un peu de suspicion ? Se sent-on encore en sécurité, partout… comme aux bons vieux jours, marqués par l’insouciance quasi absolue ?

Que nenni. La veille et le jour même de la fête de Noël en ont apporté une preuve supplémentaire. Auparavant, on allait à l’église, à sa commodité. Exit ce Noël. Les portails des églises (4 500) en France étaient gardés, par des bénévoles. Les fidèles contrôlés, jusqu’aux sacs de dames. Sous l’œil vigilant des militaires postés aux abords.

Face à la menace djihadiste, insidieuse, la parade, martiale, du gouvernement ! Normal. Il le faut (il le fallait) bien pour la protection des Français. Mais cela n’y va point sans « ronger » davantage le capital de joie et de confiance de ces derniers. Habitués à gambader, librement, dans le pré. A la recherche du plaisir et du bonheur. A moins que la guerre menée contre l’Etat Islamiste se solde par une victoire totale. Partout. Y compris en Afrique subsaharienne, où bourgeonnent déjà des ramifications.

Qui dit que la logique de métamorphose, qui a vu Al-Qaïda se muer en Daesh, ne finirait-t-elle pas par incarner un autre califat, celui de de Boko Haram, par exemple ?

 

Burundi-Diplomatie : Bujumbura de plus en plus isolée

[Par Diane HAKIZIMANA]

Le pouvoir Nkurunziza semble plus que jamais décidé à en découdre avec les anciens partenaires du Burundi. Les événements du deuxième week-end d’octobre l’attestent par excellence quand jeunes et cadres affiliés au parti au pouvoir ont manifesté devant les bureaux de l’ambassade du royaume de Belgique à Bujumbura et dans d’autres coins du Burundi pour, je cite, « lancer un message aux pays européens qui soutiennent ceux qui perturbent le pays ». Cela est intervenu 24 heures après que le gouvernement burundais a demandé à Bruxelles, par le biais d’une note verbale, le remplacement de son ambassadeur en poste à Bujumbura. Bruxelles a qualifié de son côté cette décision de « geste inamical ».

Une manifestation anti-belge à Bujumbura devant l' Ambassade du Belgique (lalibre.be)

Une manifestation anti-belge à Bujumbura devant l’ Ambassade du Belgique
(lalibre.be)

Le plus visé de ces partenaires est l’ancienne colonie de la Belgique, le Burundi. Pour commencer, le pouvoir de Bujumbura retire l’agrément de l’ambassadeur de Belgique au Burundi et Bruxelles convoque l’ambassadeur du Burundi en Belgique pour une demande d’explications, c’était ce vendredi 9 octobre. Samedi 10 octobre, les principaux axes du centre-ville de Bujumbura étaient fermés par les forces de l’ordre pour couvrir les jeunes, ainsi que les cadres issus du parti au pouvoir CNDD-FDD qui manifestaient devant les bureaux de l’Union Européenne et de l’ambassade du royaume de Belgique.

Freddy Mbonimpa (crédit : youtube.com)

Freddy Mbonimpa (crédit : youtube.com)

Sur les affiches, on pouvait notamment lire « non au néocolonialisme ». Selon Freddy Mbonimpa, maire de la ville de Bujumbura, l’idée était de soutenir les forces de l’ordre qui ne cessent pas de ramener la paix dans le pays et dans ses missions à l’étranger. Mais surtout, de lancer un message à ces pays européens qui, selon ses dires « soutiennent ceux qui veulent perturber l’ordre dans le pays. » Avant ce passage à l’acte, Bujumbura avait tenté de renouer les relations avec ses partenaires de plus en plus réticents après les dernières élections.
Dans une plateforme d’échanges avec les membres du corps diplomatique occidental ce mercredi 7 octobre, le premier vice-président du Burundi a demandé à la communauté internationale de reconnaître les progrès réalisés par le gouvernement burundais, comme la mise en place des nouvelles institutions. Gaston Sindimwo, dans cet échange, a affirmé qu’ « en réalité, décider de suspendre la coopération avec le Burundi signifie apporter un soutien à peine voilé aux détracteurs des institutions démocratiquement élus». Sindimwo a estimé dommage le fait que le gouvernement fasse des efforts pour ramener la paix et que les pays amis du Burundi n’hésitent pas à prendre des sanctions.
Les manifestations de ce week-end traduisent-elles le mécontentement de Bujumbura ?

Pierre Nkurunziza  (crédit : afriqueinside.com)

Pierre Nkurunziza (crédit : afriqueinside.com)

Ces manifestations sont une réplique à la dernière déclaration de l’Union Européenne. Cette dernière dénonçait la spirale de violence qui affecte fortement la sécurité du Burundi après la réélection du président Pierre Nkurunziza. Plusieurs cas d’assassinats, de tortures et de détentions arbitraires sont enregistrés surtout dans les quartiers de Bujumbura qui se sont investis dans les manifestations contre le troisième mandat de Nkurunziza, jugé « anticonstitutionnel » par ses opposants.
« Il est impératif que la violence cesse et qu’il soit mis fin au climat d’impunité. Cela passe par l’ouverture urgente d’un dialogue inclusif, ouvert à toutes les forces politiques et prenant en compte les initiatives régionales en cours », a rappelé la mission locale de l’UE dans cette déclaration. L’Union Européenne a assuré que les responsables de ces cas de violations des Droits de l’Homme devront répondre de leurs actes. C’est dans ce sens que 4 des officiers burundais, reconnus comme ayant pris part dans ces actes, se sont vus retirer le droit de voyager dans l’espace Schengen et leurs biens gelés par l’Union Européenne.
De surcroît, l’UE, la Belgique en tête, a récemment suspendu plusieurs de ses projets de coopération avec le Burundi en attendant l’ouverture et l’issue des négociations entre l’Union Européenne et le Burundi dans le cadre de l’article 96 de l’Accord de Cotonou. Ce dernier met au cœur du partenariat le respect de tous les Droits de l’Homme, des libertés fondamentales et des principes démocratiques.
Ces manifestations traduisent-elles donc le mécontentement de Bujumbura ? Dans tous les cas, devant la représentation diplomatique de la Belgique, un des assistants du ministre de l’Intérieur burundais a lâché : « le gouvernement soutient les 4 officiers interdits de voyage dans l’espace Schengen et il est contre le gel de leurs avoirs ». Nous demandons à l’Union Européenne de suspendre ces sanctions et que les aides promises pour le développement soient déboursées dans les plus brefs délais ! ».

 

 

Altermondes : Partenaire de la MDJ / L’œil de l’exilé

Altermondes : Conférence-débat Médias & Citoyens en images

[Photos de Muzaffar SALMAN, 15 septembre 2014]

Altermondes - Médias&Citoyens [Photo crédit : M. Salman]

Altermondes – Médias&Citoyens [Photo crédit : M. Salman]



larbigraineLe Front National et le vote immigré

[Chronique / L’œil de l’exilé / Par Larbi GRAINE : Altermondes n° 39 / Septembre 2014]

 

cherifdialloAntiijihad : La sécurité et la liberté

[Chronique / L’œil de l’exilé / Par Sékou Chérif  DIALLO : Altermondes n° 40 / Décembre 2014]

 

rm-150x150

Boko Haram : Non au silence !

[Chronique / L’œil de l’exilé / Par Marciano Romaric Kenzo Chembo : Altermondes n° 41 / Mars 2015]

 

MAprofil

Loi sur le renseignement Déception chez les réfugiés

[Chronique / L’œil de l’exilé / Par Marie Angélique Ingabire : Altermondes
n° 42 / Juin 2015]

 

shportrait-150x150

Daesh Menace sur l’Asie Centrale

[Chronique / L’œil de l’exilé / Par Sadegh Hamzeh :  Altermondes n°43 / Septembre 2015]

 

Capture d’écran 2016-07-21 à 12.27.29

Attentats de Paris: la compassion vis-à-vis de la France divise les Africains

[Chronique / L’œil de l’exilé / Par René Dassié :  Altermondes n°44 / Décembre 2015]

 

 

Elyse-NGABIREBurundi : Paroles, paroles de la Communauté Internationale ? 

[Chronique / L’œil de l’exilé / Par Elyse Ngabire :  Altermondes n°45 / Mars 2016]

 

 

Rebin RAHMANI

rebin

Activiste kurde iranien, Rebin a commencé son activité de journaliste en 2003, lorsqu’il était éditeur du journal des étudiants « Rojhalat » de l’Université de Birjand. Depuis le 2009, il collabore avec des nombreuses organisations humanitaires. A cause de son engagement, Rabin a été détenu de 2006 au 2008 dans la prison de Kermanshah. Une fois sorti de prison, il prend contact avec plusieurs organisations humanitaires en Iran. Intercepté et menacé par les services secrets de Sanadaj, de Kamyaran et de Kermanshah, il a été contraint de quitter le Pays en mars 2011.

Le plus : En 2005 il s’est engagé dans une longue recherche pour comprendre les origines du grand nombre de toxicomanes parmi les jeunes de Kermanshah. Rebin RAHMANI continue toujours ses activités de collaboration avec des organisations humanitaires. En juillet 2014, il crée avec d’autres militants des droits des kurdes, l’association Kurdistan Human Rights Network. 

Courriel : rebin.rahmani209@gmail.com

A Kurd Iranian activist, Rebin began his work as a journalist in 2003, when he was an editor of the student journal “Rojhanat” at Birjand University. Since 2009, he has collaborated with many humanitarian organizations. Because of his commitment, Rabin was detained from 2006 to 2008 in the Kermanshah prison. Once out of jail, he made contact with many humanitarian organizations in Iran. Intercepted and threatened by the secret service of Sanadaj, Kamyaran and Kermanshah, he was forced to leave the country in March 2011.

More: In 2005, he embarked on a long search to understand the origins of the large number of drug users among youth in Kermanshah. Rebin Rahmani continued his collaborative activities with humanitarian organizations. He is currently launching the creation of a Kurd humanitarian organization in France. In july 2014, he creates, with others Kurdish Human Rights activists, the organisation Kurdistan Human Rights Network.

Email: rebin.rahmani209@gmail.com

 

Larbi GRAÏNE

DAKOTA DUAL WIFI­Þ­ÞLarbi GRAÏNE, Journaliste algérien, ayant exercé dans plusieurs titres de la presse écrite en Algérie. Il est titulaire d’un DEA en littératures francophones et d’une maîtrise en Histoire et sciences sociales.

Le plus :

En 2010, Larbi GRAÏNE a publié chez l’Harmattan un livre sur le syndicalisme autonome en Algérie, intitulé Naufrage de la fonction publique et défi syndical. Accueilli par la Maison des Journalistes en 2014, il vit depuis en France.

Courriel : larbigra@gmail.com

 

Larbi GRAÏNE, Algerian journalist, having practiced in several titles of the written press in Algeria. He holds a DEA in French Literature and a Master’s degree in History and Social Sciences.

Most :

In 2010, Larbi GRAINE published a book on autonomous unionism in Algeria at the Harmattan, entitled « The Wreck of the Public Service and the Trade Union Challenge ». Welcomed by the House of Journalists in 2014, he lives since in France.


Email: larbigra@gmail.com

SAMY

SamySamuel est illustrateur. Originaire du Tchad, il débute en 2004 une formation sur l’éthique et la déontologie du journaliste. C’est quatre ans plus tard qu’il devient dessinateur de presse. Il publie dans la revue Le journal des journaux. Il est chassé de son pays suite à un dessin politique, en pleine guerre civile. Samy continue donc sa carrière à Paris, après être passé par les Beaux-Arts à Lyon. Il collabore aujourd’hui avec divers médias. Vous pouvez ainsi retrouvez ces illustrations dans la presse jeunesse telle que Planète jeunes ou Planète enfants. Dans un autre registre, Samy publie pour le Courrier International et Jeune Afrique.

 

Le plus : Il a réalisé au début de l’année 2013 un album de bande-dessinée collectif : l’arc-en-ciel, aux éditions l’Harmattan.

 

Son blog : http://samydaina.over-blog.com/

 

Samuel is an illustrator. Originally from Chad, he started training on ethics and journalistic conduct in 2004. Four years later, he became a cartoonist. He published in the journal Le journal des journaux. He was exiled from his country after a political cartoon, during a full-on civil war. Samy then continued his career in Paris, after going through the Beaux-Arts School in Lyon. He is now working with various media. You can find these illustrations in the youth press such as Planète jeunes or Planète enfants. On another note, Samy publishes with le Courrier International and Jeune Afrique.

More : He produced, at the beginning of 2013, a collective comic album: l’Arc-en-ciel, by L’Harmattan.

His blog: http://samydaina.over-blog.com/

 

 

Roohollah SHAHSAVAR

418032_3515974897242_2038796360_n    Journaliste et bloguer iranien, a commencé son activité de journaliste à l’âge de 16 ans lorsqu’il a fondé « Payam », un magazine sur les questions politiques et sociales du Pays, publié par son lycée à Mashhad. Elu député de la région au Parlement des étudiants d’Iran, Roohollah a continué à écrire sur son propre blog Roohsavar.com (précédemment nommé « Simorghshah.blogfa.com ») et à travers différents journaux d’opposition, comme « Shahrara », « Ordibehesht », « Nowrouz » etc. Suite aux élections de 2009 Roohollah, comme plusieurs journalistes, a contesté les résultats : pour cela il a du fuir son Pays.

Le plus : Il a été parmi les premiers en Iran à enregistrer des podcasts sur son blog, en 2005. Arrivé en France en 2009, il a obtenu une Licence en sociologie à l’Université Paris 7-Diderot.

Aujourd’hui Roohollah continue à écrire pour plusieurs sites iraniens et pour le site français « Rue89 » sur l’Iran. Il est rédacteur en chef du magazine mensuel « Revue d’Iran », publié en France. Il est toujours engagé sur des activités politiques pour soutenir les mouvements démocratiques en Iran.

Il continue actuellement un mastère professionnel « médias et communication » à l’Ecole supérieure de journalisme de Paris (ESJ Paris).  Il est fondateur et chef du site internet, publié en France « Lettres Persanes ».

Son blog : www.roohsavar.me

 

An Iranian journalist and blogger, Roohollah began his activity as a journalist at the age of 16 when he founded “Payam,” a magazine on political and social questions, published by his high school in Mashhad. Elected to deputy regional parliament of Iranian students, Roohollah continued to write on his own blog Roohsavar.com (previously named Simorghshah.blogfa.com) and for many different opposition newspapers, like “Shahr ara,” “Ordibehesht,” “Nowrouz,” et cetera. Following the elections of 2009, Roohollah, like many other journalists, challenged the results: for this, he was forced to flee the country.

More: He was among the first in Iran to record podcasts on his blog in 2005. Having arrived in France in 2009, he obtained a bachelor’s degree in sociology at the Univery of Paris 7 – Denis Diderot.

Today, Roohollah continues to write for many Iranian website and for the French website “Rue89” about Iran. He is the editor of the monthly magazine, “Revue d’Iran,” published in France. He is always engages in political activities to support democratic movements in Iran.

He is currently doing a professional master called «medias and communication» at Ecole supérieure de journalisme de Paris (ESJ Paris). He is the founder and chief web, published in France, of «Lettres Persanes »

His blog:  www.roohsavar.me